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 Ereshkigal - TERMINE

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MessageSujet: Ereshkigal - TERMINE   Lun 9 Fév - 11:26


Act I. Chapter I -

La fraicheur d'une nuit mourante l’accueillit lorsqu'elle emprunta les couloirs de pierres blanches, traînant sa carcasse anthracite parmi les volutes de fumées qui s'élevaient des demeures encore endormies. Le silence ronronnant, pigmenté du cliquetis de ses sabots sur le dur sol, semblait l'enlacer, la contournant, la fixant de ses yeux de pénombres, comme un animal curieux, joueur, fixant sa proie avec bien trop d’intérêt pour être innocent. Sa place n'était pas ici. Elle le savait. Elle le sentait. Toute cette ville lui avait communiqué son inquiétude, crachant a son passage les rats et les punaises qui, désormais, la suivaient, sautant par moment sur ses cuisses, comme pour la retenir. Mais elle ne prêta pas attention aux nuisibles. Elle ne prêtait plus attention a grand chose. Le fourmillement incessant des bactéries, la complainte taciturne des mouches, la danse frénétique des champignons; tout ce bruit, tout ces cris lui étaient désormais silencieux. Les moues attristées, les museau froid posés sur son épaule, les regards larmoyants qui suivaient ses gestes avec attention, lui étaient désormais invisibles. Silencieux.
Inexistant.
D'un geste brusque, elle expulsa les derniers nuisibles de sa croupe, ignorant les couinements hâtifs dans son sillage. La ruelle serpentant découlait en contre bas sur une artère plus épaisse, vide des nombreuses caisses, bouteilles et déchets communs aux petites ruelles sombres, qui faisaient le charme des villes, la rudesse de leur réputation, la poigne de leurs citoyens. Il n'y eut qu'une envolée d'oiseaux, un couinement lointain dans les débris d'une poubelle, pour saluer son passage dans l'allée principale. Le noir étouffant la quitta avec regret, délaissant sa place aux hauts lampadaires, simples lanternes de métal grossier, dont la flamme vacilla au passage de la licorne, marquant les ombres d'une lourde menace. Sa place n'était pas ici. Elle le savait. Elle le sentait. Mais quelque chose au fond, tout au fond de son être, l’appelait en ces lieux. Quelque chose d'étrangement apaisant. Quelque chose de fort, ancré dans sa chair avec tant de haine et d'acharnement qu'elle ne savait comme décrire ce sentiment. Quelque chose glissant sous sa chair, remontant le long de son échine, grattant ses pensées, murmurant, sifflant, crachant. Elle devait avancer. Elle devait continuer.
C'était tout ce qui importait désormais.

Une flamme, au loin, s'éteignit. Et les ombres revinrent, dansant au loin, élevant parfois une brume de poussière épaisse, d'où valsaient quelques particules blanches, constellations sur l'amas des ténèbres qu'était devenue la ruelle. Qu'était devenue la marche décadente de la jeune femelle.
Elle avait finit par oublier la raison de sa venue en ces lieux. Elle avait finit par oublier le chemin de sa propre maison. Le temps, lointain, des tartes chaudes, des rires cristallins, de la réconfortante famille. Les odeurs familières de cendres, d'herbes fraiches et de paille sèche. Les bruits, les piaillements, le galop sauvage des poneys dansant, s’enivrant de tout ce bonheur. Oubliés. Effacés. Il n'y avait plus qu'un amer vide en son sein, une ombre planant, déchirant, une sensation de glace, d'effroi. Un sanglot silencieux. Un mépris. Un regret.
Elle avait oublier jusqu'à sa propre identité.
Elle avait marché. Longtemps. Bien trop pour ses jambes frêles et tremblantes. Elle avait marché, elle avait cherché. Quelqu'un. Quelque chose. Comme une main tendue. Une aide réconfortante. Pour combler ce vide. Ce silence. Pour briser l'emprise qu'avait ce sentiment d'abandon, cette colère. Cette haine. Et ces pas l'avaient guidée jusqu'ici. Dans les méandres grouillantes de Pretuskria, dans les dédales des ruelles sordides. Dans l'aube naissante d'un ciel empourpré.

L'air chargé d'iode s'engouffra dans ses poumons, raclant sa gorge, laissant en sa bouche un arrière goût acide d'algues et de sable. Le cri, lointain, des goélands et albatros la firent lever la tête, arrêtant sa marche pour contempler un bref instant les silhouettes hautes et gracieuses se découpant dans le rosée du matin.
C'était peut être tout simplement ça. Un cri dans l'aube, un vol contre les vents et les marées. Toute une vie résumé a une bataille, a une survie. Un vide comblé par l'espoir d'un jour nouveau, d'un changement.
C'était peut être tout simplement ça. Ca qui l'avait poussé a partir de sa vie paisible de haine et d'amertume. A fuir avec pour seuls bagages son écharpe et ses convictions idéalistes. A oublier jusqu'à sa propre famille, son propre nom, pour n'en garder qu'un passage. ReverseSong. Le chant inverse. Celui du changement. Celui d'une vie parfait troquée pour un peu de bonheur. Un peu de liberté.
Elle aurait due être heureuse.

Alors, d'un pas décidé, elle se hâta jusqu'au bout de l'allée principale, ignorant les fenêtres s'ouvrant, les bâillements du petit peuple s'extirpant de leurs rêves futiles, les premiers pas dans un nouveau jour de dures labeurs ; les regards en son sillage. Sa place n'était pas ici. Elle le savait. Elle le sentait. Une ville de dragon n'était pas un lieu de plus parfait pour une licorne. Encore moins pour une roublarde. Pour une nécromancienne. Aussi civilisés soient ils, ils n'étaient, aux yeux de la femelle, que des êtes sanguinaires et avares, parfaites marionnettes a manipuler, exécrables adversaires a abattre. Certains, grands et fiers, parvenaient a peine a passer dans l'entrebâillement de leurs portes de chêne massif ; d'autres, plus petits, s'installaient avec leurs parents dans une demeure bien trop grande pour eux. Incroyables animaux qu'ils étaient, aussi petits que des poulains a la naissance, grands et solide comme des montagnes dans la force de l'âge; leur ville distordue se meublait donc de lotissements de toutes tailles, de toutes envergures aux abords de la rive. Reverse ne savait pas vraiment ce qui avait put pousser des êtres de feu a s'installer près de l'eau, mais le paysage, d'un calme remarquable, la poussait a croire que même eux s’attentaient a un peu d'harmonie dans leurs quartiers.
Le chant cacophonique des mouettes s'estompa au profit du tumulte des marchés, des criées. Bon nombre de marchands, de toutes races, de toutes couleurs et, malheureusement, de toutes nations, s'égosillaient sur leurs produits aux remarquables atouts et, a en croire les bardes, leurs prix incontestables. Lentement, la femelle pénétra le début de foule, fœtus d'une ville en éveil, poussant les plus petits, contournant les plus musclés, s'excusant, grommelant, cherchant un passage jusqu'à la jetée, étouffant dans la chaleur vivante, grouillant sous les murmures, dans une ronde suffocante., lacérante, interminable torture. Jusqu’à ce qu'enfin on la recrache dans l'air frais marin. Jusqu’à ce qu'enfin, le vide l'enlace et que les bruits, enfin, s'estompent.
Devant elle s'étalait la plage de sable beige, dorant au soleil, où paressaient quelques crabes et couteau sous le va et vient incessant, hypnotisant des vagues azures. L'océan lui même était d'un bleu saphir si pur, si revigorant, qu'il contrastait avec les cieux désormais clairs d'une matinée a peine entamée. Au loin, les cotes aux pentes abruptes dardaient leur regard fier et puissant sur le reste de la ville, étriqués par les ossements dantesques  d'une mâchoire draconienne. Le crâne, blanchit au soleil, semblait avalé les derniers pans de pierre grises, délaissant le reste de son échine sur la ville. Le paysage aurait put être beau, dans ces couleurs vives et épurées de toutes maladies, de tout parricides. Mais la pensée qu'un jour, ces restes furent vivant, battant sous l'impulsion d'un cœur, vibrant sous les émotions, tremblant sous les pensées, et que, désormais, l'on vivait a ses cotés, l'on bâtissait en lui, comme s'il ne s'agissait que d'une sculpture sans grand intérêt, la rendit malade. Elle esquissa une grimace, réprimant une nausée sous-jacente, tandis que les possibles ancêtres de ce mastodonte parasitaient l'endroit.
L'idée même qu'un jour, les squelettes inanimés de poney puissent joncher les appartements de Canterlot la fit frémir. C'était insensé. Inapproprié. Et pourtant, elle était Nécromancienne. Elle était, par définition, l'antithèse du respect pour les morts. Elle s'amusait de ces corps, de ces anciennes vies, les animant de magie au détriment d'une âme et d'un esprit. Elle aurait put le venger, cherchant a le ressusciter, a détruire cette ville. Mais a quoi bon. Sa magie était bien trop fragile, bien trop faible pour n'agiter ne serais-ce qu'un osselet de cet antique dragon. Et cela, sans compter sur les vives réactions qu'engendreraient cette décision. Reverse n'avait pas réellement peur des habitants de cette ville, ils se contenteraient de la tuer sans plus de manière, sans aucune souffrance, sans aucun plaisir. Mais le roi de ce pays, lui, était bien plus terrifiant que la pensée de la mort elle même. Car elle le savait. Il aurait un tel plaisir a extirper jusqu'à la dernière goutte de douleur, jusqu'à la dernière once d'espoir, qu'il pourrait la laisser vivre juste pour voir sa carcasse lentement se désagréger sous le poids de la dépression. Sous le vide qu'il aurait creusait de plus bel. Il était ce que la Destruction avait fait de plus étrange, né des larmes et de la magie noire, un étalon dont le cœur brisé avait scindé l'esprit même.
Et c'était probablement pour cela qu'il était roi.

Un vent souffla sur sa crinière, soulevant un vaste nuage de sable.
Cela aurait dut être une belle journée. Un temps clair, un soleil délicieux parmi la brise fraiche. Le clapotis de l'eau sur les coquillages. La rumeur des marchés. Et les senteurs enivrantes des épices et du sable chaud.
Cela aurait dut être une belle journée.
Belle. Mais insensée.

C'était le mot.
Pour cette ville, comme pour elle.



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MessageSujet: Re: Ereshkigal - TERMINE   Mar 17 Fév - 22:55



« Naufrage existentiel~ »






L

a belle porta l’errance, jusqu’aux confins du monde. Ne fois de plus, elle foulait ces terres. L’amertume de leurs gens, l’ennuyait encore. Le drame était aussi frais qu’au premier jour. Et la blessure si vive, en son cœur, qu’elle enrageait d’aventure. Les ombres même, du plus noir monarque, la rejetèrent. Voilà bien une décennie, quel prit congé du monde. Hélas, l’affaire était toujours aussi vivace, suscitant le cruel mépris de ceux qu’elle avait comme roulé. Mais elle ne fut jamais despotique, au pire menteuse, et encore. N’était-elle point une fabuleuse licorne, si téméraire en sa vie de bohème ? Si magistrale en ses dignes prestations, et merveilleux tours ? Elle n’ambitionnait encore la gloire, ou la fortune. La grande Trixie n’avait d’envie, que d’être reconnue. Hélas, même engagée sur la voie du Malin, ces ombres-là, ne l’étreignirent. Elles lui refusèrent tout. Elle n’avait pourtant mandé grand-chose.

Ainsi n’avait-elle pu voir naitre l’ovation d’un seul Poulin, ni son patronyme scandé par un mage éblouit. La sorcière n’et jamais droit à la moindre miette d’affection. Et son périple fut jonché de crachins et regards noirs. Du reste, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, même avant le scandale de la bête ; la jument fut bien mal vue. Le système rejeta son génie, le peuple chassa sa personne, le destin meurtrit son cœur. A tous elle destinait une fatalité plus grande encore. Car le trépas, était un châtiment trop doux, à ses yeux. Voilà qui justifiait ses élans barbares, d’une humiliatrice en série. Qui la trainait dans la boue, méritait le piétinement. Et son sabot, comme sa corne, firent nombre victimes. Elle s’aima d’ailleurs à leur ravir leur félicité populaire et intime. Ceux-là, les sinistrés de son passage, purent goûter à l’horreur, de sa vie ; infâme, écharpée. Il n’y avait dont qu’elle, pour demeurer saine d’esprit, et ne pas s’écorcher vive ? Trixie s’abhorrait elle-même.

Et derrière cet amas de haine la possédant encore, demeurait une pauvre enfant, esseulée, incomprise et attristée par tant d’aventures. Si naguère elle l’avait pu, elle se serait jetée du haut d’un précipice. Hélas, le brasier de la vengeance, et cette rancœur insondable, l’avaient faite sienne. Aujourd'hui encore, elle arpentait ces rivages traitres et pernicieux, où d’un faux mouvement, sans doute volontaire, elle pouvait rejoindre l’outre-monde. Hélas, elle ne daigna pas y jeter le regard. L’appel du large ne lui disait rien, pas plus que l’envie d’en finir. Car, qi se souviendrait d’elle ? Elle doutait encore, à l’idée, que le monde ne l’ait jamais reconnu, ce doux patronyme. Elle s’interrogeait encore, sur le fait de sa venue. Un désir de reparaitre triomphale, sans doute. Son espérance avoisinait l’utopie, à l’image de ce ciel vivant l’éternité. Une aube nouvelle s’annonçait, l’astre diurne l’ennuyait, son crin vint à étinceler. L’azure licorne dévala sans hâte, la montagne.

Soudain, à la vue d’une créature disgracieuse, elle sembla émerger d’un songe éveillé. Une pincée de malice se logea en ses prunelles. La sorcière nourrit le désir malsain, de pourfendre la bête, un dragon. Le pauvre bougre, n’avait l’air bien frais. Et sa démarche maladroite et vacillante lui intima, qu’il serait une victime idéale. Afin d’apaiser ses ardeurs, et frustrations du voyage. Hélas, elle se ravisa bien vite à filer. Car si naguère elle le rouait de coups, qu’il agonise dans la ruelle ou le caniveau, lui vaudrait les foudres de la populace. Elle avait la crinière au vent, douce brise salée et vestige d’une nuit glacée. N’allant point en frémir, la belle s’avança en la cité. L’architecture des bâtisses et leurs laides gens la laissèrent bien indifférente. Elle ne sembla pas attirer de regard autre, que celui de l’éloquence. A leurs yeux de titans, elle due paraitre si chétive et téméraire, qu’elle devait vouloir, une chose bien spéciale. Leurs marchés, bien que fabuleux, ne l’avaient attirée.

Plus elle s’enfonçait en le bourg hurlant, et plus elle bouillonnait intérieurement. Une marrée noire menaçait de l’engloutir. Et nul autre qu’elle, n’avait droit d’effleurer son être. Devant ces ruelles impraticables, si prisent d’assaut par les foules possédées par l’envie et la routine ; elle chercha évasion. D’un sortilège classique, elle trouvait refuge. Là, parmi les hauteurs, elle sembla dominer une pieuvre noire, gigantesque et étendant ses tentacules sur le monde. La brise vint lui caresser la joue, faisant qu’elle riva ses prunelles vers le rivage, au loin. Là voilà adoucie, à demi. Elle avait enfouit sa rage débordante, afin de paraitre pure. Et sa majesté naturelle, n’eut rien à envier à cette cape volant dans son dos. Celle-ci lui valut d’amuser les plus jeunes, qui au plus bas, se demandaient qui était cette éclatante étrangère. La belle ne souffla mot, ignorant ces ignares dégoûtants, avant de disparaitre d’aventure. A nouvelle téléportation, nouvelle destination. Elle manqua ici, un soupir.

Elle su la raison de cette halte en ces lieux, mais elle pensa se hâter de gagner d’autres horizons. Elle était libre de tout, ne devait rien à personne, et pouvait même incendier cette cité. La tentation l’enivra. Si bien qu’elle ne su s’en délivrer, qu’en dérobant l’objet d’une tentation. Là près d’une fenêtre, n’aurait dû reposer cette délicieuse tarte. Car elle l’attira à elle, sans se faire prendre. Et elle s’en délecta, en toute impunité, dans l’ombre d’une ruelle déserte. Cela fait, elle fila vers le rivage, où trônait un crâne démesuré, sans dote taillé dans la roche. Parvenue au lieudit, sans encombre, Trixie vit bien peu de quadrupèdes. Si bien qu’elle fit tache face à ces géants infestant la lande. Et pour peu que provoquer accident lui fit grande envie ; elle joua les marginales, comme toujours. Elle alla seule, fouler du sabot, la dépouille du géant. Si bien, qu’elle pu jouir d’une vue imprenable, sur l’océan et la baie des boucaniers. Jadis, elle se tint-là, fière et radieuse d’une carrière mémorable.

Hélas, le rêve prit fin. Il avait été trop beau et gourmand, que le destin l’avait aussitôt éventré. Et voilà qu’il ne subsistait plus grand-chose de sa légende, sinon sa carcasse vide, et son arrogance portée par les ragots. Mais n’était-elle point saisissante, en cet instant ? Un semblable, ou alors un marmot, l’aura remarquée ; l’aura signalé. La mystérieuse et somptueuse bleutée, parue bien paisible, face à la mer. Hélas, elle était si vide et écœurée à la fois. Et sans le savoir, elle cherchait encore, des réponses ; à l’énigme de sa vie. Mais cela ne pouvait durer. Un regard indiscret lui hérissa le poil, faisant qu’elle s’évada de sa bulle. Ses écrins de tonnerre, fusèrent au malotru. Ce jeunot ploya sous sa stature mortifère. Elle se teint-là, en un battement de paupière, et dominait un pauvre loup de mer rêveur. Il avait lâché sa cargaison, sa caisse en bois s’éclata au sol, et une amère liqueur se rependît. Elle le foudroya d’aventure, car il faillit bien souiller son sabot de reine.


« Répugnante créature, souffrez que la grande Trixie vous rosse pour un regard. »

Elle brandit le sabot, arrêtant un poing nain. Après quoi, elle jouait de sa corne, si bien qu’il s’égara un instant, devant son rayonnement. Un sourire plus tard, il écopait d’un éclat de verre dans la gorge, le saignant à peine. L’acte vil, lui suffit ; il détala tout affolé. Ce désordre, fit s’écarter voir fuir la foule. Si naguère, ils évitaient les ennuis, elle les cherchait sciemment. Si bien, qu’il ne restait plus grand monde. Juste ne licorne d’ombrage, aux prunelles ciel et aux faux airs de fanatique. La noble Trixie, ne daigna pas attarder son regard sur cette roturière. Voilà qu’elle devait trouver siège à sa mesure. Il y avait à deux pas, une bien belle dune, projetant en contrebas, une modeste ombre. L’azure licorne y déporta ses sabots, après s’être assurée, du haut du mont, que nul parasite n’infestait l’objet de son désir. Et assise à l’écart, la sorcière ignora les murmures. Sans le savoir, elle pu enhardir l’équipage d’un tyran des mers ; dont les lames réclameraient justice.
Crédit: Cali' in Epicode


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MessageSujet: Re: Ereshkigal - TERMINE   Mer 18 Fév - 16:47





L'air iodé fit vibrer les vagues, lents remous sur la plage, pourléchant ses sabots, abreuvant le sable trop sec, avant de repartir dans une révérence saccadée. Le vent fébrile caressa sa chevelure, soulevant l'erg dans une danse d'arabesques et de formes sans but, avant de retomber plus loin, las. Ce doux murmure résonna dans ses pensées, embrassant son pouls, ses muscles, caressant chaque parcelle de son être en une longue plainte silencieuse. Cela faisait longtemps. Bien trop longtemps. Elle avait finit par oublier jusqu’à son propre nom pour n'en garder que la sonorité. Elle avait finit par oublier ces longs moments de paix a contempler l'océan muet, paisible monstre endormit dans les confins des terres, enlaçant les plaines, s’imprégnant des monts, déversant ses nues. Ces moments d'harmonie avec le reste du monde. Ces moments où la colère encore tapis en elle n'était que la poussière informe de son incompréhension.
Lentement, elle ferma les yeux, laissant le vent battre son cœur, les odeurs fraîches et acides l'emporter, loin des dragons, des poneys, du tumulte du marché. Loin de tout ce bruit. Au delà des rêves, des pensées ; dans les méandres de la nostalgie.

Flash.

Le sable chaud lui brûlait les sabots, et le soleil, fort, ne faisait qu'abimer de plus bel son pelage sombre.  Pourtant, elle ne pleurait pas. Elle avait cessé de pleurer depuis bien longtemps. Elle avait cessé d'être la peste ambulante qui la décrivait si bien, pour enfin fêter, profiter de cette aubaine. Elle était pressée. Elle était surexcitée. Pas vraiment une pouliche sans pour autant être un bambin, ce qui semblait être sa miniaturisation se voyait gambadait, sautillait, dans les vitres des habitations, grimaçant devant les magasins, jouant, roulant dans ce qui avait été un jour le bonheur familial. Elle avait oublier la douleur pour atteindre  la plage brûlante, feignant de ne pas avoir trop chaud pour ne pas inquiéter ses parents et prédire un départ précoce. Sous le sourire amusé des passants, les rires et les acclamations lointaines, ils avançaient, d'un pas trop lent a son goût, vers ce qu’elle pourrait, pour la première fois contempler. On lui avait toujours décrit cela comme immense, incroyablement amusant, a la fois paisible et effrayant. Certains n'avait pas osé mettre un sabot dans l'eau par peur des requins et des méduses, et ce ne fut qu'après s'être renseignée que la jeune, la très jeune, Reverse avait compris qu'il ne s'agissait la que de contes, que de peur irraisonnée. Et par conséquent, de faiblesse. Et pourtant.
Pourtant, quand enfin la vaste étendue d'eau salée lui fit face. Quand le vent iodée aux fortes senteurs d'algues emprisonna ses poumons dans une valse curieuse et entêtante. Quand le tumulte des poneys jouant, nageant, galopant sur le désert brûlant étouffa ses sens.
Elle fut heureuse.
Pour la première fois, elle fût heureuse.

Flash.

Un bruit, un cri, la sortie de sa torpeur, et, avec une certaine appréhension, elle rouvrit ses grands yeux bleus pour chercher l’émetteur de ce boucan. Il ne fut pas compliqué de le trouver, tant la rareté des gens sur cette plage, ou tout du moins, dans les environs, faisait bonne augure. Il y avait la un couple des plus étranges. Un marin, de toute évidence choqué, venait de renverser sa cargaison, caisse de bois et de vivres, au pied d'un ce qui semblait être une licorne azurée. Son chapeau et son apparat laissa penser un bref instant qu'il s'agissait là d'un jeu, a base de cosplay, mais l'attaque qui suivit, aussi rapide soit elle, l'intima que ce n'était, de toute évidence, pas le cas. Le jeune mâle prit la fuite, paniqué, délaissant la femelle et son regard de pierre sur une foule outrée qui, rapidement, s'estompa. A vrai dire, cette licorne ne semblait pas être des plus sympathique, et l'air hautain qu'elle posa sur la Nécromancienne était loin du standard du pragmatisme. Mais qu'importe. Reverse n'avait que faire de tels individus et son esprit réclamait sa part de paix, de calme. Un combat, une provocation, qu'importe ce qu'il en devenait, n'était pas dans ses attributions et le simple fait d'attirer l'attention des dragons sur sa pauvre carcasse ne l'enchantait guère. Alors, répondant au regard intransigeant par un simple haussement de sourcil -Watcha doin sis ? Do u even lift? - , elle retourna a sa position initiale.
Lentement. Très lentement, une nouvelle bulle emprisonna son esprit. Ce qui avait été le murmure d'une foule et du marché n'était désormais plus que le roulis de l'eau sur les coquillages et le sable sec.

Flash.

Elle ne comprenait pas. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle ne comprenait pas. Les mouettes volaient, mais pouvaient aussi s'asseoir sur l'eau, sans l'aide d'aucune magie. Les poissons, eux, pouvaient nager dans l'eau, mais pas s'asseoir dans l'air. C'était. Si compliqué a ses yeux. Si injuste. Ses parents lui avait expliqué calmement que les plumes des volatiles étaient hydrophobes, mot qu'elle n'avait pas vraiment compris et qu'ils avaient rapidement remplacés par un simple « ça ne coule pas ».  Le camembert aussi ne coulait pas. Et c'était pas pour autant qu'il volait.
De la même manière, les crabes pouvaient s'enfouir sous le sable chaud et survivre. Alors pourquoi, dans un élan de curiosité, le poussin qu'elle avait ramassé le lendemain de sa sortie en mer n'avait pas survécu ? Pourquoi, lorsqu'elle l'avait déterré, quelques heures après, il ne bougeait plus ? Était-ce parce que seul le sable permettait une telle immersion ? Pourtant les lombrics qu'elle découpait parfois pour les voir se tortiller -ne niez pas, vous l'avez tous fait.- vivez dans cette même terre.
Alors, pourquoi, pourquoi, ce poussin était il mort ?
Et, a vrai dire, pourquoi devait on mourir ?

La question avait plongée les parents et les professeurs dans une étrange perplexité. De toute évidence, lorsqu'on était une jeune pouliche, les questions de vie et de mort ne devaient pas être pensées. En fait, tout ce qui s’attelait a la mort était tabou. Pour n'importe qui. C'était étrange. Probablement stupide. Tout le monde mourrait, même si la raison lui était encore inconnue, alors pourquoi le cacher ? Pourquoi laisser espérer de jeunes enfants qu'ils seraient a jamais sur ce monde, a jouer de leur candeur et de leur naïveté ? Si on apprenait a connaître cette mort, ne devait on pas, par compréhension, l'accepter et non plus en avoir peur ?
Là encore, sa théorie effara le petit peuple. On avait tenté de lui expliquer que ce monde était régit par des lois naturelles, et qu'on ne pouvait rien faire contre cela. Que la vie était un présent, un don, et qu'un jour, on devait a notre tour la redonner. Que nous retournions a la terre et que de cette terre naissait les plantes qui nous nourrissaient en retour. Un cycle miraculeux pour eux.
Un cycle morbide a ses yeux. Cela signifiait il qu'on se nourrissait de cadavres depuis tout ce temps, et qu'un jour, on la dévorera a son tour ? Alors, les immondes choses qu'elle ressentait dans le sol, dans le fourmillement incompréhensible des fondements naturels, avaient raison ? Ce don qu'elle avait, celui de communiquer avec les nuisibles, ces êtres répugnants, hait pour ce qu'ils étaient, bactéries et champignons, rats et larves, était il la preuve de cette pseudo après vie ?
Elle avait toujours détesté cette capacité. Certains avaient reçu celle de parler une autre langue, d'autres d'être doué en gymnastique, imbattable en maths ou tout simplement de cuisiner merveilleusement bien. Tant de pouvoirs, de talent utiles et agréables.
Elle avait toujours détesté cette capacité. Parce que cela impliquait une compréhension du dégout, de la peur. Parce que, là encore, la maladie et la nuisance étaient tabous. Omniprésent. Mais silencieux.

Et que comprendre ce qui était tabou, c'était, par définitive, mal.

Bordel.
La peur que cette pensée avait engendrée en elle semblait s'être ancrée en son sein, si puissante, si profonde, qu'elle ne parvenait pas a la décrire avec de simple mot. Elle ne ressentait pas cette peur comme l'on pouvait être effrayé d'une araignée ou du vide. Non. Elle vivait cette peur. Elle était en elle, quelque part, tapis, se mêlant a son sang, dévorant son sommeil, écorchant sa raison, écrasant son innocence. Elle était cette peur.
Elle avait passé de nombreux jours, peut être des mois, avant de comprendre. Avant que cette peur de l'inconnue ne redevienne la curiosité, malsaine, qui l'avait fait naitre. Il ne pouvait y avoir de vie sans mort. Ni de mort sans vie. On ne pouvait lutter contre la mort comme on ne pouvait lutter contre sa propre naissance. C'était ainsi. Quelque chose d'irrémédiable. D'intense. Et pourtant, pourtant, d'étonnement jouissif.

Il n'y avait de Mort que dans l'Oubli. Car dans l'éternel Temps, même la Mort peut mourir.

Elle avait toujours détesté son talent.
Mais aujourd'hui, pour la première fois, elle le comprit. Pour la première fois, elle l'aima.
Pour la première fois, la peur devint compréhension ; l'incompréhension devint haine.

Flash.

Ce ne fut pas le bruit des pas feutrés qui la sortirent de ses pensées. Ni la senteur obscène qu’imprégnait les habits délavés des marins. Mais l'acclamation, la jouissance même des micro organisme dans le sable. Leur danse frénétique, l'explosion de leur joie. Il y allait avoir un festin.
Il y allait avoir du sang.

D'un geste brusque, elle se retourna, contemplant avec un certain effarement la presque-invasion de marins aux alentours de la licorne hautaine. Nul doute que le jeunot attaqué -sans raison évidente- avait fait appel a son équipage, cherchant secours et soutien dans la douleur et la violence que serait devenu le corps humilié du mage.
Cela ne la concernait pas.
Cela ne devait pas la concerner.
Si cette femelle s'en prenait aux habitants et travailleurs de cette ville, c'était son soucis, pas le sien. Mais la pression sous ses pattes, le bonheur presque jouissif de la vie grouillante s'insinuait en elle, se répandant en un sourire crispé. Il y allait avoir du sang.
Il y allait avoir un festin.

Et il aurait été dommage que cela ne soit que d'une personne.

D'un geste saccadé, elle agita sa corne, étincelles cyan dans un monde déjà trop bleu, se téléportant aux cotés de la femelle de cette même couleur redondante. Elle ne savait pas vraiment si cela tenait de la chance ou d'un tempo en parfaite synchronie avec l’appétit vorace des nuisibles, mais son arrivée surprise fit brusquement tomber l'un des pseudo-pirates, manquant son coup d'estoc. Il retomba au plus bas de la dune, grognant, tandis que ses camarades dardaient leurs regards brillant sur les deux femelles.

- Trois contre un ? Quel courage...

Il y eut un sourire parmi le vent chaud d'une mer paisible.
Un soupir de bonheur.

Elle s'était a nouveau mise dans les embrouilles.
Mais pour une fois, cela lui était égal.
Après tout, il y allait avoir un festin.

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Trixie Lulamoon
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MessageSujet: Re: Ereshkigal - TERMINE   Mer 18 Fév - 19:09



« Prémices au carnage ~ »






S

uite à la perte de leur inestimable trésor, cargaison assez lucrative chez ces filous, la justice trancha. Et l'illustre Red Banner (ici), s'avança en lumière, afin d'administrer le châtiment à la bleutée. Il vit rouge, suite à ces mots, l'ayant tiré de son antre. Naguère, on le disait sanguinaire et indicible, si bien que son renom faisait loi en ces mers vastes et peuplées de malfrats. D'aucun de ces boucaniers, amarrés à quai, n'ignorait sa légende. Et le seul fait, de voir même l'ombre de son museau, en terrorisait plus d'un. L'étalon de pourpre, foula donc furieux, la terre ferme qu'il abhorrait encore. A vrai dire, on ne le voyait vraiment qu'en mer. Hélas, pour qui se dessinait sa bannière, il arrivait souvent grand malheur. Ainsi, donc, une chose l'avait attiré au rivage. Et dans son ombre, rôdait la racaille des flots, drapés de grossières lames. Soudain, il fit halte au sommet de la dune. Avant de la voir.

L'azure licorne, senti ces prunelles infernales, la souillant sans vergogne. Aussi lui rendit-elle la pareille, d'écrins plus noirs que ces abysses explorées. Il fusait entre eux, un silence pesant, lourd, et même malsain. Nul ne pouvait dire, s'il avait de plus viles intentions que la belle. Mais il avait grand soif, comme elle ; d'une barbare entrevue, de victuailles infâmes, d'une irrésistible vengeance. Hélas pour lui, il su faire fi de son désir le rongeant, pour mieux savourer ses retrouvailles. Ce qu'il annonçait sans détour, en fortuite journée. Elle ne l'entendit de cette oreille, et fronça plus durement, ses sourcils d'albâtre. Savait-il quelle bête, il retrouvait ? Sans doute. L'étalon se laissa choir de son perchoir, les sabots glissants sur le sable brûlant. Le tout agrémenté, d'un sourire de fieffé coquin. Sa dentition monstrueuse, la lassait encore. Jadis, il attenta à son encolure, par ces crocs de squale.

Cet odieux souvenir, lui intima soupir, qu'elle proféra sans attendre. Après quoi, elle fit mine d'être bien indifférente à son avancée de repentance. Mais elle l'attendait au tournant. Sa queue gifla le manant, une fois figé à son niveau. Le bougre aimait fort, ce tempérament de jument forte. Ces autres catins, le savaient déchainé au lit, trop même. Il lui arrivait de trop en faire, et de finir ses soirées, avec une viande froide au menu. Soudain elle fila, pour dominait la lande et ces marauds riards. Il lui adressa quelques billets doux, l'écœurant d'aventure. A vrai dire, la grande Trixie n'aimait guère, qu'on lui tienne pareil discours; qu'elle ne pouvait saisir. La confusion mêlée de manière brutale au fait d'être accostée sans vergogne, avait de quoi l'empourprée. La voilà dont bien offusquée. Ses prunelles se teintèrent de rouge, annonçant l'orage pour l'impudente bande. Sa corne vint à reluire, en vrai phare de la perdition.


« Le putride n'a rejoint les abysse, depuis le temps ? Ôtes-toi de la vue de l'intouchable Trixie, ou vomis ces entrailles, dont-tu es la lie ! »

Ses dires enragèrent la peuplade. Et la voilà qui chargeait. La danse des sabres ne lui intima nul effroi. Voilà fort longtemps, qu'elle ne redoutait plus l'idée même du trépas. A vrai dire, cette seule pensée lui apparue comme intolérable. Aussi irradiât-elle toute entière. Pour que transparaisse, sa majesté funeste, avec cette simili armure. Sans crier gare, un éclair carbonisa à demi, l'impudent premier. Ce dernier ploya à mi chemin de la quête, visant sa tête. Et la bleutée ne remarqua de suite, l'apparition d'une compagnie de carnage. Elle n'avait que faire d'elle, du moins, tant qu'on ne l'ennuyait comme ces vers grouillant. Et du haut d'une dune voisine, leur faisant face, le sire malade, éclata d'un rire dément. Voilà qui l'amusait d'aventure. Trixie exécrait ce genre d'insolent, qui ne savait renoncer. Mais l'adrénaline au conflit, mêlée à l'inquisition de la dame ombrage, su l'amuser. Elle redoublait alors son sourire.

« Deux cornes empalent mieux qu'une ~ »

L'inextricable jumélité de ces femelles, en interloqua plus d'un. Si bien, qu'il songea au complot, méticuleusement préparé pour ce jour. Trixie ne savait rien de l'ennemie de ses détracteurs, mais elle savoura l'instant équivoque. Et l'éloquence de leur posture, harmonieuse, en proie à la domination d'un monde en devenir à genoux, su l'exciter. Son existence misérable, l'ayant poussée à une solitude meurtrière, fit d'elle cet être ni aliéné, ni sage. Elle n'était plus que l'ombre vengeresse, possédant la carcasse d'un vieux rêve. Et ses sabots d'acier, ne manquèrent pas, d' apprendre quel être retord elle devint. Voilà que l'assaut fit fondre plus d'un nuisible, sur elles. Mais rien ni personne, n'ébranlerait jamais, cette rage devenue elle. Si bien qu'elle tint bon, malgré les entailles et la poussière. Sa gestuelle emplie de grâce et son agilité méconnaissable, lui permirent l'évasion aux coutelas et sabots; qu'elle rendait bien.


Post Scriptum :
 
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MessageSujet: Re: Ereshkigal - TERMINE   Ven 20 Fév - 23:21



Une lame fendit l'air, qu'elle esquiva de peu, jouant des coudes et des sabots pour se frayer un chemin parmi le sable et les matelots. De toute évidence, leur capitaine, un étalon de cendre au crin mêlant encre et sang, avait pour cible la magicienne azurée. Ses comparses s'étaient donc attribués le mérite de s'occuper de la Nécromancienne, ou, tout du moins, de ce qu'ils devaient penser simple licorne. Le premier la chargea, avec tant de fureur et de cris, qu'elle parvint a se téléporter a temps plus loin, le laissant choir dans le sable chaud.
Il lui fallait un plan. Rapidement.
La situation était confuse, même pour elle, mêlant le paysage et les estocs a la magie et au pelage dansants des uns et des autres. Quelques secondes. C'était tout ce qu'elle demandait pour parvenir a décrypter les informations. Un battement de cil. Un courant d'air. Peu de choses en une vie, et qui, en cet instant, semblaient être inextricables. Le matelot qui avait chut de la dune lors de son arrivée, plus ou moins fracassante, s'était relevé entre temps, arborant un faciès colérique.
Quelques secondes. C'était tout ce qui lui fallait. Alors, d'un soupir tendu, ses membres crispés l'obligèrent a analyser, jauger chaque parcelle du corps de l'énergumène, au risque d'oublier ses deux comparses non loin. C'était, pourtant, un danger qu'elle prenait en tout connaissance de cause, préférant une maigre blessure a une stratégie erronée.

Imposant. Haut sur patte. Un terrestre de toute évidence. Fort mais probablement moins rapide et agile qu'elle. Elle pouvait donc sans trop de mal esquiver ses coups; quant a ses parades, elles seraient sans nul doute inutiles, voir fatales. La robe auburn au museau brun entremêlé de poussière et de sable, le crin noir et sale, empaillé, indiquaient un certains désintérêt pour l'hygiène corporelle. Par conséquent, il devait être un véritable nid a bactéries.
Quelque chose siffla près de son oreille droite, et d'un revers de tête, elle parvint, a nouveau, a bloquer la lame argentée de sa corne. La tension palpable et la force qui pressait son appendice déjà tordue la fit reculer, d'un pas, puis, d'un deuxième, avant qu'elle ne parvienne a se dégager de l'emprise d'un moulinet de tête.
Bordel. Celui ci aussi était un terrestre a la force impressionnante. Ses coups rapides indiquaient cependant une certaine agilité qui devait faire faux bond a son comparse, et sa taille, relativement faible pour un mâle, si elle avait fait de lui la risée de son école, était désormais son plus grand atout. Reverse ne pouvait esquiver ses coups avec la même aisance qu'a son habitude, et ses traditionnelles fuites en passant sous son adversaire qui, déconcertait, ne réagissait pas dans l'immédiat, assurant a la licorne une distance de sécurité relativement ample, étaient désormais inutiles. Elle resterait bloquée sous son ennemi sans plus de manière.
Nouveau coup d'estoc. Nouvelle parade de sa corne. Et le son tenu du galop approchant mêlé au furibonds parasites vivant dans le pelage masculine -et dieu que cela faisait du bruit, tels des supporters avide de buts et de coups francs- ne lui signifiât qu'un retour rapide de l'autre matelot. L'auburn déjà jaugé tenta une attaque par le flan gauche, mais, rapide, Reverse se téléporta a nouveau, laissant, non seulement, son assaillant a l’hygiène douteuse se ramassait par terre comme un ravioli vapeur, mais aussi la physique reprendre son rôle sur l’assaillant qu'elle avait bloqué de sa corne. La force et la pression émises le firent basculer en avant, tombant sur son comparse sans plus de manière. Il y eut quelques grimaces, quelques grognements et insultes, mais la femelle ne faisait plus vraiment attention. Face a elle, l'amas de poils et de saletés n'était composé que de deux corps. Et, aux dernières nouvelles, il y avait, en plus du capitaine, un troisième marin. Pourtant, les environs restaient vides de sa présence, laissant la plage aux badauds et voyeurs désireux de parier sur le combat.

Merde.
Merde merde merde.
Les deux terrestres se relevaient, et elle n'avait toujours pas identifier le trio au grand complet. Il lui fallait pourtant agir, de manière rapide une fois l'analyse et la compréhension mise en place en un plan plus ou moins douteux. Elle ne savait pas comment se déroulait le combat du coté de son alliée d'un jour, ni même si ses chances étaient aussi pathétiques que les siennes, et, a vrai dire, elle n'aurait pas vraiment été étonnée de se retrouver encerclée par le quatuor désinvolte et imbus de leur victoire. Mais une certaine confiance en la force féminine lui indiquait que c'était pas le moment de s'occuper de deux fronts a la fois. Une nouvelle charge la fit sursauter. L'attaque de face ne révéla qu'une colère si grande, si profondément ancrée en eux, qu'elle avait voilée le peu de raison qu'ils leur restaient. Parfait. Enfin, presque. Fléchissant l'une de ses pattes avant, prônant sa corne au devant des sabres hurlant, la femelle ferma un bref instant les yeux, laissant le coulis langoureux de la magie noire l'emportait dans les tréfonds de la nécromancie. Il lui fallait attendre le bon moment. L'ultime instant, ni trop loin pour qu'ils n'esquivent pas, ni trop proches pour ne pas être elle même touchée.
Dans l'épais noir qu'était devenu l'erg et la mer, il n'y eut plus que le son des sabots martelant le sable, que les cris jouissif des crasses sur le pelage de l'un, des bactéries et autres algues sur le sol de l'autre, véritables détecteurs de mouvement pour résonner a ses oreilles comme le doux murmure de la victoire.
Un pas. Un suivant. Encore et toujours, ce même brouhaha insipide fourmillant jusque dans ses os, pétillant les étincelles glace au sein de sa corne, la narguant, la raillant.

Et enfin, un mot. Inconnu. Puissant. Mystifiant.
Une délivrance. Le tournis amer de la magie noire. Dans une langue serpentine.
Une lumière jaillit du sol, délivrant un mur d'ossements et de sable entre les deux camps. Un hurlement de surprise résonna suivit d'une tentative désespérée pour freiner dans le sable chaud, avant que le bruit mât de deux corps s'entre choquant dans le sort ne chante aux oreilles de la licorne. Les os, sous l'impact, volèrent en éclat, libérant les deux corps dans un sublime vol plané, avant que les lois de la physique, tortueuses, ne les ramènent sur le sol dans un fracas violent.
Ils allaient se relever. C'était certain. Peut être pas dans l'immédiat, et la femelle l’espérait, mais lorsque les vertiges et la douleur lacérante ne seront plus que souvenirs, ils allaient se relever. Alors, priant intérieurement pour que ses espoirs soient entendus par une divinité toute puissante et omniprésente, elle accourut jusqu'aux malfrats, jetant leurs armes au loin. Le son caractéristiques d'objets coulant a pic dans l'océan la rassurant. Il lui semblait qu'un poids lui avait été retiré des épaules, que la tension, palpable, était redevenue légère. Si légère qu'elle avait cette stupide impression de voler. De planer, pour dire vrai.
Et tandis que la douleur se répandait en son flan comme des milliards d'ignobles petites fourmis, que les étoiles dansaient a ses yeux, elle retomba sur le sol, roulant sur quelques mètres avant qu'enfin elle ne s'arrête.

Elle avait mal.
Terriblement mal.
Son corps ne semblait plus lui répondre, ni même lui appartenir. Ses pensées, chaotiques, n'étaient plus que des papillons s’élevant loin d'elle. Et lentement, très lentement, elle se sentit tomber en arrière, dans les méandres de l'inconscience.
Elle avait mal.
Terriblement mal.
C'était son seul point d'accroche. Une douleur lacérante. Le flux chaud et palpitant sur son ventre. L'incompréhension mêlée a la peine, a la colère, dans une boule nerveuse qui remontait le long de sa gorge en une plainte muette.
C'était son seul point d'accroche. Sa seule certitude que la vie, aussi épouvantable qu'elle pouvait l'être, pulsait encore en elle.
L'air frais était devenu acide, métallique, emplissant ses poumons d'une énergie désespérée. D'un geste qu'elle ne contrôlait qu'a moitié, elle chercha a se lever, forçant ses yeux a se rouvrir malgré l'envie tenace de somnoler là, sur ce sol si chaud, si moelleux. Sa tête se secoua, papillonnant ses paupières tandis que son équilibre, peu a peu, revenait comme un lointain souvenir. Debout, fébrile, elle détourna son regard encore rêveur sur les traces que son corps avait fait, remontant lentement la piste a l'endroit où elle se trouvait il y a encore quelques secondes.
Il y avait là un pégase, cherchant a réveiller ses comparses encore sous le choc du sort défensif. Un étrange pégase aux couleurs grisonnantes, le crin pâle, assortis a son arme ruisselante de sang. Un pégase.
Un. Putain. De pégase.
Était-ce pour ça qu'elle ne l'avait pas perçut lors de sa débâcle avec les deux crétins assommés ? Volait il en attendant la bonne ouverture ? Lâche. Elle ouvrit la bouche pour cracher une insulte. Cracher sa colère, son venin sur le monde entier. Mais il n'y eut qu'un bref grognement, la douleur lacérant son flan et sa cuisse en une torpeur telle que bouger lui flanqua la nausée.
Merde.
La plaie, pourtant peu profonde, s'étendait sur la moitié de son corps, dans une courbe allant de l'aine jusqu'aux premières côtes. Le sang affluait, d'un rouge puissant, et déjà, elle sentait le picotement caractéristique des bactéries et du sable s'installant en sa chair. Elle fronça des sourcils, obligeant ses dernières a reculer malgré l'envie palpable qui les rongeaient de pulluler en cette magnifique blessure. Reverse ne pouvait que remercier son talent pour comprendre -et faire comprendre- de brèves émotions aux nuisibles. Nul doute que d'ici quelques minutes, ils l'oublieront et se répandront en elle avec leur appétit insaisissable. Mais cela lui donnait le temps, juste le temps, de plonger dans la mer paisible, laissant les bienfaits du sel et de l'iode la protéger. La douleur a vif lui tirant quelques larmes, et réprimant un sanglot, elle s'efforça de se retourner face au pégase, qui, désespéré, s'était mis a claquer ses comparses. Il pouvait voler, et c'était un atout indéniable. Mais elle. Elle petite licorne avide de pouvoir, était capable de le clouer sur place, de lui arracher les ailes. De le plonger dans les profondeurs abyssales.

- Hey, enculé. Tu m'as raté !

Son cri fit sursauter le mâle, qui, d'un coup sec de bassin, se retourna. La surprise était visible sur son visage, au même titre que l'agacement. Oh, oui, Reverse était de ces gens qui avaient bien trop de mal a mourir. De ces parasites qui s'accrochent sans trêve aux autres. Et elle aimer ça.
Alors, d'un bond, il s'envola, piquant droit sur la femelle, cherchant de toute évidence a en finir une bonne fois pour toute. Et avant qu'il ne l'atteigne, avant même que son ombre n'effleure le tendre vague qui soulevait Reverse dans un remous en quatre temps, quelque chose l'attrapa. Quelque chose l'agrippa, l'entrainant dans l'eau. Quelque chose aux couleurs lacunaire.
Quelque chose qui ne sentait ni la vie, ni même la mort.

Et tandis que Reverse regagnait le banc de sable chaud, aidé d'un deuxième cadavre -dieu qu'ils étaient forts lorsqu'il s'agissait de la porter tout en nageant en submersible-, il s'agitait, hoquetant, crachant, donnant coup et cris au corps qui, inlassablement, le griffait, le mordait, cherchant a entraver le moindre de ces gestes. Rapidement, cette douce symphonie aux oreilles de la Nécromancienne, désormais allongée et épuisée sur la terre ferme, se transforma en appel guttural. En crachats et hoquets.
Et, enfin, le silence fut.

Soulevée par son incantation, la femelle tremblante lui ordonna s'allonger sur les deux évanouis. La menace n'était pas réellement sérieuse, mais ainsi posté, il pouvait avertir d'un grondement leur réveil, et, si elle en sentait le besoin, pouvait faire appel a l'un de ses sorts fétiches, qui constituait a faire exploser les cadavres. Y compris ses propres zombis. Les dégâts dut a l'implosion auraient été sans équivoque sur les deux terrestres, et, aussi stupides soient ils, la connaissance de ce sortilège était certainement de notoriété publique. Ainsi, elle s'assurait un certains maintien quant a cette zone.
Inspirant avec profondeur, elle détourna le regard sur la mage qui se battait avec une certaine férocité contre le capitaine, mêlant sort et esquive, intelligence et estoc.

Blessée de la sorte, elle n'était plus d'une grande utilité au corps a corps. Cependant, si le besoin était urgent, elle pouvait toujours envoyer le cadavre -actuellement occupé a tester la respiration aquatique d'un pégase-, en aide. Non pas qu'il s'agisse là d'un grand combattant. Plutôt lents et faiblards, elle s'en servait surtout de soutien pour ralentir ses ennemis tandis qu'elle déguerpissait sans plus d'honneur. Mais soulevé a l'aide de sa magie, et envoyé comme un ballot de paille sur le mâle noirâtre, le zombi pouvait se relever utile. Surtout si un certain mage trouvait l'idée amusante de lui faire prendre feu.

Alors elle attendit.
Un son.
Un geste.
Quelque chose.
Tandis que la douleur lacérante faisait papillonner ses pensées au loin de la réalité.

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MessageSujet: Re: Ereshkigal - TERMINE   Dim 22 Fév - 18:46



« Songe d’une nuit d’été ~ »






T

andis que s’opérait la débâcle d’une comparse, la grande Trixie n’accourue à son secours. Elle était ainsi faite, solitaire en toute chose ; et jamais encline à défendre autrui. Du reste, elle n’avait que faire du sort de cet enfant. Si bien qu’elle restait de marbre, face à son calvaire. Seul le sire noir, l’obnubilait, existait à ses yeux. Le seul fait d’avoir été accostée, par ce maraud, la ramenait loin en arrière. Jadis, elle était autre, sensible et naïve, rêveuse et joviale. Mais il fut, comme bien d’autres, l’instigateur de sa chute. Il était donc, indéniable, qu’elle le porte en haine. Et de leurs perchoirs, dunes battues par une brise de pestilence, d’aucun d’eux ne sembla décidé à engager la bataille. Ces aberrantes inerties, les figeaient en la contemplation de l’autre, telles des statues fichées dans la roche. La belle bleue, avait succombé à l’émergence des souvenirs ; une hantise qu’elle croyait oubliée. L’espace d’un fugace instant, elle revit la scène.

~ Entrée du Flash back ~

A l’aube d’une débâcle vouée à marquer les esprits, la magicienne s’égarait en terre infâme. Elle avait-là, le pas craintif et frêle. Il n’était encore de moindre once d’audace en elle, la grande fallacieuse. Elle redoutait dont cette cité, de débauchés, de colosses écailleux, de marginaux avérés. Elle ignorait tout, de la corruption de ces gens, de l’ambition d’un filou. Mais elle frémit, à la seule vue d’un squelette, enveloppant le bourg. S’il ne faisait si frisquet, là-haut, en ce mont venteux, nul doute qu’elle n’aurait déporté ses sabots vers la lumière. Mais elle était si naïve, et innocente. L’azure licorne, fondit donc, à la cité en effervescence. Pas après pas, elle se laissa enivrer par les chants venus des flots. Et un immense brasier, attirait nombre fous au rivage. Comme eux, la donzelle se laissa happer, par la lueur, la chaleur, et l’espoir. Car elle avait grand peur, de l’obscurité régnant en maitre. Et sa seule lueur, irradiant à sa corne jeune, ne su l’en prévenir.

Parvenue au lieudit, la fallacieuse s’annonça tandis qu’on ne tendait qu’à rire et chanter, de manière grasse. La chose déplut, à quelques ivrognes et loups de mer. Et de sa nature, fort susceptible, la bleutée leur joua un tour. Hélas pour elle, ces bandits de grand chemin, n’aimèrent ses manières. Les lames dansèrent, l’emplissant d’un effroi sans pareil. Elle avait beau se magnifier, il lui sembla bien impossible de mettre en déroute ce ramassis de forbans. Elle fila donc au galop, bien confuse et affolée. Mais elle créa accident. L’impact la sonna sur le coup. Et lorsqu’elle vit l’obstacle de ses prunelles, écarquillées, elle larmoya. Sa vie allait s’achever, songe-t-elle. Soudain, contre toute attente, il manda le silence ; et de rengainer les lames. Puis il lui tendit le sabot, tout sourire. Ce bellâtre, lui sembla trop bon. Mais elle ne su dénigrer ce colosse, et enjoua l’accalmie. Et elle lui rendit grâce, avec grand peine. Ces palabres l’écorchèrent, elle et son ego.

La plage redevint festive, comme si de rien n’était. Il dénota son crin frileux, et lui offrit le gîte pour la soirée. Elle suivit ses pas, flattant ses airs de noblesses retrouvés. La balade les conduisit aux quais de la baie. Là elle s’émerveilla, devant la majesté des flots, où dansaient les reflets des lampions. Et tandis que son guide, charmant étalon, lui narrait les fastes de son monde ; Trixie se berçait d’illusions. Elle alla d’ailleurs, déclamer sa chanson de geste. L’hypocrisie régnait alors, le possédant tout entier. Mais il était si serviable, qu’elle n’y voyait que du feu. Il sembla l’amuser, en pu témoigner une folle réciprocité ; même inconsciente. Jamais elle ne vécue telle harmonie. A vrai dire, nul ne su l’apprécier à sa juste valeur, même mensongère. Alors, elle daigna apprécier cette compagnie fugace. Il fut d’ailleurs bon prince, de lui présenter cette voie royale, à ses apparentements. En chemin, elle frémit d’aventure, face à la brise glacée de l’ouest.

Elle se hâta donc, de filer dans les méandres du navire. Là, elle ne dénotait rien d’alarmant. Dans l’antre du capitaine, elle laissa trainer le regard, innocent. Voilà des quartiers bien soignés, se dit-elle. Sur la table, d’un bois vétuste mais noble, reposait mile lettres. Et la douce pénombre des lieux, n’était percée, qu’à l’aide d’une flamme vacillante. Une bougie en fin de vie, des étagères parsemées d’ouvrages romanesques et savants, un cloître où régnait le bien être ; voilà qui su la séduire. Hélas, elle était d’une vie de bohème, et ne songeait à résider nulle part. Et lui avait tout d’un noble. Elle vit alors moults points communs. N’était-ils point des êtres fabuleux, se vouant à l’aventure seule, puisque éprits de liberté ? Voilà sa croyance de l’instant, si propice à l’endoctriner. Voilà qu’elle déportait ses pas, vers le fond de la salle. Là trônait un grand vitrail, offrant une vue imprenable sur le monde. Et dans son ombre, s’avança l’étalon de noir ; furtif et comblé.

Il avait devant lui, une si sotte enfant, que trop rêveuse et malléable. Si bien, qu’il sourit, le fieffé coquin. Il lui proposa cette vie, à bord du galion fantoche. Hélas il lui destinait autre chose, qu’une place de choix. La bleutée ne sentit venir, ce lent coup de poignard, qu’il lui assena au cœur. Il n’y avait de mots pour elle, afin de décrire ce genre d’infamie. Mais il l’avait abusée, ce vil suborneur. Et afin d’échapper aux fers, et au joug d’un dément, elle fit preuve de couardise, ou de courage. Le pont grouillerait vite de vermines, alors elle fit l’insensée. Sa charge donna lieu à la défenestration. Sa personne meurtrie, s’évanouie dans l’onde. Et aux premières lueurs de l’aube, après une traque infructueuse, l’on se rit d’elle. Le rivage était jonché d’éclats de verre, et de nectar vermeil. En sa cavale, sans retour, elle maudit ces gens. Là elle jura vengeance. Et une fois de plus, il suffit d’une volonté arbitraire, pour engendrer lignée de larmes. Mais elle étrangla ce sanglot.

~ Fin du Flash Back ~

Le jour de l’émergence survint. D’aucun d’eux ne s’eut quitté du regard. Il était si noir, et harmonieux. Comme témoin d’un sombre lien. Elle empestait la haine, la fureur et la soif de mort. Et lui riait encore, tout ému par ce spectacle. Après tout, il fit d’elle ce monstre, cette sorcière indomptable et féroce. Il dit la trouver belle, ainsi. Ces mots de trop, lui intimèrent la charge. Elle se volatilisa pour le gagner et balancer ses sabots d’aciers. L’étalon noir, s’esquiva aisément à la ruade. Cette mise en bouche l’amusait tant. A ce sourire de squale, elle dédia nouvelle tentative enhardie. Ces pattes arrière s’élancèrent, lorsqu’il vint effleurer sa queue. Il en réchappa in extrémis et rit de plus belle. Mais elle l’attendait au tournant. Leurs crânes semblèrent intimes, leurs cornes se fracassèrent sans vergogne, leurs prunelles attisaient leurs démences. Cette danse macabre, donna lieux à de bien piètres victoires. Où nul n’alla dévaler la dune. Elle hennit alors.

Le geste s’agrémenta d’une explosion d’aura. En effet, la belle bleue n’avait besoin de son sceptre pour déchainer sa toute puissance. Voilà qu’une décharge d’arcane jaillit d’elle, pour balayer l’aire de bataille. Devant son triomphe, elle éclata d’un grand rire, odieux. Lui se retrouva au plus bas de la dune, à demi sonné. Il se releva prestement et ne manqua guère, de proférer l’éloge due à sa grandeur. La sorcière s’en retrouva bien offusquée. Et empourprée d’aventure, elle éventra sa jouissance, afin de fondre au malheureux. Hélas, ce bon s’avéra pernicieux, car il lui décocha une volée de lames. Celles-là même, que ses laquais firent choir plus tôt. Elle eut d’ailleurs grand mal, et une chance insolente, à s’éviter le pire. Un coutelas se brisa sur son sabot d’acier, tandis qu’un sabre dévié de justesse, lui causa balafre à la cuisse gauche. Mais elle demeura bigrement impuissante, face au poignard sifflant, fiché dans sa patte avant droite. Elle revint à ses débuts.

Si la belle feignit de battre en retraite, afin de panser ses blessures, le funèbre étalon s’empressa de rire. Mais fut bien sot, de ne se mouvoir et jubiler de cette menue victoire. A vrai dire, même elle, la sorcière d’azur, n’aura vu l’émergence de la marche-abysse. L’espace d’un fugace instant, alors qu’elle laissait glisser le regard sur les abords du fanfaron, elle faillit déchanter. Cette licorne de noir peinte, manqua de raviver frayeur de la grande faucheuse. Hélas, Trixie n’avait guère plus de némésis, qu’un fou. Si bien, qu’elle ne fit rien de plus, qu’aiguiser un sourire malingre. Ce dernière sembla captiver le filou qui étrangla son rire gras, il avait dont oublier la menace du rampant, et son lent poignard qui le gagnerait tôt ou tard. Naguère encore, elle se dressa en véritable bipède, avant de crisser des dents, sous le martyr. La lame fichée dan sa patte supérieure, se laissa choir dans le sable, comme par magie. Sa grande cape ballotta dans la brise chaude, la magnifiant.

Et elle entonna le hennissement vorace, qui couplé à l’horrifique radiance de sa corne, allait voir naitre, adrénaline et sottise ultime, chez leur compère. Il oubliait la jument noire, et le rampant fétide glissé dans son dos. Le cri de Trixie, déchira les cieux. Se faisant, toute vibration de sabot fut étouffée. Là elle libérait la fureur d’un sortilège emplie de perfidie. Voilà qu’une pluie de flammèches, tant innombrables que douées d’une envergure guère négligeable, avalèrent le monde, pour l’incendier sans vergogne. Chaque simili météore, fusa pour calciner la plage et ses occupants proches. L’arène criblée de ces balles ardentes, sembla noircie à nombre endroits. La diva n’eut que faire d’incendier sa comparse d’infortune, mais le suborneur en écopa bien par trois fois. En plus de cet inopiné serviteur décharné, qui sous la caresse d’un brasier aimant, allait infliger une défaite cuisante au boucanier. La sorcière demeurait à l’écart, pour se faire garrot avec sa ceinture.



Post Scriptum :
 
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MessageSujet: Re: Ereshkigal - TERMINE   Dim 8 Mar - 19:19



Il y eu un éclair. Une lumière, si étincelante, si vrombissante, que la femelle plissa les yeux pour ne pas perdre de vue la scène, sublime, aux ombres grandissantes. Le sable s'échappa de ses dunes, voletant en queue de marée, retombant avec douceur dans l'éclat rougeoyant, laissant sa place a l'immense langue de feu, happant le monde dans les cendres mercantiles. Le cri dantesque résonna dans la plaine désertique, cachant l'océan et ses remous d'un voile épais, presque palpable, dans le silence qui chuta avec force.
Ses pupilles mirent quelques secondes a s'adapter a cette nouvelle luminosité, a ce retour brutal dans la réalité, où, désormais, les couleurs, les contrastes lui semblaient bien pâles. Non loin d'elle se trouvait la femelle azurée, bandant sa plaie du mieux qu'elle pouvait, à la fois effarouchée par l'adrénaline et attendrie par le sang suintant avec afflux. Le souffle court, saccadé, semblable a celui de la Nécromancienne, elle dardait ce regard haineux, ce regard dont le ressenti, si fort, si puissant, qu'il semblait ancré dans la chair comme un énième muscle, un organe fait dans le seul dessein d'imploser en une colère monstrueuse. L'ombre était encore debout. Titubant. Blessé. Mais le sourire victorieux d'un condor planant au dessus de ses proies, ignares de leur propre mort.
Un frisson parcourut l'échine cendrée, et d'un pas hasardeux, fragile, Reverse s'avança vers la dune où tout avait commencé. Où cette idée, stupide, frivole était née.

Et au loin, scandait la vermine.
Et au loin, brûlait la famine.
De la chair et du sang,
Du trépas pour nos enfants.


Elle avait trop longtemps entendu ce chant. Ces paroles, amères. Bus a leur gorge, criant leur véracité comme s'il s'agissait d'une unique vérité. D'un unique choix. D'un unique chemin a prendre, a parcourir maintes et maintes fois.
Elle avait trop longtemps entendu ce chant. Dans l'enfance dure, déjà les paroles résonnaient a ses oreilles avec pour seul public les vermines grouillant a ses pieds. Et tandis que le commun des mortels s'effaraient des monstres sous le lits, des trolls dans les placards, des cauchemars naïfs, elle restait la, fixant le noir de ses pupilles candides, écoutant, suintant cette macabre symphonie. Comme un murmure, sifflant, pénétrant, dans la moindre de ces cellules. La moindre de ses pensées. Et tandis que le commun des mortels pleuraient la perte de leur peluche, de la criante vérité sur les contes de notre enfance, elle restait là, fixant le noir de ses pupilles candides, plongeant dans les méandres de la raison. Du réel. Elle l'avait assimilé, dévoré, ne faisant qu'un avec lui, cherchant a le comprendre, l’évoquer, le contrôler. Mais son règne n'avait que vain, moqueries lors des récréations enfantines, violence dans son esprit immature.
Elle avait trop longtemps entendu ce chant. Ces paroles amères. Elle les avait écouté. Apprises par cœur. Et son regard s'était lentement porté sur les moutons noirs, les mal-appris, les mésadaptés, les solitaires, les rejetés, les parias, les étranges, les esseulés, les rescapés, les égarés et les oubliés. Ceux dont la société taisait le nom. Ceux dont les parents évincés l'essence. Elle avait porté son regard sur l'inconnu. Sur l'invisible. Sur ce que le poney lambda n'avait fait qu'effleurer.
Elle avait compris.
Cette vie qu'on lui avait offert.
Ce monde qu'on lui avait caché.
Elle avait senti.
Cette injustice. Cette méprise. Ce dégout, cette peur. Elle s'était insinué en elle, dévorant sa raison, ses pensées, pour ne rejeter qu'une pendule détraquée, un bibelot qu'on a un jour laissé tombé dans la caniveau sans prendre peine pour le ramasser.
Elle avait compris.
On peut aisément pardonner à l'enfant qui a peur de l'obscurité; la vraie tragédie de la vie c'est lorsque les adultes ont peur de la lumière.

Et ses yeux c'étaient ouverts sur une vérité. Une omniscience.
Quelque chose de pur. De complexe et pourtant si simple.
Quelque chose sans nom.
Ce qu'elle avait longuement nommé comme sa cutiemark.
Ce que beaucoup pensait inutile. Parasite.
Elle avait aimé cette obscurité. Cette réalité.

Et elle avait finit par quitter ce monde de candeur.

Et au loin, scandait la vermine.
Et au loin, brûlait la famine.
De la chair et du sang,
Du trépas pour nos enfants.


Emportée par le chant, emportée par ce mouvement de foule, cette pensée, unique, parfaite, elle s'était précipitée au creux d'un combat. D'un unique sentiment, sa corne vrombissant comme une nuée de frelons, implosant en éclats, réveillant l'au delà pour ses piètres volontés pour parer, attaquer, déchirer, éventrer dans le fracas d'une bataille qui n'était pas sienne. D'un unique sentiment, ses sabots martelant le sol d'un rythme saccadé, chaotique. D'un unique sentiment. Comme un feu follet pulsant au son de son  noir pouls.
Elle était nécromancienne.
Il était pirate.
Elle était magicienne.
Il était forbans.

Il aurait été inutile, naïf, d'attaquer au corps a corps face a cette montagne de muscles, ce corps palpitant, éreintant ses propres plaies pour s'en rire, sans jouer, comme d'une marionnette désarticulée, libre de ses fils et de sa volonté. Il n'y avait de pire dans les chiens de son espèce qu'une laisse bien trop mince pour les contenir. La loi n'était plus. Les pourparlers sans prise. Il n'y avait plus qu'eux trois. Dans la mince bande de plage qui semblait rétrécir sous l'appel de la marée, les attirant inextricablement les uns vers les autres, dans une ronde parfaite, une arène de glaise et de sable. Il y avait là un atout pour les deux groupes, comme une remise a égalité dans les camps pour une tension des plus palpable. L'un pouvait profiter de la place décroissante pour faciliter ses attaques physiques, réduisant le champ d'esquive et de téléportations de ces dames. L'autre pouvait couvrir un plus large périmètre de sa magie destructrice, de ses morts lents et affamés, comme une peste s'avançant avec véhémence dans l'ombre de sa proie.

Et au loin, scandait la vermine.
Et au loin, brûlait la famine.
De la chair et du sang,
Du trépas pour nos enfants.


Un bref regard sur sa propre plaie, appuyant chaque monceaux de sa conscience sur l'armée qui lui avait jadis était alliée, fit naitre en Reverse un bref sentiment de peur. De dégout. Il n'y avait la ni ami ni ennemi, seulement l'instinct de survie le plus médiocre, le plus lâche qu'elle pouvait connaître. Le seul qu'elle pouvait connaître. Le seul qu'elle avait elle même décidé de suivre.
Le temps s'écoulait avec ardeur, jouant contre elles comme un enfant dominant sa forteresse de crabe. Piquant, écrasant, laissant parfois l'espoir, l'envie de vivre, pour l'évincer de nouveau d'un revers de pelle, lourd, agonisant, enterrant les restes d'une vie sans remords. Leurs blessures, minimes dans l'absolu, semblaient lentement devenir poison dans le sang dont s'abreuvait la plage.
Probablement la mage avait elle comprit.
Probablement avait elle sut, au fond, que la vitesse était leur atout.

Leur dernier atout.

Alors d'un commun accord, dans le silence le plus parfait, le flux pénétra la conscience de la femelle anthracite, gagnant sa corne dans un voilage bleuâtre, jurant avec les flammes d'antan. Comme un souvenir, un mœurs invisible, elle scanda les runes, vidant son esprit de tout autre pensée.
Le zombie s’éleva en l'air, grognant de sa condition, puis, dans une poussée magistrale, fut projeté en direction du mâle a la crinière d'auburn, boulet de canon sifflant dans une parfaite parabole. Il y eu une seconde, un battement de cils, dans l'espace qui séparait les combattants. Un mot. Un cri. Quelque chose brisant l'osmose qui s'était installée dans le bref couloir qu'avait été la plage.
Et le cadavre s'embrasa, boule de chair et de feu, météore morbide dont la seule cible n'était plus qu'une ombre dans l'éclat solaire.

Et au loin, scandait la vermine.
La haine bouillait en elle au son des cantiques.
Et au loin, brûlait la famine.
Comme un persifflement au creux de ses reins.
De la chair et du sang,
Un immonde rampant dans ses entrailles, soulevant son pouls d'un noir mordant.
Du trépas pour nos enfants.
Les esseulés, les incompris, les oubliés.

- ᛞᛟᛞ !

Il y eu un scintillement dans l'air, comme une braise, un fer rouge marquant l'atmosphère d'une trainée encre, pétillant, crachant d'un bleu pur. Il y eu un déclic. Une porte s'ouvrant sur le silence. Absorbant l'essence de ce monde, jusqu'au moindre bruit, la moindre couleur, ne découvrant alors qu'un monochrome parchemin.
Et l'implosion vibra la matrice d'un brasier infernal, cacophonie salvatrice d'une amère victoire. L'onde de choc boursouffla la plage, soulevant les tempêtes et les marées d'un seul revers, déversant sa rage sur les licornes qui, par la hasardeuse magie, ne furent que constellaient de gravier et d'algues. Et quand enfin le monde reprit sa consistance, quand la plage se fut creusée d'un geyser, que les frêles mouettes reprirent leur vol, leur chant criard aux plumes blanchâtres, le temps semblait s'être arrêté.
La magie des deux comparses s'étaient entremêlé en une destruction parfaite, et gisait au loin la carcasse soufflante d'un pirate vaincu. Probablement se relèverait il. Probablement attaquerait il encore et encore, hardie, impétueux capitaine qu'il était. Mais cette démonstration de puissance avait, dans l'absolu, eut raison de sa frénésie primaire. Avait eu raison des dernières forces de la nécromancienne, qui, un genou a terre, cherchait son souffle dans l'air trop épais pour sa gorge asséchée.
La mage dont le nom lui était encore inconnu se devrait être seule si le forbans se relevait, quoique l'idée semblait stupide. Ses dernières forces pour repousser le vide, en créant un bien plus proche du néant, de l'onde noire, et par conséquent, plus virulent, avait eu raison de ses derniers remparts pour supplier les vermines de ne pas contaminer son flan éventré. Elle les sentait se répandre en elle comme sa magie jadis, et, épuisée, ne pouvait que constater son besoin de soin.

Mais au fond.
Tout au fond.
Elle était heureuse.

Car dans l'éternel Temps,
Même la Mort peut mourir.



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MessageSujet: Re: Ereshkigal - TERMINE   Jeu 12 Mar - 15:50



« L'éternel voyage~ »






S

ous la morsure des flammes, s'embrasa une carcasse innocente. Ce rebuts irradia avant d'éclater, sous son regard éberlué. Trixie la belle, se surprit au phénomène. Mais il faillit bien l'offusquer, car elle exécrait être aidée. Hélas, le sort en fut jeté, et le cataclysme annoncé. La dépouille d'une sombre comparse, décupla la fureur du sortilège. Et leurs cœurs enhardis, frappèrent de concert. Ainsi s'abattit, la vengeance de Trixie. La frayeur envahit l'échine de sa proie, aux prunelles écarquillées. Une seule voix s'éleva dans les cieux, le cri d'une bête meurtrie, et ayant vu la mort en face. Pour lui sonnait le glas. Elle l'entendit, ce doux chant de carillon à ses oreilles; ce qui lui éveilla sourire. Et il s'évanouie, dans la lumière; comme avalé par un astre naissant. Soudain, la formidable explosion, la repoussait. Ses sabots glissèrent dans le sable brûlant, mais ses pattes tinrent bon. Elle rit.

L'éruption de pestilence fut telle, que l'azure licorne en dû détourner les nasaux. La suivante du fétide, cette vague incendiant les chairs, manqua de l'atteindre. Fort heureusement, la déflagration s'estompa à ses sabots. Soudain le calme revint, sa voix s'étrangla d'elle-même. La belle bleue se dressa fièrement au sommet de la dune, la cape ballottant avec majesté. Elle ne daigna rendre grâce à sa compagne. Pas un regard, ni sourire. Mais elle l'avait gracié de son affront, les voilà quittes. Du reste, elle n'avait que faire de son sort. Et la savoir couchée non loin, à peu d'encablures de l'agonie, ne l'ennuya guère. A vrai dire, seule lui importait d'étinceler encore, et d'abattre le maraud gémissant. En effet, lui avait réchappé au trépas. Voilà qu'un soupir s'évadait de ces lèvres, de nanti. Elle rivait au malheureux, ses prunelles sans chaleur. Puis elle déporta ses pas, sans hâte ni complainte.


« Il suffit misérable. Ploie devant Trixie. »

Parvenue au lieudit, au loin d'une terre carbonisée, elle se figea. Leurs regards se croisèrent, le silence fit loi. Elle lui accorda malgré elle, le temps fugace, d'une ultime contemplation. Le répondant de l'étalon, la remua. Son dernier souffle serait dont une pensée pour elle ? Elle réfuta l'idée même d'une idylle née du conflit. Car elle était ainsi faite, amère et desséchée par les âges et les gens. Naguère encore, il affichait ce sourire éclatant, sincère et bon. Il susurra enfin, d'une voix si faible, qu'elle tendit l'oreille discrètement. Et sa coiffe lui voilà le faciès, ni peiné, ni radieux; elle était vide. Rien au monde ne savait lui rendre vigueur, elle attendait juste son heur. Sans doute sa douce vengeance, tant désirée, tant rêvée, lui rendrait-elle une miette d'affect. Mais à ses palabres de mourant, la décrivant comme éblouissante et adorée, elle resta de marbre. En d'autres temps, elle aurait aimé ce discours.

Hélas elle avait bien changé, n'était plus que l'ombre d'une magicienne, jadis pétillante. Et tandis que le bellâtre suffoquait, entre deux immondes mixtures dégobillées, elle lui rendit une faveur; sans le savoir. La grande Trixie, forte d'un énième triomphe, leva un sabot. Ce dernier sembla se brandir et reluire d'une belle lueur argentée. Et voilà que d'un geste, elle éventrait le silence. La lande entière, frémit sous l'acte. La belle bleue venait d'achever le boucanier. Elle avait le sabot d'acier, fiché dans une dépouille meurtrie et frêle. Et l'en extirpant, elle révoqua sa tenue de guerre; pour mieux signifier la fin. Soudain elle filait en direction du large, afin d'immerger sa personne souillée. La caresse des flots lécha son crin, le purifia. Hélas, l'entreprise lui arracha de maigres gémissements. Car elle avait des plaies, ci et là. Peu après elle revint fouler la terre. La boucherie du jour avait-là amassé, la foule.


« La grande et puissante Trixie prend congé de vous. »

A ses mots, la belle prit le pas du départ. Elle ne songeait guère à la destination, mais elle avait un périple à achever. Sa bannière étoilée fit sensation, tandis que dans l'ombre juraient les mécréants. L'un des leurs n'était plus, un tyran de moins, un prétendant de plus. Nul doute qu'un médecin, se sera occupé de l'infirme glorieuse. Ces gens lui devaient au moins cela. Et là où le bas peuple trouvait des héros, certains firent le portrait de ces drôles de dames. Trixie n'avait que faire de voir renaitre sa renommée chez les marauds, car d'aucun d'eux ne la terrasserait jamais. Du reste, l'autre jument, rira-t-elle à découvrir sa trogne primée ? Il fallait déguerpir, la sorcière elle se retira avec nonchalance mais élégance. Sa ballade paisible, fut seule troublé par des marmots en admiration devant elle. Et si nul ne la retenait, alors elle s'évaderait en d'autres horizons. Dans son sillage, flottait un vent nouveau.
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MessageSujet: Re: Ereshkigal - TERMINE   Jeu 12 Mar - 21:11



La douleur lacéra de plus belle son flanc, perturbant sa vision, imbibant ses pensées d’ichor, en d'immondes amas flasques, sans matrice, comme un néant froid et étouffant. Elle gratta, agrippant a sa propre conscience, se hurlant de rester éveillée, quoiqu'en dise la fatigue et la peine, son agonie était, désormais, son dernier rempart pour la rattacher a l'éveil. Relevant la tête, inspirant jusqu’à s'en bruler les poumons, elle força ses paupières a s'ouvrir, comateuses, pour scruter une parcelle, un objet, quelconque, qui la maintiendrait dans cet état cotonneux mais conscient.
Ses yeux se posèrent sur une masse bleue, qui, peu à peu, se précisa, dessinant chapeau et crin d'argent sur un corps pompeux.

La femelle azurée s'avança d'un pas triomphant vers la carcasse noircie, recroquevillée sur le sol ensablé telle une araignée meurtrie. Il lui sembla la voir agir en guerrier invaincu, mastoc de bronze, walkyrie des plaines oubliées, raillant, criant sa gloire d'antan. Sa voix perça le silence qui s'était brièvement installé dans le clair chant des goélands, tandis que la licorne cherchait toujours a se relever, hésitant, titubant sur son corps devenu lourd, morne. Enfin, ses sabots la hissèrent en dehors de la chaleur de son sang acculé, la portant jusqu’à la rive, sous le regard interrogateur de son complice revenant. Il était resté là, paisible cadavre sur le monticule qu'était les deux brigands, toujours inconscients, hurlant dans un mutisme complet son inquiétude au vu de l'état de sa créatrice. Sa propre survis dépendait, après tout, de celle de Reverse.
L'eau salée emplit son corps de sa tiédeur agréable, brûlant sa plaie et ses intrus, rouant l'esprit de la femelle d'une agonie soudaine. L'iode ne cessait de monter en sa gorge, tandis qu'elle serrait ses dents, contrôlant, manipulant cet amalgame d'émotions. Pendant un bref instant, elle ne sut si elles furent siennes, ou si la lente décadence résonnant dans ses entrailles, retournant sa chair, crispant sa nuque dans un sursaut nerveux, fut celle de ses tendres alliés a l’appétit douteux. Et puis, la paix revint enfin. Le silence encombra a nouveau ses pensées, les retournant sur un lac de pureté, de tendresse. Elle resta là un instant, nageant par accoues, avant qu'enfin elle ne se retourne vers la plage, sortant sous le soleil brulant, le vent fouettant sa robe humide dans un frisson vivifiant.
Une bouffée d'air frais, acceptant la chaleur avec joie, emplit ses poumons, relâchant la pression en son cœur, délivrant ses muscles d'une tension propre aux combats avant, qu'enfin, ses sens ne s'éteignent en une doucereuse paix.

Elle était vivante.
Et cette impression soudaine, cette réponse, comme la seule vérité existante, la fit sourire.

Ses pas la ramenèrent près du corps allongé, d'une pâle couleur verdâtre, qui grogna faiblement a son approche. D'un bref mouvement de tête, elle le fit se relever, dévoilant les deux pirates restés alors endormis dans une torpeur sans nom. A moins qu'il ne fasse semblant, mais là n'était pas sa préoccupation première. Elle devait laisser, dans tous les cas, une certaine distance de sécurité. Les réactions face au combat pouvaient être nombreuses mais, en son sens, deux seules semblaient probables. La première, la meilleure, indiquait que les souvenirs de leur camarade noyé, et la vue du corps calciné qu'était leur chef -là aussi, sa vie était mise en doute par la nécromancienne, hésitant a le renommer Schrödinger pour le fair-play-, les fassent fuir, ne revenant plus en ses lieux, aussi malfamés soient ils. La deuxième, et non des moindres, suggérait une soudaine montée d'adrénaline, et, par conséquence, une folle envie de vengeance. Probablement la pensée que la mage soit encore aux cotés de la licorne les freineraient, mais en cherchant quelques renseignements auprès des quelques témoins de la scène, dardant la scène de leurs petits yeux de fouine, la possibilité d'un nouveau combat, en leur faveur, viendrait vite. Bien trop pour une parfaite fuite.
D'un geste brusque de la patte, elle fit rasseoir le zombie sur ses deux couffins de chairs et de sang, lui indiquant de ne se relever sous aucun prétexte. Lorsqu'elle serait assez loin de lui, son pouvoir ne sera plus en mesure de l'alimenter, et son retour de simple cadavre inanimé sera rapide, libérant ses prisonniers, réveillés ou non. La décision resterait anonyme a la femelle, mais elle espérait, au fond, qu'une nouvelle bataille ne puisse éclater et que seul l'effroi puisse régner dans le cœur de ses adversaires.

- La grande et puissante Trixie prend congé de vous.

Le regard roy de la mage noire se porta sur sa comparse de malchance, et, pendant un bref instant, soutint son regard, accusateur, avant qu'enfin ne parte l'azurée. Il n'y avait là pas plus d'amitié que de haine, un simple ralliement, comme deux soldats en quête de sensations fortes s'unissant pour leur propre plaisir. Aucune redevance. Aucun débiteur. Simplement l'amusement. Peut être la joie, d'avoir trouvé, en cet instant, une alliée d'un jour.
Probablement devait elle faire de même. Fuir la population, les pirates et leurs mesquineries, se reposer quelque part, jouissant d'une fatigue sans fin, et d'une excuse toute trouvée pour ne se relever qu'au tout dernier besoin. Sa plaie, quoique soulagée, se ré-ouvrirait si elle ne trouvait pas vite de quoi se recoudre, bien qu'un bâton et un peu de magie soit les bienvenues. Quant aux badauds se regroupant en petite masse, pour finalement n'en former qu'une aux abords le plage, marché devenu cacophonie hésitante, leurs questions, leurs interrogations, et probablement leur fureur face aux événements soudains et violents ne plaisaient guère a la licorne, désormais avide de calme -et surtout d'un bon jus frais dans une taverne quelconque-. D'un soupir, elle tapota le crâne partiel de son invocation, comme pour le féliciter de son entreprise, mais surtout pour laisser paraître encore quelques temps que ce dernier n'était pas qu'un simple cadavre, mais bel et bien un étalon a la couleur passée, avant de se détourner vers la mer. Un dernier regard. Un dernier souvenir sur ses mouettes affamées et ses crabes enthousiastes.  Et tandis que s'éloignait la tâche bleue parmi la foule qui se rassemblait de plus belle aux alentours, désireux de connaître le fin mot de l'histoire, elle se détourna a son tour, avançant parmi le sable dans le seul but d'atteindre la rive est de la ville, non loin des portes de sortie.

Et ce fut sous les regards appuyés, sous les murmures et les commérages, que s'éloigna la rumeur d'un duo éphémère.


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