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 Un nouveau départ [RP solo][Développement personnage][Terminé]

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Amethyst
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MessageSujet: Un nouveau départ [RP solo][Développement personnage][Terminé]   Mer 23 Mar - 0:54








Abandon



Aurora. Un nom qu’elle aurait du mal à oublier. La vieille serrure huilée tourna dans un clic sonore, encore une source de mélancolie future. Ses rares voisins déjà debout au courant de son départ lui lancèrent un salut du sabot, chargé de chagrin pour la plupart. Elle serait regrettée. Oui elle était sur le départ, ses dernières affaires dans ses sacoches elle jetait un dernier regard sur la façade de son ancien cabinet, magasin et maison avant de se détourner vers la sortie de la ville. Elle ne pouvait même plus considérer ce lieu comme chez elle depuis quelques temps, il lui semblait étranger, ne lui correspondant plus. Perdue elle s’était finalement résolue à partir, stagner ici commençait à la déranger plus qu’autre chose, il lui manquait quelque chose.

Heureusement même perdue elle savait encore où aller, praticienne de la magie elle connaissait comme ses pairs la légende qui planait autour de Whitetail Woods. Un lieu tant magique que mystérieux mais surtout un bois magnifique, calme et prompt à l’apaisement ce dont elle avait le plus besoin pour sortir de cette passe. En territoire Solaire le lieu se trouvait bien loin d’ici, c’était sans doutes mieux, au plus loin elle serait de tout et de ses souvenirs au mieux elle saura répondre à ses questions.

L’obscurité tombait lentement à travers les arbres quand elle remarqua enfin qu’elle était arrivée à destination. Etait-ce dû à de l’épuisement ? Ces bois devaient vraiment être enchantés, ou maudits : regardant autour d’elle la jeune licorne se trouvait totalement perdue, se première sortie en forêt de nuit lui revint en mémoire comme un mauvais rêve, mais éveillé. Touchant son pendentif d’un sabot pour tenter de se rassurer elle lança ses yeux à droite et à gauche, espérant trouver un coin éclairé qui la sortirait de cet endroit de moins en moins rassurant. Elle n’en trouva pas. Comment avait-elle fait pour se perdre ? Toutes ses angoisses remontaient progressivement pendant qu’elle commençait à errer dans cette nature désormais sombre et effrayante. Un abri, il lui en fallait un. Une lumière semblait briller non loin, à travers de hauts arbres, la sortie ? Elle en doutait : même perdue elle savait que la forêt était encore trop dense, en plus elle l’aurait vue bien avant. Des craquements effrayants lui intimèrent d’avancer vers le point lumineux, s’emmêlant le crin dans les branches basses qui tentaient de la retenir comme des griffes pendant au bout de bras décharnés. Les rictus sur leurs propriétaires sylvestres n’aidaient pas à penser autrement. Un lac semblait se reposer au-delà de sa prison végétale, cette forêt était surprenante. L’étendue d’eau, éclairée par la lumière pure de la lune semblait étonnamment calme par rapport à l’endroit d’où elle venait, les craquements et les cris avaient presque disparus et diminuaient au fur et à mesure qu’elle s’avançait du bord de l’eau claire pour s’hydrater et profiter de l’endroit pour sonder les alentours. Le lac était petit, le sol meuble pourrait en faire un charmant point de rendez-vous amoureux avec ce clair de lune, les poissons qu’elle pouvait voir nager au fond ajoutaient un sentiment de bien-être au lieu. Rêvait-elle ? Normalement non mais par acquis de conscience elle préféra plonger la tête dans l’eau fraîche pour s’en assurer, et pour retirer les branchages coincées dans son crin, bien réels eux.

Les idées en place elle étudia la situation, outre la nourriture dont elle devrait se passer pour cette nuit vu l’heure avancée la configuration du lieu laissait place à un abri, un rocher assez haut qu’elle pourrait utiliser pour se cacher et se reposer. Même si un lac comme celui-ci risquait d’être le point de ressource de possibles prédateurs, ce qui rendait l’idée de camper à son bord risquée, son instinct lui dictait qu’elle ne risquait absolument rien et qu’elle pouvait se poser tranquillement. Prudemment elle se laissait guider par ce dernier, de toute façon elle était trop fatiguée et trop apeurée pour se renfoncer dans la forêt noire qui se dressait autour de l’eau. Amassant rapidement des branchages elle les accola au rocher avec l’aisance d’une habituée pour fermer sa couche providentielle avant d’y entrer pour s’y coucher, un tapis de feuille servant d’isolant entre elle et le sol elle. Sortant quand même une couverture de son sac de voyage elle s’en recouvra avant de se caler pour regarder les étoiles, où était-elle ? Silencieusement elle adressa une courte prière à la forêt pour la protéger cette nuit et l’aider à trouver son chemin. Une habitude qu’elle avait depuis longtemps même si aujourd’hui elle semblait en avoir d’avantage besoin, perdue de corps et d’esprit elle plongeât rapidement dans un lourd sommeil, assommée par la fatigue accumulée de ces derniers jours.

L’aube semblait pointer son museau. La bouche ouverte pour bailler la magicienne se redressait péniblement avant de se rendre compte que le soleil éclairait déjà la forêt mais moins que le spot lumineux qui l’avait réveillée. S’approchant lentement de la source, qui semblait provenir de l’eau, elle en cherchait l’origine. Une forme, des ombres se dessinaient dans la lumière qui diminuait lentement. Les oiseaux s’étaient tut, elle venait de s’en rendre compte, plus aucun bruit dans l’air, même le vent semblait s’être arrêté comme par respect. Sur ses gardes elle tourna la tête pour chercher une échappatoire, n’importe quoi mais outre son sac qui était trop loin elle ne voulait pas retourner dans les bois aussi effrayant que la nuit passée.

« - Que cherches-tu Amethyst ? »

Q..Quoi ? Elle tourna la tête brusquement pour apercevoir ce qui avançait vers elle. La lumière n’était plus assez éblouissante pour masquer l’inconnu, non, les inconnus. Et quels inconnus : deux grands cervidés, un mâle à la ramure large et puissante et une femelle à la prestance moins hostile mais tout aussi si ce n’est plus impressionnante. Leur corps ondulaient gracieusement tandis qu’ils s’arrêtaient à une distance raisonnable du  poney, pour ne pas l’effrayer sans doute. La tête haute et la stature droite et fière de ces créatures subjuguait  Amethyst, une noblesse sans bornes se dégageait d’eux comme une aura qu’ils portaient le plus naturellement du monde. Balbutiant quelques bonjours et autres questions de manière inaudible elle ne pouvait détacher les yeux des animaux. Ils connaissaient son nom.. Comment pouvaient-ils : elle venait de les rencontrer. Pourtant elle semblait les connaitre sans pouvoir se souvenir de où, des cerfs comme ça ne s’oublient pas en 2 minutes surtout quand ils faisaient presque deux fois sa taille, enfin elle avait déjà rencontré des gens de cette stature il y a longtemps mais jamais de cette espèce. Se raclant la gorge discrètement pour s’humidifier la gorge et se donner une contenance elle tenta de répondre à la question sans trop laisser transparaitre sa peur, un échec :

« - Ce.. Ce que je cherche ? R-Rien. Je veux dire, qui êtes-vous d’abord ? Et d’...D’où me connaissez-vous ? »

Etrangement elle n’arrivait pas se montrer menaçante comme elle savait le faire dans une situation semblable, aucun danger ne semblait se présenter à elle. Même si les créatures venaient de perdre presque la moitié de leur taille comme par magie devant elle !

- Désolés de t’avoir fait peur ainsi mon enfant, » reprit la biche « ce n’était pas le but. Pour ta première question je dois d’abord répondre à la deuxième : tu dis ignorer notre identité pourtant tu sembler nous parler souvent, plus encore ces derniers temps. C’est d’ailleurs la raison de notre venue ici…

Sa voix aussi chaude que dure n’avait pas perdu en intensité durant sa transformation. Toujours aussi apaisante les mots qu’elle portait n’en restaient pas moins énigmatiques : la ponette n’avait parlé à presque personne depuis ces derniers temps, depuis qu’elle eut quitté son ancienne ville… Non.. Se pourrait-il que ?..

- La raison de votre venue ? Je ne comprends rien et vous ne me dites rien, enfin je ne me rappelle pas vous avoir déjà vu. Sa curiosité piquée au vif l’empêchait de résister Comment faites-vous le truc là avec votre taille ? J’ai déjà rencontré plusieurs sorciers et aucun ne savait faire ça aussi facilement. A moins que vous ne voyez des changelings ?

Ignorant superbement la dernière question comme hors de propos le cerf suivit
- Effectivement, tu ne nous a jamais vu, mais cherche au fond de toi. Si cela peut t’aider tu as commencé à nous parler il y a longtemps, tu venais d’obtenir ta cutie mark.

La voix du cerf était de la même trempe que sa partenaire, chaude et rauque elle apportait un aspect sauvage à l’individu, lui ajoutant une autorité certaine, la même que sa compagne en vérité. Pour la mark elle s’autorisa un léger sourire, c’était un évènement qui ne pouvait être oublié, ce pour tous les poneys. C’est à cette époque qu’elle avait commencé à construire ce qu’elle était à présent : parcourant les bois, se documentant sur tout ce qui touchait au monde de la nature, et commencer à… Prier.. Le souffle coupé elle recula son sabot pour ne pas défaillir.  

- Vous.. Vous êtes.. ?

- Oui, nous sommes. Tu sembles nous surestimer mais nous somme des esprits, ceux qui t’écoutent depuis tout ce temps.

Choquée elle en perdit ses mots, de la même façon qu’au début elle marmonna des formules de pardon pour le cruel manque de courtoisie dont elle a fait part envers ces entités. La quantité d’informations qui lui parvenait était difficile à avaler. Tombant sur la croupe sans aucune grâce elle se sentait minuscule face à ce qu’elle prenait pour d’anciennes croyances, pas qu’elle doutait de leur existence mais de là à pouvoir les rencontrer, « physiquement ». Ils se regardèrent et d’un sourire entendu s’avancèrent vers la jeune jument, un regard maternel posé sur elle la biche la remit sur pattes.

- Ne t’inquiète pas, nous comprenons ta réaction » continua elle « Tu n’es pas la première mais dans l’immédiat ta détresse nous est parvenue. Que cherches-tu Amethyst ? »

Encore cette question. Elle n’y comprenait plus rien, ses croyances, ce pour quoi elle priait chaque jour sans plus vraiment y penser, faisant ça plus par habitude que par dévotion. Et là, deux cerfs viennent dans un éclat de lumière lui dire que ce sont eux à qui elle s’adressait sans vraiment le savoir. Un combat infernal entre raison et mysticisme faisait rage en elle. Devait-elle fermer les yeux ? Ils semblaient si réels pourtant. Se sentant défaillir elle recula d’un pas sans provoquer un quelconque mouvement de la part de ses « invités » : droits comme deux statues de cire ils restaient à la regarder, comme attendant qu’elle use les bons mots. Elle n’y comprenait vraiment rien. A tout hasard elle tenta une réponse.

« - Je.. Je me cherche.. Moi ? »

Elle n’avait de toute façon rien à perdre, à demi sonnée par son conflit intérieur elle s’était à peine entendue sortir cette phrase. Perdant l’ouïe d’un coup elle se sentit tomber sur le sol. Ses pattes l’avaient lâchée, s’était-elle prit un coup ? Ecroulée sur le sol et regardait toujours les cervidés qui n’avaient toujours pas bougés avant qu’ils ne disparaissent comme une hallucination. Qu’est-ce qu’il lui arrivait ? Elle n’eut le temps d’en savoir plus, tout en elle chavira et elle perdit connaissance sombra dans les limbes d’un sommeil plus proche d’un évanouissement qu’un repos.

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MessageSujet: Re: Un nouveau départ [RP solo][Développement personnage][Terminé]   Lun 28 Mar - 20:01








Liberté



Une narine frémit, un dormeur du val bien vivant se reposait sous un abri de fortune. Son corps sombre, presque noir ondulait au rythme de sa respiration régulière. Nouveau frémissement et un œil cligna. Que faisait-elle ici ? Sa mémoire revenait lentement encore embrumée de sommeil : la guerre, Aurora, la forêt, les deux étranges créatures.. Elle avait dut rêver de ça après s’être perdue. Elle se rappelait avoir été effrayée par les bois sombres, les visages grotesques lui revinrent en tête et elle frémit à leur hideuse expression.

Lentement elle se redressa, le soleil montait déjà bien et une odeur fraiche de pré lui chatouillait les narines, amenée par un vent doux quoiqu’un peu frais. Ouvrant les yeux elle se raidit : un pré ? Elle s’était endormie au bord d’un lac au cœur d’une forêt et elle venait de se changer en clairière verte, et dans cette clairière à quelques mètres d’elle se trouvait justement une des étranges créatures : la biche était assise, les yeux fermés comme si elle se reposait. Ce n’était donc pas un rêve ? Le cervidé avait affirmé dans la nuit être un esprit, avec du recul elle ressemblait à n’importe quel autre biche, et puis elle avait pu confondre une clairière avec un lac avec la fatigue. Le mieux était encore de foutre le camp pendant que l’intruse dormait encore, ses sabots n’ayant fait aucun bruit sur le sol meuble elle n’aurait aucun mal à disparaitre en silence. Attrapant ses affaires elle se dirigeait lentement vers l’orée du bois, bien moins effrayante sous ce soleil radieux quand un son la tétanisa :

« - Où vas-tu Amethyst ?

Lentement elle tourna la tête, la biche la regardait sans toutefois avoir bougé, sa voix avait gardé l’aura qui l’accompagnait hier soir, noble, maternelle, néanmoins elle ne semblait pas avoir été parlée mais sa voix avait directement résonnée dans son crâne. N’osant plus faire un pas en avant ou en arrière la licorne posa lentement ses affaires au sol avant de se retourner en déglutissant discrètement. Qu’allait-elle lui faire ?

- Je.. Je partais.. Qui êtes-vous ?

- J’ai déjà répondu à cette question hier, tu sais très bien qui je suis, je le vois en toi. Où vas-tu Amethyst ?

Effectivement, ses lèvres ne bougeaient pas. Son regard aiguisé comme une lame restait posé sur elle tandis que sa voix arrivait directement dans sa tête ; c’était effrayant. Et qu’avait-elle à toujours répéter ses questions? Et d’ailleurs tiens, où allait-elle ? Elle se rappelle être partie pour se ressourcer, venir dans cette forêt qu’on disait paisible. Elle avait atteint son but, pourquoi partait-elle maintenant ?

- Viens donc t’installer. Nous devons discuter.

Toujours intimidée la jeune licorne avançait prudemment, prête à déchainer son pouvoir si traquenard il y avait, certains magiciens pouvait vous faire croire à un rêve pendant qu’ils vous dépouillaient ou vous assassinaient lentement. Rien ne se passa pourtant tandis qu’elle s’installait face à son interlocutrice, des nuages zébraient le ciel parfais du réveil, faisant paraitre la biche aussi normale qu’avant, comme pour le préciser cette fois elle utilisa sa voix.

- Mon enfant, je te sens perdue.. Que viens-tu faire ici ?

- Vous aviez dit m’écouter hier, vous devriez le savoir..

Pourquoi était-elle si agressive ? Cela ne lui ressemblait pas.. Sans doutes le stress, elle n’arrivait même pas à s’en vouloir de parler ainsi à un esprit, si ça en était un..

- Tu es tendue, je n’ai pas besoin d’être devin pour le voir, il faut que cela sorte par ta bouche.

Et pourquoi lui faisait-elle subir ça ?… Elle arrivait à se contenir depuis tout ce temps et cet animal lui demandait de tout cracher maintenant.. De toute façon elle avait raison

- Je ne sais plus où j’en suis, j’ai l’impression qu’il manque quelque chose à a vie. Pourtant j’avais des amis, un travail plaisant, je savais vivre de ma passion, pourquoi maintenant ?

- Ah ah, ainsi est faite la nature, tantôt limpide et tantôt pleine de mystères. Ton esprit n’est plus en phase avec ton univers extérieure car il ne correspond pas à ta nature profonde..

La rhétorique n’était pas une très bonne expérience quand on était la cible. Surtout quand on ne voyait absolument pas ce dont voulait parler l’autre.

- Mais du coup, c’est quoi ma nature profonde ? (à son tour d’user de rhétorique, elle était justement là pour ça, avoir la réponse maintenant ne l’aiderait pas) Vous me perdez de plus en plus !

- Une autre question Amethyst. Pourquoi es-tu devenue mage ? Je t’ai connue plus portée sur les soins, c’est d’ailleurs ton métier il me semble.

Bon, là au moins ce n’était pas une question difficile, mais à quoi menait cet interrogatoire ? C’était elle qui se posait des questions après tout. En plus cette question n’avait pas vraiment de sens : bien des mages pouvaient soigner.

- Et bien, cette voix était la seule qui me permettait de pouvoir utiliser les éléments, être plus proche de mes croyance en somme. A quoi riment ces questions?

Elle perdait lentement patience, l’autre ne tentait même pas de la calmer : elle ignorait la nouvelle question.

- La seule ? Tu n’as sûrement pas étudié toutes les possibilités. Tu as même ignoré la principale en tentant de te forcer une voie.. Tu t’es négligée pour avoir ce que tu voulais sans te poser de questions..

Bien sûr qu’elle savait de laquelle elle parlait, mais les shamans étaient des guerriers. Il n’y avait pas plus proche de la nature qu’eux avec leurs sorts élémentaires et leur force brute, mais ils se battaient, elle n’en avait jamais été capable, même elle n’aimait pas la violence. Mettre ça sur le tapis maintenant n’était pas bon, elle s’engageait sur une pente glissante. Il était sans doute trop tard. Levant des yeux embrumés de larmes elle regardait l’esprit, jamais elle n’avait eu telle réponse de leur part, elle sourit suivit de l’autre, émue.

- Et alors ? De toute façon il est trop tard maintenant, je suis mage et pas shaman. Il trop tard.

- Trop tard ? Pourquoi serait-il trop tard mon enfant ?

- J’ai la vingtaine, j’ai un travail, je ne peux pas juste tout quitter pour changer.

- Changer ? Je te parle d’approfondir ton contact avec la nature pour faire ressortir ton vrai toi. Amethyst, tu resteras mage et ce jusqu’à la fin de tes jours mais plus encore, tu vas devenir shamane ! »

~-~-~-~-~-~-~-~

Une narine frémit. Le vent faisait frémir la licorne assise dans l’herbe. Les yeux fermés Amethyst méditait au bord du lac, exercice imposé par l’esprit biche. Les esprits ont beau être plein de sagesse ils ne sont pas omniscients : cette pratique censée la faire entrer en contact avec les éléments ne servait pas à grand-chose mais ce pont existait depuis quelques temps déjà. Elle en profitait donc pour méditer sur sa nouvelle condition, bien qu’inexpérimentée elle s’était découvert une passion pour le bâton de combat. Depuis ces quelques semaines elle avait été entraînée à son maniement par le cerf qui l’avait entraînée tout court : ses muscles avaient gonflés et le manque de force qui lui restait était son agilité.

Elle aimait se battre désormais, bien que savant qu’elle resterait une licorne assez timide elle se forgeait une nouvelle coque, plus solide et maniable qu’avant, la licorne pouvait se défendre correctement maintenant au lieu de lancer un nuage de poussière et de s’enfuir se cacher dans la direction opposée. Venir au Crystal Empire avait semblé être une erreur maintenant qu’elle y repensait, bien sûr elle croyait à la paix entre tous les poneys plus que tout mais cette nation ne lui correspondait pas, la paix passive n’était pas la solution, preuve en est qu’une fête est venue à bout de la capitale par le passé.

Elle n’eut pas le temps d’approfondir plus ses pensées, sa séance d’entraînement allait commencer, elle allait pouvoir se dépenser. Ouvrant les yeux elle attendit de voir le cerf entrer dans son champ de vision mais au lieu de cela le couple fit son apparition, interloquée elle rompit la position et s’autorisa une position plus confortable : elle les avait assez côtoyés pour savoir que ça partirait en discussion. Elle avait raison.

« - Bonjour mon enfant, commença la biche, comment te sens tu ?

- B..Bien ? Pourquoi me demandez-vous ça ?

- Comment te sens-tu après ces semaines ? Corrigeât le cerf.

- Oh, et bien ressourcée, je pourrais retourner une montagne si l’envie me prenait. Je me demandais quand je pourrais apprendre à maîtriser les éléments dans mon état de shamane.

- A ce propos, nous n’allons pas te mentir : ce n’est pas notre rôle. Je t’ai appris à contrôler ta force et ce bâton, à diriger ton énergie pour qu’il soit le prolongement de ta patte, t’en servir pour canaliser les éléments est un travail personnel, tu dois apprendre et découvrir les moyens d’user de la nature t’environnant toi-même, la seule limite sera comme pour ton autre capacité magique ton imagination.

- Pourtant on m’a appris justement à lancer des sorts dans mes études, pourquoi ça ne marcherait pas de la même façon ?

- Car tu n’es pas une novice en magie : par exemple tu sais déjà te servir de ta corne, bien sûr tu pourrais voir un shaman qui t’apprendrait à maîtriser ses techniques mais pour la magie, n’as-tu pas crée tes sorts toi-même ? Basés sur ce que tu es et sur l’impact que tu veux avoir sur ton environnement, pour cette classe le principe est le même : tu sais déjà toutes les capacités que tu peux exploiter, elles sont dans ta tête. Hélas tu as encore besoin de t’entraîner au maniement de ton arme.

Si c’était pour lui dire ça pourquoi étaient-ils venus à deux ? Il suffit juste qu’elle reste ici une bonne semaine et elle pourrait sûrement commencer à utiliser les éléments d’ici là. La biche reprit comme lisant dans les pensées de l’élémentariste :

- Nous ne pouvons rester plus longtemps dans ton monde, nous devons partir et toi tu dois rejoindre les tiens, tu es restée éloignée longtemps du monde extérieur et cela pourrait être dangereux pour toi.

Il y avait dans sa voix comme une pointe de peur, comme une mère peut craindre pour son enfant. Elle ne voulait pas partir, elle avait encore tant à apprendre, ça ne pouvait se finir bêtement comme ça.

- Il n'y aura pas de danger, si vous restez et moi qui sait me défendre on ne risque rien..

- Nous ne pouvons te protéger de tout, nous ne sommes que des esprits comme tu le sais. Et tu sais que nous resterons toujours avec toi quoiqu'il arrive, tu ne seras jamais toute seule.

Au fond ils avaient raison. Sans un mot la licorne se leva et se mit en mouvement vers son campement et son paquetage. Ils n’avaient presque pas été dérangés comme si elle savait depuis longtemps qu'elle ne resterait pas là. A leur habitude le couple n'avait pas bougé et restait à la regarder, ils semblaient se dissiper un peu, sur le départ eux aussi. Installant les sacoches sur sa croupe, cachant les pierres violettes qui ornaient ses flans elle attrapa son bâton, arme offerte par le cerf qui l’avait principalement supervisée pour les combats. Taillé dans un bois de noyer, cette arme sombre mesurait un peu plus d’un mètre et des petites lanières de cuir noir protégeaient les bouts. Des runes magiques y étaient gravées, censées l’aider à canaliser sa magie elle les fera dorer une fois de retour à la ville. Elle l’installa à son flanc avant de se tourner vers les esprits.

- Où vas-tu maintenant mon enfant ?

Ils savaient qu’elle ne retournait pas au royaume de la princesse Cadance ?

- Je ne sais pas, j’y réfléchirais en route je pense. Elle s’arrêta de parler un instant, les yeux humides. Merci de m’avoir aidé, je ne sais pas ce que je ferais sans vous, merci d’être là pour moi. Je ne vous décevrais pas !

- Mais, tu ne nous as jamais déçus Amethyst, ne l’oublie jamais, nous resterons là tant que tu auras besoin de nous. Merci d’être là pour nous aussi mon enfant. »

Il n’y avait plus rien à ajouter, elle ne devait pas pleurer. Lentement le duo se dissipait tandis qu’elle s’était retournée pour partir. Un vent soudain lui fit se retourner, la clairière n’existait plus : les arbres avaient repris leurs droits et une bruine ajoutait une ambiance mystique au lieu, magnifique. Marchant lentement à travers les arbres elle ne perdait rien de vue et imprimait chaque détail dans son esprit pour ne rien oublier de ce lieu, la fin de la forêt s’avançait déjà, elle n’avait jamais été loin de la sortie. Un début d’après-midi nuageux pointait le bout de son museau mais il n’allait pas pleuvoir, elle était tranquille. Le Sud était une bonne direction, elle savait où elle devait aller, où elle devait continuer à vivre, son paquetage sur la croupe elle leva à nouveau les yeux et sans un mot prit le chemin du Changeling Swarm, le pays de la reine insecte serait son nouveau point d’attache. Elle se sentait différente au fond d’elle, étrangement ce n’était pas désagréable, au contraire elle avait envie de tracer. La pression sur son flanc devait en être la cause, elle n’était plus la petite mage effacée, cette Amethyst là n’existait plus, elle était enfin elle : Amethyst la combattante.

Elle était libre !

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