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 Haine (Quête)

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MessageSujet: Haine (Quête)   Sam 5 Déc - 21:45

Une journée pluvieuse

L'eau qui tombait du ciel allait s'écraser mollement contre le sol, éclaboussant ses congénères qui rôdaient tous aussi nombreux. Certaines gouttes préféraient s'attarder dans le ciel, emportée par le vent qui les amènerait on ne sait où. Certaines faisaient la course contre d'autres, filant avec le vent telle une flèche que décocherait vivement le meilleur des archers. Le ciel gonflé de nuage recrachait l'eau à une vitesse supérieure à tout les poneys qui voleraient réunis ensemble, comme s'il pleurait un évènement inconnu à nous. La guerre, peut-être. Ou simplement la vie. Bref, ses larmes venaient délicatement se poser sur mon visage, glissant sur mes joues et imprégnant ma crinière de l'odeur de l'averse. Mon corps ne tremblait pas malgré les minces filets qui effleurait mon dos, se faufilant dans sur mes pattes comme sur mon ventre. C'était une journée pluvieuse. Une journée triste. Une journée normale dans la ville aux grandes mesures gothiques.

Secouant ma tête d'un air fatigué, je clignai lentement de mes yeux azur. Il y avait à peine quelques minutes que je m'étais assise sur ce banc, et on aurait déjà dit des heures. Mais il faut dire que ce parc au milieu de la ville de Concordia n'était pas très visité, ce qui faisait un bon lieu pour être seul quand on en avait besoin. Mais bientôt, j'allais devoir rentrer voir ma sœur avec la nourriture qu'elle m'avait dite d'acheter, retrouvant ma vie morne et sans excitation que j'avais chaque jour. Pas une seule seconde que je pouvais m'arrêter pour regarder le ciel mouiller la terre des lunaristes, pas une seule seconde je pouvais me promener en riant des gouttelettes qui venaient s'écraser sur mon corps. Je devais faire si, faire ça, puis là et aussi par si. Pas une seule seconde à moi, quoique j'avais pris le soin de m'éclipser pendant une bonne heure pour respirer un peu parmi la  nature. Est-ce que je le regrettais ? Non, pas du tout. Mais, c'était le temps d'y aller, car ma sœur allait passablement commencer à s'inquiéter.

M'ébrouant donc en baillant légèrement, je sautai en vitesse du banc pour poser mes sabots sur l'herbe humide du gros jardin. Mes oreilles remuèrent vivement pour chasser le reste de pluie de celles-ci, puis je me mis en route. La boue éclaboussait mes flancs et la sacoche positionnée sur celui droit, mais je n'en avais cure : elle était déjà brune. De toute façon, j'avais bien une douche chez moi, non ? Un sourire apparut sur mes lèvres alors que je remarquai que je me foutais vraiment de tout. La vie était trop courte pour s’apitoyer sur un peu de flotte, non ? Et bah si ! Le moral un peu remonté, je trottinai d'un air pensif entre les divers arbres qui bordaient le parc. Prenant une grande inspiration et fermant les yeux, un sourire discret me poussa sur le visage. Et si je ... Je n'eus pas le temps de finir ma phrase qu'un goût de boue m'emplit la bouche, suivit d'une douleur à la patte droite. Essayant de me relever en crachotant la substance brune dans ma bouche, je dérapai, tombant vivement sur les fesses pour chavirer vers la droite, un peu paniquée. J'agitai mes ailes pour essayer de me sortir de cette foutue glissade, mais elles étaient pleines de boues et collantes, ce qui faisait que je ne pouvais pas décoller en vitesse. Je grognai donc d'un air féroce, posant un sabot tremblant par terre pour m'efforcer de stopper la glissade. Mais ce fut quelque chose d'autre qui le fut, et qui n'était pas très agréable... Un gros tronc d'arbre se présenta à moi sans que je ne puisse rien faire, me coupant le souffle pendant quelques secondes. Divers jurons sortirent de ma bouche alors que je me relevai à quatre pattes, sale et collante, m'évertuant à garder un semblant de dignité. Mes pupilles remontèrent lentement le chemin sur lequel j'avais dérapé et découvrirent une racine sortant du sol, sûrement la source de mes malheurs. Mine de rien, j'avais quand même glissé pendant un bon sept mètres et étais tombé je ne sais où... Secouant mes ailes pour enlever tous les trucs collés dessus, je grognai d'un air maussade en me rendant compte que j'avais perdus ma sacoche dans ma chute.

Et ben bravo glacial, ça t'apprendra à fermer les yeux en marchant sur un terrain glissant ! Tu vas être obligé de la chercher pendant cinq mille ans et demi, maintenant, avec tout la boue BRUNE qu'il y a comme ta sacoche BRUNE, HEIN ?!

M'écriai-je à moi-même, me frappant fortement la tête contre l'arbre qui avait amorti ma chute. D'autres jurons glissèrent en trombe de ma bouche sans que je ne puisse m'arrêter, fermant les yeux en posant mon sabot sur la bosse qui poussait déjà sur mon crâne. Eh bien, ça t'apprendra à rager... Ouvrant mes yeux à demi, résistant à l'envie d'éclater en larmes, je les posai soudainement sur un petit buisson cachant à demi un truc couleur chocolat. Mon bissac ? Un sourire fusa sur mon visage alors que je courus tant bien que mal vers celle-ci qui dépassait de la plante verte, dérapant et glissant plus que courant. Alors que j'allai continuer ma descente apique encore plus profond, je refermai ma bouche sur la sacoche et m'envolai en vitesse pour ne pas tomber dans un fossé ou je ne sais quoi que ça ne me tentait pas tellement de visiter. Je rigolai légèrement, retombant avec souplesse sur le chemin d'où j'avais glissé il y avait quelques minutes. Puis, soudainement, ma bouche s'ouvrit de surprise, laissant tomber mon sac par terre. Ou non. Est-ce que je rêvais ou celle-ci était resté là où j'avais chavirer ? Mais alors, qu'est-ce que j'avais ramassé ? Mon regard parcourut l'objet inconnu, remarquant qu'en plus d'avoir terminé les fesses dans la boue, j'avais ramené un livre avec moi. Et bien bravo ma fille ! Résistant à l'envie de l'envoyer valser à coup de patte vers la pente, je le rangeai consciencieusement dans ma sacoche avant de m'enfuir en courant sous une petite chapelle où je pourrais me sécher.

Ceci fait, le poil maintenant un peu plus propre qu'il y avait une demi-heure, je pus enfin soupirer et me reposer, la tête entre les sabots. Quelle matinée ! Dire que j'étais tout simplement censée être aller acheter des fruits et étais finalement tombée dans un ravin, dégringolée pendant plusieurs mètres et ramené un livre en pensant que c'était ma sacoche... D'ailleurs, je me demandais ce qu'il contenait. Et la pluie ayant redoublé d'intensité, marquant le ciel d'éclair et de grondement pas très rassurant, je pouvais peut-être le lire avant de quitter cet endroit où il faisait un peu plus chaud ? Haussant mes épaules, je plongeai donc ma patte dans ma sacoche pour prendre le livre, le posant à côté de moi. Un petit journal plutôt, je dirais, fermé par un petit cordon en cuir. Je l'ouvrai d'une patte habile, jetant un coup d’œil à la première page d'un air intéressé. Une écriture tremblante avait l'air d'être tracé à l'encre noire, perçant la page à quelques endroits et grossissant de façon considérable à d'autres. Je me penchai donc un peu, plissant les yeux pour essayer de mieux lire. Je me mis donc à déchiffrer certaines phrases dans un silence de mort.

Lunarises ? JE DIS PAUVREs IDIots.. Que des mAUVIETTes.. Tous à mort. Je devrais les faire cramer, tous autant qu'ils SONT.. Brûler avec .. Déchiqueter tous ... Faire cuire. Comme ça, il ne ferait plus les malins hein ?! Ils vont le re...Gretter. REGRETTER, VOUS PAIEREZ TOUS DE VOS ACTES, PUTAIN DE LUNARISTE ! Bientôt... VOUS FLAMBEREZ. Tout cela doit cesser.

Je fermai vivement le livre, un regard amusé sur le visage. Et bien, je connaissais quelqu'un qui ne nous aimait pas tellement... Mais bon, sûrement une blague comme d'habitude. Je pourrais aussi le montrer à ma sœur pour qu'on rigole un peu, qui sait ? Ne m'en préoccupant pas plus que cela, j'ouvris mes ailes, ayant ranger le sac, puis m’enfuis dans l'obscurité en direction de ma maison.
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MessageSujet: Re: Haine (Quête)   Sam 5 Déc - 22:08

Le village en cendre

Sirotant un jus de pomme dans mon lit, lisant un livre, je me prélassais dans mon lit en ce joyeux samedi matin. Aujourd'hui, je n'avais rien de prévu à part manger, dormir, manger et dormir encore une fois. Ma sœur était parti voir une quelconque personne à Canterlot et n'allait pas revenir avant au moins deux jours. J'avais donc la maison à moi tout seul ! Honnêtement, j'étais plutôt contente car sinon, j'aurais sûrement du travailler pendant toute la fin de semaine. Soit à aller lui récolter des bijoux, en l'aidant a en faire ou encore à aller faire des commissions pendant toute la journée. Donc, sifflotant joyeusement, je m'étirai longuement sur mon matelas en décochant un énorme bâillement. Refermant le livre que je venais de terminer, je débarquai de couchette puis me dirigeai vers l'escalier. C'est ainsi que je descendis en bas, secouant mes hanches au rythme de la musique qui faisait vibrer les murs de la maison. Balançant la tête et chantonnant tout haut, je glissai sur la rampe pour descendre à la cuisine, simulant un solo de guitare. Je sautai en suite par terre, glissant sur la céramique ciré, puis pirouetta pour m'arrêter droit devant le garde manger. Je pris rapidement une chocolatine, puis, la dévorant, jeta un coup d’œil sur le journal posé sur la table. Sûrement ma sœur qui lisait la gazette du poney avant de partir à son petit rendez-vous.. N'y accordant pas plus d'attention que cela, je le pris d'un sabot distrait et l’amena en haut comme otage pour ma lecture. Rendus à ma destination, je sauta sur mon lit, lançant le journal qui vint se poser doucement sur mon oreiller.

- Alors, alors, de quoi parle il aujourd'hui ? Comment gagner de l'argent à Las Pegasus, nouvelle de guerre, Ottapaw pris par la reine chrysalis.. Ils sont en retard eux ! Les Lunaristes des faiblards ?! Oh, allez mangez des patates et laissez-nous tranquille.

Mon regard tomba finalement sur une page qui montrait quelques choses en feu, et un long texte qui occupait presque deux pages. Mes sourcils se froncèrent vivement alors que je le lisais, curieuse. Un village avait pris en feu, aucun survivant... Ils ne savaient pas si c'était criminel ou pas. Ce qui me fit penser simultanément au journal intime et aux paroles haineuses que le poney avait écrit férocement... D'ailleurs, n'avait-il pas parler de faire brûler des Lunaristes et avait dis, et je cite, " Tout cela doit cesser " ? Je haussai lentement un sourcil, sceptique. Et si c'était lui qui avait organisé ça ... ? Pour en avoir le cœur net, je me dirigeai lentement vers ma sacoche, farfouillant dedans pour trouver le journal. Et mon cœur rata un battement. Le journal avait tout simplement disparu sans laisser trace que j'avais même pus le découvrir un jour. Mais comment ? Je me rappelais bien de l'avoir pris avec moi et d'en avoir rit un bon coup avec ma sœur, hier soir... Nous pensions tout deux que le mâle ou la femelle ayant écrit ça faisait sûrement une blague, un canular. Peut-être était elle parti avec sans m'avertir ? C'était la seule réponse qui me paraissait plausible. Bon, en même temps, ce n'était pas comme si tout ce cirque était destiné à moi. Il y avait bien des gardes ou quelqu'un qui allait arrêter ce fou, non ? Malgré mes pensées qui semblait tout à fait logique pour moi, une arrière pensée commençait à germer dans mon esprit. Mais si personne n'était capable de savoir que c'était lui ? Bon, peut-être que ce ne l'était pas, mais si oui.. Je ne pouvais pas arriver comme ça devant les gardes et dire " j'ai trouvée un journal qui appartient à celui qui a brulé le village, mais je l'ai perdu, ou plutôt il a disparu je ne sais pas trop où ! " Personne n'allait me croire. Et tout ces innocents mort dans le feu.. Je me sentais un peu coupable de ne rien faire. Alors, tout seul dans la chambre, je pris une décision. Je devais les venger, ou en tout cas arrêter le meurtrier avant qu'il ne fasse quelque chose d'autre qui pourrait nuire aux Lunaristes. Je devais le faire. Alors, avec un soupir, je me rendis compte que ma journée n'allait pas du tout se passer comme je l'avais imaginée... Malheureusement, ou heureusement ? Alors ça, je ne le savais pas encore.

///

Une odeur de cramée flottait dans l'air, s'engouffrant dans ma bouche et dans mes narines, ce qui me fit esquisser une grimace de dégoût. Des flocons de cendres se mouvaient paresseusement dans les airs, pas trop pressé d'aller rejoindre le tas de suie étendue dans tout le village. Si on pouvait encore appeler celui-ci "un village ". Tout autour de moi, les anciennes maisons étaient réduis en bouillis, quelques planches de bois trainant par ci et par là. Bien que l'agglomération n'est compté que quelques poneys, vu que ce n'était pas un très gros village, il y avait quand même eu plus de 30 morts. C'était désastreux... Un air glacial flottait dans le village, me faisant resserrer mon manteau sur mon corps grelottant. Je n'arrivais pas à savoir ce qui me rendait aussi frigorifiée : la tragédie ou tout simplement la température ? Soupirant d'un air un peu contrit, j'allais m'élancer devant moi quand une voix puissante retentit, me faisant sursauter :

- Mademoiselle ? Que faites-vous donc ici ? Ce n'est pas admis aux visiteurs. Nous enquêtons en ce moment.

Celui qui m'avait parlé était escorté de deux ou trois autres personnes, un terrestre vert et une pégase jaune qui n'avait pas l'air de vouloir faire très joujou avec moi. Je déglutis donc d'un air un peu nerveux, me demandant quelle connerie je pourrais inventer pour justifier ma présence ici. Je n'avais sûrement pas le droit d'être la pour enquêter comme eux, j'imagine... Je me mis donc soudainement à pleurer, parlant en hoquetant misérablement :

-M.. Ma m..ère.. Habitait ici.. Et.. Elle.. Je voulais retrou.. retrouver quelques choses qui.. appartenaient à elle...

Les trois poneys, mal à l'aise, se regardèrent vivement avant de me sourire doucement. Un peu trop embarrassé pour me dire que tout avait brulé et que je n'avais aucune chance de retrouver quoique ce soit, ils se jetèrent un regard qui voulaient en dire long.

- O..Oui oui. Vas-y, mais pas trop longtemps.

Je hochai lentement la tête, reniflant d'un air tristounet. Baissant donc ma tête d'un air malheureux, j'entrai dans le visage, traînant les pattes dans la suie.. Puis esquissai un rapide sourire amusée sous ma cape. Et bien et bien, il n'en fallait pas beaucoup pour berner ces imbéciles ! Mais bon, vu que je n'avais pas tellement de temps, je décidai donc de tout de suite me concentrer sur des indices ou autre qui pourrait me mener à cet idiot de hargneux personnage. J'arpentai de-suite la place, plissant les yeux et essayant de trouver des traces de pas ou autre. Alors que j'étais presque rendue à la fin de la petite communauté, je remarquai une maison qui avait l'air encore en bon état, si je pouvais dire cela. Le haut était complétement tombé en ruine, mais le bas semblait encore tenir debout malgré les fenêtres détruites et les planches de bois qui parsemaient le plancher. Je jetai donc un rapide coup d’œil derrière moi et, ne voyant personne, rentrai subtilement dans la petite bâtisse. La première chose que je remarquai fut une odeur âcre et beaucoup plus puissante que les autres qui rôdaient dans l'air, plus forte encore que celle de la fumée. Elle était plutôt désagréable, comme un espèce de truc dépéri depuis bien longtemps... Je toussai rapidement pour essayer d'évacuer la mauvaise odeur, puis, respirant par la bouche, trottinai dans une autre pièce. Et l'effluve fut insupportable. On aurait dit que quelqu'un c'était fait enlever les entrailles ici-même, puis était mort et avait moisi un bon millier d'année. Alors, grimaçant vivement, ne respirant qu'en hoquet, je remarquai des traces de pas au sol. Pas de poney, non, mais d'autre chose.. On aurait dit plusieurs chiens qui s'étaient entrecroisés dans cette pièce. Les pattes sortaient par l'arrière de la maison et,si je voyais bien, s'enfonçait dans la forêt, lâchant quelques branche sur leurs passage. Et bien et bien.. On aurait bien dit que j'avais découvert ou il allait. Ou plutôt, ou ils allaient.

Me précipitant sur les traces des chiens, je ne fis qu'un léger bond pour passer à travers de la fenêtre, puis m'arrêtai sur le seuil de la forêt. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir trouvé là-bas ? Un mince filet de sueur froide me glissa dans le dos en observant les diverses branches cassés sous le passage de la puanteur atroce. Une griffure marquait même un tronc, suivit d'une trace poisseuse de sang sur un buisson. Peut-être que j'allais mourir. Peut-être pas. Alors, rigolant à cette pensée, je m’engouffrai dans la forêt, suivant l'odeur pestilentielle de la mort. Mon cœur battait follement dans ma poitrine alors que je m'aventurais dans la noirceur des arbres, leurs branches engouffrant mon corps frêle dans leurs gigantesques troncs. Peut-être aussi étais-je en train de me fourrer complètement dans la merde jusqu'au cou... N'empêche que je le devais. Alors, suivant toujours les traces, je m’enfonçai plus profondément, ne me retournant pas une fois.
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MessageSujet: Re: Haine (Quête)   Dim 6 Déc - 7:18

La maladie du feu

La première chose que je remarquai en posant ma patte sur la surface grise et lisse du nouveau sol fut l'odeur pestilentielle qui rodait dans l'air. Vous savez, quand on trouve un fromage rassis ou quelques choses qui n'est plus très bon ? L'odeur vous prend à la gorge et vous vous empressez de mettre la vielle nourriture aux poubelles en rigolant. C'est drôle, parce que vous avez le contrôler sur la puanteur, vous pouvez l'arrêter quand vous voulez. Ce que je vivais en ce moment n'était pas drôle, et loin de là. Le relent était tellement écœurant que je dus retenir un haut-le-cœur (sans réussite), me cabrant contre la falaise en relâchant mon déjeuner. Je poussai un hoquet de dégoût en voyant celui-ci s'écraser dans un " floush " remarquable sur une roche, me donnant envie de rendre aussi le bref diner que j'avais avalé tantôt. Mais je me retins à grande peine, serrant les mâchoires et respirant par la bouche à contre cœur. J'osai enfin lever mes yeux vitreux autour de moi, contemplant où j'étais donc arrivé. Ça ressemblait... À un bout de forêt isolé. Une petite clairière s'ouvrait en hauteur entre les grands arbres, délimitée sur la droite par un précipice sûrement mortel. La surface était constituée seulement de roche tantôt plate ou pointue, tantôt grise ou noir, augmentant au fur et à mesure qu'elle menait vers un trou dans la montagne. Une grotte, plus précisément... Un endroit idéal pour se cacher. Est-ce que mes efforts avaient finalement porté fruit ? Le cœur battant, la tête tourmentée par l'odeur forte et répugnante de l'endroit, je commençai lentement à mettre un sabot devant l'autre. Le soir commençait doucement à se pointer, étant donné qu'il n'était pas toujours présent comme à Concordia bien que nous étions à quelques heures de la grande ville. Le soleil couchant coloriait le ciel d'un rouge vif, orangé et jaune qui imprégnait les nuages et les enveloppaient de leurs belles couleurs. Alors, soupirant d'un air appréciatif (en barrant bien sûr l'effluve nauséabonde) je plantai mes yeux dans l'infinité du firmament, remarquant qu'une étoile venait pointer son museau. Souriant légèrement, le cœur un peu plus léger, je me tournai d'un air vif vers la grotte. J'allais entrer dedans et tuer quiconque oserait se mettre sur mon chemin. Ou capturer. Ou en tout cas, vous me comprenez bien !

Une brise chaude me bafoua le museau alors que j'avançai doucement dans le noir, la seule source de lumière étant les divers trous qui ponctuaient le plafond. La lumière du soleil qui était encore présente éclairait tant bien que mal le sol, ce qui m'encouragea à en finir au plus vite avant que je sois plongé dans le noir total. Il me semblait voir des ombres autour de moi... Des ombres qui se mouvaient. Des reniflements ? Non. J’hallucinais. Je continuai ma marche d'un air las, regrettant d'avoir laissé mon manteau à l'extérieur. Maintenant que je m’enfonçais plus profond, le froid me piquait de partout et semblait vouloir s'insinuer dans mon corps. La seule chose qui me protégeait contre quoi que ce soit ? Les couteaux accrochés sur mon flanc.

Il y avait au moins une heure de cela que j'étais entré dans la grotte. Je commençais lentement, mais sûrement, à ressentir un manque de voler, une oppressive ombre qui se pressait sur moi. Un peu de claustrophobie mélangée à la peur de me perdre plus le stress de mes ennemies rendait ma marche difficile, me nouant l'estomac. De plus, une chaleur de mort s'était placée dans la grotte, comme si j'approchais du centre de la terre. Et si seulement je n'étais pas entrée... Qui aurait pensé que cette foutue caverne était aussi longue ? Tant de chemin, de possibilité ... M'arrêtant finalement, après quelques minutes de marche, dans une longue pièce, je remarquai un trou au plafond qui laissait entrer la lueur de la lune. Cela faisait deux jours que j'étais partis de ma maison ... J'aurais simplement dû rester là-bas. Je n'allais jamais revoir ma sœur, elle allait s'inquiéter, être pauvre et se suicider ! Je paniquais. Je paniquais, et je le savais. Alors, doucement, je fermai les yeux dans l'intention de me calmer. Dans un coin de ma tête, un détail retentit soudainement sans que je ne puisse mettre le sabot dessus. Quelque... Quelque chose avait changé. L'odeur... L'odeur était plus forte. Mes yeux s'ouvrirent une fraction de seconde trop tard, sentant un truc m'attraper vivement par la nuque, enfonçant un une chose piquante dedans. Un cri de douleur sorti de ma gorge alors que je me démenais vivement, m'agitant dans tous les sens. Je sentis alors un liquide chaud dégouliner le long de ma joue, passant par mes lèvres et retombant sans bruit sur le sol. Du sang. Mon sang. Ce détail me permit de reprendre mon sang-froid, faisant soudainement la morte avant de glisser mon sabot vers mon flanc. Ma patte attrapa vivement mon petit couteau alors que je le plantai dans je ne sais quoi derrière moi, qui me lâcha avec un couinement... Couinement de chien. Je me retournai précipitamment, éclaboussant le sol autour de moi d'un rouge bourgogne. Et je crus défaillir.

Devant moi se tenait une meute de chiens au complet. Six, pour être exacte, tout aussi infâme les uns que les autres. Celui qui m'avait mordu, facilement reconnaissable à ses babines rougies de sang, se tenait devant les autres et grognait d'un air féroce. Un couteau était planté dans son épaule droite et maculait son pelage blanc d'un rouge un peu plus vif que le mien.

Ses yeux bleus vitreux luisaient faiblement dans la lueur de la lune, me regardant de haut. Une partie de son flanc semblait ravagée de cicatrice et il boitait de la patte arrière gauche, mais tout laissait à croire qu'il n'allait pas se faire amadouer facilement. Le deuxième était presque pareil que le premier, pelage blanc sur yeux bleus, encore plus volumineux que sa copie conforme. Son oreille droite était déchiquetée et une plaie béante ravageait son poitrail, lui donnant un air encore plus macabre. Le troisième, par contre, différait beaucoup : à peu près ma taille, le corps noir et le bout de la queue blanche, des yeux jaunes et de la bave qui sortait en quantité de sa bouche. Diverses plaies parcouraient son petit corps et je pouvais voir que deux griffes avaient quitté ses pattes avant, remplacé par une croute jaunâtre qui semblait infectée. Le quatrième se tenait en retrait, dans l'obscurité, une balafre rouge sur son œil droit. Son pelage blanc était tellement rempli de crasse qu'on aurait dit qu'il était gris et il n'arrêtait pas de grogner en me regardant de sa prunelle bleue valide. Les deux derniers étaient ceux qui avaient l'air les plus malades : deux gros chiens noir et blancs qui n'arrêtaient pas de dénuder leurs canines ensanglantées et de tourner en rond, de la bave autour de leurs mâchoires proéminentes. Un nombre de plaie interminable ponctuait leurs corps et leurs yeux jaunes brillaient d'une folie sans fin. Comment allais-je pouvoir les battre ? Je gémis légèrement, les regardant tour à tour dans un silence de mort.

- Je... Je... Comment oses.. Tu ? Une.. Lunariste dans mon.. Une bat.... Une... Une.. CHIEN CHIEN CHIEN CHIEN mourir.. le village..

J'ouvris légèrement la bouche pour répondre, me demandant qui avais bien pu parler de la sorte. Les chiens ? Sûrement pas, les animaux comme ça ne parlait pas... C'est alors que je le vis. Un poney derrière les deux cabots les plus au fond, tournant en rond et en rond sans s'arrêter. Son pelage luisait d'un rouge cramé et roussi à quelques endroits, des touffes de poils arrachés en grand nombre sur son flanc. Il avait diverses cicatrices sur le corps et sa patte arrière semblait un peu bizarrement placé, comme si elle avait été tordue. Ses yeux étaient de la même teinte que sa crinière couleur fumée et suie, touchant presque vers le noir. Ses oreilles étaient ravagées de tic, comme tout son corps d'ailleurs, et il s'arrêta seulement, et seulement, pour planter ses prunelles dans les miennes sans vraiment me voir. Je remarquai aussi qu'autour de lui volaient des petites boules de feu qui frôlaient son ventre et son dos, tournant en rond autour d'eux. Et je réalisai que je n'aurais aucune chance de les battre. Du moins, c'est ce que je pensais.

- Tu.. NON NON NON ! Tu ne p-p-peux pas m'avoir trouvé. J'étais s-si bien caché

Il se retourna furieusement vers moi d'un air perdu, ouvrant sa bouche et prenant une grande inspiration. Je retins un autre haut-le-cœur en comprenant qu'il venait d'inspirer l'odeur insupportable, me faisant grimacer légèrement. Tout ce que je trouva à dire fut cette phrase prononcée d'une petite voix balbutiante :

- Je... Euh, je croi-

Il  me coupa d'un air furieux en agitant sa patte dans les airs, hurlant d'un air complètement hystérique :

- ATTRAPEZ LA, ATTRAPEZ LAAA !

Une partie de mon cerveau se demanda à qui il parlait, tandis que l'autre me disait de fuir au plus vite avant de mourir dans d'atroce souffrance. Et c'est les six grondements unanimes qui me donnèrent ma réponse. Je pivotai vivement derrière moi, hurlant comme une fillette avant de me précipiter dans les couloirs de l'interminable grotte. J'entendis des jappements écœurant derrière moi et des grattements signifiant qu'ils étaient en train de me courser, me faisant accélérer de plus belle. Merde, merde, merde, merde. Le stress m'empêcha bien évidemment d'ouvrir mes ailes alors que mon cerveau remuait dans l'espoir de trouver quelques choses à faire. Alors que je tournai ma tête pour regarder où ils étaient rendus, j'aperçus deux crocs claquer devant mon museau. Le plus gros mâle blanc était à à peine quelques centimètres de moi, rependant son haleine de chair en putréfaction dans mes narines. Un grattement sur mon flanc me rappela qu'il me restait deux autres couteaux, et comme par magie, je compris que c'était maintenant que je devais l'utiliser. Amusant, non ? Bref, en vitesse, je poussai un léger grognement puis pris le pus grand élan que je pouvais, bondissait en suite contre le mur de droite avant de me retourner dans les airs. J’atterris en souplesse sur le sol, attendant patiemment que le gros mâle arrive en jappant, puis fermait mon œil droit pour me concentrer. J'entendais ses pas se rapprocher, mais pas encore. J'entendais ses grondements tout près, mais pas encore. Il était devant moi, mais pas encore. Là. Je lançai avec une précision spectaculaire mon mince couteau vers lui, le regardant tourbillonner avant d'aller se ficher dans sa plaie à la poitrine. À partir de là, je ne sus plus ce qui était le plus horrible : son couinement mélangé à son jappement de peur ou le sang qui giclait tout autour ? Alors, sans m'attarder devant cette vision macabre, je pirouettai pour sortir de cette infâme grotte. Les aboiements se distancèrent peu à peu alors que je débouchai finalement dehors, prenant une grande inspiration de l'air frais malgré la puanteur encore présente. J'ouvris grand mes ailes pour m'élever en hauteur, préparant mon couteau dans un sabot tremblant. Prenant une grande inspiration, je forçai mon cœur à se calmer en observant le gros mâle qui m'avait happé par la nuque bondir droit devant lui, s'égosillant de hurlement. Je sifflai alors d'un air un peu rassuré par la hauteur, regardant ses prunelles se tourner vers le haut en cherchant la source de ce bruit. Lorsqu'il me repaira enfin, je ne fis qu'un petit mouvement du sabot et mon couteau parti en direction de son œil. Le gros chien jappa d'un air contrit, s'évanouissant dans la forêt en rugissant presque comme un fauve. J’atterris donc en souplesse sur le sol, observant l'entrée de la grotte. Il ne restait que quatre chiens maintenant.. Le  noir, les deux étranges et le blanc crasseux. Justement, les deux idiots en arrivèrent en clabaudant, posant leurs regards fous sur mon corps. Je me tournai de suite d'un air alarmé, puis me mis à courir droit devant moi en me demandant comment j'allais faire pour semer ces deux-là. La réponse me vint quand je sentis le vide sous mes sabots, me rendant compte trop tard que j'étais parti à courir.. Droit vers la falaise. J'allais m'écraser et tout serait fini.

Mais j'étais une batpony, non ? J'avais donc des ailes ! Je les ouvris soudainement en évitant de justesse un gros rocher, esquissant un tonneau pour apercevoir le duo de bâtard dégringolé les roches avec un peu moins de chances que moi. Je retins mon souffle en voyant les deux autres débouler hors de la grotte, reniflant comme des idiots. Mais j'avais déjà filé en haut d'eux, me rappelant qu'un trou avait été creusé en haut de la place du poney fou. Donc, logiquement, si je volais en regardant de haut... Je pourrais peut-être passer par l'ouverture et l'attaquer ? Oui, mais avec quoi ? Je continuai donc à observer les environs, me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire pour battre le poney de feu. Et je sus. Retournant sur mes sabots, un sourire éclairant aux lèvres, je filai droit à l'entrée ou les deux chiens furieux attendaient encore. Doucement, je me posai, prenant la cape que j'avais laissée à l'entrée, puis je la revêtis simplement.

- EH, VOUS, BANDES D'IDIOTS !

Deux têtes se retournèrent vers moi, mais ne remarquèrent que le bout d'une cape s'enfoncer dans l'obscurité. C'est ainsi que la chasse commença à travers les dédales, ralentissant parfois mais augmentant toujours quand ils étaient sur le point de me tirer la cape. Ils devinrent de plus en plus impatients, grognant comme des fous lorsque je leur échappais de quelques centimètres. C'est ainsi que, quelques minutes plus tard, peut-être 5, je débouchai dans la grande salle avec 20 secondes d'avance sur les chiens.

- Vous l'a..L'avez tué.. IEN BINE ENENE BIEN ! Parfait, je d-d-d-irais même..

Murmura le poney en entendant les grognements résonner. Je filai silencieusement derrière lui et, attendant jusqu'à la dernière seconde, lui fit revêtir la capuche que j'avais prise lors de ma fuite. Avant que les chiens ne puissent me voir, je filai dans le trou au ciel, laissant le mage de feu tout seul avec deux chiens qui pensaient que leur maître était en fait ... Moi. Souriant de ma technique, j'entendis des hurlements de douleur résonner et des bruits de mastications, suivie d'une odeur de roussi un peu ... Dégueulasse. Sans demander mon reste, prenant une grande inspiration, je pris le temps de calmer mon cœur qui battait follement dans ma poitrine. J'avais vaincu. J'avais terminé. Alors que le soleil pointait son nez dans le ciel d'ombre, je sus que plus jamais je n'allais poser les yeux sur des fichus journal intime.
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Haine (Quête)
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