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 La retraite d'un guerrier: convalescence et contemplation [RP Solo]

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Tough Spirit
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MessageSujet: La retraite d'un guerrier: convalescence et contemplation [RP Solo]   Mar 13 Oct - 17:56

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Une bruine pénétrante tombe sur les forêts des Neighara Falls et le feuillage des arbres géants offre une protection imparfaite contre les gouttes glacées. Des volutes de brume rampent au raz du sol, se répandant sinueusement entre les racines centenaires. Sous le regard des troncs séculaires une silhouette avance en claudiquant pesamment sur l'humus détrempé. Le capuchon de laine imbibé d'humidité collait au contours du poney qui marche, tête baissée, à travers la forêt, révélant la forme de son équipement et une partie de son corps musclé.

La fraîcheur de la pluie engourdit son corps, anesthésiant ses contusions et éraflures. Le froid n'était pas gênant, il a connu pire en traversant Sibearia et ce n'est qu'un désagrément temporaire. Plus préoccupante est la profonde blessure laissée par l'épée dans son flanc et hâtivement pansée ainsi que, dans une moindre mesure, la douleur qui pulse sourdement de son épaule, conséquence d'une chute qu'il avait dû faire après que le coup à la tête lui ai fait perdre conscience. Mais pour Tough Spirit rien de tout ça n'a d'importance.

Crystal Empire avait chu.

Il avait reprit conscience après la fin de la bataille, un crystallin avait bandé ses plaies et l'avait caché chez lui pendant que les chaotiques faisaient la fête au dehors. Pourquoi s'en seraient-ils privés? Ils n'avaient pas attendu le début de la bataille pour festoyer et ce n'était certainement pas leur victoire qui allait les déprimer. La fête lui avait au moins permis de sortir de la capitale Crystalline sans encombre à la nuit tombée, avec un sac contenant l'essentiel.

Bien entendu les chaotiques ne pourront pas éternellement conserver la main mise sur la capitale crystalline, la cité finirait par être libérée d'une façon où d'une autre. Mais dans quel état la retrouveraient-ils? Il avait faillit à son devoir, il n'avait pas été assez fort pour défendre Crystal Empire. Son intervention dans la bataille n'avait eu aucune incidence sur le résultat final. Il avait perdu l'épée offerte par son père et son armure était maintenant ruinée, mais cette première bataille avait surtout anéantit ses illusions. Il s'était battu avec âpreté, vicieusement même, et cela avait suffit face à la piétaille du chaos, mais... ça n'avait pas été assez, il avait été éliminé sans effort. Par une barde, comble de l'avanie. Lui, un preux chevalier, étalon entrainé, étalé d'un violent revers de violon par une svelte saltimbanque.

La sensibilité n'a pas sa place sur les champs de bataille. Il avait visé le violon pensant empêcher la musique. Il aurait dû se glisser dans son dos et lui écraser le crâne, cela aurait probablement été plus efficace. Mais il ne peut même pas être sûr que cette solution radicale aurait marché, vu l'aisance avec laquelle elle l'avait mis hors combat elle était sans nul doute bien plus habituée aux champs de bataille que lui. Il manque d'expérience en combat réel et une bataille est encore plus confuse et éprouvante qu'un duel à mort. Mais il faut voir les choses en face, aussi déçu soit-il de son échec il ne peut pas décider seul du cours d'une bataille. C'est toute l'armée crystalline qui manquait d'expérience, le royaume de Cadance avait toujours privilégié les solutions plus pacifiques comme la diplomatie. La princesse de l'amour ne faisait pas mystère du fait qu'elle préférerait voir la paix revenir en Equestria et cette attitude était louable. Mais bonté sans fermeté fait de Crystal Affinity une cible. Comment être pris au sérieux par Dark Pledge, le Changelin Swarm et Eternal Chaos alors que ceux-ci savent qu'ils peuvent battre toute résistance à plate couture? Toute tentative de diplomatie ne serait que concessions accordées par Crystal Affinity pendant qu'ils dictent les conditions.

Pour avoir la paix il faut avoir la force de se défendre, la force de menacer les contrées hostiles d'une riposte s'ils osent attaquer. Crystal Affinity était trop enlisée dans ses pratiques pacifiques, pour arriver à la paix il faut pouvoir faire la guerre. Une épée sert à tuer, mais aussi à se protéger et avant de la décorer on s'assure qu'elle peut faire ce qu'elle a à faire. Ils avaient un gant de velours, il faut maintenant y suppléer un sabot d'acier.

Tough Spirit ne laisserait pas cette défaite abattre Crystal Affinity, un plan avait commencé à prendre forme dans son esprit. Mais avant toute chose...

Il doit trouver un abri et reprendre des forces. Toute la volonté du monde ne lui servirait à rien si son corps ne pouvait pas suivre. Puisant dans ses réserves d'énergie Tough Spirit continue à aller de l'avant. À quelque distance devant lui il pouvait entendre un rugissement couvrir le bruit de la pluie. Persévérant dans cette direction il finit par arriver à la lisière de la forêt, le chemin devant lui coupé par les eaux tumultueuses d'une grande rivière alors qu'à sa gauche l'une des nombreuses cascades qui donnaient son nom à la région déferle d'une falaise. Peut être qu'en suivant celle-ci il trouvera une grotte où s'abriter pour la nuit. Il approche la falaise, mais alors qu'il arrive auprès des remous provoqués par la chute d'eau il remarque un écart entre le courant et la roche et plus loin, de l'obscurité. Malgré la fatigue la curiosité l'emporte et le jeune chevalier se faufile entre la pierre et l'eau rugissante. Le passage était étroit, un faux-pas aurait pus le faire glisser dans l'eau et sous la pression du courant il n'aurait eu aucune chance. Mais il mobilise ses forces et sa démarche reste assurée quoique boiteuse.

Le chemin fini par déboucher dans une caverne de taille respectable, sans être spacieuse, et étonnamment sèche. À ce point, cela aurait aussi bien pus être un palace. Le jeune étalon se défait péniblement de sa cape gorgée d'eau, la déposant à plat sur une section sèche de la grotte. Puis il dépose son baluchon avant de se défaire de son équipement: son fourreau décoré, vide, le marteau, volé à un chaotique, et son armure de cuir, tachée de peinture, de sucre, de sang et percée au flanc. En dessous il ne lui reste que le bandage fait à la va-vite, il était déjà partiellement imprégné de sang, mais Tough Spirit n'avait ni l'énergie ni les bandages propres pour le changer. Il n'avait même pas de quoi faire du feu. Pour cette nuit il se contenterait de s'emmitoufler dans une couverture sèche, en espérant que la pluie se soit calmée à son réveil.
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MessageSujet: Re: La retraite d'un guerrier: convalescence et contemplation [RP Solo]   Jeu 26 Nov - 21:07

Tough Spirit sort péniblement de son sommeil, entre ses blessures, le confort pour le moins relatif de la grotte et le bruit assourdissant de la cascade son repos n’avait pas été des plus efficaces : il se sentait encore léthargique, lui qui était habituellement matinal et énergique. Il est difficile d’estimer l’heure mais la lumière qui filtre à travers la chute d’eau et la preuve indéniable que la journée est déjà bien avancée. Malgré la tentation de juste rester couché Tough sait que s’il ne reste pas actif il va mourir à petit feu dans cette grotte. Il y a beaucoup à faire s’il veut survivre. Il se lève douloureusement, ses blessures avaient eut largement le temps de refroidir durant sa torpeur et chaque mouvement était un supplice, il avait du mal à tenir sur ses pattes comme si la blessure sapait son énergie.

Il prit une grande inspiration et se mit à avancer avec précaution afin de tester les limites de ses forces. Trouver de la nourriture ne serait pas trop dur, il y avait de l’herbe dehors et des fruits dans la forêt et il ne manquerait certainement pas d’eau fraîche. Le plus dur serait de s’occuper de sa blessure et de se tenir chaud. Peut-être même qu’il devrait trouver un village voisin pour y acheter le nécessaire, même si l’idée lui déplaisait : il ne voulait pas être vu dans cet état et il voulait se débrouiller seul.

Avant toute chose il fait l’inventaire de ce qu’il a emporté. Étant donné les circonstances il n'avait pas eut beaucoup de temps pour réfléchir et il était possible qu’il n’ait pas été très clair dans ses idées non plus. Il avait emmené son or, ça pourrait toujours servir s’il devait aller au village ou dans une ville, quelques gamelles en acier, un bon couteau, une pierre à aiguiser, un pain de savon, le sac les contenants et ce qu’il avait porté sur son dos en partant. De tout les objets présents un seul ne lui était pas familier.

Tough ramasse le marteau chaotique et l’examine. Ce n’était pas le modèle le plus efficace question marteau de guerre, la table de la tête était plate plutôt que de présenter des points qui aurait décuplé la force des coups. Étant donné que quelqu’un avait dessiné l’approximation d’une figure souriante sur la table avec de la peinture c’était probablement voulu. Le crystallin eut un reniflement dédaigneux avant de gratter le dessin avec son sabot pour l’effacer. À part ça c’est un marteau à la construction robuste, un manche en bois dur de qualité et la tête d’acier est solidement rivetée dessus.

Une fois la grossière frimousse disparue il repose le marteau et se hasarde à sortir dehors. Clignant des yeux alors qu’il se trouve exposé au soleil sans le filtre de la cascade. La pluie avait cessé de tomber et la rivière avait décru mais tout aux alentours était encore humide. Manger de l’herbe mouillée n’est pas très bon pour la digestion mais Tough doit entretenir ses forces. Il avance sur la berge et prend le temps de brouter l’herbe froide jusqu’à satiété.

Enfin repu il s’attelle à la tâche la plus dure : trouver de quoi faire du feu. Avec la pluie de la nuit précédente tout le bois mort devait être imbibé et avec sa blessure s’aventurer trop loin de son campement était une mauvaise idée. Il rentre dans la caverne pour récupérer son sac vide et sa cape, pas encore tout a fait sèche. Mieux valait, selon lui, commencer dès maintenant à amasser le combustible afin de limiter ses sorties à l’avenir.

Comme il s’y attendait le bois était humide, mais il rassemble tout de même les branches mortes en fagots dans sa cape, et remplis son sac d’aiguilles de pin et autres petits bois facilement inflammables. Lorsqu’une branche encore sur l’arbre est à sa portée il tente de la briser, parfois elle cède, le plus souvent elle résiste. Après plusieurs heures de collecte Tough Spirit regarde le résultat et l’inquiétude le ronge : les piles sont certes grandes, il s’était acharné à la tâche au risque d’aggraver sa blessure, mais les plus grosses branches ramassées n’étaient pas guère épaisses. Il n’est pas sûr qu’elles brûlent assez longtemps pour réellement réchauffer la grotte, à moins de les bourrer dans le feu mais alors la pile ne tiendra pas bien longtemps. Il peut fabriquer un genre de foyer pour concentrer la chaleur, mais ça ne suffira pas : il lui faut quelque chose pour ramasser du bois de façon plus efficace.

L’idée l’accompagne alors qu’il sort ramasser des pierres et de la boue sur la berge, après avoir étalé le bois dans la grotte pour l’aider à sécher. Alors qu’il assemble un four grossier, utilisant les pierres comme briques et la boue comme mortier une possibilité prend forme dans son esprit. Théoriquement il a tout ce qu’il faut, juste parce qu’il n’a pas tous les outils adéquats ne veut pas dire qu’il ne peut pas. Ça sera juste plus difficile.

Pour le moment il repousse l’idée. C’est un pari absurde, il risque d’épuiser ses maigres ressources en procédant ainsi. Il n’était pas encore assez désespérer pour tenter le tout pour le tout.

Ayant grandit dans une forge Tough connaissait le feu. Les conditions n’étaient pas idéales mais tout l’intérêt de cette expérience était de trouver des solutions seul face à l’adversité afin de s’endurcir. Il commence par préparer la base du feu, avec des aiguilles de pin ayant à peu près séché et des copeaux d’écorce raclé à l’aide de son couteau. Il attrape ensuite son armure et en retire un rivet orné d’un cristal de quartz : la pierre était minuscule, mais elle suffirait pour ce qu’il voulait faire. S’agenouillant auprès du feu il tient son couteau dans sa patte gauche et le rivet dans la droite. Il oriente la lame vers le petit tas de combustible, puis il frappe le petit morceau de quartz contre la lame. Rien ne se produit alors qu’il répète l’opération plusieurs fois. Enfin une petite étincelle part de la lame tombant sur l’amadou et un fin filet de fumée filtre d’entre les brindilles.

L’étalon se penche et souffle délicatement sur le tison, juste assez pour le raviver, pas trop de peur de l’éteindre en y allant trop fort. Enfin une petite flamme s’élève, brûlant les brindilles alentours. Tough s’efforce de réarranger l’amadou pour faire grandir le feu sans l’étouffer, ajoutant des morceaux de bois de plus en plus gros au fur et à mesure, jusqu’à ce qu’il ait une belle flambée. Il prend alors l’une des gamelles et va la remplir d’eau à la cascade avant de la posée sur le fourneau improvisé.

Pendant que l’eau chauffe Tough Spirit défait ses bandages. Ils étaient collés par le sang coagulé au niveau des plaies mais le jeune étalon serre les dents et les détache aussi délicatement que possible afin de ne pas rouvrir ses blessures. Il trempe un morceau de tissus dans l’eau bouillante avant d’y déposer les bandages souillés. Il nettoie la plaie comme il peut à l’eau chaude et au savon. Ce n’était pas des herbes médicinales mais s’il faisait attention et gardait la plaie propre ça ne s’infecterait pas. Il lave ensuite ses bandages et les met à sécher, il n’avait pas vraiment d’autres choix que de les réutiliser.

Enfin il alimente généreusement le feu et le couvre afin qu’il se consume lentement, s’allongeant confortablement après du fourneau pour dormir. Il n’avait pas besoin de son bandage pour la nuit…

}{


Tough Spirit se réveille en sursaut, bien avant l’aube. Il ne se souvenait plus de quoi il avait rêvé, mais son sommeil avait de toute évidence été hanté de cauchemars. Il secoue la tête pour se réveiller, chassant les derniers échos du combat de sa conscience puis il se lève et vérifie le feu. Il dût retenir un juron, la nuit n’était pas encore finie et le brasier était presque éteint. Sans ce cauchemar il aurait dû recommencer depuis le début.

Après avoir rechargé le feu en combustible il regarde sa réserve de bois d’un œil critique et soupire. Elle avait paru suffisante la veille mais les branches qu’il avait pu ramasser étaient trop fines pour brûler bien longtemps. Ce qu’il lui fallait c’était des bûches qui se consumerait lentement. Il va devoir mettre en pratique son idée précédente.

Il refait son pansement et sort collecter plus de bois, gardant l’œil ouvert pour un morceau de bois correspondant à ses besoins. Il finit par repérer un frêne aux branches épaisses. Après un examen minutieux il en sélectionne l’une d’elles, perdant beaucoup de temps à la couper au couteau avant de la traîner jusqu’à sa grotte avec le bois de chauffage.

Faire un manche à partir d’une branche n’était pas idéal, mieux valait partir d’un tronc, mais ça ferait l’affaire. Il prend le temps d’aiguiser son couteau avant de commencer à façonner le bois : après avoir été utilisé pour taillader la base de la branche le fil devait avoir souffert et il tient a avoir autant de contrôle que possible pour travailler. Les outils à sa disposition étaient limités, autant faire attention aux petits détails.

La branche avait déjà la forme générale qu’il désirait, sans embranchement ni nœuds sur sa longueur. Il attrape son couteau par le manche et le côté non tranchant et s’en sert comme d’une plane afin d’écorcer et dégrossir la branche, dégageant petit a petit la forme du manche. Long, avec une section ovale, plus large aux extrémités, une légère courbure… mais avant toute chose il respecte le fil du bois afin de garantir la solidité. Après plusieurs heures de travail sur le bois vert il est aussi satisfait que possible étant donné les outils limités dont il disposait.

Il attrape son armure de cuir et la découpe en lamelle, après tout elle était déjà ruinée et il en avait moins besoin que du cuir lui-même. Il prend quelques lanières et les enroule autour des extrémités du manche. Il sert fort et noue le cuir en place afin d’éviter que le bois ne se fende en séchant. La méthode la plus simple était de placer le bois dans un endroit sec et d’attendre, mais en procédant ainsi le bois mettait des semaines pour sécher : il n’avait pas le temps d’attendre, placer le manche en bois tout contre le fourneau improvisé était un peu plus risqué, mais ainsi le séchage ne prendrait que quelques jours. À condition qu’il garde le feu bien alimenté.

Plus de travail pour quelques jours mais au final ça en vaudrait la peine. Au cours de jours suivants il profite de ses sorties à la recherche de bois pour chercher et ramener diverses pierres et même quelques rochers dans la grotte, rouvrant même sa blessure en soulevant les lourds blocs. Malgré la douleur et la gêne il continue à travailler en se répétant que l’inconfort momentané vaudra la peine sur le long terme, ne s’arrêtant que le temps de refaire et resserrer ses bandages.

Les conditions étaient loin d’être idéales. Il allait devoir travailler avec du matériel rudimentaire et improvisé, mais même s’il n’atteindrait jamais le niveau d’expertise de son père il restait un artisan compétent et si on dit le plus souvent qu’un mauvais artisan n’as jamais les bons outils, car il rejette sur eux la faute de la mauvaise qualité de ses créations, l’inverse est aussi vrai, un bon artisan ne se plaindra jamais de ses outils, parce que quelle que soit la qualité de ceux-ci il peut s’en arranger.

La flambée qu’il avait entretenu ses derniers jours as créé un bon tapis de braises, élevant la température dans le fourneau jusqu’à la chaleur requise. Tough attrape l’une de ses gamelles d’acier, la plus plate qui ressemblait d’avantage a un plat qu’à une casserole, avec une pince improvisée en bois et la place dans le feu, la plongeant dans les braises. L’acier de l’ustensile était un peu trop malléable pour ce qu’il voulait, les charbons ardents ajouteraient du carbone au métal pendant la chauffe ce qui le rendrait plus dur. L’étalon surveille le métal, le regardant rougir peu à peu, puis prendre une teinte orangée de plus en plus claire. Lorsque la température est bonne il attrape le morceau de métal avec sa pince improvisée, le bois vert se met immédiatement à fumer, avant de s’enflammer, noircissant rapidement. Ce n'était pas un problème, il en avait fabriqué plusieurs, elles n’étaient pas censées durer longtemps, juste assez longtemps.

Il dépose le métal chaud sur le rocher le plus plat qu’il avait ramené, le tenant en place avec la pince brûlante alors qu’il se saisit de son marteau et entreprend de le marteler, aplatissant les bords de la gamelle tant que l’acier et chaud est chaud. Puis remet le métal au fourneau, jetant la pince consumée dans un coin de la grotte. Pendant que la température du métal remonte il vérifie brièvement que le bandage refait tient bien en place, et qu’il n’a pas une nouvelle fois rouvert sa blessure. Tout semblait en ordre.

Une nouvelle fois il se saisit du métal chaud, le tirant du feu avec des pinces de bois pour l’amener sur l’enclume de pierre. Cette fois, il replie la gamelle aplatie en deux, et tant que le métal est chaud, il se saisit d’une pierre en forme de coin et l’utilise comme tel, la frappant précautionneusement afin de couper dans le métal, repliant une partie de la demie lune au profit d’une des moitiés. Il martèle un moment le métal rougeoyant, liant les différentes épaisseurs de métal, avant de le remettre das le feu.

Il sort une troisième fois le métal du feu, et le marteau s’attelle à façonner la lame en devenir, tirant le métal et aplatissant le futur tranchant. À la forge de son père Tough avait fabriqué beaucoup de lame de hache, haches de bataille ou de bûcheron, et même quelques-uns dont la forme pouvait servir aussi bien en temps de paix pour couper du bois qu’en temps de guerre pour trancher des membres. C’était l’un de ces modèles, le plus simple qu’il connaissait, qu’il avait entreprit de façonner. Une fois satisfait du tranchant il passe a la pointe de l’autre côté, et enfin, de quelques coups de marteau il crée une légère dépression entre les deux afin d’aider la lame à tenir en place une fois glissée dans le manche.

Il remet une dernière fois la lame au feu afin d’uniformiser la température du métal puis la laisse refroidir lentement attendant que l’acier perde sa coloration rouge et prenne des reflets bleutés pour la plonger dans l’eau froide de la cascade. Il regarde avec satisfaction le léger panache de fumée qui s’élève, le plus dur était fait.

Malgré la fatigue qui commence à le gagner le jeune forgeron met un bol d’eau à bouillir et entreprend de travailler sur le manche, reprenant son couteau afin de couper une gorge dans le bois, de la largeur de la lame à l’endroit de la dépression. Enfin il emboîte la lame dans le manche et utilise les lanières de cuir pour la fixer en place, serrant autant que possible la bande de cuir enroulée à la jonction du bois et du métal avant de la nouer et d’en glisser les extrémités sous le reste du nœud. Il secoue la hache vérifiant que tout tient en place avant de la poser au sol et de verser l’eau bouillante dessus, durcissant le cuir en place. Elle n’était pas encore tout à fait terminée, mais il se faisait tard, et vu son état toute cette activité l’avait épuisé. Normalement il aurait dû se reposer pour récupérer de ses blessures, mais étant livré a lui-même il n’avait pas d’autre choix que d’être actif. Il finirait demain, dehors la lune se lève, lui rappelant la nuit éternelle qui régnait sur Concordia et les nuits de travail avec son père. Il se demande ce que celui-ci aurait à dire de son travail présent. La hache était loin d’être parfaite, mais elle serait fonctionnelle, et il l'avait fabriqué à la dure, avec des outils improvisés. Peut-être qu’un jour il aurait l’occasion de lui demander.

Malgré sa fatigue il se force a sortir de la grotte pour brouter un peu d’herbe, s’il n’avalait rien avant de dormir il risquait de ne plus avoir d’énergie le lendemain, et il ne pouvait pas se permettre de faire la grasse matinée.
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MessageSujet: Re: La retraite d'un guerrier: convalescence et contemplation [RP Solo]   Mar 15 Déc - 0:04

Un son clair résonne alors que la pierre à aiguiser glisse sur le métal. Tough Spirit avait forgé le fil aussi effilé que possible, mais il était impossible d’éviter tout aiguisage. Et en l’absence de meule il devait faire le travail à la main. Ce n’était pas un problème toutefois, ce serait plus long mais la tâche simple et répétitive ne demandait pas d’énergie, c’était exactement le genre d’activité auquel il pouvait s’adonner durant sa convalescence. Mais ça ne lui prendra pas tant de temps que ça et une fois aiguisé il sera temps de l’utiliser. Il avait peut-être une journée et une nuit de chauffage à sa disposition avec ce qu’il restait des combustibles qu’il avait emmagasinés pour son projet de forge. Juste assez pour se donner le temps de récupérer de l’activité de la veille avant d’aller couper du bois.

En attendant Tough est assis près du feu et la pierre chante sur le métal.

Alors les sabots occupés mais l’esprit libre l’étalon songe aux diverses façons de décorer une hache. Les possibilités étaient plus réduites qu’avec une épée, surtout sans le matériel adéquat et avec la forge déjà finie. Mais le long manque en bois et la large surface de la lame offre quelques possibilités intéressantes… évidement sans échoppe ni burin le travail sur la lame devrait attendre, quoique il pourrait possiblement utiliser une des pierres semi-précieuses des rivets de son armure de cuir pour dessiner sur le métal avec des rayures. Ça pourrait être un projet intéressant sur quelques soirées, mais le dessin risquerait d’être facilement effaçable s’il n’était pas creusé a force de répétition. Et ça prendrait du temps.

En attendant il y avait quelque chose qu’il pouvait faire une fois la lame rendue tranchante. Il repose la pierre à aiguiser et attrape son couteau. Il sculpte avec attention le bois dur, en commençant juste en dessous du nœud retenant la lame en place, il taille délicatement formant le manche en une torsade. Non seulement cela rendrait le manche plus élégant mais en plus la prise en mains serait améliorée, sans pour autant l’empêcher de changer de prise.

En arrivant au bas du manche il estompe progressivement la torsade, jusqu’à ce qu’elle se fonde dans le bois, laissant la dernière partie du manche lisse. Mais ce n’est que pour une courte durée, il se remet bientôt à couper dans le bois, sculptant l’extrémité du manche en forme de sabot. Il regrette de ne pas avoir son matériel de forge afin de créer un petit fer à clouer sur le sabot de bois, mais il note l’idée pour une autre fois. Cette hache ne durerait pas éternellement et il espérait bien avoir accès à un meilleur matériel une fois le moment venu. Avec un traitement pour rendre le bois plus sombre et brillant comme un vrai sabot ce serait du plus bel effet. Faut de mieux il sort de la grotte ramasser du sable et l’utilise pour polir le bois autant que possible. La soirée était bien avancée lorsqu’il cesse enfin, satisfait de la finition. Trop tard pour aller chercher du bois, mais il en avait assez pour tenir la nuit, et il couvrirait les braises restantes pour allumer le feu suivant.

Il s’installe confortablement pour la nuit, sachant que demain il devra se remettre au travail.

}{


Quelques jours avec la hache et il se sentait déjà bien mieux. Ce n’était pas que couper du bois soit facile, mais couper une grosse branche prenait moins de temps qu’amasser des brindilles, et le bois brûlait plus longtemps. Au final l’activité était certainement plus intense, mais il pouvait se reposer plus longtemps aussi et sa blessure s’en portait mieux que s’il devait bouger constamment. Il était devait juste partir un peu plus loin : d’abord parce que couper les branches des arbres près de la grotte où il avait établi son camp serait un signe flagrant de sa présence mais aussi parce qu’il ne pouvait pas se contenter d’aller toujours aux même arbres. Une branche pouvait faire plusieurs bûches qui tiendrait longtemps, et délester les géants centenaires d’une branche ou deux ne leur faisait pas de mal, en réalité couper les branches près du sol leur permettrait même d’assigner plus d’énergie aux bourgeons des cimes. Mais il ne fallait pas abuser et il avait rarement la chance de tomber sur un arbre mort. Les jours passant il devait s’éloigner un petit peu plus de son campement lors de ses sorties.

Les coups de hache résonnent entre les troncs, immanquables dans le silence de la soirée. Tough frappe une dernière fois la branche, la séparant du tronc avant de jeter un œil vers le ciel. Avec le feuillage des arbres bloquait une grande partie de la lumière et même sans cela il aurait commencé a faire sombre. Bientôt il ne pourrait plus se guider que grâce aux dernières lueurs du jour pénétrant entre les feuilles. Il était temps de rentrer.

Tough Spirit commence à ramasser le bois lorsqu’un mouvement perçu du coin de l’œil lui fait tourner la tête. Une lueur mouvante entre les arbres. Il était loin de toute route, un simple voyageur semblait peu probable. Il n’y avait rien à espionner par ici, quoique il était possible qu’une armée ennemie n’ait infiltré des soldats afin de former un camp caché dans la forêt. Mais il avait tendance à penser qu’il aurait remarqué quelque chose si un camp ennemi avait été situé si près de son propre camp. Il laisse le bois coupé là ou il l’a empilé, raffermit sa prise et se dirige vers la lueur, hélant la présence.

HEY ! Qui va la ?

Mais la présence continue à s’éloigner, peut être étaient-ils trop loin pour l’entendre, il était difficile de juger la distance qui le séparait de la lumière vu les circonstances. Peut-être que le son ne portait pas assez loin.

Ou peut-être qu’on cherchait à l’éviter, mais dans ce cas ce n’était certainement pas un soldat ou quelqu’un habitué à être traqué sinon il aurait pensé à éteindre sa lanterne. L’étalon crystallin continue à avancer, écartant la végétation alors qu’elle devient plus dense. Mais la lumière maintient la distance, et alors qu’il la poursuit il oublie qu’il s’éloigne de plus en plus de son camp de base. Ce n’est que lorsque son sabot traverse la végétation humide pour plonger dans le sol détrempé, plus de l’eau boueuse que de la terre humide à ce point, qu’il se rend compte du chemin parcouru.

De toute évidence il s’était rapproché une autre cascade, sauf que l’eau qui en tombait ne s’écoulait pas dans un cours d’eau, elle stagnait, rendant toute une partie de la forêt marécageuse. Plus précautionneusement Tough Spirit se remet à avancer, cherchant la lueur du regard. Elle était encore là où il l’avait vu précédemment. Quelque chose n’était pas normal, après avoir maintenu l’écart pendant tout ce temps la lumière faisait une pause juste au moment où il s’arrêtait ?

Il entendit un léger bruit d’éclaboussure sur sa gauche, mais il eut tout juste le temps de tourner la tête qu’une masse sombre s’abat sur lui, le projetant dans l’eau boueuse. Il sent des crocs effleurer sa gorge. Une grosse patte griffue appuie sur son flanc, faisant pression sur sa poitrine blessée. Il frappe à l’aveugle avec le manche de la hache, il sent un impact mou et la pression se relâche légèrement, lui donnant assez de temps pour reprendre ses esprits. Au-dessus de lui un lynx géant au pelage bleu nuit taché de noir se secoue la tête : Tough avait du le toucher juste là où il fallait pour le rendre momentanément confus.

Le répit est de courte durée toutefois, les yeux d’émeraude du lynx fixent Tough alors qu’il découvre ses crocs jaunâtres levant une patte griffue pour le frapper à la tête. Alors que le coup s’abat le crystallin se remémore brusquement le coup de violon l’ayant mit inconscient lors de la bataille pour Crystal Empire. Il lève sa hache, interceptant le coup avec le plat de la lame avant de frapper du manche vers la gorge du félin, pas assez fort pour lui écraser œsophage mais assez pour le faire étouffer un moment. Alors que le lynx recule en toussant le chevalier parvient à se relever et bondit sur l’îlot le plus proche, détalant sans demander son reste hors du marécage. Derrière lui il put entendre le feulement de rage du lynx géant mais c’était un prédateur d’affût, pas un traqueur ni un sprinteur.

Lorsque Tough Spirit s’arrête enfin il est essoufflé et la blessure de sa poitrine lui fait mal, mais au moins il a survécu à l’attaque surprise. Étrangement il ne s’en réjouissait pas tant que ça, la fuite lui avait laissé un goût amer dans la bouche. C’était une défaite de plus. Et il était plus ou moins perdu, il pensait connaître la direction générale de son campement, mais il n’en était pas certain et il rentrerait certainement sans le bois qu’il avait coupé aujourd’hui. Il avait des réserves mais c’était tout de même une journée d’efforts potentiellement perdue.

Il avance tant bien que mal dans l’obscurité grandissante, la fatigue le gagnant alors que l’adrénaline de l’embuscade cesse de faire effet. Il voit à peine ou il met les sabots. Il finit par repérer une éclaircie dans la forêt, un point ou la pleine lune perçait les frondaisons pour baigner une petite clairière de sa lumière blanche. Mais alors qu’il avance dans la trouée le sol cède sous ses pattes, la terre s’effondre autour de lui et il bascule dans un grand trou. Le crystallin dévale une pente raide, incapable de conserver son équilibre alors qu’autour de lui une pluie de pierres et de terre s’abat il se replie sur lui-même pour tenter de se protéger. Enfin il atteint le fond, heurtant sa tête contre le sol, et toute lumière disparaît.

}{


Lorsqu’il revient à lui la lune s’est assez déplacée pour que sa lumière illumine l’intérieur de la cavité, à moins que moins que ce ne soit le trou au-dessus de lui qui s’était élargit alors qu’il était inconscient. Dans tous les cas il pouvait maintenant distinguer les détails autour de lui. Les murs du trou étaient raides et la terre sableuse cédait à la moindre pression, impossible d’escalader ça. Au-dessus de lui ce qui restait de la terre était retenue par un réseau de racines. Il devait y avoir une grotte en dessous de ce trou, au fil du temps l’eau s’était infiltrée et la terre sous les racines avait été emporté dans la grotte, laissant un espace vide sous l’herbe de la clairière. Non loin de lui la lame de sa hache reflète la lueur de la lune.

Il était coincé, sans autre outil, sans personne pour lui venir en aide… Mais alors qu’il attrape sa hache les rayons de lune reflétés par la lame illuminent une autre section du trou, révélant une arche de pierre jusque la dissimulée dans l’ombre. Tough Spirit l’approche, tâtonnant. Il pouvait sentir la pierre travaillée par un artisan puis détériorée par le temps sous ses sabots mais impossible de distinguer le passage au-delà de l’arche. L’explorer restait une meilleure option que d’attendre sans rien faire toutefois. Il pose un sabot contre l’un des murs du passage afin de se guider et avance à l’aveugle, la hache prête a réagir si quelque chose tentait de le surprendre dans le noir.

Le couloir de pierre avançait en ligne droite, il pouvait sentir une légère inclinaison sous ses sabots, il était en train de s’enfoncer plus profondément dans la terre. Et le passage continue. Tough Spirit n’est pas sûr de la distance qu’il parcourt, il sait seulement qu’elle est importante. Il ne sait pas non plus combien de temps s’est écoulé. Au bout d’un certain temps le mur tourne brusquement, et l’atmosphère lui donne l’impression qu’il se trouve face à une vaste salle. Alors qu’il avance pour suivre le mur de la pièce celle-ci s’illumine soudain et l’étalon doit se cacher les yeux de la patte pour éviter d’être ébloui.

Il lui faut un long moment pour s’habituer à la brusque clarté et lorsqu’il risque enfin un regard sa vision est encore trouble. Il parvient à distinguer une salle de pierre rectangulaire, le sol est pavé mais les murs paraissent taillé a même la roche grise. Des flammes bleues dansent sur les murs, éclairant la salle d’un éclat surnaturel. Au centre de la salle, couché sur une dalle de pierre noire, se trouve un squelette de poney revêtu d’une armure et une patte étendue repose sur la poignée d’une épée, toutes deux de bronze verdi par le temps. À travers le casque de bronze les orbites du mort fixent le crystallin. Puis lentement le squelette se lève, empoignant son épée avant de descendre de sa sépulture. Le chevalier recule et se met en garde, saisissant la hache à deux sabots. Tout le monde savait que le bronze était mou comparé à l’acier. Ce qu’on sait moins c’est que cette faiblesse est grandement exagérée, et qu’il est possible de rendre le bronze plus solide en le martelant. Mais surtout, le bronze résiste très bien aux ravages du temps.

L’arme et l’armure du squelette étaient parfaitement fonctionnelles, tandis que le crystallin était sans protection. Leurs portées étaient à peu près égales mais à moins que le mort-vivant ne soit lent et stupide le combat serait à son désavantage. La mâchoire de la vieille dépouille remue rythmiquement, et Tough ne peut pas s’empêcher de penser que le mort-vivant est en train de se moquer de lui. Alors qu’il se tend, prêt à parer le chevalier squelette stoppe soudain et une voix, sèche, poussiéreuse, susurrante, s’insinue dans son crâne.

Je peux sentir ta peur depuis l’autre monde couard… pourquoi es-tu encore là alors que tu peux fuir ?

Though Spirit raffermi sa prise sur le manche de la hache, il se force à détendre les mâchoires et à ignorer l’insulte. Le mort voulait le faire sortir de ses gonds, c’était évident. Il ignorait pourquoi mais si c’est un échange de mots qu’il désire avant de croiser les armes le chevalier crystallin peut le satisfaire. C’est d’une voix ferme et calme qu’il répond, ses mots résonnant entre les murs de pierre :

Je n’ai pas peur d’un vieux sac d’os, je ne suis pas un lâche. Et je ne fuirais pas.

Un rire comme la chute des grains dans un sablier bruisse dans son crâne.

Alors pourquoi ne pas attaquer ? Prouve ton courage, attaque-moi.

Le chevalier mort vivant cherchait à le faire sortir de ses gonds, c’était évident. Dans un combat entre deux adversaires égaux attaquer le premier était un pari, il était possible de porter un coup qui forcerait l’adversaire à reculer, et en enchaînant sur d’autres attaques il serait forcé de rester sur la défensive jusqu’à commettre une erreur, mais une mauvaise attaque plaçait le défenseur a un désavantage. Le mort était probablement confident en ses capacités, après tout s’il avait mérité son propre tombeau et revêtu de ses armes avant d’être enterré il avait du être un grand guerrier de son temps.

Je le savais, tu es faible… Le soupir désincarné continuait de le narguer.

Je ne suis pas faible, mais je ne suis pas une brute épaisse, guidé par ses muscles, non plus. Savoir faire preuve de stratégie est une force.

Oh vraiment ? Dans ce cas pourquoi est-ce que Crystal Empire as été envahie ?

Cette pique la fait mouche et Tough serre les mâchoires alors même qu’il tente de cacher son tourment. Le mort n’est probablement pas dupe, même si la voix du chevalier était toujours aussi ferme ses muscles s’étaient tendus :

J’ai battu des soldats ennemis, mais je ne peux pas gagner une bataille à moi seul…

Mais le crystallin lui-même n’avait pas une foi inébranlable en ces propos. La défaite n’avait cessé de le hanter et il s’était souvent demandé depuis, s’il aurait pu agir autrement, où se préparer d’une façon plus efficace.

Tu te mens tout seul. Tu connais ta faiblesse, tu as été battu par une non-combattante. Et tu oses te prétendre un chevalier ? Les mots soufflés dans le creux de son oreille n’avaient pas tardé, profitant du doute qui l’habitait et à l’affût d’autres faiblesses.

Elle avait plus d’expérience que moi, ma défaite n’est pas honteuse. Il pouvait sentir sa résolution fléchir, entre sa voix trembler, ses pensées se tournant vers le moment où il avait été battu par la barde. Il aurait du être capable de plus. Il pouvait clairement voir comment il aurait dû parer le coup. Il aurait dû rester conscient. Il aurait du être capable de continuer à se battre.

Excuses, excuses, toujours des excuses. La voix était toujours aussi doucereuse dans la moquerie, c’était comme être enseveli sous une fine poussière. N’es tu pas celui qui vantait le mérite de la stratégie ? Tu aurais pu gagner, vous auriez pu gagner. Vous aviez plus d’avantage que vos attaquants. Tu as vu ce qu'ils faisaient, tu aurais pu les stopper si tu avais agis intelligemment. Et la tirade se poursuit, sans répit, inlassable. C’est peut être un manque de préparation qui as permit à l’ennemi de rentrer dans la cité mais une fois à l’intérieur tu avais le pouvoir de détruire son organisation. Cette défaite est de ta faute… Tu es faible et couard et trop mauvais stratège, tu ne peux pas protéger ta contrée.

Mais ces mots ne font que tâter la blessure. Loin de remuer le couteau dans la plaie il ramène Tough Spirit à la réalité. Tout cela était vrai mais c’était pour ça qu’il était partit, qu’il s’est isolé pendant tout ce temps. Pas seulement pour se donner le temps de guérir mais aussi pour devenir plus fort, apprendre de ses erreurs. Ces mots ne font que raviver le feu intérieur de sa volonté et c’est avec une fermeté nouvelle qu’il se dresse face au squelette en armure et rajuste sa prise sur la hache, plaçant ses sabots à l’extrémité du manche afin de favoriser allonge et puissance.

Non. Tu as tort. Et je vais te le prouver. Déclare-t-il avec une assurance nouvelle, toisant le guerrier d’outre tombe.

L’épée courte contre la hache, le bronze contre l’acier, l’armure contre la peau, les os contre les muscles, l’expérience contre la jeunesse, le passé contre le futur, le mort contre le vivant. Tough se permit un sourire, soudain la situation lui paraissait plus clairement et il sut comment gagner.

Il ramène la hache en arrière et l’abat en direction de la tête du squelette. On voyait venir le coup et l’ancien guerrier n’eut aucun mal à faire un pas en arrière tout en interposant sa lame, mais c’était le but. À peine les armes avaient-elles fait contact que le chevalier crystallin envois son arme sur le côté. Face à un guerrier de chair cela aurait juste forcé celui-ci à ouvrir sa garde et Tough aurait été désavantagé parce que sa garde était également ouverte mais un épéiste avait l’avantage de la vitesse : il aurait récupéré plus rapidement et pus profiter de l’ouverture pour lui porter un coup fatal. Face à un squelette en revanche… l’épée glisse de la prise du guerrier en armure de bronze, le métal brise et broie sa poigne osseuse, éparpillant ses osselets et arrachant même le protège sabot au reste de l’armure. Bronze et os heurtant la pierre résonnent dans le caveau alors que les guerriers se figent.

Tough Spirit reprend la parole, d'une voix confiante et même enjouée, alors que le squelette fixe silencieusement son moignon :

Quel dommage, une si grande gueule, mais les crocs ont pourris et sont tombés.

Le rire crissant du mort se fit de nouveau entendre, surprenant le vivant.

Dommage en effet que tout tes adversaires ne soient pas si faciles à battre. Crois-tu vraiment que cette victoire change quoi que ce soit ? Malgré la défaite la voix semblaient étrangement plus agressive, plus puissante.

Mais le chevalier reste déterminé. Ce n’étaient que de mots, ils ne pouvaient le blesser que s’il le leur permettaient. Il avait des défauts mais une partie de ses faiblesses n’existaient qu’avec la complicité de ses doutes et craintes. Il était plus fort que ça, ses émotions négatives l’avaient entravé, poussé à de mauvaises décisions. Il plante son regard droit dans les orbites du squelette et lui répond :

Celle-ci peut être pas. Mais les suivantes si.

Puis il avant d’un pas et, d’un coup du plat de la hache, décapite le fragile guerrier, le casque du mort valdinguant au loin alors que son crane est réduit en miette. Le reste de son corps s’effondre sous le poids de l’armure qui lui avait donné l’apparence de la force.

Le vainqueur reste un moment immobile, contemplant les restes de son adversaire quand un craquement retentit soudain. Autour de la stèle et derrière les flammes bleues illuminant le tombeau des fissures apparaissent et envahissent les murs, le sol et le plafond. Tough Spirit se retourne et repart au triple galop dans le corridor l’ayant amené à la tombe, juste à temps pour éviter l’effondrement.

Mais déjà les craquelures envahissent le tunnel et il peut sentir le souffle de l’éboulement derrière lui alors qu’il court pour sa vie. Déjà quelques pierres commencent à tomber devant lui il peut les sentir dans le noir, se mettant en travers de son chemin alors que le moindre faux-pas pourrait signer son arrêt de mort. La sortie n’est qu’une tache de ténèbres à la teinte légèrement moins sombre. Mais elle se rapproche, malgré la destruction à ses trousses, malgré les pierres sur son chemin, il continue à courir, jaillissant de l’arche de pierre comme un boulet de canon, quelques instants a peine avant qu’elle ne se brise et s’affaisse. Il va si vite qu’il est incapable de s’arrêter a temps et heurte le mur de terre en face de lui. Confus et fatigué il sombre dans l’inconscience.

}{


La fraîcheur de la rosée est ce qui lui fit reprendre conscience, mais il ne retrouve ses esprits que lorsque la chaleur du soleil l’atteint. Il se relève lentement, grimaçant alors que tout l’inconfort d’avoir dormit sur un lit de pierre et de terre se fait soudainement sentir. Au-dessus de lui la lumière du soleil perçait à travers un trou dans le plafond de terre et de racines. Le soleil devait être haut pour ça, en fait il devait être près de midi. Combien de temps était-il resté inconscient ? Certaines de ses douleurs n’étaient manifestement pas seulement dues à une mauvaise position de repos, il était couvert de petites contusions et plaies, même sa hache tombée en même temps que lui présentait quelques rayures sur la lame et dommages sur le manche.

Il avait du passé la nuit et une partie de la journée ici, heureusement aucune de ses blessures n’étaient graves. Il avait faim par contre, il valait mieux trouver un moyen de sortir de cette cavité au plus vite. Les parois de terre friables autour du trou était impraticable mais en faisant le tour il finit par tomber sur une portion de terre plus solide et pleines de pierres, pratiquement à l’opposée de l’ouverture par laquelle il avait chut.

Il n’y avait pas de sortie a cet endroit, mais il pouvait grimper, et il avait une hache. Quelques coups suffirent à faire céder les racines laissant la terre lui tomber dessus alors qu’une autre ouverture s’ouvre dans le gazon, suffisamment large pour lui permettre de sortir se secouer à l’air libre.

Bizarrement malgré l’inconfort et la rigueur de cette nuit, malgré les contusions dues a sa chute alors que ses blessures finissent a peine de guérir, il se sentait revigoré, confiant et résolu. Alors qu’il s’étire pour réchauffer ses muscles endoloris il songe au temps qu’il a passé dans cette forêt à se remettre de la défaite de Crystal Empire. Il était plus que temps de revenir maintenant, il était plus prêt que jamais et rester ici plus longtemps n’aurait aucun effet si ce n’est de permettre au doute de s’installer, à sa résolution de vaciller. Mais avant de plier bagage il avait une dernière chose à faire.

Il jette un coup d’œil a la position du soleil, estime grossièrement la position de la falaise et se dirige dans sa direction, de là il n’aurait qu’à la suivre pour retrouver son campement. Il avait quelques préparatifs à faire avant le teste final…

… L’endroit était tel qu’il s’en souvenait, le bois était même exactement là ou il l’avait laissé. Tough Spirit jette un coup d’œil vers le feuillage, notant la lumière faiblissante du soleil. Bientôt le crépuscule serait là. Le crystallin avait utilisé tout ce qui restait de son armure de cuir pour fabriquer un harnais, le fil d’argent et les rivets sertis réutiliser pour créer le ceinturon et les boucles dans lesquelles étaient maintenant passées d’un côté le marteau et de l’autre sa hache. De cette façon il pouvait les transporter avec lui sans avoir les pattes prises. Il reste assis près du tas de bois et attend que la nuit s’installe peu à peu.

Enfin alors que le soleil se couche et que les premières étoiles apparaissent une lueur apparaît au loin entre les arbres. Cette fois-ci il la suit plus lentement, marchant et contournant les obstacles au lieu de foncer, préservant ses forces. Cette fois il le remarque immédiatement alors qu’il pénètre dans la zone marécageuse et il veille à rester sur les îlots de terre ferme, même quand cela le forçait a se détourner du chemin le plus court vers la lumière. Puis, lorsqu’il juge avoir atteint un endroit propice, il s’arrête, se saisit de sa hache, ferme les yeux et attend.

Il n’y eut pas de bruit d’éclaboussure cette fois, il avait été chanceux que le fauve se soit trahi la veille. Il entendit à peine un bruissement, un simple mouvement d’air, et uniquement parce qu’il s’y attendait. Il ouvre les yeux et frappe au jugé dans la direction du son, la hache fend l’air et heurte le prédateur qui feule de rage atterrissant sur Tough. Ses mâchoires se referment sur la gorge du crystallin, mais il ne parvient pas l’étrangler complètement. Le chevalier sent le sang du prédateur sur sa peau : son coup de hache a tranché les muscles de l’une des joues, c’est pour ça que le lynx géant n’arrive pas à le faire suffoquer. Néanmoins le monstre le plaque au sol, l'une de ses pattes avant est coincée sous son propre corps, et s’il ne fait rien le félin va lui briser la nuque.

Malgré le manque d’oxygène il lâche la hache de sa patte libre, saisit son marteau et frappe de toutes ses forces la cage thoracique du lynx, forçant celui-ci à expulser tout l’air de ses poumons et à recracher sa proie pour reprendre sa respiration. Le chevalier se relève immédiatement, laissant tomber la marteau à terre pour reprendre la hache. Il la lève pour porter le coup de grâce.

Et une explosion de lumière l’aveugle. Il aurait du s’y attendre. Après tout il avait soupçonné que le lynx géant était capable d’utiliser des illusions. C’était un prédateur d’embuscade et la lumière qu’il avait suivit par deux fois l’avait amené sur son territoire de chasse. Mais il ne s’était pas préparé à une utilisation offensive de ces pouvoirs et maintenant sa vision nocturne était fichue, sans qu’il ait le temps de se réhabituer à l’obscurité. Il allait devoir se battre a l’aveugle ou presque contre un adversaire ne faisant pratiquement aucun bruit.

Il sourit malgré la gravité de la situation. C’était exactement le genre d’épreuve qu’il lui fallait pour réaffirmer ses compétences après tout. Les yeux fermés pour éviter d’être à nouveau ébloui Tough Spirit tend l’oreille, suivant le bruit des pas feutrés du félin. Alors que celui-ci tente de lui tourner autour le chevalier pivote pour le garder en face de lui et porte de petit coups en aveugle dans la direction générale du prédateur, juste de quoi le maintenir à distance. Le lynx semblait préférer utiliser ses mâchoires pour étouffer ses proies, mais il n’avait pas rechigné a lui mettre des coups de patte la dernière fois et il devait bien s’être rendu compte que son arme favorite était blessée.

Soudain, Tough Spirit ouvre les yeux et se jette en avant. Il fut presque immédiatement ébloui par un autre éclat de lumière, mais ce bref coup d’œil lui avait permit de situer son adversaire et son coup de hache fut récompensé par un feulement outragé. Pas exactement le râle d’agonie qu’il avait espéré, le fauve avait dû esquiver en partie, mais c’était tout de même un progrès. Et les pas du lynx se firent brusquement plus lents et plus lourds. Moins discrets et plus prudents. Il avait dû le blesser à la patte.

Un brusque silence inquiète le chevalier, et il risque un nouveau coup d’œil. Sa vision nocturne n’était pas encore totalement rétablie, mais il put distinguer la silhouette du lynx, dressé sur ses pattes arrières, l’une de ses griffes repliée sur sa poitrine, poisseuse de sang, l’autre levée au-dessus de sa tête prête à asséner un coup capable de casser la nuque au canasson. Ni une ni deux, Tough charge plongeant la lame de son arme dans le ventre vulnérable de la bête alors qu’il la renverse en arrière dans l’eau boueuse du marais. Les deux combattant se débattent dans le bain bourbeux, le prédateur était condamné à présent et il le savait, ses organes internes s’échappant de sa blessure à l’abdomen alors que le chevalier arrache la hache à la plaie. Maintenant il se battait pour entraîner le crystallin dans la mort alors lui. Il l’embrasse, tentant l’étouffer entre ses pattes, mais le chevalier le repousse d’un coup de sabot, raffermit sa prise sur le manche de son arme et pour le coup de grâce, égorge la bête.

Tough Spirit s’extirpe de sous le cadavre, couvert de sang et de boue et après un dernier regard vers la carcasse, repart vers sa caverne. Il était temps de rentrer chez lui.
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La retraite d'un guerrier: convalescence et contemplation [RP Solo]
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