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 Syndrôme de stockholm [pv Yui]

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Karl Tirecorde
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MessageSujet: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Dim 12 Avr - 17:12


Le silence……le néant……j’ai………froid

Rien ne luit, le haut se mêle au bas, la gauche et la droite font de même, le sens n’en a plus. Le silence n’est pas tout à fait silence, j’entends des choses bouger dans l’obscurité, mais je ne peux pas les voir. Elles rient, elles se moquent de moi, elles ne sont là que pour moi, rien ne doit les attendre, ou est-ce moi qui les attends ? Mon corps flotte, mes sabots ne peuvent toucher terres, ma crinière ne cesse de voleter au gré de mes mouvements. Les choses se rapprochent de mon être, elles susurrent des mots ou plutôt, des syllabes : Né kôtz Chap letzzz...me dit l’une en passant à côté de mon pavillon, Hëfji grud balerr... répondit une autre, chuchotant à mon autre oreille. Restez loin de moi, la paix ! ; mais elles reviennent sans-cesse. Je veux cesser d’entendre, me boucher les tympans.

Je plaquai mes sabots contre ma tête. Cela ne suffit pas, elles correspondaient avec mon esprit comme si elles étaient incrustées en moi. Elles raclaient leurs griffes contre les parois de ma conscience, je veux pleurer mais ce ne sont que des larmes de sang qui sortent. Leurs sillons rouges strient mon pelage d’éclairs lisses et droits, je veux qu’elles s’en aillent, je ne veux plus souffrir, allez-vous en ! Je dois lutter contre elles, je sens leur présence près de moi, elles veulent m’entrainer. Je dois d’abord lutter contre celles qui logent dans mon esprit. Frappes toi Karl !

Je devais le faire, chaque fer me marquer un peu plus ; le sang envahit peu à peu ma vision, les voix s’estompèrent, perdant du terrain face à l’acouphène que je venais de créer. Je continuais à me marteler, une fois ma tête ouverte, elles pourraient sortir de leur prison qu’est mon corps. Elles me laisseraient en paix pour l’éternité, si ce n’est plus.

Je sentis mon crâne céder, mon cuir chevelu s’était rompu depuis longtemps, je retirai un à un les débris osseux, ouvrant la voie vers mon esprit. Là elles s’en iraient, rendant mon esprit vierge de tout hôte indésirable. Pourquoi ne m’en étais-je pas douter avant ? Elles ne sortiront pas d’elle-même, c’est à moi de les déloger.

Je m’exécutai, plongeant ma patte dans le trou béant de mon crâne, je saisis mes maux et les jetai. Pourtant, ce crissement ne cessa guère, il amplifiait. Ma cervelle s’enflamma, je poussai un hurlement de douleur, les bêtes avaient réussi leur œuvre ; me débattant pour étouffer le brasier, les flammes se propagèrent à mon pelage puis au reste de mon corps. Le cuir se perçait, les pores s’élargissaient, ma graisse s’embrasa à son tour ; je m’étais transformé en une torche vivante, mon corps fondait sous l’assaut constant de la chaleur. Mes rétines avaient cessé de me transmettre ma mort, le brasier perça mon abdomen et s’attaquait désormais à mes entrailles, les flammes remontaient le long de ma trachée. Mon cœur luttait pour conserver son tempo, voulant distribuer coûte que coûte du sang bouillant aux organes morts ; mes poumons se crevèrent et je rendis mon dernier soupir.

***************************************************

J’inspirais d’un coup sec, retins l’air quelques secondes avant de le relâcher, entamant une respiration saccadée. L’air était vicié, une puanteur exécrable parvenait à mes narines, il y flottait un parfum de mort et de chaire brûlée. Je rentrai un peu plus ma tête entre mes pattes. Mes atouts auditifs fonctionnaient encore, malgré une douleur à l’oreille gauche. L’ambiance était confuse, de part et d’autre de ma position: plaintes, cris et gémissement parvenaient à mes tympans. Les pleurs d’un se mélangeait aux hurlements d’un autre. Que m’était-il arrivé ? J’essayais de me souvenir des derniers événements, mais ceux-ci étaient floues, la bataille, les deux nécromanciennes, le duel face à celle qui tenait une faux n’étaient que ce dont je me souvenais le mieux, la suite n’était qu’ombres et méandres filandreux provenant des restes morcelés de ma mémoire. J’ouvrai les yeux.

Le sol moue sur lequel j’étais couché était constitué de paille souillée par mon sang, on avait bandé mes pattes, je respirai l’odeur âcre du cataplasme appliqué sur mes plaies. Levant les yeux, je distinguai malgré ma vision quelque peu floue la toile anthracite ondulant au vent recouvrant les corps des blessés, j’étais dans une infirmerie. Tournant mon regard vers mon voisin, je m’aperçus avec angoisse qu’il appartenait à la race changeling, tout comme ceux qui suivaient, de l’autre côté, le spectacle était le même. Mon cœur s’accéléra, il me fallait un point de repère, quelque chose ; je me redressai avant que la douleur que ce mouvement anodin ne me couche, je tentai tant bien que mal à scruter l’environnement dans lequel j’étais tombé.

J’étais sous une toile noire anthracite fixée à la hâte sur toute la longueur du bâtiment contre lequel on avait élevé une infirmerie, cette place qui contenait en son centre une fontaine était devenue un nœud logistique infesté de changelings, les bannières Solariste avaient été remplacées par celles de la Ruche. Malgré le nuage de fumée qui recouvrait la ville, les rayons du soleil perçaient  les panaches, éclairant Gryphus en pleine crise après le chaos. Les griffons s’attelaient à éteindre les foyers d’incendie qui s’étaient multipliés au cours de la bataille, les sapeurs avaient rasé un pâté de maisons afin d’empêcher la propagation des flammes au reste du quartier. Les blessés avaient été rassemblés sur cette place et le corps médical de l’armée changeling courrait dans tous les sens, distribuant les soins, accueillant les malheureux trouvés dans les décombres, et étiquetaient le corps de ceux dont on ne pouvait plus rien faire. Gryphus était donc tombé aux sabots de Chrysalis, la garce avait donc réussi son coup, et moi bien failli crever à l’intérieur de ce merdier.

« Comment vous sentez vous ? »

Ce brusque mouvement de tête m’arracha une grimace, un changeling muni d’un calepin s’était approché dans mon dos.

« …pardon ? » répondis-je faiblement.

« Avez-vous encore mal, nous croulons sous les blessés et nous manquons de place, ceux qui sont en état de marcher seront déplacé vers un autre lieu. »

La douleur que je ressentais à chacun de mes mouvements compléta la réponse que je donnai au changeling, celui-ci en prit note et recentra son regard vers le mien.

« Et votre amie ? Comment se sent-elle ? »

« Mon…mon amie ? »

« La fille là, à côté. »

Tournant la tête vers mon ventre, je vis qu’une jeune pégase était effectivement couchée contre moi, sa tête appuyée contre mon flanc, elle devait être inconsciente.

« On vous a retrouvé tous les deux dans un sale état, la patrouille qui vous a ramené n’a pu vous séparer. La bataille a dû être rude, mais regardez donc le résultat, malgré les pertes, la Ruche s’étend, vous êtes les héros de notre nation. »

Je regardais à nouveau la fille, son visage, sa robe, sa crinière, c’était bien elle ! Mes souvenirs remontaient enfin, la proposition de désertion, mon excès de folie, le combat final dans les ruines et son coup fatal. Cela me revenait ! Cette ordure qui m’avait mis dans un état déplorable dormait contre mon ventre.

« Je vous laisse encore quelques heures, n’hésitez pas à nous appeler lorsqu'elle se réveillera. »


Le médecin s’en alla vers d’autres cas plus graves, ces changelings m’ont pris pour un des leurs au quel cas, ils m’auraient achevé si cette gourgandine ne s’était pas allongée sur moi. Inconsciemment, elle m’avait sauvé la mise cette cruche, mais était-ce une raison pour supprimer la haine que je lui portais ? Mon paquetage était toujours là ainsi que mon espadon de l’armée solarienne, comment ressortirait son joli pelage une fois sa gorge tranchée, que le sang de ses artères se serait répandu le long de sa poitrine, tachant ce bleu gris de toute beauté. Son corps vidé de son fluide vital prendrait alors un teint pâle, blanchâtre, la jolie nécromancienne rejoindrait ses jouets.

Leur feras-tu de grands sourires avec ton adorable frimousse ? Hein, des gouzi gouzi, vieille carne. Tu as beau à avoir un gracieux minois, mais cela suffira-t-il à ce que tes jouets te pardonnent d’avoir violé leur repos. De même que ton corps délicat le sera-t-il toujours, ou feront-ils de toi leur jeu, un cadavre exquis par excellence. Comment ? Ce n’est pas drôle ? Me projeté comme tu l’as fait contre ce mur, c’était drôle ça, non ? Saucisse va ! T’as bien de la chance d’être parmi les tiens, je n’irais pas prendre le risque d’assassiner un lieutenant de Chrysalis au beau milieu de son armée, on m’a déjà laissé en vie et ça me suffit. Tu peux te reposer tant que tu veux, tu es chez toi, Gryphus est tombé et personne ne viendra t’emmerder. Je souffre et je n’ai pas la force de me lever, reposes toi sur mon ventre si tu le souhaites, tu as beau être mignonne mais tu restes pour moi qu’une folle nécrophile.

Mes blessures me maintenaient dans un état névralgique et la fatigue me retenait ici. Je reposai ma tête entre mes pattes, même si Morphée me rejetait, il fallait que je me repose un peu plus pour me remettre en route plus tard, cette nation de fous sous l’égide de Celestia ne m’avait apporté que des maux et des souffrance, il était temps pour moi que je la quitte.

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Yui Lullaby
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MessageSujet: Re: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Ven 17 Avr - 0:25

Un réveil difficile

   
Mais qu'est ce qu'il m'est arrivé ?

Tout était resté si vague, en fait, tout était allé si vite qu'il était difficile de se rappeler nettement. Je me rappelais la guerre, la pégase dorée puis... ah oui... Le terrestre gris. Ça me revenais lentement, et ce dont je me souvins le plus, c'est la douleur que je ressentais dans les côtes et dans la tête. J'avais utilisé beaucoup de magie, et beaucoup de force que j'avais du aller chercher très loin. Ma tête tournait, je n'osais pas ouvrir les yeux de peur de vomir. J'avais la sensation de toujours être couchée sur lui, personne n'est venu me chercher ?

J'avoue que jamais je n'aurais imaginé que ce soit si difficile, la bataille, la guerre, les séquelles, tout ça... néanmoins, j'étais presque sure d'être en vie. J'entendais comme des voix autour de moi, je n'étais pas seule. Par les Déesses, je priais que nous ayons gagnés, qu'est ce que me ferait l'Empire Solariste s'ils m'avaient ?Je suis persuadée que derrière leurs armures dorées, ils cachent tous le vis et l'envie de torturer un ennemi qui serait à leur merci. J'en avais d'ailleurs eu la preuve, avec les coups que m'avait infligé le terrestre. J'avoue que je ne pensais qu'il m'attaquerais pour de vrai. Me battre contre un mâle, c'était du suicide, je devais penser à perfectionner ma magie de retour à la brèche.
Les voix devinrent de plus en plus fortes dans ma tête, ça tournait, tourbillonnait, il y avait des murmures, des songes, on aurait dit comme le vacarme de mes idées noires.

J'ouvris doucement les paupières, j'avais une lumière éblouissante droit sur moi. Mes yeux se refermèrent, trop vite, il fallait allait plus doucement. Je retentis donc ma chance, ouvrant calmement chaque œil. L'atmosphère était agréable, j'entendais le bruit de mes collègues insectes. Si seulement j'avais pu naître changeling. Plus besoin de s'embêter avec l'apparence, juste à prendre celle que je veux, une carcasse puissante comme Fuzzy et un regard perçant comme Chrysalis, des cheveux chatoyants comme Celestia, et un teint pêchu comme Cadence. Il ne me restait plus qu'à avoir l'originalité de Discord et le charisme de Sombra, et j'aurais été l'être le plus parfait qui soit. Mais je n'étais qu'une pégase bleue gris aux cheveux colorés. J'adorais mes piercings aux oreilles, je trouvais que c'était la partie de mon corps qui me donnait du caractère, tout le reste n'était que sucrerie et gourmandise. Je m'étirais, comme si j'étais chez moi, les bruits des changelings me rassurent. Je levais la tête, puis la posa sur ce qui semblait être un coussin très moelleux. Soudainement, mon coussin gonfla et dégonfla. Mes yeux s'écarquillèrent, je levais le regard et je le vis. PAS POSSIBLE ! Mais il n'est pas mort ou emprisonné ? Qu'est ce qu'il fabrique avec des changeling ? Et avec moi ? La belle affaire ?
Je me redressais soudainement, le lit était petit, j'essayais de posséder mon espace en posant mes sabot sur son ventre. Des changelings courraient partout autour de nous pour soigner d'autres changelings. Je voulu sauter du lit, mais ma tête se mit à tourner et mes côtes à me faire souffrir, je manquais de m'écrouler sur le sol.

~"Mais qu'est ce que tu fiches ici ? Et comment ça se fait que personne ne t'ai fais prisonnier ?"

Je voulu croiser les pattes, mais il sembla me retenir, je le regardais, sa patte tendu vers moi.

"Quoi ?"

Il secoua sa patte, et un bien joli cliquetis résonna. Je baissais la tête, il y avait une chaîne autour de sa patte, et elle était étrangement reliée à la mienne... Je le regardait dans les yeux, ils semblaient se moquer de moi. Il n'était pas mort parce qu'il était attaché à moi. J'eu comme une absence, tentent de réfléchir et d'analyser la situation. Je saisi la chaîne de mes dents et tirait dessus, un imbécile aurait deviné que ça ne marcherait pas. Je lançait un trait d'ombre. Rien du tout... ça alors, elle aurait du se briser normalement. Je regardait mon... prisonnier ou mon geôlier ? Il fallait que je rentre chez moi. Je le tirais vers moi afin que son visage soit tout près du mien, il avait un bleu sur le nez, et moi une sorte de coquart qui se fondait dans ma robe. Je soufflait sur son nez.

~"Bon écoute moi bien ! On va se débarrasser de cette chaîne avant que ça devienne trop lourd puis tu vas me laisser rentrer chez moi c'est clair ? Et s'il le faut, tu m'accompagneras, je ne veux pas rester une seconde de plus dans cette infirmerie !"

Vu le nombre de changeling agglutiné autour de nous, il ne tenterais surement rien de stupide, ce... terrestre... gris et... fort. Bref ! Je sautais du lit. Mes côtes crièrent à la mort et me supplièrent de me rallonger mais non ! Nous partons ! J'étais prête à le traîner jusqu'à chez moi s'il le fallait, je me fichais pas mal de Gryphus, j'avais juste aidé à l'acquérir, mais ma maison, elle est à la Brèche, et je me fichais pas mal d'où pouvait être la sienne. Mais d'abord, il fallait se débarrasser de cette fichue chaîne... Où diantre ont-ils mit ma faux ?!

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Karl Tirecorde
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MessageSujet: Re: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Sam 18 Avr - 17:36

Morphée refusait de me prendre dans ses bras et de me bercer dans un sommeil réparateur, je me contentai de somnoler le temps que la douleur disparaisse, inspirant et expirant paisiblement, m’immobilisant pour ne point attiser mes maux. Je sentis soudain que la jeune nécromancienne émergeait des limbes et revenait parmi les conscients, elle remuait sa tête contre mon ventre et poussa quelques grognements. Sa crinière glissa le long mon pelage, et elle s’enfonça un peu plus entre mes côtes. C’est alors qu’elle la releva soudainement, elle venait de découvrir le pot aux roses ; eh oui ma grande, c’est bien moi. Ses gestes étaient saccadés, elle devait être aussi étonnée que moi lorsque je l’ai revu allongée à mes côtés dans le même lit, la folle s’en prit même à une chaîne.


« Bon écoute moi bien ! On va se débarrasser de cette chaîne avent que ça devienne trop lourd puis tu vas me laisser rentrer chez c’est clair ? Et s’il faut, tu m’accompagneras, je ne veux pas rester une seconde de plus dans cette infirmerie. »

Une chaîne, mais que… ?

La pégase se leva brusquement suivit de cliquetis métalliques, j’ouvris les yeux mais il était trop tard ; avant que je puisse réagir la chaîne s’était tendue, d’abord ma patte puis le reste de mon corps, je chutai du lit dans d’abominables souffrances et jurons que je lançai à tout va. Les blessés à proximité regardaient la scène avec étonnement pour certain et amusement pour d'autres. La belle semblait chercher quelque chose, je rampai de mon corps meurtris jusqu’à mes affaires du moins, l’équipement que je portais durant la bataille. Il ne me restait qu’un sac de soldat et mon espadon, le reste était resté à la caserne et avait dû être pillé ou détruit durant l'affrontement ; si mes souvenirs sont bons, il devrait y avoir encore ma cape. J’avais vu juste. J’enfilai ma cape brune et harnachai mon sac par-dessus. Je voulus attrapé mon espadon mais le lien qui m’unissait à cette pégase ne m’en laissa pas la liberté, la chaîne se tendit une nouvelle fois et entrainant une de mes pattes arrière, me fit basculer de nouveau sur les pavés sous les visages amusés des changelings alités autour.

La pierre me martelait le dos, je me faisais littéralement traîner par cette nécromancienne, on aurait dit que j’étais un boulet accroché à sa patte. Les cahots et les nids de poules me remodelaient les vertèbres et cabossaient ma peau, on me servait une lapidation sur tapis roulant, une thérapie minérales forcée où le bien-être des pierres chaudes aurait été substitué par le douloureux laminage des pavés froid. Mon inconfortable posture en plus de raviver des maux censurés, allait être l’origine de l’apparition de nouveaux si je ne faisais rien pour stopper mon bourreau. Je tirai d’un coup sec sur la chaîne tout en freinant de mes trois autres fers, raclant la saleté accumulée sur la chaussée. La nécromancienne daigna enfin à s’arrêter. Me relevant maladroitement et titubant encore sur mes quatre pattes, je refoulai ma rancune pour lui administrer ma position d’esprit envers elle, mon regard pénétrant ses yeux chocolat au lait, mon organe vocale adoptant un ton froid sur une nuance piano.

« Je n’ai pas choisis d’être lié à toi, cette chaîne m’insupporte et plutôt que d’être sortis de ce pétrin, je m’y suis enfoncé de tout mon être. Je me souviens de toi, de ta faux, de ton arrogance agaçante ; de la violence de tes coups et de la pestilence de tes pantins. La bataille ne s’est pas effacée de ma mémoire, loin de là. Je doute que ma trogne ne te dise rien, tu m’avais l'air plus intelligente que ça lors de notre face à face. Eh bien saches que je ne suis pas poney à berner. »

Le visage toujours froid et distant malgré le peu d’espace qui nous séparait, je détournai vivement mon regard vers les deux bandes de métal qui étreignaient ma patte et la reliait aux maillons de la chaîne.

« Notre infortune m’est pesante, et être traîné tel un boulet n’arrangera pas les choses. Si tu veux éviter d’avoir à te coltiner un cadavre pour la marche, je te conseille de me laisser en vie. Je te rassure, je ne tenterai pas une telle folie de mon côté, nous sommes parmi tes amis mités, une lame entrée dans ta chaire, et c’est quinze qui pénètrent la mienne. »

J’omis volontairement de lui signaler que je n’étais plus armé, d’ailleurs elle en n’était la cause ; dans la précipitation, elle dénia le fait que je reprenne mon arme. Mon sac ne renfermai pas non plus une quelconque arme, peut-être la poêle, et encore, cela risquerait d’être plus ridicule qu’efficace.

« Je te déconseilles donc d’user une nouvelle fois ta faux contre moi. Cette chaîne ne doit pas être incassable, trouvons un forgeron ou un autre type capable de briser ce lien. »

Braquant de nouveau mes pupilles contre les siennes, je repensai à notre différent factionnelle entre elle et moi. Me trouvant en territoire désormais sous le joug de la reine des insectes, j’espérai qu’une fois libéré la pégase ne décide de m’occire, et cette fois serait la bonne. Un Solariste de plus ou de moins dans le royaume de la Princesse du Soleil ne changerait pas grand-chose à sa force de frappe. Dire qu’auparavant j’étais citoyen du royaume de sa sœur, et qu’à la suite d’un énième quiproquo, je changeai de nation en étant intégré de force dans les forces armées du Soleil. Au final, je n’étais peut-être pas tant un ennemi pour ces êtres mités.

La crinière sombre aux pointes bleues de la nécromancienne s’agitait avec la brise, masquant temporairement son doux visage de jeune pégase. Scrutant toujours la moindre nuance brune de ses iris, je me dis que quitte à devoir marcher avec elle, autant qu’elle connaisse mon nom. De toute manière, cela ne ferait qu’une personne sachant mon identité en plus ; on m’ignorait plus que l’on aimait ou détestait alors, qu’est-ce que j’en avais à faire.

« Au fait, je m'appelle Karl, Karl Tirecorde. »
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Yui Lullaby
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MessageSujet: Re: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Mar 21 Avr - 18:36

La chaîne enchantée

   
Ma faux n'était pas dans l'infirmerie, je me dirigeais vers l'extérieur et avançais dans les rues délabrées dont le sol était encore jonché de cadavres en plus ou moins bon état. J'avançais d'avantage quand je fis stopper par la chaîne. Le boulet accroché à ma patte m'empêcha d'avancer, j'aurais aimé qu'il m'oublie pour que je puisse chercher ma faux sans soucis, et voilà qu'il se plaint en plus..

~"Je n’ai pas choisis d’être lié à toi, cette chaîne m’insupporte et plutôt que d’être sortis de ce pétrin, je m’y suis enfoncé de tout mon être. Je me souviens de toi, de ta faux, de ton arrogance agaçante ; de la violence de tes coups et de la pestilence de tes pantins. La bataille ne s’est pas effacée de ma mémoire, loin de là. Je doute que ma trogne ne te dise rien, tu m’avais l'air plus intelligente que ça lors de notre face à face. Eh bien saches que je ne suis pas poney à berner. »

Je le regardais d'un air dédaigneux. Mais pour qui il se prenait ? Moi ? Idiote ?

~"Evidemment que je me rappelle de toi, tu as du me briser tout le thorax et m'a a moitié vidé de mon sang, je ne vois pas comment j'aurais pu oublier. Je préférerais tout de même que tu me vouvoie, après tout, si tu es en vie c'est parce que tu es avec moi."

Quand je pense qu'il me suffirais de parler à un changeling pour me débarrasser de lui, on lui couperais la patte et je pourrais rentrer chez moi et chercher ma faux. Mais étrangement, j'avais envie d'en savoir plus sur lui, savoir, d'où il venait, ce qu'il faisait à Gryphus... La chaîne qui nous avait rendu inséparable nous forçait à rester près l'un de l'autre, ce n'était en soit pas très gênant, mais pas très pratique...

Notre infortune m’est pesante, et être traîné tel un boulet n’arrangera pas les choses. Si tu veux éviter d’avoir à te coltiner un cadavre pour la marche, je te conseille de me laisser en vie. Je te rassure, je ne tenterai pas une telle folie de mon côté, nous sommes parmi tes amis mités, une lame entrée dans ta chaire, et c’est quinze qui pénètrent la mienne.  Je te déconseilles donc d’user une nouvelle fois ta faux contre moi. Cette chaîne ne doit pas être incassable, trouvons un forgeron ou un autre type capable de briser ce lien.

-Je n'ai jamais dis que je comptais te tuer, mais je tiens à ma faux, elle m'est précieuse, c'est tout. Je vais tenter une dernière fois avec ma faux et mes sorts, si ma faux ne tranche pas cette chaîne, ce n'est pas un forgeron minable qui y arrivera...

-Au fait, je m'appelle Karl, Karl Tirecorde."

Nous nous fixâmes un moment dans les yeux, j'essayais de lire dans ses pensées, je détournais la tête et regardais autour de moi, je trouvais un mort en assez bon état. Je n'étais pas au summum de ma forme mais j'avais repris beaucoup de force durant cette sieste à l'infirmerie.. Sieste qui avait sans doute durée plusieurs jours en fait... Mon catalyseur à l'oreille commença à briller et la lumière enveloppa le cadavre qui se remit debout, je souriais, fière que ça marche, je sais que ça marche à tout les coups mais ça fait toujours plaisir.
Je fis signe à mon nouveau bébé de s'approcher et lui dis avec un joli sourire:

~"Trouves la faux de maman, elle doit être dans la maison vers là-bas, et quand tu l'as ramène la moi s'il te plaît.."

Le cadavre ambulant partit en boitant, pendant un instant j'ai cru que sa tête allait tomber mais par chance elle teint le coup. Je retournais la tête vers mon... vers le poney accroché à ma patte toute fière, lui paraissait... assez démunit, c'est sur il avait du en voir des morts vivants pendant la guerre, mais peut-être pas d'aussi près. Je soufflait doucement pour accumuler toutes mes forces, mon catalyseur brilla très fort et j'envoyais un énorme trait d'ombre sur la chaîne. Le sol en dessous explosa et nous fîmes entourés d'une épaisse fumée de poussière. Lorsque la poussière se dissipa, je regardais la chaîne, sure de moi. Elle n'avait même pas une égratignure..

~"Mais qu'est ce que... C'est impossible... Ma faux ne tranchera jamais ça !"

Je me mis à faire les cent pas, j'avais déjà oubliée que j'étais accroché à Karl, le pauvre, il fut forcer de suivre mes allées à droite, puis à gauche, puis à droite puis à... Il me vint soudain une idée.

~"Je sais qui pourrait nous aider ! Tu vas m'accompagner à la Brèche, nous irons voir la Ô Grande Reine Chrysalis, elle saura comment faire, j'en suis sûre !"

Karl ne fut pas aussi enthousiaste que moi, et comme je le comprenais, pour rien au monde je serait aller demander un servisse à la reine des Solaristes... Mais comme pour l'encourager à venir avec moi, comme pour... récompense de me suivre je décidais de faire acte de bonté, et de lui donner à mon tour mon nom.

~"Et moi c'est Lullaby. Mlle Lullaby."

Je lui fis un sourire amical, presque sincère, en espérant qu'il accepte de me suivre sans trop de difficulté...
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Karl Tirecorde
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MessageSujet: Re: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Sam 25 Avr - 16:31

Lullaby, mademoiselle Lullaby, eh ben. J’ignorais que la brutalité était synonyme de berceuse au Changelings Swarm. La belle me sourit, comme si son visage angélique suffirait à me faire passer la pilule ; je ne portais pas la Reine Chrysalis dans mon cœur et si elle apprenait mon appartenance au Solar Empire, je ne donnerais pas cher de ma peau. N’étant pas en position de force, je me résiliai à suivre la pégase jusqu’à sa chère dirigeante à qui elle devait vouer une grande passion.

Mlle Lullaby me fixait, attendant ma réponse ; je soupirai,

« Très bien… Allons voir ta Reine… »

Ravie par cette réponse, la jeune pégase sourit un peu plus malgré ma mine déconfite. Ma patte me lançait et je perdis toute motivation rien qu’à l’idée de devoir marcher jusqu’à la ruche de plus, ma geôlière n’avait pas l’air très douce. Elle se déplaçait plus facilement que moi et n’avais pas l’air de prendre en compte qu’un boulet vivant était accroché à sa patte, voyager à ses côtés n’allait pas être de tout repos.

Interrompant notre échange, l’immonde toutou cadavérique de Mlle Lullaby se pointa devant nos museaux pour rapporter la faux de sa maîtresse, elle le gratifia en lui tapotant gentiment le crâne. Mais en plus d’être félicité, l’animal eut aussi la chance de sentir sa tête doucement se détacher avant de choir sur les pavés dans une fragrance sonore de chaires pourrie et visqueuses. Délaissant à son sort l’immonde être putride, nous prîmes suivant les indications d’une garde, l’itinéraire nous permettant de sortir de la ville pour rallier le camp changeling extra-muros. Par ma faute nous progressions à un rythme relativement lent et atteindre notre étape se révéla être extrêmement laborieux. Toutefois, nous pûmes abréger notre peine en nous joignant à un convoi de blessés chargés dans des carrioles bâchées où nous pûmes prendre place. Ballotés entre ces gueules cassées et invalides de guerre, je trouvai que la chance m’avait souri durant la bataille, car je m’en étais plutôt bien sortis et j'étais encore entier. Même si je n’appréciais guère les sujets de Chrysalis, ces êtres mutilés me faisait de la peine ; ou bien ont-ils choisi cette voie et en paye les lourdes conséquences.

Secoués comme des pruniers par les cahots de la route, nous parvinrent au camp changeling où se croisaient soldats, intendants, État-major, ravitaillement et hôpital de campagne. Le convoi déboucha au milieu d’une allée de tentes aux flammes fixées aux mats donnant à l’endroit une parfaite apparence militaire. Cette partie du camp avait la particularité d’avoir pour symbole un croix rouge sur fond blanc indiquant sa fonction de résidence temporaire des blessés au combat, une grange située au centre de cet amas de toiles et de bois devait je pense servir de salle de soins. Accueillis par le personnel médical, nous descendîmes de notre véhicule afin d’être pris en charge par une infirmière qui nous indiqua dans quelle tente nous allions être installés. Mlle Lullaby s’entretint avec la jeune changelinne lui expliquant notre situation, l’infirmière prit compte de nos paroles et nous indiqua la zone de débarquement des dirigeables apportant vivres et matériels à l’occupant. La nécromancienne la remercia et me pria de faire quelques efforts afin de ne pas rater le prochain zeppelin en partance pour la capitale.

Spoiler:
 
Avançant tant bien que mal, nous arrivâmes devant la piste provisoire où s’affairaient les dockers pour transbahuter les marchandises et tenir les fiches horaire. Retenu par ses amarres, le magnifique zeppelin se reposait, remuant de temps à autre sous le sous doux souffle de la bise. La coque en bois sombre était en fait semblable à celle des navires océaniques à la différence que, celle-ci possédait à la proue et à la poupe des barres de profondeur dont l’usage servait à se mouvoir en altitude. Le gouvernail de direction avait été assemblé à la poupe du navire et son imposante taille reflétait la surface nécessaire pour diriger l’imposant mastodonte. Sous le tirant d’eau à l’arrière, on avait fixé dans deux nacelles disposées de part et d’autre de la coque, contenaient les deux moteurs à vapeur à hélices contrarotatives propulsives. Ils étaient tous deux reliés à une chaudière à vapeur placée au centre du dirigeable et étaient accessible par des coursives longeant la coque. Le poste de conduite se trouvait sur le château à l’arrière et surélevé par rapport au reste du pont. Tenu par d’innombrables haubans, le ballon dont le ventre avait été grisé par les rejets noirâtres de la cheminée, maintenait le zeppelin dans le vide donnant l’appellation à l’ensemble de « Plus léger que l’air ». Harnaché d’un cerclage de madriers et de toile, la poche de gaz patientait en attendant le moment où, enfin libérée de ses liens qui la retiennes, pourrait emmener dans les cieux son passager, son parasite de bois, son poisson pilote.

Le responsable au sol ayant remarqué notre présence vint à notre rencontre afin de jouer son rôle de surveillant général des lieux. Mlle Lullaby jouant à son tour de sa condition et de son grade, elle réussit à faire plier le fonctionnaire et trouva le moyen d’embarquer sans frais. Tirant non sans peine ma carcasse sur le pont, je fus subjuguer par l’organisation qu’il y régnait, les marins s’afféraient au bon fonctionnement du navire dans une rigueur et une agilité parfaites ; être un changeling dans les transports aérien devait être chose aisée pour ce qui concerne les manœuvres et l’entretien du navire. Contournant la porte de la cale, la pégase choisit que plutôt que d’aller s’enfermer dans le carré des officiers, nous resterions sur le pont tout près du mat de beaupré. N’ayant pu contester sa décision, nous longeâmes les coursives à tribord avant de nous arrêter sur le gaillard avant.

Nous patientâmes pendant environ une heure, sans que chacun n’ouvrent la bouche. L’équipage retira la passerelle et dans un concerto d’ordres et de sifflets, les marins larguèrent les amarres et lancèrent le moteur à vapeur. Ils démarrèrent dans un furieux bourdonnement, les barres de plonger prenant un angle positif, elles firent lever brusquement la proue. Perdant mon équilibre, je basculais en arrière et glissai sur le pont avant de me rattraper contre la paroi du château avant, ma tête plaqué contre le bois, mes paupières closes. Rouvrant les yeux et maugréant, je sentis que notre chaîne prenait brusquement du mou avant de voir arrivé soudainement Mlle Lullaby contre le bois subissant les mêmes effets de la manœuvre que moi. Sa tête tapa la paroi et s’arrêta à quelques centimètres de la mienne, elle était si proche que je pouvais sentir son souffle sur mon museau ; je n’osais plus bouger, mes yeux surpris plongés droit dans les siens. Je baissai mon regard remarquant le petit espace qui séparait nos deux museaux, gêné par ce rapprochement soudain et subi, mes pommettes prirent un teint cramoisi autrement dit, je rougis. Je mis fin à cette délicate situation en me relevant et m’assied face à l’horizon, mon regard perdu dans l’éther.

Corrigeant son assiette, le zeppelin aligna son niveau et atteint son altitude de croisière. Je n’osais plus regarder la pégase dans les yeux, de peur que ce délicat rapprochement l’ait offusqué et que mon attitude l’ait mise en rogne car je reste tout de même un ennemi de sa nation. Pourtant, même si je pouvais lire de la surprise dans ses yeux, il ne me semblais pas y avoir vu le brasier de la haine ; je détournai mon regard de l’horizon pour le diriger vers la nécromancienne assise de dos, regardant dans la direction opposée si bien que je ne voyais que sa crinière voler au vent. Peut-être que je ne l’avais pas mise en colère, je n’avais fait aucun mauvais pas de ce côté-là. Ma réaction l’avait peut-être tout simplement, vexé.

Je fis quelques pas dans sa direction et m’assied à ses côté sans pour autant le regardé, mes yeux fixant toujours et encore le paysage qui se déroulait sous nos sabots. Je brisai le silence.

« Ta reine, Chrysalis… Es-tu certaine qu’elle nous viendra en aide ? »

L’interrogé détourna sa tête vers la mienne.

« Car comme tu le sais, je suis solariste… J’ignore ce qui se produira lorsqu’elle aura eu vent de mon identité. Est-ce vraiment une bonne idée ? »

Je remarquai que cette question n’était que centrée sur ma personne, la nécromancienne n’aurait je pense, aucun soucis à se faire. Elle avait juste besoin de me traîner devant sa reine et l’histoire se terminait pour elle. Je me rendis compte que l’on m’avait attiré dans un piège et il était trop tard pour faire demi-tour. Je regardai encore une fois le visage de la pégase, l’air inquiet, cherchant des réponses à mes questions.
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MessageSujet: Re: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Mar 5 Mai - 21:28

De retour à la maison

   
~J'avais réussi à convaincre Karl de me suivre jusqu'à la Brèche. Je vis bien que cette idée ne l'enchantait pas, et au fond je le comprenait, mais nous n'avions pas vraiment le choix, je n'avais aucune idée d'où nous aurions pu aller dans notre situation.
Le chemin par la terre était trop long et trop fatiguant pour deux poneys qui sortaient d'une infirmerie, et il était beaucoup trop lourd pour que je puis voler avec lui accroché à ma patte. Nous prîmes donc la décision de voyager en zeppelin, c'était sans doute le plus rapide et le plus sécurisé.On nous proposa d'entrer, mais je préférais rester sur le pont du Zeppelin, je suis une être de l'air, la sensation de voler m'est plus qu'agréable. Des changelings courraient de partout autour de nous. Un petit regret me revint, moi aussi j'aurais aimé être changeling.
Il fallut attendre un bon moment avant que le ballon bouge, je ne savais de quoi parler avec Karl, après tout, peut-être que c'était mieux ainsi, j'avais peur d'être trop familière avec lui, et de faire perdre de la crédibilité à mon clan.

Tout se passait plutôt bien, mais soudain, le ballon eu un mouvement brusque et je tombais à la renverse et ma tête heurta le bois. Je fermais les yeux quelques instants pour faire partir la douleur, et je sentis un souffle chaud contre mon visage. J'ouvris les yeux, surprise. Le poney au pelage argenté était si près. Je ne réalisais la situation que lorsque je vit qu'il était gêné, alors moi aussi je rougis. Cet instant parut durer des heures, voir des jours. Les yeux de l'un, plongés dans ceux de l'autre, tous deux remplis d'une lumière vive et agréable. Nous nous redressons, tous les deux tout rouge comme des tomates. Je lui tournais le dos, j'avais peur qu'il voit à quel point j'étais rouge, en réalité, c'était bien la première fois que je me retrouvais dans pareil situation, et je ne savais pas vraiment si c'était bien ou pas. Je décidais de fixer l'horizon et de profiter de la brise pour calmer mes esprits.

Il se rapprocha de moi, je fis mine de ne pas m'en rendre compte. Je sentais qu'il était tout près, et semblait hésitant, on aurait dit qu'il voulait me dire quelque chose, mais qu'il n'était pas sur de vouloir le dire. Finalement, tout en continuant de regarder les nuages, il entama un discussion ambiguë.

« Ta reine, Chrysalis… Es-tu certaine qu’elle nous viendra en aide ? »

Je tournais la tête vers lui, plutôt surprise de sa question, lui regardait toujours tout droit, il avait l'air inquiet. Je profitais qu'il ne me regardait pas pour mieux le dévisager, mieux voir à quoi il ressemblait, car en réalité, je n'en avait jamais eu l'occasion. Je n'avais vu que ses traits lors de notre bataille, et depuis notre réveil, tout était allé si vite. Malgré l'inquiétude dans ses yeux, il gardait un air serein, voir même sage. Je commençais à être persuader que l'ennemi peut, malgré moi, être bon et agréable. Et ce même s'il a faillit me tuer.. ironique non ?

« Car comme tu le sais, je suis solariste… J’ignore ce qui se produira lorsqu’elle aura eu vent de mon identité. Est-ce vraiment une bonne idée ? »

Je soupirais doucement, au fond, il avait tout à fait raison. L'emmener voir Chrysalis c'était comme le jeter dans la gueule d'un loup. Mais il n'y a qu'à la Brèche que je me sentais en sécurité, et Chrysalis serait surement assez forte pour briser ce lien. Au fond j'avais été très égoïste sur ce coup là. Mais c'était trop tard, nous étions déjà en route.

"Je ne sais pas, je n'en sais rien... dans le pire des cas elle te tueras, dans le meilleur elle te fera prisonnier... mais, sache que... j’essaierai de plaider en ta faveur."

Je détournais mon regard de lui. Je m'avouais à moi même que je m'en voudrais si Chrysalis le tuait.

"Je ne te promet rien..."

Je posais quelques seconde ma patte sur la sienne, pour essayer de le rassurer, mais ce n'est pas trop le genre de choses que je sais faire, alors je fis vite mal à l'aise. Heureusement, les matelots se mirent à crier que nous arrivions.
Le zeppelin se posa non loin de la Brèche. Des tonnes de caisses et d'insectes blessés étaient transportaient dans des charrettes qui à leur côtés avaient d'autres insectes pour les transporter directement à la Brèche. Ces charrettes de nous étaient pas destinées, je n'osais pas monter dedans, d'autres personnes en avait plus besoin que nous. Arrivés au bord de la Brèche, un dilemme se posa. Comment j'allais faire descendre Karl... En effet, la Brèche était plutôt profonde, et seuls des êtres possédants des ailes pouvaient atteindre le sol sans mourir écrasés. Je le regardais, apparemment, la vue de la profondeur de la Brèche ne le rassurait pas. Je fis battre mes ailes et me positionna au dessus de lui. Je battaient des ailes de toutes mes forces pour voir si j'arriverais à le porter, mais il ne décollait pas le moins du monde du sol. Seuls ses cheveux volaient à cause de l'air produit par le battement d'ailes. Je me posais à côté de lui, le regard triste.

"Comment on va faire...?"

J'étais réellement dans une impasse. J'étais obligé de demander de l'aide à d'autres changelings. Mais Karl n'était ni un changeling, ni du camp changeling... J'avais peur qu'ils réagissent mal. Je tentais le tout pour le tout. Je me dirigeais vers deux gardes, suivit de près par Karl. Les gardes m'avaient reconnus, mais semblaient outrés qu'un étranger soit admis dans la Brèche. Il fallut que je leur explique que c'était pour problème technique et que nous avions besoin de voir la Reine, tous les deux, pas seulement moi. Ils hésitèrent plutôt longuement, mais ils finirent par se rendre compte que l'on était liés "malgré nous". Il portèrent Karl jusqu'en bas qui ne semblait pas du tout rassuré maintenant qu'il était littéralement prit au piège. Je n'avais pas envie qu'il se sente comme ça. Le château de Chrysalis était encore un peu loin et j'avais honte de me présenter à elle ainsi.

"Dis, je ne voudrais pas te bousculer, mais cela t'embêterais si nous passions chez moi histoire que je me rince au moins le visage ?"

Evidemment s'il disait oui, je brosserais aussi ma crinière et prendrais une nouvelle cape propre. Mais qui peut le moins peut le plus non ?

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MessageSujet: Re: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Lun 18 Mai - 8:34

Mlle Lullaby tentait tant bien que mal de me rassurer. Mais les hypothétiques intentions peu délicates de sa dirigeante concernant mon sort ne m’avaient guère rassuré. Celle que j’avais combattu dans les rues de Gryphus allait être celle qui plaiderait ma cause devant la reine insecte, quelle ironie ; comme si une pauvre subordonnée de l’armée changelinne pouvait faire changer d’avis une garce ayant poutrée l’armée solarienne hors des remparts de Gryphus. Malgré les différences qui nous séparaient, la jeune pégase me semblait plus sympathique que je ne l’aurais pensé, mais je conservais une certaine animosité envers elle, je ne pouvais lui faire entièrement confiance, même si la situation actuelle ne me laissait pas vraiment le choix. Qu’en pensaient les nuages ? Peut-être avaient-ils la solution à mon problème ? Chez eux, tout avait l’air de jeux incessant au gré des vents, de rituels d’unions et de désunions charnelles entre deux individus, formant des formes et des objets divers et variés. Ils avaient bien de la chance de ne pas être sujets à tous ces tourments. La pégase posa soudainement son sabot sur le mien, un léger frisson partit de ma patte pour remonter jusqu’à ma tête. Ce geste me surprit car il me sortit soudainement de mes songes ; il me mit aussi un peu mal à l’aise.

Nous arrivâmes enfin à la brèche notre destination. Notre dirigeable se posa et nous pûmes descendre sur l’embarcadère changeling mais un problème se profila à l’horizon. Pour se rendre dans la ruche, il fallait descendre dans une fosse ne possédant qu’un accès aérien. Les changelings et les pégases n’avaient pas ce genre de problème, par contre pour un terrestre comme moi, une chute dans les abymes risquait d’être fatale. Nous tournâmes un moment pour trouver une solution. Mlle Lullaby proposa bien d’essayer de me porter jusqu’au fond à la seule force de ses ailes, mais mon poids eut raison de son entrain et malgré toute sa bonne volonté, je ne pus décoller. Cogitant toujours à une éventuelle solution, la pégase posa le sabot dessus en demandant avec tact et diplomatie l’aide de deux soldats stationnés tout près de vide. L’échange fut quelque peu houleux mais la jeunette parvint à les faire obéir, ils me prirent alors à la taille à l’aide de deux liens et doucement, ils firent entrer dans la ruche. Cette descente fut quelque peu mouvementée. Je n’étais pas à mon aise, balloté comme je l’étais, et sujet à quelques vertiges en observant le sol se dérober sous mes pattes.
Arrivés au sol, nous remerciâmes les soldats. Ceux-ci saluèrent Mlle Lullaby et redécollèrent vers la surface. Mon regard suivit l’ascension des deux changeling accompagné d’un profond soupir. Je me résiliai : toute fuite serait désormais impossible.

« Dis, » Entonna la demoiselle. « Je ne voudrais pas te bousculer, mais cela t’embêterais si nous passions chez moi histoire que je me rince au moins le visage. »

Quitte à être chez mon ennemi, pourquoi ne pas se rendre dans son salon ? Plaisantai-je intimement.

Je regardai plus en détail le faciès de ma compagne d’infortune. Car depuis notre rencontre, je n’avais jamais vraiment observé dans les moindres recoins la bouille de celle qui avait failli me faire passer dans l’au-delà. Son pelage était en effet, bien crasseux. Il portait la marque des désinfectants utilisés par les médecins pour nettoyer nos plaies. D’ailleurs, sa patte était encore bandée à l’endroit où je l’avais mordu. Sa crinière aussi était bien mal en point, ses longues mèches terminées en pointes bleues étaient complètement emmêlées ; je comparais sa crinière à un tas de foin séchant au soleil. Au final, la pégase n’avait pas tort, son corps méritait bien quelque soins esthétiques. D’ailleurs, je me demandais, après tous ce chaos et cette violence, à quoi devait ressembler le mien.

« Au point où nous en sommes. » Répondis-je. « Je ne suis plus à quelques heures près. Allons chez toi. » Puis mimant l’action de se laver le visage. « C’est vrai que tu as vraiment de te débarbouiller, sans vouloir t’offusquer. » Ajoutai-je en souriant sur le ton de la plaisanterie.

C’était bien la première fois que je me rendais dans une cité souterraine. Et la configuration de l’endroit n’avait rien à voir avec ce que j’avais connu durant mes temps de services auprès de la Niche, une organisation de contrebande basée à Ottapaw. Ici, l’essaim habitait à même les parois de la cavité rocheuse, de nombreux nids étaient accrochés à même la pierre pour former un vaste complexe d’habitation. L’espace au sol était réservé aux infrastructures plus imposantes dont le poids n’aurait permis leur fixation aux murs de la cavité. Malgré l’absence d’ouverture sur l’extérieur, un vaste système d’éclairage naturel aux halos verdâtres assurait la luminosité ambiante. Mais le détail le plus désagréable de cette cité, c’était le bourdonnement incessant de la masse d’insectes vivant en ces lieux. Il n’a qu’eux pour s’encastrer dans de pareils endroits.

Nous marchâmes quelques temps pour rejoindre l’habitation de Mlle Lullaby. Si la pégase passait incognito, et même, était saluée par quelques soldats la connaissant ; mon passage n’était guère au goût des insectes. On me lançait bon nombre d’insultes et quolibets sur mes origines, que je me forçais d’avaler pour ne pas créer de désordre. Ce n’était pourtant pas l’envie qui me manquait. Nous finîmes par monter le long d’une rampe creusée à même la roche et arrivâmes sur le seuil de l’entrée. La pégase ouvrit la porte, et nous pénétrâmes à l’intérieur de l’habitation.

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MessageSujet: Re: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Mar 7 Juil - 18:44

Le début de la fin

   
Heureusement que Karl avait accepté. Ma demeure n'était pas très loin, donc nous fûmes arrivés en un rien de temps. J'ouvris la porte et nous rentrâmes. La pièce principale n'étais pas très éclairée, j'allumais quelques bougies pour faire un peu de lumière. Sur le droite il y avait une cheminée, avec devant un gros fauteuil et une petite table, c'est là que je m'asseyais toujours pour boire mon thé et feuilleter quelques livres. Un tapis gigantesque couvrait la quasi totalité de mon sol. Il y avait quelques étagères contenant des livres, ou de la vaisselle, rien de très personnel. Vers l'entrée à gauche on pouvait un peu voir l’intérieur de ma cuisine et le garde mangé bien remplit. Devant nous au fond, il y avait un petit escalier, l'étage contenait une grande pièce et ma chambre, mais la maison restait assez petite en général. Au fond à gauche il y avait la porte de ma salle de bain. C'est là que je me dirigeais directement. J'éclairais et vis ma tête dans le miroir, je faillit faire une crise cardiaque !

"Hiiiiic ! Comment j'ai pu sortir comme ça  ?!" pensais-je tout haut.

Je m'empressais me rincer le visage dans le lavabo, c'était déjà beaucoup mieux. Je brossais ma crinière qui ressemblait à du foin, puis pris un gant que j'humidifiais. Je passais le gant humide sur toutes les zones salis par la poussière ou le désinfectant rouge de l'infirmerie qui me donnait une apparence sanglante. A chaque fois que je le passais sur mes côtes je fronçais les sourcils et faisais de mon mieux pour ne pas crier. A cause de la douleur une petite larme coula de mon œil, que je m'empressais d'effacer pour ne pas que Karl la voit.
Je me retournais, Karl n'était pas loin, en même temps il n'avait pas le choix, à cause de cette chaîne.
J'humidifiais à nouveau le gant et lui frottais un peu le visage, puis je passais deux coups de brosses dans ses cheveux emmêlés. C'était à présent bien mieux, je lui souris tristement.. comment Chrysalis allait-elle réagir ?

"Bien, je crois que nous sommes près... allons rencontrer Reine Chrysalis.

Nous sortîmes de la maison et je refermais lentement la porte derrière moi. Le chemin pour rejoindre Chrysalis dans sa demeure me parut durer des siècles, pour lui ça a du être trop rapide. Sur le chemin je marquais une légère pause pour caresser une de mes côtes qui me faisait souffrir, comme si cela m’apaiserait... Nous reprîmes la route lentement et tout en avançant, sans jamais croiser son regard je lui dis :

"Yui... Je m'appelle Yui Lullaby..."

A cet instant, je souhaitais ne jamais avoir à l'affronter à nouveau, je n'étais pas sur de tenir le coup une deuxième fois, et je n'étais pas sure de vouloir me défendre la prochaine fois.
Nous arrivâmes à l'entrée. Je pris une grande respiration en m'avançant vers un garde et lui dis solennellement :

"Je suis Yui Lullaby, fidèle combattante pour la Reine Chrysalis. Je suis en présence de Karl Tirecorde, nous sommes emprisonnés par cette chaîne magique et nous pensons que la Reine Chrysalis pourrait rompre cette chaîne. Pouvons nous le rencontrer ?"

Evidemment je n'allais pas dire directement au garde que Karl était un ennemi Solariste, en espérant que cela passe crème. Il partit, puis revint quelques minutes après.

L'attente était enfin finie.


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MessageSujet: Re: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Mar 21 Juil - 2:47

Une demeure des plus banale en somme, mise à part que nous étions à The Breach. Rien de bien passionnant, un salon, une cuisine, une cheminée… Il n’y avait pas beaucoup de différences entre les habitations changelinnes et celles des habitants de la surface. Quoi que ma geôlière était une pégase, j’ignorais son  lieu de naissance mais peut-être lui étaient restées des habitudes provenant d’autres royaumes. Ma contemplation fut abrégée par le lien qui nous unissait, la chaîne arbitraire me tira en direction de ce qui semblait être une salle de bains. La pégase ouvrit la porte, je décidai pour ma part de rester à l’extérieur de la salle d’eau en fonction du mou que la laisse m’offrait. De plus, je ne pense pas avoir réellement le droit de la suivre à l’intérieur, je ne voulais pas passer pour un voyeur, surtout chez ceux qui ont voulu m’occire. Néanmoins, ma curiosité bien qu’indiscrète, ne rêvait que de découvrir un peu plus Mlle Lullaby. Je secouai ma tête vivement pour en faire sortir les idées farfelues et malvenue, ce n’était pas bien le moment pour conter fleurette à la belle, sa faux n’était d’ailleurs pas très loin.

Un cri aussi aigu que soudain me déchira les tympans, je me retournai promptement et m’emmêlai les pattes dans la chaîne me faisant choir. Ligoter comme un veau, ma tête tapa contre la plancher dans un bruit sourd et feutré. Je découvris ma geôlière les deux pattes contre le visage, la mine horrifiée par son reflet, qui ne le serait pas susurrent les mauvaises langues. La pégase était scandalisée par son apparence, une bataille et un séjour à l’infirmerie n’avaient certes pas arrangée sa beauté, mais sa réaction était je trouve, pas justifiée. Ce n’était pas elle qui s’était manger une armoire et un mur, j’ignorais à quoi je ressemblais actuellement, mais je devais être plus à plaindre qu’elle. Me rendant soudainement compte qu’elle était en face d’un miroir et de ma position plus embarrassante, je libérai mes pattes et me relevai prestement en me cachent de son champ de vision.  Non troublé par ce que je venais de voir, je préférai tout de même faire profil bas en attendant que la soldate finisse sa toilette. Un bibelot posé sur l’étagère en face de moi, me servit pour canaliser mon attention. L’objet en question ne ressemblait pas à grand-chose, une sorte de sculpture dans un bois sombre et vernis, l’optimiste pourrait y observer une tête prononçant un « Choo » de manière exagérée et tenant en équilibre sur une pomme. De l’art déco ou primitif en somme, combien ça doit valoir un truc pareil ?

Obnubilé par ma trouvaille, je ne remarquai pas la pégase sortir de la salle de bain. Le cliquetis de la chaîne m’interpela et comme un voleur surpris la main dans le sac, je reposai l’objet à sa place et me retournai l’air de rien. Elle me sourit, elle était propre et tachée de mercurochrome, je lui souris en retour, que pouvais-je faire d’autre ? Elle me fit signe de m’approcher, je la suivis et entrai à mon tour dans la salle d’eau. Mon inconscience imaginait toutes sortes de situation que la partie rationnelle de mon esprit s’empressa de faire disparaître aussi vite qu’elles étaient apparues. La belle saisit un gant de toilette qu’elle humidifia, puis le pointa vers mon visage. J’eus un mouvement de recul, mon corps se crispa en arrière. Soudain le coton humide entra en contact avec ma peau, suivis de peu par une douce sensation de l’eau chaude contre mes joues. La pégase me débarbouillait sans doute dans le but de me rendre présentable auprès de son altesse Chrysalis. Posant son gant de toilette, Mlle Lullaby prit une brosse et s’empressa de défaire les nœuds de  ma crinière, m’arrachant au passage quelques crins récalcitrants ainsi qu’une grimace à chaque fois qu’elle en trouvait. Étrangement, je me sentais bien. Il y a longtemps que l’on ne s’était pas occupé de moi comme cela et même si j’en avais horreur, je me laissai faire. Comme une poupée dans les pattes d’une enfant, je me laissais coiffer. La chose faite, la pégase me sourit, je pense qu’elle devait avoir tout fait en son pouvoir pour m’éviter l’exécution. Son regard était désolé, je ne sus pas quoi répondre, elle termina sobrement par,

« Bien, je crois que nous sommes prêts... allons rencontrer la Reine Chrysalis. »

Nous sortîmes de la maison et prîmes le chemin du palais. La pégase savait exactement où elle allait, cela ne devait pas être la première fois qu’elle s’y rendait. Au fur et à mesure que nous nous rapprochions de la demeure royale, le nombre de gardes changelings croissait. De quelques patrouilles de surveillance, nous passions à véritable régiment, si ce n’est plus. J’évitais de croiser du regard ces insectes armés jusqu’aux dents, un mot de travers et la faux s’abattrait sur mon cou. Ni même celui de la pégase, j’étais déjà assez désemparé pour devoir supporter son charmant visage mais à la mine déconfite. C’était quand même fou, vivre des tas de choses pour en finir là. Avoir été en proie à des hallucinations dans un chalet, avoir volé des paysans, avoir survécu à un raid et au regard inquisiteur d’une clerc. Et puis cette crypte que j’ai nettoyé avec ce type avec son chapeau haut de forme ainsi que les boulots plus ou moins bâtards que j’ai eu effectuer, ces personnes que j’ai escroquées ou assommées ; cela me rappelle cette guerrière à qui j’avais piqué une quête grâce à un bon coup de poêle sur la tête Haha, j’en ris encore. Qu’est-ce qu’elle est devenue cette Scarlat Inne d’ailleurs ? Les gardes ont dû lui rouler dessus après sa chute du train, bien fait pour… Déjà ! Le palais de Chrysalis ! Tsaa ! La vie est décidément trop courte.

Me morfondant sur mon sort, j’oubliai alors la pégase qui m’accompagnait, celle-ci m’avait conduit jusqu’à l’échafaud. Subjuguer par la façade du  palais, une voix vint alors troubler ma contemplation.

« Yui… Je m’appelle Yui Lullaby… » Dit-elle.

Seuls mes yeux se tournèrent vers elle, à vrai dire, je ne répondis rien. Elle connaissait déjà mon identité, qu’avais-je à rajouter ?  Nous arrivâmes face aux gardes de l’entrée, Yui se présenta et demanda à rencontrer la régente de ces lieux. Nous attendîmes quelques longues minutes qui furent pour moi insupportable, je suais à flots alors qu’il fallait que je paraisse calme et serein. Le garde revint avec une réponse positive à notre requête, nous pénétrâmes donc à l’intérieur de l’imposant palais.

Nous fûmes rejoins par deux gardes changelings qui nous guidèrent jusqu’à la salle du trône. N’étant jamais entré dans un palais auparavant, je ne faisais que découvrir l’étendue de ces couloir, antichambres, et autres immenses salles qui composaient la bâtisse régente du royaume changeling. De part et d’autre étaient accrochées de grandes bannières changelinnes avec emblème les ailes d’insecte de leur reine vénérée. À ce moment-là, j’avais arrêté de réfléchir et de repenser à toute mon existence, les dés pour moi étaient jetés et ma mort imminente. Mais il restait tout de même un espoir, la pégase me promis qu’elle plaiderait en ma cause. Puisse-t-elle réussir et m’accorder un sursis.

Au bout de ce dernier couloir, une grande porte, immense même. Deux gardes postés devant s’occupèrent d’entrebâiller les deux grands battants. Au bout d’un tapis et entourée par d’autres soldats visiblement mieux armées que les précédents, la Reine Chrysalis patientait sur son trône, noble, calme, et souveraine. Voilà donc celle qui nous causa tant de tourments et de douleurs dans la cité de Gryphus. Le combat avait été rude pour elle aussi, car elle semblait souffrir sous l’image de quelques grimaces et spasmes. Même blessée, cette dame devait être redoutable pour avoir fait battre en retraite la Princesse Celestia ainsi que l’armée solarienne. La garde devait être bien formée et dirigée pour ne pas réagir brutalement face à deux individus faits de chairs et d’os, et non d’une carapace d’insecte. Nous avançâmes jusqu’en bas des marches qui délimitaient l’estrade royale. Arrivé devant, n’ayant jamais eu à faire à un dirigeant, que ce soit chez les lunaristes ou bien les solaristes ; je fis ce que l’on m’avait raconté ou bien lu dans des livres. Baissant la tête et retenant ma douleur, je fléchis mes genoux afin de saluer la reine changelinne ; Mlle Lullaby fit de même devant sa maîtresse.

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MessageSujet: Re: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Mer 2 Déc - 18:49

Un rêve étrange et long, voici simplement ce que j'avais fait durant ma journée de travail pour aujourd'hui. Mon corps nécessitais encore énormément de repos après le raid direct de Gryphus, seuls quelques jours s'étaient passés entre et mon dos me faisait toujours souffrir énormément du aux piques de terre qui étaient entrés dans ma chair. Les brûlures sur ma croupe par contre s'étaient quelques peu estompés, grâce a divers onguents proposés par les soigneuses de mon ordre, celle-ci avaient assez vite disparues ne laissant aucune trace sur mon chitine.

Soit, un doux rêve m'avais envahis sur le moment, j'étais allongée le long d'une plage, une musique douce me parvenant aux oreilles, un soleil me chauffant doucement le dos et l'eau venais a border mes sabots sur quelques vagues. Un grand plaisir de satisfaction d'un devoir accomplis était en moi, comme si enfin, j'avais le droit a prendre quelques vacances hors de tout ce brou-ah-ah et de ces tâches royales quotidiennes qui prennent un aspect de routine assez ennuyant. Et rien, je dis bien rien, ne pouvais troubler mon sommeil actuel.

~ " Ma reine. Je suis navré de vous déranger. Mais une pégase au nom de Yui Lullaby demande votre aide afin de la délivrer d'un problème magique qui l'aurais éprise elle et un compagnon a elle. Un terrestre au nom de Karl Tirecorde. "

Biensur, quand je dis rien, j'avais omis peut-être de préciser mes gardes. Enfin, j'imagine que c'est de ma faute et que je ne devrais m'endormir sur mon trône durant les heures de visites et demandes du peuple. Quelques heures sur la journée a devoir me consacrer par jour a cette tache. Chose que je ne rechignais pas a faire, j'adore moi-même me mêler au peuple, mais j'avoue qu'avec ces blessures, des vacances c'est tout ce dont je rêve, vraiment.

Sortant alors de ma léthargie alors que d'un geste du sabot voulant dire ' C'est bon ', je baillais a grande bouche ouverte, clignant lentement des yeux sentant cette douleur dans mon dos se réveiller, je regardais les deux entrer dans ma salle royale, m'étirant alors quelques peu, grimaçant de douleur, j'ordonna discrètement mais rapidement a ce que l'on envoie l'infirmière venir me voir d'ici peu de temps afin de changer les quelques bandages.

Je reconnaissais au loin la pégase qui avais elle aussi participé a la bataille de Gryphus, Yui Lullaby, petite nécromancienne qui a rejoinds mes rangs depuis maintenant presque une année mais l'autre, terrestre aux allures déluré, gris, le regard aussi fuyant qu'une souris façe a un chat.

Tout deux une fois arrivés devant le trône lui même, ils firent révérence devant ma personne. Chose que j'appréciais, je devais l'avouer, mais ils n'avaient pas vraiment besoin d'en faire autant devant moi, après tout, Yui sait très bien quand l'on est dans mon armée, les personnes peuvent avoir a être un peu moins ' officielles ' si je peux dire quand nous sommes en privés.

Ils m'expliquèrent assez rapidement la situation après que j'en eut demandé le pourquoi, comprenant alors l'erreur faite d'après combat, prenant ce terrestre grisâtre pour l'un des notre. La chaine d'après eux était liée magiquement. Voyons voir cela.

J'ordonna assez rapidement a l'un de mes gardes royaux mage de venir jeter un oeil, qui confirmais le dire. Mais ce fût d'un simple lancement de sort que la chose s'arrangea. Dans un léger déclic, les serrures craquelèrent et sautèrent toutes deux, laissant alors liberté aux deux malandrins venus me demander aide.

D'un ton plus autoritaire par contre par la suite, je regardais Yui et Karl, soupirante.

~ " Mademoiselle Lullaby, vous pouvez retourner a vos occupations. J'aimerais parler seule avec ce chère Karl Tirecorde. "

Chose qu'elle fît assez rapidement, d'un geste de la tête elle nous laissa donc en tête a tête avec les gardes toujours présents dans la pièce. Un léger stress pouvais se faire ressentir de la part du gris, mais rien de bien grand, il gardait tout de même cet air sérieux de son arrivée.

~ " Je suis assez surprise de voir que malgré que vous êtes de l'ennemi, vous n'avez pas tenté d'emmerder ma chère Yui dans vos camps. En récompense de cela, je vous demanderais simplement de partir, nous vous retenons pas. Vous avez libre droit de marcher sur les terres Changelings, mais que je ne vous vois jamais roder prêt du château. J'espère m'être fait comprendre. Cela ne veux pas dire que vous ne serez pas surveillé par contre. Donc attention a vous. Vous pouvez disposer maintenant. "

~ " C'est t-trop de b-bonté ma reine. Je suis heureux q-que ce malent-t-tendu sans émanation de sang. "

Ah. Je pense qu'effectivement il aurais beau avoir le regard un peu plus sérieux, il n'en demeure pas loin qu'il pense vraiment que je vais le tuer. Ma réputation me précède alors, ce qui est parfait et me va amplement. Enfin, ici il aura vu que je peux être clémente aussi, peut-être qu'il y verras que je suis pas qu'une guerrière impitoyable assoiffée de sang aussi.

Il fit donc par la suite une petite révérence a nouveau, partant doucement mais surement vers la sortie. Avant de se retourner d'un air penaud, légèrement stréssé, demandant si l'on pouvais lui indiquer vers ou se trouvais le village d'Hoofswell. Assez étrange de vouloir aller dans ce désert sans fin, mais soit. C'est de son ressort, non du mien.

J'ordonna simplement a un garde de rapidement l'accompagner pour lui indiquer le chemin et de lui trouver une caravane pour le déposer a Tramplevania qui se trouvais proche du désert mais sur mes terres, car il y avais interdiction pour mes gardes de passer en terre ennemie.

Le garde partit alors accompagné du grisâtre, la porte se fermant alors doucement dans un légèr grincement, et moi de mon coté, me remettant confortablement assise sur mon trône, je refermais les yeux dans un soupir, la satisfaction d'avoir accomplis grand travail aujourd'hui.

Jusqu'au moment ou l'infirmière arriva pour me changer les bandages, ce qui me réveilla pour de bon.

Décidément... Jamais le droit au repos ici.

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MessageSujet: Re: Syndrôme de stockholm [pv Yui]   Ven 4 Déc - 11:47






Ce fut Mlle Lullaby qui causa, moi je me tus. Après ma courbette, je me mis en retrait par rapport à la jeune pégase nécromancienne, causant le moins de bruit possible avec les liens qui nous unissaient. Maudite chaîne de malheur, tu en ris de mon désarroi. Un prisonnier de guerre contre ma volonté propre, pléonasme mais bien embêtant. Est-ce qu’on me fixait ? La reine avait ses yeux de chat posée sur son sujet, les gardes impartiaux comme et immobiles comme des statues ne brochaient pas d’un cil, bien formés comme des automates.

Mon compagnon d’infortune expliqua à sa souveraine mitée notre risible péripétie de geôlier et prisonnier. La reine prêta une attention particulière à notre infortune, elle buvait silencieusement les paroles de Mademoiselle Lullaby, elle acquiesçait mollement chacun de ses dires d’un signe discret de la tête. Impassible durant toute l’histoire, le regard de la reine jonglait en celui de la gamine et le mien, malgré son statut et la réputation qu’on lui donnait au Solar Empire elle restait neutre, à ma surprise. Enfin l’aventure terminée, la jeune pégase se recula et s’assied, la Reine au traits tirées demeura indécise, du moins de ce que je voyais. Bravant mes craintes je me décrivais un peu plus en détail celle qui siégeait en maîtresse de la ruche, ses bandages et les grimaces qu’elle tirait de temps à autre étaient preuve de la violence des combats à Gryphus. La fatigue devait la ronger, ses traits étaient tirés, elle ne devait pas vraiment avoir envie d’être ici. L’appelle des draps et de la royale couche devait être sa quête journalière et les tâches royales le fléau. Cette tranche d’humour me fit sourire, mais je masquais rapidement cette émotion lorsque je me dis qu’elle devait être de plus mauvais humeur que d’habitude. Je baissai la tête.

Elle considéra le problème avec attention, d’un ordre, elle fit mander un mage pour nous débarrasser de nos liens. Le changeling entra dans la salle du trône, sans précipitation. Dès qu’il nous vit, il s’approcha. Sous sa robe de magot je devinais une armure légère. Il observa finement le mécanisme de la serrure, une aura mauve pâle entoura l’objet. Sa bouche se mua puis soudain les anneaux se craquelèrent puis tombèrent en morceaux. Nous étions désormais libre l’un de l’autre.

«  Mademoiselle Lullaby, vous pouvez retourner à vos occupations. » Enfin… « J'aimerais parler seule avec ce chère Karl Tirecorde. » Mon sang ne fit qu’un tour.

Je maintins mon regard, droit dans ses yeux. Placée en hauteur elle devait légèrement incliner la tête pour me voir, mais elle gardait l’air supérieur que lui procurait sa stature, ses pupilles reposaient sur l’arcade inférieur. Ma respiration se faisait courte et silencieuse, ne voulant pas perturber le silence pesant présent.

« Je suis assez surprise de voir que malgré que vous êtes de l'ennemi, vous n'avez pas tenté d'emmerder ma chère Yui dans vos camps.  En récompense de cela, je vous demanderais simplement de partir, nous ne vous retenons pas. Vous avez libre droit de marcher sur les terres Changelings, mais que je ne vous vois jamais roder prêt du château. J'espère m'être fait comprendre. Cela ne veut pas dire que vous ne serez pas surveillé par contre. Donc attention à vous. Vous pouvez disposer maintenant. » Dit-elle d’un ton calme.

Mon cœur qui s’était emballé se calma petit à petit. Elle ne m’en voulait pas, c’était déjà ça. Pourquoi à son avis je n’avais pas attaqué sa chère abeille, je n’ai jamais réellement apprécié Celestia pourquoi irai-je m’adresser à elle ? De plus la garce de petite pégase ne me traitait pas de main morte, à peine j’ai pu récupérer mon paquetage qu’elle me trainait comme un vulgaire sac. Et puis entouré de changeling, comment aurai-je pu éventrer son si joli petit corps. C’est vrai que qu’une fois tuer, je n’aurai eu plus qu’à lui couper la patte pour me débarrasser du cadavre. L’opportunisme fait partie de mon caractère, crever pour de l’honneur d’avoir refusé d’être prisonnier. Au moins je fais partie désormais des rare être charnel à avoir pénétrer le palais royal changeling alors que je ne suis pas de la ruche. Je ravalais ma salive et me préparais à répondre, quelque chose d’intelligent pour changer, évites de te laisser submerger par tes émotions. Je la regardai dans les yeux et ouvris la bouche.

« C'est t-trop de b-bonté ma reine. Je suis heureux q-que ce malent-t-tendu sans émanation de sang. » Je sortis maladroitement.

Mais quel abruti que je suis, à quoi bon se préparé et reprendre de la confiance pour sortir un piètre discours. Le dos de la reine se raidit et un petit sourire émergea sur ses lèvres. Il y a des moments où je me botterais moi-même le derrière. Il serait inutile de faire durer ce moment plus longtemps, j’avais passé trop de temps dans ce trou à insectes. D’un signe de tête, je saluai la souveraine et m’apprêtai à quitter la salle, pour aller où, aucune idée. Après deux pas, je m’arrêtai de nouveau sur le chemin de la sortie et me retournai vers la Reine Chrysalis. D’une voix de simplet et gêné, je lui quémandai un peu d’aide pour rendre vers de nouvelles terres, le point de passage obligatoire était Hoofswell. La reine acquiesça ma requête et manda à un garde de m’accompagner pour me conduire hors de la Brèche et de me dégoter un convoi vers la cité souterraine de Tramplevania.

Je la remerciai une seconde fois puis repris le chemin de la sortie au côté d’un changeling en armure et armé. Mon maudit stress était tombé, mon cœur se faisait plus léger, pour autant je n’avais pas envie de sautiller, j’ai horreur de ce genre de réaction extravertie. Arrivé en-dessous du gouffre, le manège de l’ascenseur recommença mais vers la lumière du jour, ou plutôt du soir, le soleil n’était plus qu’une demi-orange à l’horizon. Immédiatement le garde m’amena vers une zone de chargement où une caravane de chariots patientait le temps que la cargaison soit chargée. Au meneur il expliqua ma présence et les ordres qu’il reçut. L’interlocuteur acquiesça et m’ordonna de grimper dans la carriole sous la bâche. Je remerciai le garde pour sa diligence puis m’assieds le dos contre un montant. Une nouvelle épopée m’attendait dont je n’avais aucune idée de l’issue qu’elle prendrait. Cela n’avait pas vraiment d’importance.

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