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 [Quête] Betrayal - TERMINE

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Reverse Song
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Dark Pledge

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MessageSujet: [Quête] Betrayal - TERMINE   Lun 16 Fév - 17:18



Act I. Chapter II -
L'air frais d'une après-midi ensoleillée frappa sa robe d'encre, répandant une franche chaleur dans son corps fragile. L'herbe grasse et verdoyante croqua sous ses pas, marche calme dans la vallée silencieuse de vie, avançant parmi les butes et collines, tandis que les nues roulaient dans le ciel d'azur. De temps en temps l'on devinait la silhouette d'un aigle plongeant du haut des cimes, rasant le sol de ses serres, labourant les proies qu'il emportait si haut parmi les rayons que la femelle ne pouvait le distinguer sans plisser les yeux. Parfois, il s'agissait d'un chevreuil qui bondissait à l'orée des bois, zigzaguant dans une danse folle entre les roches et les bosquets, revenant, repartant, grimpant toujours plus haut, toujours plus loin, avant que le reste de sa harde ne le rattrape dans un jeu tristement naïf. C'était ce que n'importe quel poney, n'importe quel être, nommait une belle journée. Une de celles qui laissent les enfants courir et jouer au rythme de leur rire, celles que les ouvriers de la terre appréciaient dans la complainte du printemps, que les pêcheurs haïssaient de par la limpidité de l'eau, à peine bridée par le doux ronronnement du vent. Une de ces journées où la vie embaumait de ses roses et de ses chants, où les couleurs se mêlaient aux sons dans une danse frénétique que seuls les arbres savaient retranscrire aux communs des mortels, pliant, cabrant leur épais feuillage dans les percées lumineuses. Où le bonheur n'était plus un mot, mais bien un concept tangible jusqu'à ce que le soleil se meurt, répandant ses douces volutes de fumées nocturnes sur les plaines.
L'un de ces journées propicent à une balade. A une sieste. Au repos et à la méditation après le fastidieux travail qu'avait donné la matinée fraiche. Et en aucun cas à l'exploration d'un donjon quelconque. Pourtant, alors que Reverse c'était minutieusement préparée à ne rien faire de cette langoureuse après midi de printemps - n'ayant pour but que de se reposer dans un endroit plus ou moins tranquille, avec, a portée de sabot, de quoi lire et manger-, on l'avait convoqué dans la quête, grotesque, d'explorer les environs, prétextant un besoin quasi vital d'établir une carte, un plan stratégique en vue d'une possible bataille. Elle aurait dû refuser. Après tout, elle avait beau avoir fuit en terres Sombres, elle avait pour goût de n'appartenir a personne, cherchant sa liberté au-delà de ce que la société pouvait lui offrir. Elle aurait dû grimacer, peut être même rire au nez de son débiteur. Elle aurait dû. Si ce dernier n'avait pas été le roi Sombra en personne. Le genre de poney qui tenait plus du noble étalon, avec un pourcentage non négligeable d'ADN de dragon au vu de sa carrure et de ses crocs. Le genre aussi à qui on ne peut pas vraiment refuser quelque chose. Question de survie. Elle avait alors accepté sans rechigner, sans même ciller quand on lui expliqua sa mission, se contenta d'un signe d'approbation, d'une révérence, avant de prendre congé le pas las et trainant.

Et elle était là, la crinière s'imbibant des senteurs pastorales, dardant son regard froid sur les terres verdoyantes, cherchant, filtrant. Elle était là, emplissant ses poumons de cet air pur et dénué de bruits, le port altier face à cet univers emplit de vie et de joie, usant de son pathétique piédestal calcique comme d'un trône pour jauger chaque vie, chaque élément de ce décor presque enchanteur.
Elle était là. Misérable licorne aux traits cassés par la fatigue. Aux cheveux mêlés dans la brise,  les yeux cernés, embrumés, comme portant tous les poids de ce monde sur ses frêles épaules, analysant, décortiquant chaque pierre, chaque paroi, en quête de ce prétendu donjon. D'une entrée, d'une fenêtre, qu'importe la statue qui la guiderait en ces lieux. Mais il n'y avait rien. Rien de plus que l'herbe dansant aux reflets de blé, que les buissons fouissant ses lièvres, que les monolithes imposants et la lente coulée fluviale qui serpentait paresseusement en aval des monts et neiges éternelles.

Alors sa lente entreprise reprit, la dirigeant au plus profond de la vallée, loin des regards éphémères des derniers mulots, des complaintes des rats qui la suivaient d'un air enjoué, sautant, roulant sur sa croupe, s'accrochant à son écharpe pour se laisser trainer, jouant, riant, embaumant son cœur d'un hâle de paix. Loin des derniers remords. Il y eut un couinement. Un raclement. Un sursaut, la sortant de sa douce transe. Stoppant son ascension, elle toisa ses yeux roy sur les rongeurs surexcités qui, désormais, sautillaient sur place, le museau levé dans une même direction.
Un léger frisson la parcourut quand elle imita ses compagnons de voyage, scrutant désormais les profondeurs d'une caverne ornée de deux statues d'anthracite, aussi noire que l'aurait pu être n'importe quel autre donjon.

Il y eut un bref sourire de remerciement, une caresse sur un poil sale et pourtant si doux et sans un mot, la jeune licorne s'avança vers les parois rocheuses, escaladant, non sans mal, l'abrupte pente. Un couinement, qui semblait désormais lointain, lui siffla sa bonne augure tandis qu'elle pénétrait dans l'âtre silencieux.
Ce fut d'abord le noir qui l'accueillit, la laissant avancer a tâtons, heurtant par moment un mur, trébuchant sur une roche quelconque avant que, enfin, une douce lumière ne se répande à ses alentours. Émanant d'une torche à la flamme vibrante, elle illuminait les parois et les cristaux d'une lueur braisée aux reflets rougeoyants, permettant à Reverse d'enfin parcourir les longs boyaux de roches qui s'étendaient devant elle. Une autre source de lumière l'attendait un peu plus loin, si bien que jamais le chemin n'était embourbé dans les épais ténèbres qui rôdaient. Son regard se porta de-ci, de là, cherchant sans vraiment comprendre le but de cette mission. A quoi bon explorer un lieu qui, de toute évidence, était déjà visité et même aménagé ? Le Roi lui avait-il donné cela pour se débarrasser d'elle, ou simplement pour son bon plaisir de voir tourner en rond une pathétique licorne aux allures de jouet cassé ? Elle réprima son envie de cracher au sol, préférant grommeler, une forte colère s'incrustant sur son visage comme les marques d'une moue boudeuse. C'était puéril. C'était bas. Et pourtant, elle était là, à marcher le long des tunnels, débouchant parfois sur de larges salles vides, dont les torches semblaient être les seuls accessoires des lieux. Pas une chauve souris. Pas un rat. Il n'y avait en ces lieux que de la lumière et quelques moisissures qui s'égosillaient en émotions à son passage, champignons et bactéries enfin remarqués par le monde des mammifères. Elle n'y prêta pas attention, bien trop occupée à darder son regard sur l'étrange caillou qui -bordel- tremblait. Hésitant sur les raisons de cet étrange phénomène, n'étant de toute évidence pas un séisme ou un quelconque magnétisme, elle s'approcha, lentement, reculant sa tête pour mieux avancer le reste du corps -en commençant par la queue- vers la chose. Mais cette dernière ne bougea pas. Tout du moins, pas plus que ce que ses tremblements lui permettaient, couinant, soufflant de peur par moment, étouffant ses pleurs dans ce que Reverse pouvait désormais considérer comme un pelage crasseux aux habits de chiffonnier.
La licorne jeta un regard à sa droite, puis à sa gauche, inspectant avec minutie les environs, craignant l'arrivée d'autres boules de poils sanglotant, avant qu'enfin, elle ne se décide à toucher de la pointe du sabot ce qui semblait être une épaule.

Il y eut un hurlement. Puissant. Assourdissant. Déchirant ses tympans, l'obligeant à reculer, à s'étaler au sol sous le choc. Puis un babil rapide, saccadé, semblant l'implorer de ne pas le tuer. Frottant ses oreilles endolories, la femelle se releva, scrutant avec intérêt et surprise la petite chose qu'elle avait prit pour un simple minerai.

Il s'agissait, de toute évidence, d'un DiamondDog. Ou plutôt, d'un chiot de cette espèce. Le corps juvénile était encore parcouru de spasme quand la femelle s'en approcha de plus près, le jaugeant, l'analysant. D'un pelage grisonnant et poussiéreux, le petit arborait le visage massif et plat endémique de certaines races, sa mâchoire inférieure presque aussi large que le reste de son crâne. Les crocs, bien que relativement minuscules, semblaient énormes dans sa gueule, dépassant par moment d'une babine. Ses yeux, tels deux balles de ping-pong enfoncées avec fureur dans un visage trop ferme, étaient globuleux, vide d'intelligence et emplit de terreur. Quand au reste du corps, il semblait entassé sous cette tête forte, à peine caché par quelques tissus faisant office de vêtement.

- Pitié, geignit t'il.

Ses petites pattes crochues entremêlaient dans un signe de soumission et de prière, il baissa la tête, fermant ses grands yeux, tremblant de plus belle. Il fallut un certain temps à la femelle pour se décider. Après tout, rien ne l'obligeait à prendre soin de l'enfant, surtout d'une espèce autre que la sienne. Elle n'était pas vraiment connue pour sa sympathie et encore moins son empathie, si bien que l'envie de faire demi tour et de le laisser dans sa misère effroyable s'imposait avec vigueur. Mais le sentiment qu'aider un enfant, dont les parents pouvaient facilement faire trois fois sa taille, était une bonne chose s'insinua dans son dos, remontant le long de sa nuque pour étirer un léger sourire sur son visage d'habitude neutre.

- Je ne vais rien te faire tu sais.

Lentement, il releva son immense crâne plat, surpris. Son regard s'attarda sur l'aspect général de la femelle, puis, sur les alentours, reniflant ce que son pathétique groin pouvait trouver, avant de finalement se relever, ses spasmes cessant presque immédiatement. Il n'était pas très grand, ses pattes arrières n'étant que de minuscules jambons arqués comparés à ses larges bras.

- Vraiment ?

Elle acquiesça d'un geste de la tête. Une lueur de soulagement s'accompagnant d'un profond soupir imprégna le visage du jeunot.




- Ouah, j'ai bien cru q'j'allais crever !

Son enthousiasme soudain trancha avec la noirceur des environs. D'un petit jeu de jambe il sautilla jusqu'à la femelle, la reniflant avec intérêt et joie. Levant une jambe pour éviter la truffe humide, la jeune femelle chercha a reculer, en vain.

- Faut qu'j'sorte d'ici, sinon Mama va encore me gronder.

Ses petites pattes tricotèrent à nouveau tandis qu'il baissait la tête d'un air penaud. Résignée a fuir la responsabilité qu'elle avait déclenchée en cherchant à réconforter l'enfant, la femelle soupira, roulant des yeux. Ce n'était, décidément pas son jour. Ce que tout autre poney pouvaient designer comme une radieuse journée de printemps, elle, ne pouvait que la décrire comme la misérable ironie de sa vie. D'un hamac ensoleillé aux nombreux livres, elle passait à l'exploration d'une caverne miteuse. D'un profond sommeil apaisant, elle passait à la garde d'enfant turbulent et, pire encore, dégoulinant de bave qu'il essuya d'un revers de la patte avant de l'examiner avec minutie, comme s'il s'agissait d'un étrange insecte.

- J'm'apelle Scruppy. Et toi ?
- ReverseSong.

Il cligna de ses yeux stupides.

- T'as un nom trop bizarre.

Et c'était bien entendu celui se nommant Scruppy qui disait cela. Comme c'était mignon. Ou pathétique. Elle ne savait pas trop. Mais qu'importe. Le petit plaisantin se remit a sautiller, prenant de toute évidence les présentations comme une promesse de rentrée. Ses grosses pattes applaudirent tandis qu'un long filet de bave se balançait dangereusement près de la femelle, qui recula, hésitant entre le dégout et l'effroi.

- Tu m’emmènes a ma maison, dit ? C'est... euh... à Hoofswell, ajouta t'il devant l'air incrédule de la femelle. Mais faut s'depecher hein. Sinon j'vais rater le souper.

Ses minuscules oreilles s'aplatir sur son crâne et devant les yeux inquiets du furibond, la licorne ne put que s'abaisser à son niveau, cherchant à connaître le secret qui rongeait le chiot esseulé.

- Mais faudra pas faire de bruit hein, murmura t'il. Sinon ils vont nous retrouver...

D'un geste rapide, la femelle scruta à nouveau les environs, vides. De quoi pouvait-il avoir bien peur ? Y avait-il d'autres personnes dans les environs, qui cherchaient à lui faire du mal ? Ou était-ce son imagination qui lui faisait voir monstres et démons dans le noir vacillant des torches ? Se relevant, elle jaugea un bref instant l'animal penaud.

- Et qui sont ces « ils » ?
- Ben euh.

Il hésita, tricotant de nouveau de ses griffes, cherchant une réponse, une aide quelconque dans les murs et les cristaux. Mais il n'y avait rien d'autres que la tenace vérité pour l'effrayer. Baissant les yeux, une large grimace étira son visage.

- Des poneys. 'Sont pas très gentils et euh. 'Fin. Voila quoi.

Le silence qui suivi était gênant, lourd de sens. Il lui cachait quelque chose et de l'avis d'une licorne, cela était relativement grave pour s'en méfier. Prenant cet air sauvage qui lui sied si bien et que, de toute évidence, toutes mères avaient un jour prit avec leur rejeton au vu de la réaction du chiot, elle s'abaissa à nouveau à sa hauteur.

- Qu'est-ce que tu caches ?
- Rien du tout !

Les mots crachaient avec violence rebondirent un bref instant dans les tunnels et d'un geste vif, il plaqua ses mains devant sa gueule trop large. Un regard rapide sur les côtés fit comprendre à la femelle que la menace était réelle et par conséquent, pensante. Plaquant l'enfant au sol de son sabot, elle appuya son propre museau sur la gueule baveuse du chiot qui gémissait, cherchant a réprimer quelques sanglots.

- Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais si ces... poneys te cherchent et ne sont pas contents c'est qu'il y a bien une raison. Et tu as tout intérêt a me la dire.

Desserrant son emprise, le jeune dénommé Scruppy put enfin se relever, d'un air hésitant. Quant a la situation, il valait mieux pour lui de dire la vérité tant la licorne semblait colérique. Alors, pataud, il fit demi tour, se réfugiant là où il avait été trouvé tremblant quelques minutes plus tôt. Son museau fouissait le sol avec ardeur tandis que ses pattes, larges comme des pelles, le mirent a nu. Très vite, il en déterra une petite bourse de cuir replète, puis un collier d'or et de perles avant qu'un dernier trésor, collier de diamants épurés, ne soit découvert. Penaud, tenant fermement les objets dans ses petites pattes désormais sales et poussiéreuses, les déposant finalement aux pattes de la licorne.

- Voila. J'ai... trouvé ça.

Bordel.
De toute évidence, par trouver, il voulait signifier dérober. Et au vu de la valeur de la marchandise, il y avait de quoi comprendre l'énervement des poneys victimes. Quand bien même ce terme ne leur sied guère. En effet, une bourse pleine -il devait y avoir, au premier coup d'oeil, une centaine de pièces- et des bijoux de premier choix n'étaient pas courant, surtout dans un tel donjon. Il n'y avait que deux explications possibles. Soit il s'agissait la d'un trésor trouvé en ces lieux par d'honnêtes explorateurs ou mercenaires, soit il en était toute autre chose. Et les rapines de brigands étaient certainement la dernière chose que Reverse désirais posséder.





Un bruit lointain résonna jusqu'à ses oreilles, semblable à un trot rapide. Bientôt, des voix, fortes l'accompagnèrent et d'un rapide coup de patte Reverse expulsa les biens volés entre deux rochers. Cela avait été son seul réflexe. Elle aurait pu fuir. Elle aurait pu emporter et cacher l'enfant de la colère des brigands. Mais la rapidité de leur venue la prit au dépourvue et au fond, tout au fond d'elle, elle se remercia de ne plus posséder les rapines, preuves du méfait accomplit. Elle pouvait toujours, au mieux, accuser la bêtise de l'enfant, sa stupidité semblant marquer son visage comme une cutie mark canine, chercher à parler, tranquillement et prier que tout se passe sans aucune violence.

Mais le visage resplendissant de haine du trio la fit perdre tout espoir.
- Hey toi !

Le griffon, certainement meneur du groupe au vu de sa stature imposante et de ses couleurs flamboyante, s'avança vers la licorne, les yeux plissés, suspectant le moindre de ses gestes, de ses rictus, tandis que ses deux comparses la contournait, prenant au piège la Nécromancienne et le petit, désormais collé entre ses pattes arrières.

- Où est le butin ? Cracha t'il tandis que les poneys scrutait l'enfant avec ardeur.
- Le butin ? Quel butin ?

Une douleur subite la plaqua au sol, faisant fuir le chiot de ses pattes. De toute évidence, le pégase venait de lui faire payer le prix de son mensonge en la maintenant avec force contre la pierre froide. Il y eut un petit rire de la part du griffon, qui abaissa son bec tranchant au niveau de la jeune licorne.

- Le gamin est avec toi, non ?

Un rapide coup d'oeil à sa droite lui fit découvrir l'enfant, perché à une hauteur qui lui semblait infiniment trop grande pour lui, fermement tenu par la peau du cou par la saddle arabian. Il chuintait, se balançant avec peur, telle une peluche misérable et crasseuse.

- Je vais me répéter. Où. Est. Le. Butin ?

Chaque mot claquèrent dans le bec or du mâle hybride, pesant d'une certaine menace. La pression sur le dos de la femelle se fit plus ample lorsque le pégase appuya sa tête sur la chevelure sombre, masquant sa vision de sa propre crinière pâle et crème.

Bordel.
Elle aurait dû fuir, ne pas s'occuper du jeunot. Après tout, c'était de sa faute s'il en était arrivé là. Quelle idée de voler ce qui l'avait déjà été. Surtout a un trio bien plus imposant et féroce qu'il ne l'était. C'était, dans un sens, une chance qu'il ai déjà pu se cacher dans un coin -tout du moins jusqu'à ce que Reverse ne le retrouve-. Mais de toute évidence, sa bonne étoile l'avait quitté et il allait emmener la jeune femelle dans sa chute.

Alors, elle ferma les yeux.
Un bref instant de silence et de noir dans ce monde en constante évolution
Un court moment de paix parmi la guerre et la violence de la scène.
Le flux incessant de la vie rampant jusqu'à son dos, remontant le long de son échine pour s'insuffler dans sa corne. Elle perçut les bruits du griffon reculant d'un coup d'aile, alarmant les siens du danger en venu. Mais déjà, la jument hurla, lâchant le chiot qui n'eut de cœur qu'à mordre le pégase, relâchant la pression sur le torse de la femelle lorsque l'air, enfin, reprit goût dans ses poumons. Repoussant le pégase d'un bref coup de tête, elle rouvrit les yeux, dégageant l'enfant, avant de s'accoler au mur, cherchant une sortie, une aide, quelconque.
Le combat semblait inévitable. Tendu. Palpable. Roulant l'air ambiant comme des serres labourant les nerfs de chaque individu, de chaque être de ce bas monde. L'effroi s'était éteint des yeux des voleurs, préférant les teindre de courage pour faire face à la Nécromancienne et aux deux zombies, probables explorateurs infortunés, qui s'étaient éveillés des entrailles de la terre.

Elle aurait dû refuser cette mission. Elle aurait dû rester dans son hamac à siroter un jus de groseille quelconque. Elle aurait dû laisser l'enfant à sa débâcle stupide et méritée.
Et elle était là. Dans cette foutue caverne. Avec de foutus brigands. A défendre un foutu morpion.

C'était, décidément, une journée splendide.


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MessageSujet: Re: [Quête] Betrayal - TERMINE   Dim 8 Mar - 19:27

Le coup partit et se logea dans le plafond. Silah réarma son fusil, un geste relativement inutile vu l'aspect virtuel des munitions, mais restant plutôt impressionnant et permettant de faire refroidir l'arme plus vite en laissant un peu d'air frais pénétrer dans le canon. Elle était à l'entrée du couloir, le groupe était en face d'elle. N'affichant, comme d'habitude, aucun sourire, elle se mit à parler de son éternel ton haineux.

Vous allez gentiment laisser la madame et le chienchien tranquilles ou vous goûterez à ma magie. Voyons si vos crâne résistent à un sort d'arcane propulsé au double de la vitesse du son.

***

Le soleil.
Une abomination de la nature. Il brûle. Il tue. Il dessèche. Certes synonyme de vie, mais pour Silah...il n'est rien d'autre qu'un ennemi mortel. C'est lui qui lui a volé ses compagnons dans le désert. C'est lui qui a empêché ses plaies de se refermer. C'est lui qui a ternis ses cheveux.

Pourtant elle ne pouvait nier que cette journée était particulièrement agréable. Elle passa la matinée au soleil à ré-entraîner son corps. Elle martelait un sac de sable de coups de sabots. Chose qu'elle n'avait plus fait depuis...depuis son exil, en fait...
Dans le désert, c'était son fusil qui parlait, pas ses sabots ou son couteau. Mais ici, les adversaires risquaient d'être plus agiles.

Alors elle enchaînait les coups. Un crochet du droit, du gauche, un coup de sabot arrière, un coup retourné et ainsi de suite. Sa vitesse et sa force n'était pas aussi grande qu'un moine mais elle était fière de son agilité et de sa souplesse. Après tout, sa masse musculaire n'était pas non plus trop lourde, tout juste de quoi ne pas être envoyé en arrière lors d'un tir.

Elle était en sueur quand son lieutenant vint la voir. Il fit signe de sa présence en sifflant vers elle. Elle arrêta de bouger et se tourna vers son supérieur. Celui-ci s'approcha et prit la parole.

Silah, tu es disponible aujourd'hui ? demanda le poney

Pour ? questionna la pouliche en attrapant une bouteille d'eau et en la vidant d'un trait

Mission de repérage. Une routine. répondit le militaire

Okay. Je la prend.

Les conditions de la mission furent expliquées rapidement à l'arabian. Elle se prépara avec son équipement habituel, à savoir son couteau, son fusil et son foulard.
La mission en elle-même n'était pas compliquée. Juste vérifier l'activité sur X ou Y territoire. Un patelin dont le nom importait peu et dont Silah se foutait totalement.

***


La pouliche était arrivée quelques minutes plus tôt dans se qu'elle pourrait qualifier "d'antiquité puante et sans aucun intérêt" quand elle avait entendu les éclats de voix.
Elle ne fut pas tellement surprise d'y voir un groupe de se qui était visiblement des pilleurs. Par contre, la licorne et le Diamond dog qu'ils tenaient fermement l'avaient plutôt étonnée. Elle avait laissé faire les choses quelques secondes, laissant aux combattants le temps de faire pencher la balance d'un côté. Finalement les zombis lui avaient appris que la licorne était une nécromancienne. Plutôt intéressant.

Bon, il y avait tout de même un enfant et un butin dans l'histoire. Silah ne se sentait pas d'humeur à retourner dans le désert pour infanticide. Alors elle prit le partit de la licorne et tira un coup dans le plafond pour faire signe de sa présence.

Maintenant qu'elle avait un minimum d'attention, elle continua son petit discours, espérant donner quelques secondes de répit à sa nouvelle camarade d'infortune.

Je ne sais pas pourquoi vous vous battez -et de toute manière je m'en tape- mais vous, là, les pilleurs de tombe, vous allez gentiment poser vos armes à terre et laisser la licorne et l'idiot du village partir ou je répand vos cervelles sur les murs. Je me suis bien fais comprendre  ou il faut que je vous fasse une démonstration en direct ? L'assassin ferrait un parfait exemple...
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MessageSujet: Re: [Quête] Betrayal - TERMINE   Mer 11 Mar - 13:40




L'enfant couina, tremblant entre les pattes de la jeune femelle, ne dissimulant ni sa peur des bandits, ni même celle des corps animés par la simple volonté nécromantique. Il était vrai que pour un chiot, cette vision morbide relevait plus du cauchemar que de la défense, mais en son sens, cette situation elle-même n'était pas qu'un doux rêve. Le trio s'était reculé à une distance de sécurité relativement large, empêchant la licorne de faire charger ses minions et encore moins de les exploser en toute impunité. La déflagration ne toucherait que les parois fragiles de la grotte et nul doute qu'elle s'effondrerait. Mais qu'importe. Il n'était pas dans les attributions de la femelle de laisser quelques morts imploser en morceaux devant les yeux d'un enfant, aussi stupide et insolent soit-il. Si sa mission avait été d'explorer les environs, de récolter maintes informations, il n'en était pas moins de protéger les plus faibles, tout du moins, dans l'optique que ceux-ci apporteraient une large récompense, comme un soutien ou quelques artefacts de valeur, à elle-même ou à son roi. Et un petit DiamondDog sauvé pouvait faire balancer l'opinion générale du DarkPledge en leur faveur. Après tout, n'était-il pas de notoriété publique qu'un bambin héroïquement aidé faisait clamer les foules, murmurer les villes et applaudir les uns ? Que les mauvais devenaient soudainement bons, que les plus viles actions ne comptaient plus, dans ce monde si merveilleusement niais ?
Un nouveau couinement la sortit de ses pensées, tandis que le grognement lugubre des cadavres montait dans l'âtre sombre. Le griffon s'était avancé, rides au front, les ailes palpant l'air, cherchant un appui, un angle dans lequel s'engouffrer pour saisir à la gorge l'impudente qu'elle était. Ses muscles tendus, son souffle saccadé, ne donnaient que plus envie à ses deux comparses de se mêler à l'engouement général d'un bon massacre avant de se coucher. Une animation comme une autre dans ces hostiles régions. Comme un jeu. Ou un livre dont nous sommes le héros. Taille réelle. Version boucherie. Et tandis que Reverse appuyait son regard sur le trio infernal, cherchant à protéger du mien que son maigre corps pouvait l'enfant, quelque chose éclata. Quelque chose de bruyant, de fort, perçant le plafond, émiettant la scène en son centre, comme un avertissement, une alarme. Une menace.

- Vous allez gentiment laisser la madame et le chienchien tranquilles ou vous goûterez à ma magie. Voyons si vos crâne résistent à un sort d'arcane propulsé au double de la vitesse du son.

D'un même mouvement, ils détournèrent la tête, leur corps statique, figé dans leur action, découvrant une autre femelle, d'une taille considérable, ses longues jambes s'effilant sur un corps anthracite. Son crin grège, coupé court, couvrait une partie de son visage, dont l'unique oeil rougeoyant scrutait la scène avec un intérêt violent. Reverse aurait pu s'attarder sur la balafre qui couvrait sa paupière, cherchant maintes explication dans les secondes qui semblaient s'allonger sans jamais pouvoir se terminer, éternelles dans cet espace déjà restreint, mais son attention était verrouillée sur l'arme qu'elle portait, pointant dangereusement vers le trio. Et la licorne avait beau ne rien y connaître en calibre, celui-ci était de même manufacture et nul doute que son petit effet théâtral avait coupé net aux intentions des voleurs. Enfin, pour l'instant. Car bien que menaçante, la Saddle Arabian, campée sur ses jambes interminables -ce qui faisait un peu rager Reverse, mais pas trop, juste assez pour insulter mentalement la femelle et son physique de top-modèle-m'as-tu-vu-j'ai-pas-l'air-bien-maligne-lol pour y trouver un peu de réconfort parce qu'elle est comme ça Rev, elle rage pour tout et rien. Surtout pour tout. Et un peu pour rien. Mais là n'est pas le sujet.- ne semblait pas encline au massacre. Sinon, pourquoi un coup de sommation ? N'importe qui de sa faction et la Nécromante en était fière, aurait visé de suite le trio, profitant de leur inattention pour épurer le lieu.

- Je ne sais pas pourquoi vous vous battez -et de toute manière je m'en tape- mais vous, là, les pilleurs de tombe, vous allez gentiment poser vos armes à terre et laisser la licorne et l'idiot du village partir ou je répand vos cervelles sur les murs. Je me suis bien fais comprendre  ou il faut que je vous fasse une démonstration en direct ? L'assassin ferrait un parfait exemple...

Il y eut des grognements, des regards courroucés, puis, un rire, d'abord léger, comme voilé par une bouche fermée, puis éclatant, résonnant dans les couloirs de la caverne. De toute évidence, eux aussi avait compris le bluff et de par son vol rapide et souple, le griffon -celui qui était vraisemblablement la nouvelle cible de l'intruse- n'aurait aucun mal a assener quelques coups de griffes bien pensantes avant que la grise ne puisse décocher une nouvelle balle.

- Cette histoire est entre nous et le gamin, vous deux n'avez rien a faire la dedans. Partez. C'est dans votre intérêt.

La voix désormais calme, presque glaciale, avait coupé court aux rires, laissant planer un silence menaçant sur la scène. Un simple coup d'oeil aux opposants laissait entrevoir à Reverse une bien mauvaise idée. Ils étaient trois, deux attaquants aux corps a corps, dont l'un extrêmement rapide, et un soigneur en retrait, pouvant éventuellement lancer quelques sorts. De l'autre, deux femelles, l'une pouvant attaquer à distance mais avec une visée limitée, sans compter le temps de recharge, l'autre ne pouvant que soutenir de par ses cadavres, lents et dérisoires. Pire encore, si le trio pouvait assener coups multiples et critiques, elles, ne pouvaient que protéger l'enfant, quitte à mettre leur propre vie en péril. Et Reverse n'avait pas signé pour ça.
Les bandits avaient tous les yeux rivés sur la saddle et n'y voyant qu'une ouverture, en bonne lâche qu'elle était, la femelle banda ses muscles, inspirant avec profondeur, cherchant à défaire son esprit de l'idée stupide qu'il avait vu naitre. Et puis, tel un ressort, ses jambes la propulsèrent plus loin, de son galop bruyant et pourtant féroce, corne en avant, elle frappa de plein fouet le griffon, perçant sa chair et ses plumes, réduisant son aile à une voile béante. Il y eut un cri déchirant, strident, tandis que les regards se retournaient vers la licorne, abattant un poing là où la femelle s'était trouvé un bref instant plus tard, reculant pour esquiver une quelconque réplique.

- Je te laisse ta précieuse cible. Je m'occupe des autres, hurla t'elle en direction de son alliée temporaire.

La décision de Reverse avait semblé être le cri de ralliement, d'attaque, emmenant la tireuse dans son camp sans même son consentement. Et avant même que le griffon ne se relève, que le terrestre n'assène un nouveau coup, la licorne galopa en direction de ses zombies, hurlant mentalement que la mêlée avait commencée. Bien trop pragmatique pour évaluer ses chances face au trio, elle délaissa ses compagnons d'infortune aux prises avec le géant aux poings d'acier, le ralentissant considérablement lorsque ses dernières enlacèrent ses membres en des morsures sulfureuses, préférant accourir vers l'enfant qu'elle plaça en hauteur sur les rochers, lui quémandant de se cacher jusqu'à ce que tout soit calme. Elle aurait pu lui hurler de courir, de fuir, mais elle le perdrait de vue et ne saurait où ses pattes l'auraient menées, peut être dans un danger bien plus grand. Bien entendu, la pensée de perdre le seul témoin de son héroïsme -bien qu'il s'agisse plus d'égoïsme qu'autre chose- et donc, son seul réel but dans ce combat, restait tapis tout au fond, comme une masse noire attendant patiemment son dût. Au loin, elle pouvait sentir le souffle mauvais de ses cadavres s'effacer sous les coups et la magie et, profitant de la maigre diversion, contourna à grands pas l'enchevêtrement de chair et de sang, pour faire face au clerc.
Elle n'avait que quelques dizaines de secondes, au mieux, avant que ses zombies ne se disloquent, libérant la rage du moine. La magie de lumière du clerc mettant a mal ses minions, Reverse n'avait que d'autres choix que d'attaquer par elle-même, au besoin de sa corne et de sa dague, de sa magie noire. Son premier coup d'estoc fut paré sans mal à l'aide du bâton, entrechoquant, agrippant, rognant le bois, avant qu'enfin ne se libère les deux assaillants. Elle esquissa une nouvelle attaque par la gauche, obligeant le bâton à passer de se côté. Mais de sa charge elle la fit devenir horizontale, tranchant le vide dans un sifflement aiguë, effleurant la gorge de l'arabian qui, serrant les dents, recula.

Il y eut un bruit humide et pourtant violent, comme de la mousse déchirée, éclaboussant les environs de gouttes noires, sang séché et putride. Bordel. Le moine venait de se délivrer de l'emprise des deux morts, les réduisant en un tas d'os et de chair si immonde que l'aspect même d'une vie n'était plus envisageable. Il se retourna d'un bloc, dardant un poing vengeur sur la licorne, hurlant avec rage toute sa fougue et sa haine sur l'intruse qui mettait a mal leur plan. D'un bref murmure, avortant dans sa gorge en un éclair blanc émergeant du sol, le poing se figea dans la barrière d'os, la détruisant partiellement, sans pour autant permettre à l'étalon de se retirer avec aisance. Esquissant un sourire de satisfaction, ronronnant intérieurement d'avoir à nouveau bloqué le moine pour quelques précieuses secondes, elle se retourna, manquant de peu l'aura qui ricocha sur le pan droit du mur calcique, le trouant de plus belle. De nouvelles étincelles montèrent à la bouche du clerc, préparant son sort, obligeant Reverse à faire de même.
Il y eut une onde de choc, de brefs roulement de tonnerre quand la magie blanche rencontra la noire, brillant un court instant d'éclats multicolores avant d'imploser en un nuage de fumée. Il y eut quelques toux, quelques larmes aux yeux sous la sulfureuse incantations. Il lui fallut quelques secondes, instants pourtant primordiaux, pour que ses pattes cachent ses yeux endoloris et son nez embrumé. Cessant de respirer pour ne plus a souffrir du calvaire de ses poumons, Reverse chargea, profitant de l'épais voile opaque qui cachait désormais les assaillants des autres, guidée par les bactéries et autres champignons qui, eux, n'avaient que faire de l'obscurité naissante. Ces derniers hurlant quand on leur marchait dessus, s'enthousiasmant lorsque le sang et la chair se répandaient près d'eux, elle n'eut aucun mal à trouver la saddle arabian, crachotant tout son saoul auprès d'un pan de roche, appuyant ses postérieures sur un tapis de mousse courroucé par un tel agissement. Elle était là. Proche. Faible.
Et de toute sa rage, de toute sa haine, clamant sa venue d'un cri guttural, la Nécromancienne frappa.
Il y eut une constellation de sang, brillant dans l'obscurité avant de s'écraser en météore sur le sol. Un bref suintement, comme un murmure, un souffle bloqué. Un regard convulsé, choqué.

Et quand enfin Reverse retira sa corne du poitrail, le clerc s'effondra au sol, cherchant son souffle, se raccrochant à la vie que la Nécromancienne venait de percer. La plaie n'avait pas été aussi importante que l'avait espéré la mage noire, son appendice ne s'étant enfoncée que de quelques centimètres, elle n'avait fait que mettre hors d'état la femelle, pour un temps tout du moins. Elle en était déçue. Une vague de colère et de dégout naquit en elle contre sa propre faiblesse. Un tel affront méritait bien la mort, mais sa condition suffisait en cet instant, tant la menace du moine, qui, au bruit lourd tombant au sol, venait de se défaire de l'emprise murale, était lourde de sens. Le bruit de sa partenaire et surement amie, tombant au sol dans un bref soupir n'avait fait qu'accroitre sa rage et Reverse ne pouvait que le comprendre, redoutant cette force du désespoir, de la vengeance, qui avait enveloppé ses poings.
La poussière retomba peu à peu, tandis que s'éveillaient de nouveaux morts auprès de Reverse, scrutant le rideau de moins en moins opaque, a la recherche d'une silhouette, d'un mouvement, d'une ombre à évincer.

Au loin, l'on pouvait entendre les souffles, les tirs, les accoues d'une autre bataille.
Au loin, l'on pouvait entendre le chant des oiseaux dans l'après-midi chaude du Printemps.


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MessageSujet: Re: [Quête] Betrayal - TERMINE   Mer 11 Mar - 20:06

Combat.
Depuis combien de temps Silah ne s’était pas battue ? Bien sûr elle passait la plupart de ses nuits à tenter de chasser les coyotes, qui en voulaient à sa chaire, mais un vrai combat contre un ennemi pensant et armé...nan, plus depuis plusieurs années.
Pourquoi diable avait-elle tiré en l’air au lieu d’abattre un des pilleurs ? Pourquoi ? Elle se poserait la question encore bien longtemps après...

- Cette histoire est entre nous et le gamin, vous deux n'avez rien a faire la dedans. Partez. C'est dans votre intérêt.

Les griffons...toujours aussi méprisants...comme si Silah allait les laisser tuer l’enfant...non. Elle le protégerait. Sentant le combat proche, elle descendit discrètement la main vers sa cuisse, et posa sa patte sur son couteau. Le pégase et la clerc semblaient en vouloir à la nécromancienne. L’assassin avait décidé de renvoyer ses paroles à l’exilée. Soit.
Silah savait que le combat ne tournerais pas en son avantage, ses tirs mettaient quelques secondes pour se charger de façon létale. En plein corps à corps ils en étaient fortement limités.
Un combat au couteau, alors ? Silah ne le maniait visiblement pas aussi bien que son adversaire, surtout que celui-ci avait des griffes tranchantes...

Il s’était lentement approché, sa dague prête à frapper. Silah comptais jouer sur la surprise. Il semblait penser qu’elle était armée uniquement de son fusil -qui en soit restait une masse plutôt efficace- et affichait un sourire amusé. Il s’attendait sûrement à une femmelette sans grande force physique et sans autre entraînement que la magie et le tir...

Grave erreur. Le désert est le meilleur entraînement qui soit.

- Je te laisse ta précieuse cible. Je m'occupe des autres, hurla la nécromancienne.

Et le combat commença ainsi.
L’assassin bondit sur l’arabian. Mais à sa grande stupéfaction, celle-ci ne recula pas, elle dégaina son couteau dans un sifflement agressif et para la dague de l’autre avec la partie crantée. Les deux lames s’entrechoquèrent violemment.

La force de l’assassin suffit à faire reculer la femelle d’un pas. Elle se désengagea du combat et fit tourner son couteau de manière à le porter à l’envers. Elle fronça son oeil valide et avala sa salive. Elle qui était fière de son entraînement allait pouvoir retourner frapper son sac de sable...
Elle remit son fusil en bandouilère et laissa encore une fois l’assassin se jetter sur elle. Cette fois-ci, elle esquiva sur le côté, mais son adversaire avait du le prévoir, la lame effleura sa joue et celle-ci se mit à saigner.
Silah se maudit. Les coyotes ne faisaient pas se genre de choses !

L’assassin la tira par le bras et le lui bloqua dans le dos avant de la coller au sol. La femelle se débattait violemment, mais elle n’avait pas la force de l’étalon, ni le poids. Et ses grandes jambes ne lui serviraient à rien, elles glissaient sur le sol humide.

- Alors, ma belle, on fait moins la maline, hein ? Lui susura le pilleur.

Il allait la poignarder quand celle-ci parvint enfin à toucher son catalyseur. Une vive lumière rouge en sortit et un pilier de roche sortit du sol juste à côté de sa joue -la blessant quelque peu- et frappa l’assassin au torse. Il en fut éjecté et l’arabian put se relever. Son bras lui faisant atrocement mal et sa lame traînait à terre.

Le voleur se relevait déjà, elle était définitivement désarmée et avait une épaule probablement déboîtée...
Quoique...il lui restait son fusil...

L’assassin se rua vers elle, il ne paraissait pas blessé le moins du monde. Silah ferma les yeux et prit la crosse de son arme d’une main et décrocha la sangle d’une autre.
L’étalon allait l’achevée quand elle réouvrit son oeil et donna un violent coup de fusil à revers à son ennemi. L’impact éclata la lèvre inférieure du griffon et le poussa à se mettre de côté. Silah empoigna fermement son fusil et chargea sa magie.

Mais le sort mit trop longtemps à être opérationnel, voilà que l’autre était déjà de retour. Silah para avec son arme -se qui fit partir le coup de feu- encore et encore, son bras lui faisait de plus en plus mal.
Elle se prit un coup de dague dans l’épaule. Elle du serrer les dents pour ne pas hurler de douleur. L’assassin arracha l’arme de Silah d’une patte.
Elle était dépourvue de tout moyen de défense...

Le voleur jongla un peu avec sa dague...puis se jeta une dernière fois sur la jument. La lame se planta de ses trois quarts dans le ventre de la femelle. Silah le regarda dans les yeux de l’hybride, les sabots posés sur ses pattes, elle approcha doucement ses lèvres de celles de son meurtrier, l’embrassa furtivement, puis dégagea lentement la lame de ses chaires, avant de tomber à genoux, un bras sur sa plaie, l’autre, celui cassé, pendant mollement.
La salive de la mage était salée, et sa vie s’échappait lentement de sa blessure sous la forme d’un liquide carmin et poisseux.

Une blessure pareille tuait lentement...et de manière très douloureuse.
La jument tenta désespérément de reprendre de l’air mais ses poumons étaient contractés. Ses forces faiblirent lentement...Une larme coula sur sa joue, se mellant au sang de ses blessures.

- Oh...pleure pas, ma belle, c’est pas si grave se qu’il t’arrive, faut pas être triste... dis le griffon avec dédain

La jument releva la tête, l’oeil marqué d’une vivacité et d’une colère d’une puissance inouïe, une lumière d’un rouge sanguin brilla dans sa main collée à sa plaie. L’assassin jeta un regard au fusil et remarqua l’absence de la pierre rouge.
Des fils tranchants d’arcane sortirent de la femelle et bondirent vers le griffon, qui poussa un petit cri de stupéfaction. Les câbles rosés transpercèrent ses chaires et le fixèrent au mur comme des aiguilles avant de se solidifier et de devenir de la pierre. L’assassin n’était pas mortellement touché...pas encore.

Silah ramassa son fusil, le câla sur son cou, chargea sa magie, et tira une violente décharge électrique dans son adversaire au prix d’une énorme dose de sang, qui coula sur le sol dans un violent bruit aqueux, devenant une flaque noirâtre.
L’autre fumait légèrement, la gueule béante et la chaire noircie sur le torse.

L’arabian lâcha son arme et tomba sur le sol. Elle utilisa ses dernières forces pour se mettre sur le dos, limitant l’écoulement de sang. Sa pierre glissa de sa main, couverte de sang, et roula sur le sol.
Silah regarda la nécromancienne se battre contre le moine au travers d’un voile flou avant de sombrer totalement dans l’inconscience.
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MessageSujet: Re: [Quête] Betrayal - TERMINE   Sam 14 Mar - 15:52





Elle ferma ses grands yeux roy, scrutant l'obscurité des sons et des émotions, écoutant, pliant sa volonté à celle des vermines, nuisibles épongeant le sol de leur souffle amer. La rumeur de la conversation entre son alliée d'un jour et le griffon l'atteignit, braquant ses oreilles sous les sorts, les tirs et les hurlements d'agonie. Lentement, elle perdit pied, déstabilisé par le vacarme de violence et de mort. Forçant le passage de ses pensées, elle les concentra en un endroit précis, s'appliquant dans sa concentration, faisant luire quelques perles de sueur sur son front, parmi les volutes de poussière retombantes en un épais rideau. Il n'y avait là que le gargouillis infâme des bactéries se repaissant des tâches constellant le sol, des champignons rognant les lambeaux de chair, des virus dansant dans les plaies déjà vides de vie. Mais aucun râle, aucun soupir de mécontentement ne parvint jusqu'à elle. Pourtant, les ruines osseuses étaient encore là, s'émiettant par moment comme un rappel à l'ordre des lois physiques de ce monde, au grand plaisir du monde Bas.

Mais il n'y avait aucune ombre, aucune silhouette.
Aucun bruit, aucune odeur.

Seulement le noir.

Alors elle ouvrit à nouveau ses yeux sur ce monde désormais clair de poussière, les volutes de fumées s'entassant au plafond caverneux, roulant, persiflant avant d'enfin disparaître. L'étalon semblait avoir disparu et les cadavres eux même s'animaient, inquiets, grondant lorsqu'un os rebondissait au sol, fausse alerte dans une atmosphère lourde. Serrant les dents, elle s'avança parmi l'arène, scrutant, ressentant le moindre pouls pestilentiel, imitée par ses deux minions aux robes pâles.

- C'est moi que tu cherches ?

D'un bloc, elle tourna son corps sur les hauts rochers qui bordaient l'entrée d'une gorge, scrutant le corps massif du mâle au sourire narquois.

- Ou lui ?

Il leva son sabot au-dessus de son crâne à l'épaisse crinière, dévoilant un fardeau couinant, raclant, entre ses larmes et ses sanglots. Le chiot, apeuré, s'agitait du bout de la chitine, se balançant dangereusement au deçà du vide, tandis que ses larges pattes cachaient son visage larmoyant. Les zombies s'approchèrent du piédestal improvisé, mais, sous le regard courroucé de l'étalon et l'avertissement mental de leur maitre, ils reculèrent. La moindre attaque, le moindre geste n'étaient qu'un signe de plus au lancer d'enfant, concours peu avantageux et dont la morale échappait à la femelle. Bien entendu, elle aurait eu le temps de sauter pour le récupérer en plein vol, lui épargnant une chute catastrophique, mais l'ouverture ainsi créée donnait l'invitation au moine de frapper tout son content. Et ainsi bloquée, ne voulant risquer sa vie pour les mièvreries d'un chiot trop stupide pour élaguer ses instincts primitifs, ni celle du dit marmot -un peu de cœur, bon sang-, elle s'attarda sur la robe auburn du brigand.
Et quand enfin sa voix résonna dans les complaintes infantiles, elle fut froide, brève, presque cassante.

- On voulait juste notre butin. Mais maintenant. Maintenant...


Son visage se crispa sur le corps encore palpitant de sa consœur, le souffle rapide, saccadé. De la tristesse naquit la haine, colère sans pareil, crispant ses dents sur sa mâchoire carré, bandant ses muscles, martelant le sol de ses sabots, boule de nerfs a vif. Son regard désormais vide de pitié se reposa sur la nécromancienne, et un profond soupir de dégout enfla sa poitrine.

- Maintenant on va vous crever.

Ce fut rapide. Violent. Une détonation retentit derrière la femelle, forçant le terrestre à relevait les yeux sur la scène. La lumière semblait forte, illuminant chaque recoin de la grotte en spasmes électriques, mais, comme guidée par la seule pensée d'attaquer, de frapper, Reverse n'eut le temps de prendre note de chaque détail, de chaque cailloux se soulevant sous l'impact, du cri strident d'une magie s'engouffrant dans la chair brûlée d'un griffon agonisant.
Elle sauta. Si haut, si loin, qu'elle atteignit le bord anguleux sur lequel s'était posé le mâle, encore abasourdit de la scène se déroulant sous ses yeux.
Elle frappa. Son front rebondissant contre le coude ennemi dans un sinistre craquement, arrachant au mâle un râle de surprise, de douleur.
Elle cabra. Rouant des sabots. Sauvage. Violente.
Et tandis que l'enfant s'écrasait avec douceur sur les corps décomposés des minions verdâtres, ce qui lui arracha un piaillement de dégout, elle pivota, virevoltant dans l'éclat magique, laissant à l'étalon le seul sol pour sa complainte viscérale.

D'un bond, sans prendre la peine de regarder le cadavre crucifié de son ennemi ailé, elle attrapa l'enfant, l'envoyant rouler bouler au loin, tandis que s'abattait un poing à l'endroit où son maigre corps s'était trouvé. Le cadavre, sous l'impact, implosa, recouvrant les deux protagonistes d'un épais mucus en putréfaction, dont l'odeur, forte et rance, arracha une grimace à la femelle. Retirant son sabot du thorax ouvert, le moine cabra, abattant à nouveau sa force avec rage sur le sol, dont l'épaisseur se craquela comme une coquille d’œuf. Elle était plus rapide que lui, c'était un fait non négligeable, mais une seule attaque, un seul impact, suffirait à sonner le glas de sa défaite. A nouveau, elle ordonna au dernier cadavre encore intact -si tout du moins, on pouvait le nommer ainsi-, d'agripper les postérieures de son ennemi, cherchant à le bloquer, ne serais-ce qu'un bref instant, pour préparer un sort. Mais dans sa hâte, le mort n'enlaça qu'une seule jambe, tandis que l'autre, furieuse, s'abattait sur son crâne, le repoussant en éclat morbide.
Quelques secondes. C'était tout ce qu'on lui avait laissé pour canaliser son énergie, aura bleuet sur une corne trop sombre. Quelques secondes. Et le mâle s'était déjà jeté sur elle de son hurlement effroyable. Quelques secondes.
Juste assez pour qu'un mince rayon de noir et de pourpre ne s'élance, frôlant la joue du mâle désormais sur la Nécromancienne, avant de s'abattre avec fracas sur le plafond.

Quelques secondes.
Et elle roula sur le côté, passant entre les membres levés de l'étalon, avant que ne s'écrase un pan rocheux.

Quelques secondes.
Et sa pathétique existence était passée outre le palpable, répandant la gelée sur le sol dont les morceaux faisaient plus grand bonheur de ses acolytes miniatures.

Quelques secondes.
Quelques putains de secondes.
Elle se releva, tremblante, la pensée de sa chance insolente ne cessant de labourer les flancs de ses nerfs, atrophiant ses muscles, dévergondant son cœur en une danse improvisée et douloureuse. D'un pas hésitant, elle s'approcha de la boule de poil, tout aussi choquée qu'elle, dont les mains comme des pelles avaient couvert la scène, au plus grand soulagement de la femelle.

- Continues de fermer les yeux, souffla t'elle.

Poussant du museau l'enfant, aveuglé par son propre effroi, elle s'avança, lentement, vers la carcasse anthracite qu'était son allié d'un jour. Étendue là, inconsciente, dont la plaie au ventre saignait abondamment, elle avait un maigre sourire aux lèvres, comme ravie d'avoir réduit son terrible adversaire en une fine statue de poussière.





Le monstre de sa conscience lui hurlait de l'abandonner. De la laisser à son sort. Seule. Parmi les cadavres de ses ennemis. Parmi la souffrance du clerc, dont les yeux s'embrumaient de larmes.

- Elle va bien la dame ?

Baissant les yeux sur l'enfant, dont les pattes avaient finalement cédé à la tentation de regarder, elle soupira, ne sachant que répondre. Elles avaient sauvées l'enfant. Elles auraient droit a leur moment de gloire, a la sympathie d'un village, peut être même d'une race, en ces temps de guerre. Ce triomphe qui aurait dû être sien. Seule détentrice de ce courage, quoique mêlée de peur, de chance et d'un égoïsme sans pareil. Elle aurait dû l'abandonner à son sort comme lui hurlait sa conscience. Mais l'enfant l'avant vu. Et ne pouvait nier son importance. Sans elle, sans sa prestance naïve, elle n'aurait pu blesser ses adversaires, ni même mettre un terme au chantage, a la menace que représentait le moine.
Alors, d'un geste lent, elle se posa auprès du corps inconscient, pressant la plaie pour taire le flux sanguin, intimant à ses amies de ne pas s'approcher. Pas encore. Pas maintenant. Et quand bien même l'engouement fut général, elles respectèrent cette volonté. Il y avait bien assez en ce sol. Il y en avait bien trop.
Le chiot s'approcha, hésitant, puis, passa ses petites griffes noires sur le visage de la femelle.

- Réveilles toi. Hein. Hé.

Son appel fut sans réponse. Il recommença alors, secouant doucement la tête de la femelle sous le regard presque vide de volonté de la Nécromancienne, l’appelant, lui demandant, avec la naïveté la plus touchante qu'on puisse espérer d'un enfant, de ne pas dormir. De revenir avec eux.

Debout.
Ce n'est pas finit.
Pas encore.

Il y a tant à faire. Tant à aider.




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MessageSujet: Re: [Quête] Betrayal - TERMINE   Mar 17 Mar - 20:54

Où...où suis-je ?

Mort.
La mort est la cessation de toute activité cerebrale, de tout le métabolisme d’un être.
Silah était-elle morte ?
Son coeur s’était arrêté, ses poumons ne bougeaient plus. Son cerveau était inactif, plus inactif que jamais.
Le griffon avait certes raté les organes vitaux de la jument, mais son énergie vitale avait coulé par son fusil.

Alors pourquoi bon dieu ne mourrait-elle pas ? Et si la mort consistait en autre chose ? L’âme existe-t-elle ? Peut-elle garder un être en vie ? La rage et la haine sont-ils des moteurs suffisants pour faire fonctionner un corps ?
Ces questions sont d’un ordre trop philosophique pour moi, seuls des éclairés comme Aristote pourraient y répondre de leur opinion.

Silah ne voyait rien autour d’elle. Elle flottait dans le vide, dans un entre-deux mondes.
Elle entendait des murmures au loin, et des images se mirent à flotter doucement autour d’elle...comme des méduses dans l’eau.
Son enfance, ses combats, son exil...tout lui revenait lentement et tournait paisiblement autour d’elle.

Debout.
Ce n'est pas finit.
Pas encore.

Il y a tant à faire. Tant à aider.

Les paroles avaient eu la puissance d’un hurlement. Silah fronça les sourcils et leva la tête. Au dessus d’elle apparu un ciel bleu. Elle lui lança un regard haineux

Mon ciel à moi est rouge. Rouge du sang de mes ennemis. Rouge comme mes yeux. Rouge comme ma rage.

Elle baissa la tête et afficha un sourire en voyant le sol se teinter de sang. Elle se mit même à rire. Un rire franc. Un rire dément, peut être. Le ciel au dessus disparut à nouveau dans une tâche noire et les tréfonds de se qu’on pourrait appeler les limbes se brisèrent comme du verre.
Les fissures se multiplièrent. Puis le tout éclata, Silah tomba, ou plutôt le sol l’aspira. Autour d’elle des parois en pierre se formèrent, des tâches floues apparurent au dessus d’elle. Immenses, imposantes.
Une première décharge. Un premier signal. Une hormone. Un battement. Une ouverture. Un éclat de lumière.

L’image devint lentement nette. Les tâches prirent progressivement la forme d’un chiot et d’une autre jument. La première pensée -si l’on peut qualifier les divagations d’un esprit tout juste revenu de l’inconscience de «pensée»- de Silah fut dirigée vers elle.

Dieu qu’elle a l’air tourmentée...

L’arabian cligna des yeux. Elle leva le sabot et passa sa patte sur la tête du chiot. La douleur décida de la laisser tranquille quelques instants, tout comme sa rage et sa haine avaient cessées de vibrer. Elle tourna la tête vers celle qui l’avait appelée, qui lui avait ordonné de rester.

Merci. Merci de m’avoir rappelé.

Elle n’avait pas sombré. Cette jument l’avait gardée. Silah se releva sur les coudes en grimaçant légèrement. Sa patte déboîtée commençait à la lancer, et sa blessure au ventre la brûlait. Elle saignait moins, c’était déjà ça...mais il fallait la panser.
L’esprit militaire de la jument repris le dessus. Elle déchira un morceau de son écharpe et l’enroula autour de son abdomen, serrant fort le tissu sur sa plaie. Puis elle se remit sur le ventre et s’appuya à la paroi pour se relever. Une douleur aiguë la fit gémir doucement quand elle posa sa patte arrière gauche, la plus près du coup de lame. Sa patte avant droite ne voulais plus bouger.
Elle tourna la tête vers la nécromancienne.

Désolé...j’espère que tu n’es pas blessée...je m’en voudrais si c’était de ma faute.

Silah se sentit d’une idiotie sans nom. Elle qui avait survécu au désert aurait pu périr suite à une simple escarmouche ? Elle avait une épaule déboîtée et son premier réflexe était d’entamer la discussion ?
Mais finalement, n’était-il pas la meilleure chose à faire ? Peut être que si, tout compte fais...
Silah ne savait plus qui elle était ni les sentiments qu’elle éprouvait. Elle observa la jument en face d’elle, la dévorant du regard.
Elle...elle lui rappelait quelqu’un. L’arabian chercha dans son esprit...elle n’avait que peu de souvenirs d’avant l’exil...et les seuls qui restait étaient comme des photographies derrière un cadre brisé et taché de sang...rares était les images qui lui apparaissaient nettes.

Et puis la vérité éclata dans son esprit.

Ce jouet cassé, cette poupée de porcelaine abandonné, cette jument tourmentée...
Elle était comme un reflet d’elle même. Une image dans un miroir. Une ombre sur une paroi. Oui, Silah se reconnaissait dans cet être obscur.
Un élan de sympathie s’empara de l’arabian, et elle posa enfin une question intelligente. Celle par laquelle elle aurait du commencer.

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MessageSujet: Re: [Quête] Betrayal - TERMINE   Sam 21 Mar - 20:30





Le chiot continuait de pousser d'un geste maladroit, hésitant, la femelle arabian, l'appelant tout bas, a l'instar d'une mère éveillant en douceur sa progéniture. Le flux de sang avait cessé sa course sur le sol, coagulant sur les poils anthracites, teintant leur écharpe d'une horrible acidité, quand, enfin, un souffle, tel un soupir, fit vibrer la poussière aux abords de la blessée. L'enfant s'agita, enthousiasmé par ce soudain regain de vie, répétant sans cesse ses manipulations avec d'autant plus de frénésie que sa voix s'élevait. Elle était là. A terre. Tel un poisson perdu sur les plages arides. Tandis que s'affairaient les passants, riant de son infortune. Le montrant du doigt. Le poussant. Le tâtant. Objet des convoitises, jusqu'à ce que, enfin, il ne rende son dernier souffle, délaissant les regards de son corps désormais inerte. Parce que la violence attisait. Parce que la souffrance aimait.
Mais cette fois-ci.
Cette fois-ci, un enfant voulait sauver ce poisson.

Ses yeux de corail s'ouvrirent alors sur ce monde de noirceur. Il y eut un léger silence. Une joie sans fin sur le visage embrumé de larmes du jeune animal. Puis, un soupir. Un sourire. Une patte avenante caressant lui cuir chevelu. Et enfin, elle détourna ce regard désormais apaisé de la haine et de la douleur, se posant, scrutant, chaque détail de la Nécromancienne.

- Merci. Merci de m’avoir rappelé.

Un bref mouvement de tête, politesse silencieuse d'une action qui, de toute évidence, n'était que fortuite, fut sa seule réponse. Que pouvait-elle dire de plus. Ses réelles motivations n'étaient qu'une abomination sur ce tableau de pureté. Cette scène de retrouvailles d'au-delà la Mort, dans la sombre lumière d'une caverne, peinte grossièrement sur les parois à l'aide d'une huile si collante, si oppressante, que l'émotion qui en ressortait donnait la nausée a Reverse. Non sans effort, elle se releva, chancelant sous le poids de son propre corps, admirant sa patte déboîtée comme un trophée, une récompense à son dur labeur. Et quand bien même la femelle noirâtre aurait pu l'aider -après tout, replacer une épaule n'était pas plus dur que de recoller un peu de chair à un buste putréfié pour la bonne mobilité d'un cadavre- elle n'en fit rien. Déjà parce qu'elle n'était pas clerc et estimait que ses compétences médicales étaient strictement réservées à son plus proche cortège -qui se résumait actuellement a sa, non moins, noble personne- . Puis parce que cette arabian aux courbes veloutées était bien plus risible a boitiller. A quoi bon être grand, si c'est pour que la chute fasse plus mal.
Un bref sourire amusé s'étira sur le visage d'ordinaire inexpressif, puis, tel un soupir, disparut.

- Désolé...j’espère que tu n’es pas blessée...je m’en voudrais si c’était de ma faute.

Pathétique. Risible. Elle-même était dans un sale état, et pourtant, elle s'enquérait de la santé, désormais éclatante bien que courbaturée, de la Nécromancienne. Avait elle oubliée sa propre douleur ? Son propre coma ? Ou était-ce de la gentillesse pure qui coulait de ses pores comme de la sueur. Écœurante. Poisseuse. Contagieuse. Il en était que plus tordu d'imaginer qu'elle s'excuse, alors qu'elle n'avait fait qu'aider un duo bien peu commun au prix de sa vie. Non. Celle qui, ici, devait s'excuser, c'était Reverse. Elle devait s'excuser d'avoir emmené cette demoiselle dans cette bataille. Elle devait s'excuser d'avoir foncé tête baissée sans même laisser le choix à la femelle de partir comme si de rien n'était. Pire encore. Elle devait la remercier.
Et cela était inacceptable.
Alors, elle se contenta d'un nouveau hochement de tête, toujours couchée, les pattes sous son ventre chaud, tandis que l'animal blessé vadrouillait sa guise comme pour se remettre de ses émotions. Le chiot lui, sautillait, usant parfois de sa bipédie comme d'un atour pour applaudir avant de retomber mollement sur ses quatre membres, courant, fou, remuant queue et langue, dans une osmose parfaite de joie et de naïveté.

- Comment t’appelles-tu ?

D'abord le silence. Puis, un nouveau soupir, tandis qu'elle relevait sa faible carcasse, étirant ses pattes, incroyablement petites comparées à celles de l'arabian. Mais parfaitement emboitée. Sans blessures. Ni salissures tout autre. En bref, bien plus utile pour l'instant.

- Reverse.

Elle ne crut pas bon de connaître celle de sa compagne, après tout, nul doute qu'elle se présenterait d'elle-même. Et si jamais elle ne le faisait pas, qu'importe. La Nécromancienne n'était pas du genre a recroisé le chemin de ceux qui n'étaient pas aux ordres de Sombra. Et encore moins quelqu'un qui, putain de merde, fait un tir de sommation face à des ennemis.

- Et moi c'est Scruffy ! éclata l'enfant d'un rire joyeux.

Et sans plus d'attention envers la chose grisâtre qui gesticulait, heureux, entre leurs pattes, Reverse darda son regard impétueux sur l'arabian, oscillant entre sa plaie à l'oeil et celle récemment subie.

- Nous devrions nous dépêcher. Je doute que les parents du petit soient heureux de sa disparition.

Quoique. Au vu de ce gros doigt figé dans une narine, visiblement en quête d'un quelconque trésor, les parents devaient trouver bien calme le moment où il disparaissait de la maison. Si les DiamonDog avaient des maisons. Tanière peut être. Niche tout au mieux. Bref, l'endroit où il pouvait dormir en secouant les draps à sa convenance.
Elle lança un bref regard sur le tunnel qui l'avait mené jusqu'ici, puis, sur le chiot, avant de finalement jauger l'arabian. Probablement voudrait elle aider à raccompagner, se rassurer de savoir le morveux en sécurité. Mais, d'un autre côté, sa patte blessée ne lui permettrait pas une cadence appréciable. Elle avait alors le choix. Soit elle partait dans son coin, faire sa vie et, avec un peu de chance, ne jamais la recroiser ; soit elle les suivait et Reverse se sentirait obligé de la faire porter par ses sbires putrides. Après tout, plus vite elle ramènerait le trublion, plus vite elle pourrait se détendre dans un coin. Plus vite elle serait récompensée.
Plus vite elle serait débarrassée.

- Que comptes tu faire dans ton état ?

Reverse pouvait aussi l'achever. N'est-ce pas ce que l'on fait aux chevaux incapables de marcher ? Il fallait voir en cela de la gratitude. De la gentillesse. Une sorte d'aide expéditive.
Le genre qui sied parfaitement à la Nécromante.


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MessageSujet: Re: [Quête] Betrayal - TERMINE   Sam 28 Mar - 11:46

PS : J'ai décidé de faire sombrer Silah, si ça te dérange trop, je veux bien changer, c'est juste que je voulais pouvoir te répondre vite et que j'avais pas d'autres idées pour faire un peu avancer le truc ^^'

---------------------

L'arabiane esquissa un sourire. Cette Reverse lui plaisait bien. Mais elle était une ennemie. Dans d'autres circonstances, elles se seraient entre-tuée. Silah savait pertinemment qu'elle aurait perdu. Déjà que ce griffon avait manqué de la tuer, et elle avait fait l'erreur de se vider de son sang et de son énergie vitale.

Je m'appelle S-

Non.

Cet ordre la coupa. Il résonna dans sa tête.
L'oeil valide de Silah se voila. Il repassa à une couleur bien plus sombre. Sa pierre sifflait d'un son atroce. Elle hurlait. Des murmures lui intimaient la rage, la colère. Elle sentit des griffes froides la lacérer sur tout le corps, un souffle de glace passa dans son cou. Les lames de givre ouvrait des blessures et ses poils se recouvraient lentement de sang.
Ses démons étaient de retour. Ceux qui l'avait sauvée dans le désert et n'étaient pas revenus après qu'elle soit rentrée à la maison. Mais sa pierre vibrait à nouveau sur le sol. Les murs semblaient se fendre de sourires aux dents acérées.
Des millions d'yeux apparaissaient et la fixait.
Mais tout ça, seule l'arabiane le voyait, l'entendait. Elle sombrait dans la folie.

Ce n'est pas important. Rien n'a d'importance.

Elle émit un léger rire, qui se transforma en soubresauts incontrôlables. Elle du s'appuyer contre un mur pour ne pas tomber. Sa blessure au ventre lui faisait mal, mais elle s'en contre-fichait.
C'était son bras déboîté qui était posé sur le mur. Elle le regarda en se clamant immédiatement. D'une rotation du bassin elle pressa violemment son corps sur sa patte, se qui remit le membre dans sa position. Un léger craquement retentit. Il se réverbéra sur les murs et ne cessa pas. Il pénétrait dans la tête de l'arabiane, qui fixait sa patte d'un air dément.

Oui. Dépêchons-nous. Plus vite nous aurons terminé, plus vite nous pourrons disparaître l'un pour l'autre.
Elle se tourna vers la nécromancienne, avec un grain de folie dans les yeux
Se serait idiot de se reconnaître sur un champs de bataille et d'hésiter à s'entre-tuer, n'est-ce pas ?

Elle fut reprise d'un fou-rire dément. Les murs aussi riaient. Les griffes la tenait fermement et refuseraient de la lâcher. Les murmures lui promirent de ne plus jamais l'abandonner. Ils lui promirent de toujours être avec elle.
Au bout de longues minutes, elle finit par arrêter enfin de rire et se remit sur ses quatre pattes et avança vers le chiot. Elle se baissa à son niveau et le fixa dans les yeux.
La pauvre bête devait avoir le sang glacé de peur. Le regard unique de la jument brillait d'une haine aveugle, d'une colère sans nom et d'une folie sans limites.
Elle avait sombré. Encore.
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MessageSujet: Re: [Quête] Betrayal - TERMINE   Mar 31 Mar - 21:40





Sa voix se brisa en un son guttural lorsqu'elle tenta de répondre à sa question. C'était prévisible. Son nom, quel qu'il en soit, se devait de rester muet, alliées d'une journée sans plus de prétention que d'accompagner un jeune perdu jusqu'à l'abri protecteur des bras maternels. Le reste, tout ce qui touchait de leur propre vie, de leur intimité, de leur bulle, n'était que fioriture. Il ne fallait pas s'embourber dans le sentimentalisme, dans la connaissance de l'autre, lorsque deux camps s'opposaient dans une guerre miroitante. Faire table rase, se laisser aller à la pensée minimaliste que les opposants n'étaient pas plus doués de conviction et de conscience qu'une poupée de chiffon. Qu'ils n'avaient ni amis, ni famille. Qu'ils n'étaient que des monstres, et non des vies au même titre que la sienne.
Et l'anthracite aux jambes élancées l'avait elle aussi comprit. D'un rire incontrôlable, elle s'adossa au mur de pierre froide, convulsant sous le poids de sa propre douleur. De sa propre folie. D'un geste rapide, précis, elle renfonça son épaule dans l'emplacement initial, réverbérant le craquement lugubre dans l'écho d'une fin d'après-midi. Probablement aurait elle dû hurler de douleur. Se tordre, se crisper. Mais son rire s'accentua sous le regard pénétrant de la Nécromancienne.

La Folie.

L'anormalité. Le fait de voir, d'entendre, de penser autrement que le commun des mortels. D'annihiler la conscience commune en une simple facette de sa propre personnalité. De vivre en dehors des limites que la société imposait. D'être ce que les autres ne faisaient qu'imaginer.
La Folie. Ou l'état que Reverse estimait le plus stable dans ce monde chaotique. La Folie. Ou l'art de vivre comme nous le dicte notre volonté, sans la pression sociale, le jugement de l’œil manichéen. Il avait semblé à la Nécromancienne qu'elle avait effleuré ce quantum, y posant par moments un sabot avant de revenir au propre de la communauté solarise, pays natal qu'elle haïssait tant. Qu'elle s'était longuement amusée à déchiffrer, comprendre, ce que le reste du monde ignorait, parlant aux plus petites créatures, aux impropres, aux perdus, aux délaissés, aux noirs moutons. Il en était devenu sa cutie mark. Celle de la compréhension du tout, de l'omniscience en ce monde aveugle. Quand la lumière éclairée ce monde, elle, elle percevait l'ombre de ses vies.
Mais cette arabian. Cette femelle à l’œil poché. Certainement avait elle dû vivre au cœur même de l'enfer pour y rire avec autant d'aisance.

-Oui. Dépêchons-nous. Plus vite nous aurons terminé, plus vite nous pourrons disparaître l'une pour l'autre, commença t'elle tandis qu'elle tournait son visage crispé vers son auditrice. Se serait idiot de se reconnaître sur un champs de bataille et d'hésiter à s'entre-tuer, n'est-ce pas ?

Nouveau rire. Nouvelle tension. Et tandis qu'elle sombrait à nouveau, la mage noire se leva, étirant ses pattes ridiculement courtes en comparaison à l'illuminée hilare, dardant son regard sur le chiot effaré. Ses petits yeux stupides avaient pourtant compris la gravité de la situation, et, hagard, il fit demi-tour, se lovant entre les membres protecteurs de la seule et actuelle personne encore en raison d'être. Et ils attendirent. Dans le fracas d'une folie. Dans l'écho clair et sauvage d'un rire incontrôlable. Intimant parfois l'ordre de se taire lorsque l'enfant voulait questionner, comprendre.
Mais probablement n'y avait-il rien à comprendre.

Il fallut entendre plusieurs minutes pour que le calme revienne en maitre sur son trône de silence. Plusieurs longues, éternelles secondes qui semblaient s'être étendues dans les ténèbres d'une soirée naissante. L'odeur particulière du froid pénétrant la chaleur de la plaine vint jusqu'à ses narines, encombrant ses poumons d'un frisson plaisant, tandis que la borgne avançait sans plus de conviction vers la sortie, tout juste suivie par le reste de ses infortunés compagnons. Déjà, les étoiles brillaient lucioles sur le fond encrent du ciel, instaurant une brève paix entre les myriades d'insectes et les oiseaux de proie, dans lequel se fondaient les chauves-souris et les batraciens clamant leur amour en un chant guttural.

Leur marche silencieuse les fit traverser sans mal le vallon, ployant l'herbe sous leurs pas, dansant au vent parmi le sifflement doucereux des branchages. L'enfant, d'abord intimidé par la récente crise, s'était remis de son expérience, courant aux alentours sous le regard bienveillant des deux femelles. Par moments, il sautait entre les hautes herbes, fouinant, se roulant dans les fleurs encore ouvertes, grattant l'écorce, attrapant, malmenant les salamandres et les jeunes grives insouciantes, ramenant diverses proies apeurées aux femelles qui les laissaient alors s'enfuir sous le regard déçu de l'enfant. La route lui sembla courte, et pourtant, étonnement long. Lorsque enfin ils arrivèrent au sommet d'une bute d'où la vue dégagée permettait la découverte de toute la plaine et ses rivières innombrables, la lune était déjà haute, et la nuit, si sombre que leurs pattes avaient butées à de nombreuses reprises sur les rochers environnants. Les quelques points brillant dans ce clair obscur lui avaient permis de prendre connaissance de la présence d'un village, dans lequel les cheminées fumaient encore dans l'atmosphère tranquille d'un printemps chaud.

- C'est chez moi !

Le hurlement soudain et joyeux de l'enfant fit sursauter la licorne, qui ne put que le suivre au petit trot tandis qu'il accourait, langue pendante, un sourire indescriptible aux babines. Ses cris, ses appels résonnèrent avec entrain dans les ruelles évidées, tandis que le trio n'était plus qu'ont une dizaine de mètres de l'entrée campagnarde. La porte d'une masure non loin s'ouvrit alors brusquement, dévoilant un couple d'immenses Diamond Dog, qui, à leur tour, se précipitèrent sur le rejeton esseulé, l'enlaçant, l'embrassant avec passion, des larmes, probablement de bonheur, ruisselant sur leur museau court.
Il y eut des mots, des soupirs, des réprimandes aussitôt tues par les rires, les pleurs, le sentiment de paix. Comme une masse soudainement envolée de leurs épaules. Et quand, au bout de plusieurs minutes, ils se remirent de leurs émotions, ils s'avancèrent, les pattes entrelacées, vers les deux poneys.

- Merci. Merci du fond du cœur. Je. Je ne sais pas comment. Ni ou. Mais. Merci. Nous.

Les restes des paroles furent noyées dans les larmes, et sans un mot, mais le cœur emplit de gratitude, ils rentrèrent, ne cessant de jeter des coups d’œil aux deux femelles désormais plongées dans le silence.
Un silence pesant.
Presque démoralisant.

- Eh bien, brisa-t-elle sans conviction. Je suppose que nous aussi allons nous séparer.

Regard de biais. Avec, peut-être, l'espoir de ne pas la recroiser en combat. Il y avait de ses liens que l'on nouait sans le vouloir. De ces relations ambiguës, sans plus d'espoir, qui restaient en simple mais appréciables connaissances malgré tous les défauts et les contraires qui pourléchaient les flancs des deux femelles.

- Faites attention sur la route.

Ce fut son unique conseil. Son unique adieu. Et d'un pas lent, elle fit demi-tour, remontant la bute pour finalement disparaître dans la nuit.


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