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 Querelle paysanne

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Karl Tirecorde
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Eternal Chaos

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MessageSujet: Querelle paysanne    Sam 31 Jan - 0:17

_        Les vibrations du train, doucement me berçaient, quelle chance j’avais eu de pouvoir l’attraper et ainsi échapper à la guerrière folle et aux gardes. C’est même étonnant qu’ils n’aient pas envoyé quelqu’un fouiller le convoi lors de son arrêt à Ponyville. Mon museau cicatrisait tant bien que mal, mais il fallait que je refasse sans arrêts les bandages sur mes plaies qui n’arrêtaient pas de se rouvrir. Le wagon dans lequel je m’étais réfugié transportait plusieurs caisses en bois contenant du matériel de construction comme des clous, des rabots, des lingots fer. Il y avait aussi des outils posés contre la paroi de bois rouge et des balles de coton soigneusement empilés, le tout vibrant au rythme des rails.

J’entrouvrais un peu la lourde porte coulissante, le vent s’engouffra à travers l’ouverture, je passai ma tête par l’interstice. Le train filait à toute vapeur, la locomotive soulevait un nuage de poussière à son passage, elle toussait dans ses bielles et ses pistons, la chaudière crachait une fumée noire et épaisse. Le convoi attaquait une courbe, cela me permit d’observer l’imposante machine de 3/4. C’était une Tenwhells, c’est-à-dire 4 essieux sous le bogie avant, et 6 essieux moteurs, elle était de couleur noire mais à sa base une couche poussière beige s’était accumulée. La locomotive possédait une cabine de conduite carrée avec un toit en demi-cercle avec un sifflet à l’avant de celui-ci et des fenêtres en ogives. La chaudière était une simple expansion, ses flancs étaient à peu près vierge de toutes les tuyauteries présentent sur les machines plus complexes, la cloche à vapeur était surplombée d’une cloche en cuivre pouvant être actionnée depuis la cabine. Puis à l’extrémité de la chaudière était placée une lanterne magique conçue pour éclairer sur de longues distances, et derrière elle, était fichée une grande cheminée en forme de V car elles avaient un meilleur tirage et était plus souple par rapport au combustible utilisé que ce soit du bois, du charbon de mauvaise qualité ou des déchets comme des meubles,  évitant ainsi au foyer de s’étouffer, d’ailleurs de tender était rempli exclusivement de bûches de bois.  J’essayais de déterminer la longueur du convoi, il était composé d’une locomotive avec un tender, de six wagons de marchandises, deux wagons de voyageurs, et un fourgon de queue qui servait aussi de wagon postal.


_        Mais voilà qu’une brusque secousse manqua de me faire tomber, toujours par l’ouverture de la porte je vis que la voie s’était dédoublée et déjà le train ralentissait jusqu’à s’arrêter qu’un sifflet déchira le vent soufflant à l’extérieur, un autre convoi passa doucement en sens inverse. Après le dernier wagon, je ressortis la tête et j’aperçus au loin une ville. Je récupérais au plus vite mes affaires et je sautai du wagon et j’atterris sur la voie, je sortais au plus vite de celle-ci car je ne tenais pas vraiment à me faire faucher par un autre train. On dit toujours qu’un train peut en cacher un autre. Je me rééquipais et je longeai la voie jusqu’à la bourgade, il valait mieux marcher un peu et arriver en ville par la route, que de descendre d’un wagon de marchandise en pleine gare comme un vulgaire clandestin, je ne me sentais pas d’ailleurs à sauter du train en marche.
En avançant, je vis apparaitre progressivement des arbres, puis des fruits dans leur feuillage, des pommes pour être plus exacte, j’en chipais une pour plus tard. Petit à petit, les vergers laissaient places à trois fermes, un fermier qui revenait de la cueillette avec deux paniers remplis de fruits m’ayant vu se rapprocha avec un air renfrogné:

« Qu’est-ce vous faites dans l’coin ? » Dit-il avec un accent campagnard assez prononcé.

« Je me suis perdu, j’ai fait une mauvaise rencontre sur le chemin, en fuyant je me suis égaré. J’ai été blessé durant l’attaque. » Je lui montrais mes blessures afin qu’il finisse de gober mon mensonge.

« Eh ben. » Il renifla fortement et cracha un énorme molard au sol, puis il reprit le fil de la discussion.

« Vous êtes sur la propriété des O’Minerrale, je suis Jack, je ramasse les pommes de c’verger depuis qu’chuis tout môme. Avec la famille on fait partie des quelqu’exploitants d’pommes d’Appleloosa. Vous avez bin mal en point, v’nez donc chez nous, on va vous rafistoler. »

Il faut bien avouer que je n’étais pas au meilleur de ma forme, et ça coutait toujours moins chère que d’aller voir un médecin ou un mage qui m’aurait fait payer son fichu sort de soin ou sa consultation. J’acceptais sa proposition et je le suivis jusqu’à la ferme où il habitait.


_       La bâtisse des O’Minerrale correspondait aux descriptions des histoires de western qu’on me racontait quand j’étais petit. Elle n’avait qu’un étage, les murs était fait en bois et peint en blanc cassé, le toit à deux versants était composé de tuile de bois. La maison avait un sous-bassement qui la surélevait pour la protéger un de la poussière. Jack me fit entrée dans la pièce à vivre qui contenait une table, des chaises, un poêle, un vaisselier, un fourneau avec un plan de travail, le tout éclairé par une lanterne suspendue au plafond. La pièce trainait une odeur de feu de bois, et une légère odeur de tabac. Il me fit allonger sur une paillasse près de la fenêtre, apporta un pichet d’eau et de l’alcool pour désinfecter mes plaies.

« Faites gaffe ça va piquer un peu. »Me dit le paysan

« Ca va piquer, ça va piquer… Pour qui il me prend ce pignouf. » Pensais-je. Il approcha le coton imbibé d’alcool

« Wwouuuaaiiie ! » Je retins mon crie pour pas ne paraître con devant lui, j’espère seulement qu’il n’a pas remarqué mes yeux qui s’écarquillaient et la larme que j’ai laissé tomber.

Il désinfecta mes autres blessures et les pensa avec soin. Puis, il alla vers le fourneau et sorti d’un placard deux verres et une bouteille de gnôle. Il en versa dans les deux récipients et m’en tendit un.

« Tenez, ça va vous remontez l’moral ça ! D’la bonne gnôle de pommes, Maison ! bien sûr ! »

Il prit le sien et fit cul sec avant de se resservir. Je trempais mes lèvres, et il s’avéra qu’elle était particulièrement bonne, je sifflai mon verre avant de me resservir à mon tour.


_        La porte s’ouvrit et une jument entra avec deux sacoches, elle fut surpris par ma présence et s’adressa un paysan:

« Tient !? Tu picoles avec des inconnues toi maintenant. » Dit-elle sur un ton ironique. Elle ferma la porte et posa ses sacoches.

« Il est arrivé c’matin par le verger au Nord. Il flanchait un peu après s’être fait attaquer. J’l’ai ramené pour l’soigné j’n’allais pas l’laisser dans c’t’état. » Il me regarda et dit en présentant l’arrivante. « J’te présente ma femme : Auradel O’Minerrale. Assieds-toi donc avec nous ! » Lança-t-il à sa femme.

« Ma foi c’est pas d’refus. » Elle sortit un troisième verre et s’assit parmi nous. Elle se servit un coup et le siffla derechef.

Elle avait une descente aussi raide que son mari, ils allaient bien ensemble. La femme était de robe plutôt beige tirant sur le brun. Sa crinière de crinière noire et bien peignée était agrémentée d’un foulard rouge qui tenait sa frange. Ses yeux doux reflétaient l’amour qu’elle portait à son mari. Un amour dur et tendre à la fois. Le mari avait un pelage gris pâle avec des tâches de rousseurs sur le visage. Sa crinière rouge feu faisait nuance avec sa barbe moyenne qui tirait sur le roux sombre. Il portait sur sa tête un chapeau en cuir à bord long ayant visiblement vécu. Il portait lui aussi un amour inébranlable à sa femme, cela ne se voyait rien qu’à sa manière d’être avec elle.
La fermière s’adressa-t-à moi.

« Et vous donc, quel est votre nom ? »

« Karl Kéréon, je viens de Canterlot,  je suis arpenteur.  J’étais venu faire des relevés de terrain.» Je préférais mentir sur mes origines, étant déserteur de l’armée solarienne, il valait mieux ne pas dire ma véritable identité.

« Vous resterez déjeuner avec nous, n’est-ce pas Jack ! »

« Pas d’souci, on vous présentera aussi les deux garçons, Brock et son frère Fedel. » répondit le fermier.

_        Auradel se releva et se rendit dans une pièce située au fond, sûrement
une chambre, mais le tintement de la cloche d’entrée brisa le silence. Derrière le mur, dans la chambre la fermière dit assez fort :

« Jack ! Nicole sonne à la porte, tu peux lui ouvrir. »

Jack s’exécuta et fit entrer une jeune jument qui était, heu comment dire ?... Bandan...non ! Si quelqu’un lisait dans mes pensées, il saurait que je la trouve fichtrement excitante mais il y a des pensées qu’il ne vaudrait mieux pas être décrit. La charmante personne s’avança dans la pièce et salua tout le monde.

«Auradel m’a dit que je pouvais passer récupérer mes paniers dans la matinée, tu sais que Jaime Mac Cherry compte acheter la Colline aux Coyotes. »

« QUOI ! » Jack abasourdit par cette nouvelle lorgna sur la bouteille débouchée encore posée sur la table, mais Nicole reprit la parole détournant l’attention du fermier sur elle. Je suivais la conversation d’une oreille aiguisée.

« Tu sais c’que ça veut dire Jack, notre source d’eau sort de cette colline. Il veut la détourner et assécher nos vergers ! Il veut nous mettre sur la paille ce fumier là ! » Même les jurons, devenaient mélodieux lorsqu’ils sortaient sa bouche.

Le fermier toujours aussi déconcerté par ce qu’il venait d’apprendre se versa un shoot et en proposa un à la jeune fille qui siffla le verre aussi vite que lui. Je me demande s’ils ne seraient pas de la même famille par hasard ? Reprenant ses esprits, Jack déclara :

« Il faut réunir toute l’exploitation, Nicole va réunir ta famille et passes prévenir les O’Dehvit. J’ file chercher ceux qui sont aux vergers. » En s’adressant à sa femme  « Auradel, prépares la grange, réunion d’crise ! Prends notre invité par t’aider ! »

Toute la maison se vida en trombe, j’aidais à dresser les tables au beau milieu des cageots de pommes près dans la grange à l’abri des regards indiscret. Auradel sortit de la cave plusieurs bouteilles de cidre et de gobelet en bois.


_        Dans la demi-heure qui suivit, c’est au total dix-huit personnes qui étaient réunies autour de la table, répartit en trois familles les O’Dejavhelle, les O’Dehvit, et les O’Minerrale. Les sujets fusaient entre les convives : certains parlaient d’aller lui casser la gueule et de brûler ses vergers parce que la cerise, c’est moisie ! J’étais moyennement d’accord, car ayant une culture alcoolémique basée sur la cerise, je préférais la boire plutôt que de la voir cramer. D’autres voulaient passer par la voie diplomatique et négocier avec le shérif et le maire,  attirant les foudres des plus sanguins de la réunion. La possibilité d’acheter la colline avant Jaime Mac Cherry fut étudiée, mais au vue du total des comptes, cela était impossible. Jack proposa que j’aille falsifier les cadastres grâce à mon faux métier d’arpenteur, je répondis que cela était infaisable pour des raisons divers et variées qui me venaient en tête. Les choppes se vidaient, les bouteilles aussi, puis au bout de deux tonneaux, l’ambiance dans la salle devenait de plus en plus alcoolisée. Le doyen commençait à radoter ses histoires de jeunesse. Les frères O’Minerale entamèrent une chanson paillarde rejoint par les autres jeunes de la réunion. Après la chanson, c’est au tour des histoires graveleuses de fuser, une ou deux blagues cochonnes et puis rebelote avec une chanson sur un déiste montagnard et son bouquin de prière. N’ayant plus rien à boire, je fis une descente à la cave en faisant bien gaffe à ne pas me vautrer dans l’escalier qui gondolait de plus en plus. Cherchant une bouteille à la lueur d’une lanterne, je sentais une présence derrière moi. Je tournai la tête mais un sabot se plaqua contre ma bouche, il appartenait à Nicole, elle m’avait suivi. Elle passa devant moi tout en frottant son corps contre le mien provoquant un doux frisson de plaisir et elle m’invita à la rejoindre, ses yeux reflétaient la faible flamme qui nous éclairait. Je me rapprochais d’elle, je posais la lanterne au sol et elle l’éteignit.


_        En fin d’après-midi, alors que petit à petit les occupants de la grange dessoulaient, les paysans se rendirent compte qu’ils n’avaient toujours pas trouvé de solution au problème. Ils tombèrent sur un compromis, malgré leur manque de lucidité dû au pourcentage d’alcool par litre de sang, ils décidèrent qu’ils négocieraient avec Jaime Mac Cherry, et que s’il refuse ils lui referont le dentier, simple et efficace. Essayant tant bien que mal de retrouvé tout l’équilibre nécessaire à la marche, je me dirigeais vers la sortie.

« Gnéé bieen, tu restes pas avec nooouuuuus, ça va bastonner ce sooiiir. » Demanda Jack encore sous les effets de la boisson.

« J’peux paaaas. J’veux paaas crever dans une bagarre de paysans. » Je me sentais de moins en moins bien.

« Vaas creever connaaaaaaaaard. » Lança Jack avant de se vautrer à terre.

Je me serais bien retourné pour lui casser la tronche, mais j’avais vraiment envie  de vomir. Je me dirigeais vers la ferme des O’Minerale afin de récupérer mes affaires, après m’être rééquipé et posé un crumble devant la porte d’entrée, je partais en direction de la ville.


_        Je longeais les bâtiments en bois dont l’architecture Far West avait un charme particulier, mais les autochtones me regardaient bizarrement, qu’est-ce qu’ils me voulaient tous ces cons là ? Un saloon apparu subitement au détour d’une ruelle. Mon ventre gargouillait, car avec toutes ces histoires je n’avais pas encore mangé moi. J’entrais dans la salle principale, au fond se dressait un comptoir avec deux crachoirs au pied, un escalier permettait de monter à l’étage où devaient se trouver des chambres. La pièce était éclairée par deux grandes fenêtres aux carreaux carrés et de lampes à pétrole présentes sur chaque table et un vieux piano droit était adossé au mur près de l’entrée. L’endroit ne manquait pas de monde, aucunes tables n’étaient libres. Je m’avançais lentement vers le bar, une partie de poker se déroulait sur une table à ma droite, sur celle d’à côté : de vieux orpailleurs discutaient de leur prospection tout en fumant la pipe. Sur ma gauche, il y avait deux tables occupées par un groupe de mercenaire, tous étaient armés de leurs arbalètes. Ces modèles étaient prévus pour pouvoir être rechargés rapidement, ils étaient plus petits que la taille moyenne pour ce genre d’arme. Cela se constatait par la baisse  de précision au-delà de quinze mètres et aussi de leur portée diminuée, les carreaux employés étaient beaucoup plus petit, de la taille d’une fléchette mais avec un diamètre plus élevé. Le véritable avantage de ces arbalètes était la maniabilité à courte distance, le temps de rechargement était réduit à trois seconde maximum, de plus certain avait installé un chargeur pouvant accueillir six carreaux, celles-ci étaient appelées Colt. La taille des carreaux n’influençait pas leur capacité à tuer, ils étaient tout aussi aiguisés et lorsqu’ils pénétraient la chair, ils étaient beaucoup plus difficiles à extraire.  L’infection due au carreau était plus cause de mortalité que le carreau lui-même. Arrivé au comptoir, le barman se déplaça vers moi :

« Salutation, alors qu’est-ce que ce sera pour vous ? » Demanda le patron du saloon

« Apportez-moi une ration du repas de ce soir, et quelque chose pour faire passer la gueule de bois. »

« Ça marche ! »

La mixture qu’il apporta était un mélange de mauvais café avec du thym et un piment, c’était affreusement dégueulasse, il m’apporta ensuite une assiette de la potée au chou qu’il avait préparé. L’estomac remplit et mon mal de crâne qui se dissipait, j’en profitais pour jeter un coup d’œil sur mes blessures : mon museau nécessiterait encore quelque temps avant qu’il soit totalement rétablit, les plaies que j’ai à l’épaule et au ventre se sont refermer sous une croûte de sang coagulé.  

« Il parait que Jaime Mac Cherry a refusé de discuter avec les fermiers de Apple Hill. »

A ces mots, je me retournais vers la table des orpailleurs, un vieux poney parlait avec une voix fatigué, ses cheveux gris et ses sabots creusés et usées par la recherche de pépites témoignaient de son âge avancé.

« C’est pas tant la colline qui l’intéresse, mais plutôt le minerais qu’on y trouve. Il y a un mois, alors que je prospectais, je suis tombé sur de l’argent. En allant le faire certifier par le joaillier en ville, Mac Cherry m’a vu et  m’invita chez lui. En échange d’une somme, je lui donnais l’emplacement du filon. »

« Mais quel rapport avec les fermes d’Apple Hill ? » Demanda naïvement un jeune assis avec eux.

« Ben le minerai, faut bien l’nettoyer pour le faire fondre, quand on est dans l’eau avec notre batée, c’est pas pour faire trempette. La source de la Colline aux Coyotes est la plus proche, il suffit de la détournée et le tour est joué. » Répondit le vieux sur un ton comme si c’était évident.

« Et c’est pas une colline qui fait peur, à Mac Cherry il de quoi en acheter bien plus. Et de protéger ses fesses. »

Oh putain ! Si les mercenaires sont ceux de Mac Cherry, il va y avoir de grabuge ce soir. Je payais mon addition et je retournais chez les O’Minerrale, même si aider gratuitement n’est pas dans mes habitudes, je pense que dans la bataille de ce soir j’aurai moyen de m’introduire chez Jaime et d’alléger son coffre, ça me semble être un bon plan.
Arrivé aux fermes d’Apple Hill, je me dirigeais directement vers la grange où toute l’exploitation préparait l’assaut. Jack se dirigea vers moi, je lui annonçais que Jaime Mac Cherry avait embauché des mercenaires. Il ne fut pas réjoui par cette nouvelle, cela rendait l’opération plus ardue que prévue. Au total, treize personnes étaient en état de combattre, on réfléchit à une stratégie appropriée : Le manoir de Jaime Mac Cherry se situe de l’autre côté d’Appleloosa, pour s’y rendre il faut soit passé par la ville, soit par les vergers de cerisiers. Passer par la ville reviendrait à aller droit au casse-pipe, en passant par les vergers, nous arriverions couvert et derrière le manoir. Seulement  cette partie risque aussi d’être surveillé  mais aussi gardée par des chiens. Il fut décidé qu’une diversion serait faite dans la ville par ceux qui ne peuvent porter une arme et le reste attaqueraient en passant par les collines. Comme armes à disposition, chacun emportait avec lui une épée ou une dague. Un bataillon d’arme longue distance fut créé avec pour but de tirer l’ennemi au loin. J’informai la milice paysanne que l’ennemi était armé de Colt, il fallait donc  attendre que la cible tire et pendant qu’elle recharge l’attaquer. Pour ma part, je pris une arbalète standard et je conservais mon épée et mon couteau.


_        Il était une heure du matin, la nuit était claire, l’astre sélénite affichait un large sourire, les étoiles scintillaient dans le ciel noire d’encre. Les deux groupes se séparèrent, l’un alla en direction de la ville, l’autre passa par les collines. Nous marchions silencieusement et après une demi-heure passée sur un chemin longeant les reliefs, nous apercevions enfin le manoir de Jaime Mac Cherry. C’était une grande bâtisse victorienne faite de pierres blanches et un toit recouvert de tuiles noires. Nous avancions prudemment, guettant une possible présence, à trois cents mètre de l’objectif, on pouvait distinguer un mercenaire posté sur le toit. La troupe se stoppa à la vue d’un garde un peu con avec son chien qui avait décidé de fumer, les frères O’Minerrale s’approchèrent et décochèrent en même temps un carreau sur chacune des deux créatures. Mais voilà que l’on entendit du mouvement, les mercenaires semblaient se diriger vers la ville, la diversion fonctionnait, nous continuions notre approche nous n’étions plus qu’à cinquante mètre qu’une fusée éclairante déchira l’obscurité, nous étions à découvert.

« IL Y A DES INTRUS DERRIERE ! » Brailla un mercenaire.

« ON NOUS ATTAQUE ! » Cria un autre.

Au point où nous en étions il était trop tard, l’assaut fut donné. Toute la troupe galopa en direction de la bâtisse, nous avions l’avantage de la surprise, les mercenaires étant pour la plupart en ville, il n’en restait que peu au manoir. Un carreau siffla près de mon oreille, j’aperçu le tireur et je décochai à mon tour. Je fis mouche, mon projectile fit tomber mon adversaire, je me ruai vers lui et je l’achevai d’un coup d’épée dans le torse.  Je rechargeai mon arbalète avant de reprendre la course, je m’abritai derrière chaque arbre, avançant sous le couvert des troncs. Un fermier hurla de douleur, un carreau venait de la toucher. Mais voilà que le restant des mercenaires rappliquait, je décochais un nouveau projectile qui manqua sa cible, j’allais me faire massacrer lorsque j’aperçu une trappe situé contre le mur de la bâtisse. N’écoutant que mon instinct de survie, je fonçai sur cette issue, et m’engouffrai à l’intérieur.


_        Il s’agissait d’une cave, je réarmais mon arbalète, et au moment
d’avancé, une vive douleur me tétanisa. Un carreau de Colt s’était planté dans ma patte arrière droite, il dépassait encore, je pense qu’il a dû toucher l’os. Je l’extrayais de ma jambe non sans douleur et j’appliquais une compresse et un bandage sur ma nouvelle plaie. Je remontais les escaliers pas à pas et ouvris une porte donnant sur un couloir sombre. J’avançais prudemment, dehors, la bataille faisait rage, j’entendais cris et sanglots, mais je ne savais pas à quel camp ils appartenaient. J’arrivai dans un salon où siégeait une grande cheminée avec devant des fauteuils et une causeuse le tout décoré avec goût, ce manoir devait bien contenir quelques richesses. Je montais à l’étage par l’escalier centrale, au sommet deux direction s’offraient à moi : à droite dont le couloir se terminait en un cul de sac avec des portes, et à gauche où il me semblait apercevoir une pièce plus grande. Je tournais à gauche et au bout du couloir j’entrais dans un large bureau, mais je n’étais pas seul, je  me retournais brusquement vers l’ombre qui siégeait près du bureau tout en la mettant en joug. L’ombre sourit, je voyais ses dents blanches à travers l’obscurité, tous mes sens était en éveil, ma blessure à la patte me faisait de plus en plus mal.

« Vous vous en foutez des fermiers, n’est-ce pas ? » Dit-il
Au son de sa voix, il s’agissait d’un mâle, était-ce Jaime Mac Cherry ?

« C’est l’appât du gain qui vous intéresse, je vous surveille depuis que vous êtes entré au sous-sol, et vous n’avez rien saccagé. Vous savez ce que vous cherchez. »

Ses paroles m’inquiétaient, qu’allait il me faire ? Cherchait il a gagné du temps en attendant que l’on me descende ? Il n’était pas armé, un carreau tiré à bout portant et s’en était fini de lui. Mais il avait un don pour l’élocution. Je n’osais pas l’interrompre dans son discours, sa voix m’envoutait littéralement.

« Vous avez l’air plus malin que ces paysans, vous participez à leur bataille seulement dans le but de voler chez un riche étalon, même si c’est un mobile des plus mauvais qui existe et que je répugne particulièrement, Je ne suis pas en mesure de vous affronter. »

Mac Cherry sortit de l’obscurité pour se mettre dans un rayon de lune, il lui manquait une patte, la patte avant droite pour être exact. Il utilisait son moignon pour agripper une béquille qui lui permettait de garder l’équilibre. Mais ce handicape empêche toute forme de combat, que ce soit à l’arbalète ou au corps à corps.

« Je ne peux pas me battre, mais en contrepartie ma richesse me permet de vivre et de me protéger. »

Il attrapa avec les dents une bourse posée sur un guéridon près de la fenêtre et la lança au sol.

« Prenez ceci, puis sortez et dites aux fermiers que le manoir était vide et de rentrer chez eux, les mercenaires sont au courant de cet arrangement si quelqu’un réussissait à pénétrer à l’intérieur. Mais surtout, partez au plus vite d’Appleloosa, ou vous risquerez ne vous retrouver dans les ennuis jusqu’au cou.»

Je le regardais en silence, pesant le pour et le contre de son offre. Mac Cherry savait ce qu’il faisait, il aurait très bien pu appeler un mercenaire à sa rescousse, mais les intérêts en jeu sont bien plus important qu’une bourse. Il voulait acheter le silence plutôt que le cercueil, libre à lui de faire subir des représailles à ses assaillants, il en a les moyens. C’est même très urbain de sa part de laisser en dehors de ça quelqu’un qui aurait pu être son meurtrier.  Est-ce que cela fait partie de sa stratégie ? Est-ce une ruse pour récupérer son argent plus tard en m’assassinant ? S’il avait voulu se protéger, un mercenaire aurait-été à ses côtés. Ou seulement cherchait-il une personne, un messager pour faire stopper rapidement le combat et par la suite se débarrasser des gêneurs par un moyen détourné. Empoisonnement, incendie criminelle, fusillade ou même par la voie légale, emprisonnement, pendaison. Avec son argent, Mac Cherry pouvait aussi bien acheter son innocence que la mort de ses ennemis.
Je le regardais encore une fois dans les yeux, son regard me pénétrait comme s’il pouvait lire le fond de mes pensées. Dehors la situation semblait se calmer, on cherchait plus à se cacher et à éviter les coups tout en essayant d’éliminer ses adversaires à l’arbalète et au Colt. Le visage de Mac Cherry était immobile, seul un battement de cils régulier coupait ce duel, il était sincère.


_        Je rangeais mon arbalète sur mon flanc droit, et je m’avançais lentement vers la bourse qui n’avait pas bougé. Je lançais un dernier regard au propriétaire du manoir et je me baissais pour la ramasser. Je m’apprêtais à attraper la bourse quand un mécanisme se déclencha suivit par le sifflement d’un carreau et de sa pénétration dans de la chair. Je me relevais précipitamment et je scrutais rapidement le reste de la pièce avant de m’apercevoir que c’était ma propre arbalète qui venait de tirer. Mon regard se tourna lentement vers Jaime Mac Cherry, son visage était crispé, un mince filet de sang dégoulina sur son museau avant de tomber goutte par goutte sur le tapis. Le carreau tiré s’était planté entre ses deux yeux, son corps bascula au sol, sans vie ; je me retournais et j’inspectais mon arbalète. En la rangeant, une lanière de mes sacoches se coinça sur la gâchette, et en me baissant je la déclenchai. Dans quelle merde je venais de me foutre, pendant ce temps, le tapis continuait d’éponger le sang du cadavre. Je récupérais la bourse et la rangeai sans regarder ce qu’elle contenait. Puis je roulais le cadavre dans le tapis avant de la planquer dans un grand placard. Je réarmais mon arbalète avant de prendre la fuite. Il était trop tard pour fouiller la pièce, quelqu’un pouvait arriver d’un moment à l’autre, il fallait que je disparaisse rapidement. Je redescendais l’escalier, et vérifiant que personne ne m’attendait à l’extérieur, je sortais en trombe en beuglant que le manoir était vide et qu’il fallait se replier conformément aux instructions de feu Jaime Mac Cherry. Étonnamment, les fermiers se replièrent en emportant les blessés sans poser de questions. Passant par les collines, la troupe faisait le bilan : il y avait un mort et trois blessés dont un grave, deux mercenaires avaient été descendus au cours de l’escarmouche.


_        Arrivant vers Apple Hill, je quittais Jack O’Minerale en silence, descendant vers la ville, je me retournai et lui adressa un signe du sabot, il me répondit par le même signe d’adieu. Il comprit que je ne souhaitais pas être mêlé à de pareilles histoires. C’est alors qu’il prit son chapeau et le lança dans ma direction, je l’attrapai au vol. Il me fit signe de la tête avant de reprendre le chemin des fermes. Je mis le chapeau sur ma tête et continuai ma route vers la ville déserte à cette heure de la nuit, puis je me dirigeais en silence vers la gare. Arrivé sur le quai à environ trois heures du matin, mon regard fut attiré par le bureau des emplois, le guichet répertoriait les annonces et les offres d’emplois du royaume, il était aussi utile aux aventuriers car les quêtes y étaient affichées. Parmi les petites annonces, celle d’une crypte à explorer attira mon attention, ayant lieu dans le nord, je déchirai un morceau de papier et écrivis un message à transmettre au commanditaire et le posta dans la boîte au lettre. Trouvant un coin à l’abri du vent, je me couchais pour récupérer un peu.

« Eh debout ! »

Recevant un coup de sabot, j’émergeais rapidement et vis qu’un homme qui devait être le chef de gare me parlait.

« Eh faut pas dormir ici, c’est pas un hôtel ! J’ai du boulot moi. » Dit-il en scrutant l’horizon.

Je me relevais péniblement en ressentant la douleur de ma blessure de la veille, je l’avais presque oublié celle-là. Le sifflet d’un train, brisa le silence ainsi que mes oreilles.

« Est-il encore possible d’acheter un billet ? » demandai-je.

« Jusqu’où ? Ce train va à Canterlot, son terminus. »

« Ponyville ! En troisième classe. »

« Cela fera huit pièces d’or.»

Je payais rapidement l’employé des chemins de fer, et reçu un billet en carton. Le train arriva à quai, je montais dans une voiture destiné aux voyageurs peu fortunés,  un wagon avec des banquettes en bois et quelques fenêtres. Je m’assis sur l’une d’elle, puis le convoi s’ébranla et prit de la vitesse, Appleloosa s’éloignait au rythme des jets de vapeur. Je posai le chapeau de Jack, Ils ignorent encore ce qu’il s’est passé dans le manoir. Quand l’apprendraient-ils ? Je l’ignore. J’espérais seulement qu’on leur foute la paix. Pour ma part, je filais au Nord me changer les idées dans une crypte à explorer. Je souriais en pensant aux richesses qui croupissaient sous terre tandis qu'Appleloosa disparaissait à l’horizon.
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