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 [solo] Une rencontre insolite (terminé)

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Karl Tirecorde
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Eternal Chaos

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MessageSujet: [solo] Une rencontre insolite (terminé)   Mar 21 Avr - 23:52



J’ignorais dans quel quartier dans l’ancienne ruche mère changeling je me trouvais, mais l’ambiance glauque qu’il y régnait me débectait un peu plus à chacun de mes pas. La chaussée constituait à elle seule un ramassis de pestilence, mes sabot s’enfonçaient dans une boue marronâtre aux allures de marécage urbain, les insectes pullulaient au-dessus de chaque flaque. L’aspect architecturale de ce quartier se limitait au quelques pâtés d’habitations encore debout, le reste n’était que chaumières délabrées et ruines rebutantes. Mais malgré la répugnance de l’endroit, le quartier restait animé par une vie marchande et pauvre, luttant pour sa survie dans ces bourgs mal famés. N’étant que de passage sur les terres changelings, je tentai de ne pas m’attirer trop d’ennuis, être un ex-solariste en plein territoire changeling n’est pas forcément la meilleure chose qui soit, les zélés existent et ne se ménagent point, capturer ou simplement abattre un ennemi peut valoir un petit avantage professionnel et alléchant au point de vue ascension sociale. Tramplevania étant sur la route d’Eternal Chaos, je n’avais guère le choix si je voulais emprunter le col donnant accès aux routes chaotiques, les alentours de la cité grouillaient la nuit de bestioles pires que les changelings eux même et nul n’aurait l’envie de les affronter seul. Vivant hors de la route mais la suivant tout de même, je préférai dormir en ville, quitte à être un marginal, plutôt que bivouaquer en terrain découvert.

« GAREZ-VOUS !» hurla un passant.

À cet avertissement les badauds s’écartèrent précipitamment me laissant seul au milieu de la chaussé ; étonné et abasourdit par la situation, la cause de ce repli me fonda dessus avant que je ne puisse savoir de quoi il s’agissait. Violement plaqué au sol, le nez dans le ruisseau, jurant comme un charretier, je maudis ce qui a bien pu mon tomber dessus quelques soit sa nature, les noms d’oiseaux ont l’étrange habilité de s’adapter à tous sujet. Me redressant, je sentis la chose glisser le long de mon flanc et plonger dans la boue ; craquant mes vertèbres en maugréant, je crachai la terre qui s’était introduite dans ma bouche avant de poser mon regard sur ce cadeau venu du ciel. La petite créature releva péniblement sa tête, le choc avait dû la sonner ; secouant sa crinière rousse, elle tourna son regard vers le mien, elle avait le museau couvert de terre et le pelage détrempé, ses ailes de chauve-souris repliées laissaient couler un mince filet d’eau. La petite chose était essoufflée et devait être au summum de ses sens, les oreilles braquées à chaque angle à l’affut du moindre bruit. La rue s’était tue et la populace nous dévisageait la petite pouliche et moi, ils nous encerclaient et formaient une sorte de public sordide n’attendant qu’une chose, mais laquelle ?


Soudain, la gamine s’enfuit à toute allure et traversa l’enceinte équine en slalomant à travers leurs pattes, son départ avait été causé par un raffut au loin dont l’amplitude indiquait qu’il se rapprochait. Une patrouille changeling accompagnée d’un civil en colère creva le cercle, armes au clair, la trogne furieuse, les canines sorties. Le hargneux désigna de sa patte un sac à mes sabots, je ne compris trop tard l’origine de sa colère, la garde pointait déjà ses armes et avançait d’un pas assuré. Serrant les dents, m'appuyant sur mes talons, j’attrapai la sacoche et la jetai sur mes assaillants avant de prendre la fuite, le sergent hurla que l’on me poursuive. Je passai l’enceinte vivante en jouant des épaules contre ces insectes bien trop frêles pour me bloquer moi et ma carrure, j’en envoyai valdinguer deux spécimens dans la boue à mon passage. La patrouille changeling pourvu d’ailes décolla  immédiatement pour fondre sur moi, je changeai brusquement de trajectoire afin d’emprunté de minuscules ruelle encombré par les encorbellements des bâtiments ; je devais chercher un refuge pour attendre quelques heures, sortir de la ville avec une escadrille aux fesses ne ferait qu’attirer l’attention sur moi. Débouchant sur une rue plus large, je bousculai un maraicher, faisant choir son étal et m’administrant plusieurs insultes de sa part ; la patrouille s’était divisée en deux, l’une me suivait de son vrombissement sur chacune de mes trajectoire, l’autre devait je pense, avoir pris la hauteur afin de me suivre à distance.

Je repris une autre rue transversale dont la chaussée pavée était semblable à une planche à savon, les ailes de mes poursuivant devenaient de plus en plus présentent, ils allaient bientôt me mettre la patte dessus. Un porche parallèle à la rue se profila une dizaine de mètres plus loin, j’accélérai et me rapprochai du mur longeant la chaussée, j’attrapai alors un gond rouillé me faisant pivoter autour de cet axe et finis par être bloqué contre la porte. Les deux changelings passèrent à folle allure dans un bruit pétaradant, je repris ma course dès que le second eut passé, me dirigeant cette fois-ci vers une traboule assez étroite où ils seraient obligés de se poser afin de pouvoir passer. Je débouchai sur une petite cour intérieure d’un bâtiment visiblement abandonné, mes connaissances sur l’habilité des changelings se révélèrent être fausses puisque j’entendis résonner comme deux vieux moteurs de Solex arriver par la traboule, l’ouverture était petite et il me fallait une idée, je sortis donc ma poêle. Le premier esquiva et remonta en chandelle, mon ustensile de cuisine frappa le second qui, m’entrainant avec lui s’écrasa au fond de la cour dans un formidable barouf. Dans la poussière soulevée par le crash, je récupérai ma poêle et fichai rapidement le camp d’ici, le premier changeling s’en est surement aller rameuter le reste de la patrouille et l’endroit devenait une véritable sourcière.

Sortant en trombe du boyau, je filai dans la direction opposée de laquelle j’étais venu, fendant l’air jusqu’à une autre ruelle étroite menant je ne sais où mais si possible le plus loin des gardes. Les mités vrombissaient toujours au-dessus de ma tête mais semblait plus me rechercher que me poursuivre, cela ne m’empêcha pas de continuer ma route et finir par arriver dans un quartier abandonné où je pourrais me cacher et attendre quelques heures. Retirant cette fichue cape pleine de boue, je décrottai mon corps salie par la pestilence des rue, puis raclai la terre qui s’était incrustée dans le tissu.

Je m’allongeai sur un panneau de bois préalablement disposé afin de m’isoler de l’humidité du sol et profitai de ma cachette pour reprendre des forces, ce n’était pas pour autant que je levai mes gardes, mes étoiles ne devaient pas avoir totalement disparues et la maréchaussée devait être encore à ma recherche ; je devais donc rester vigilant. Si l’on surprenait, le quiproquo dont j’étais victime ne me laisserait aucune chance. C’est alors que j’entendis faiblement des pas à l’étage au-dessus, ils semblaient se rapprocher timidement, j’approchai mon sabot de la queue de ma poêle, la sortant de mon sac centimètre par centimètre. Mon regard était rivé vers plafond, de la poussière tombait à chaque pas, me donnant à priori la position de l’indiscret ; c’est alors que je vis une patte, puis tout le reste du corps ainsi que des débris de bois et une poutrelle tombèrent en fracas dans le rez-de-chaussée formant un nuage de poussière humide et lourde. Me couvrant les narines, je toussai tout en essayant de disperser le nuage avec ma patte, me yeux clos et pleurant découvrirent alors dans les débris le corps d’une petite bat pony :

« TOI ?! » M’écriai-je.


Elle fila dès qu’elle m’aperçut mais dans la précipitation sa patte buta et elle bascula en avant la tête la première, je saisis l’occasion pour l’immobiliser. Retenant son corps au sol, elle se débattit comme une furie donnant maints coups de sabot et même me mordant à pleines dents une patte. Elle réussit à se défaire de mon étreinte et s’enfuit en direction de la porte, mais je réussi à lui saisir la queue coupant net à sa tentative d’évasion et tirant sa masse capillaire postérieur, je la ramenai sur le ring et étreignis de nouveau son corps et ses pattes antérieures. Dos à moi, elle déplia soudainement ses ailes, raclant mon museau avec l’armature osseuse de celles-ci, elle profita de ses excroissances dorsales pour m’affliger une série de torgnoles extrêmement efficace. Déconcentré par ces gifles taille couvercle de tonneau, elle en profita pour frapper de ses fers mon abdomen et abattit ses sabots droit dans les gonades. Je me crispai sous la douleur et relâchai d’une patte mon étreinte pour la porter contre mes parties meurtries et douloureuses, la vilaine tenta une nouvelle évasion avant de rechuter, une de ses patte était toujours mienne et ne cessera de l’être tant qu’elle ne se sera pas calmée ! Sous le joug de maux charnels, je ramenai d’un coup sec son corps contre le mien et me redressant, je la soulevai par la taille et maintins du bout de mes pattes son enveloppe contre le mur. Essoufflé par le combat, je retins presque une demi-minute nos deux corps dans cette position, elle aussi était essoufflés, sa respiration était de plus saccadé que la mienne, du fait sûrement de la posture dans laquelle elle se trouvait. Elle n’avait rien à craindre de moi, jamais je ne frapperais ou tuerais un enfant en toute intégrité cérébrale et je parvenais encore à retenir mes gestes, la gamine n’aurait jamais pu être blessé de mon propre sabot. Son regard apeuré m’indisposait, j’avais comme l’impression qu’elle était condamnée et que j’étais son bourreau, sa position devait être assez inconfortable et attendre ne faisait qu’accentuer le malaise entre nous ; il était temps de briser la glace.

« Calmes-toi, je vais te reposer, mais en échange tu ne t’enfuiras. T’es d’accord ? » Lui demandai-je d’un ton calme et rassurant.

La petite acquiesça d’un signe de tête, je la reposai doucement au sol, délicatement pour ne pas l’effrayer ; c’est alors qu’elle agrippa ma crinière et me planta ses sabot dans la figure. Me relevant à moitié sonné, je sentis un arrière-goût de fer dans ma bouche, tapotant mon visage, je compris que la sale chipie m’avait foutu le museau en sang ; de plus, elle en avait profité pour foutre le camp. Sale gosse va !

J’attendis longuement que la situation se tasse, difficile de se rendre compte du temps qui passe dans un cité souterraine illuminée à toutes heures. Mon sang avait séché et formait de petites croûtes accrochées à mon pelage, l’arcade de mon œil droit me lançait, avec un peu  de chance elle m’avait fait un œil au beurre noir, le pied. Me faire battre par une gamine, non mais faut le faire ! Elle ne m’avait laissé aucune, comment voulez-vous maîtriser une furie pareille ? Elle serait bien capable de vous foutre le feu si l’on lui laissait faire.

Le temps passait et ma patience avait des limites, j’enfilai ma cape encore humide et sortis discrètement de la bâtisse par un pan de mur effondré et retournait en ville, ma tête couverte par ma capuche. J’évitai soigneusement toute rue animée pour ne garder que les passages les plus déserts, mais il fallait me rendre à l’évidence, j’étais bel et bien perdu, seul au milieu d’une cité changelinne, et merde. Je tournai encore pendant un bon moment dans le quartier, j’avais l’impression que toutes les maisons se ressemblaient, les ruines étaient toutes identiques, les rues désertes dans lesquelles je marchais n’avaient aucune différences entre elles, et les quelques personnes que je croisai étaient soit, armées, soit complètement ivres, soit mortes. Mais le plus étrange, c’était que malgré les innombrables détours que j’effectuai, j’avais l’impression que l’on m’observait ou plutôt, que l’on me suivait, que quelqu’un m’épiait dans mon dos. Était-ce un simple badaud un peu curieux, un garde m’ayant reconnu, je voulais en avoir le cœur net.

À l’angle d’une maison je bifurquai dans une impasse, me cachant dans un renfoncement du mur, je sortis ma poêle et la brandis au-dessus de ma tête. Dressé sur mes pattes arrières, j’attendis que ma filature daigne à pointer le bout de son museau, mon ustensile prêt à s’abattre sur sa caboche. C’est alors que timidement, une patte franchit l’entrée de l’impasse suivit d’une tignasse rousse aux nombreuses tresses. Son corps anthracite fermait son passage, elle ne m’avait pas remarqué ; Pourquoi cette gamine me suivait-elle ? Essuierai-je une deuxième défaite ?

Je tentai une approche différente, je posai délicatement ma poêle sur le sol et me rapprochai de la petite bat pony lentement ; lorsque mon ombre recouvrit la sienne, elle retourna la tête et s’exclamant de surprise, elle déplia ses imposantes ailes afin de prendre la fuite. Abattant mon corps sur le sien, je tentai une nouvelle fois de l’immobiliser.

« Je n’veux pas te faire de mal !... »

Elle bourra ses sabots contre mes joues…

« J’te l’promets !... »

Elle essaya de glisser d’entre mes pattes, mais je la tenais fermement…

« J’ai juste une question à te poser !... »

Elle se débattait comme une diablesse et elle finit par se détacher de mon étreinte. Elle déplia ses ailes tout en prenant son élan…

« JE SUIS SINCEEEEeeerre… »

A ces mots, la gamine stoppa net sa course. Repliant ses ailes, elle se retourna et s’approcha timidement de ma tête ; j’étais complétement vautré dans la terre, les pattes étalées aux sols, la barbe trainant dans une flaque. Son regard de petite effronté me scrutait la trogne sous tous les angles, je n’osais même pas me relever, je serais bien encore capable de lui faire peur ; il faut avouer qu’elle avait l’air très craintive. A un peu près un mètre, elle prit une petite respiration et ouvrit la bouche,

« Pourquoi t’es méchant avec moi ? » Demanda-t-elle naïvement.

« Je ne voulais pas être méchant, c’est toi qui t’es braquée dès que j’ai voulus te parler. »

« Oui mais tu m’as fait peur avec ta tête. »

Que ? Quoi ma gueule, mais qu’est-ce qu’elle a ma gueule, non mais sans rire j’ai une tronche à effrayer les mômes moi ?

« C’est quoi ton nom ? »

« C’est pas le moment, je voudrais sav…. »

« C’EST QUOI TON NOM ?!!! »

« (Grumpf)… Karl, je m’appelle Karl. »

« Karl ? Kaaaarl, Ah oui Karl ! Comme les céréales, les Karl Flakes. »

« Non… Tu confonds avec les Corn Flakes. »

« C’est pareil. »

« Si l’on veut… »

« Pourquoi tu cours partout ? »

« (soupir) Parce que quand tu m’es tombé dessus, ta sacoche est restée devant moi et les gardes ont cru que je l’avais volé. Ils m’ont alors poursuivi et je me suis perdu dans cette cité. »

Lui demander pourquoi elle avait volé cette sacoche ne m’aurait pas plus avancé, je savais ce qu’était la rapine et les motifs qui l’accompagnaient. Il me fallait surtout réussir à la convaincre de m’aider à sortir de ce trou.

« T’as pas de chance en fait. »

« La faute à qui. Saurais-tu comment on sort de cette ville ? »

« Bah en suivant la grande route. »

« (soupir) Et par un chemin où il n’y a personne. »

« Et pourquoi je t’aiderais ? »

« Heuuuuh eh bien… Parce que tu as une adorable frimousse et que tu es très gentille… »

« Ca marche pas. »

« Tu veux combien ? »

« Ça dépend, fais voir. »

Je lui tendis quelque pièce.

« Ça ira ? »

« Tope là ! »

La petite leva son sabot et le tendis vers ma tête, toujours à terre je levai un des mien et tapa mon fer contre le sien, notre marché fut ainsi conclu dans cet acte enfantin. Je me relevai, époussetant mon pelage et ma cape, la gamine partie en tête et je la suivais ; le chemin fut tortueux et enchainait ruines et rues infestées par la vermine. La petite connaissait parfaitement le chemin et nous ne nous perdîmes point, de plus, son itinéraire passait en des lieux vides de toute présence changelinne et nous arrivâmes enfin sur le chemin de la sortie. Je payai le prix convenu et quittai la jeune fille qui s’envola en direction de notre point de départ. Je finis le chemin seul et retrouva enfin la lumière du jour.


J’approchai du désert d’Hoofswell, la végétation luxuriante de Changeling Swarm laissait désormais place à une flore plus dégarnie et sèche. Les milans volaient au-dessus de ma tête, piaillant dans les cieux et formaient de larges cercles à la recherche de proies à se mettre sous le bec ; je ne devais être qu’un trouble-fête faisant fuir d’éventuels rongeurs du moins, je pensais. L’astre diurne achevait son déclin et sa majestueuse rondeur s’en trouvait séparée de son autre moitié ; Luna n’allait pas tarder à plonger le monde dans ses ténèbres indigos et scintillantes de milles un éclat blanc avec à la tête de ceux-ci, son royaume de jadis. Je trouvais un endroit pour passer la nuit à l’abri des regards, derrière une colline entre des fourrés. Les flammes crépitaient et reflétaient leur lumière contre mes sabots, et la douce lueur orangée du feu me réchauffait corps et âme. M’apprêtant à me laisser bercer dans les douces pattes de Morphée, je quittai mon sac et m’enroulai dans ma cape avant de m’allonger près feu.

Mon repos ne dura que quelques secondes, un étrange bruit me tira de mes songes et m’obligea à me relever, mes oreilles aux aguets, mon regard cherchant à percer les fourrés. Une bestiole semblait se terrer derrière une masse d’arbustes et elle ne cessait de remuer ; je saisis mon arme de fortune et me relevai. Je parvins à localiser l’origine de ces mouvements de feuilles et de branches, un amas de buissons situé en face de moi contenait mon trouble-repos, les hypothèses de rencontre s’enchainaient dans ma tête. Était-ce un simple rongeur en quête de nourriture ? Un prédateur m’ayant choisi comme repas nocturne ? Un malandrin  qui tentait de voler mes maigres affaires ? Toutes ces possibilités tenaient, mais à un détail près, l’être aurait fait preuve d’une plus grande discrétion. Je décidai de porter ma voix à l’inconnu, au moins il saurait que se dissimuler ne servait plus à rien.

« Qui va-là ? » Demandai-je à haute voix.

Aucune réponse ne se fit entendre, seul le vent semblait m'écouter ; je retentai ma chance.

« Je sais que vous êtes là, inutile de vous cacher. Passez votre chemin ou sortez de l’ombre. »

L’échange n’avait pas évolué et j’étais en train de parler dans le vide. Agacé, je contournai le feu de camp et me postai devant les fourrés ; c’est alors que la chose sortit des ténèbres pour se mettre dans la clarté des flammes.

« Encore toi !! » M’écriai-je.

C’était encore une fois la gamine, la bat pony à la robe noire anthracite et à la crinière rousse chatoyante. La mine fatiguée et le corps tremblant, la petite me passa devant sans même m’adresser un regard et s’approcha du feu. Aucun mots me vint à la bouche, je restai planté là, à observer la môme se coucher prêt du feu. Je la rejoignis et m’assieds en face d’elle, les flammes se reflétaient dans ses yeux ; mon regard posé sur son visage, je brisai le silence.

« Pourquoi m’as-tu suivi ? »

« (…) »

« Réponds-moi, je ne vais pas te manger. »

« … Je voulais voir comment que c’était dehors… »

« Mais pourquoi tu n’es pas retourné en ville ? »

« Je me suis perdu… »

Elle avait l’air désolé que cela lui soit arrivé, comme si elle avouait une bêtise.

« Mais on est à une bonne distance de Tramplevania, ne me dis pas que tu as volé tout droit sans te retourner. »

« (…) »

Je m’allongeai en face d’elle, et regardai silencieusement le feu perdu dans mes pensées. La gamine s’était perdue et il faudra sûrement la ramené en ville. Je n’avais pas de grosses réserves de vivre et elle me gâchait deux journées de marche, la belle affaire.

« Je t’ai suivi parce que j’étais perdu et que je t’ai vu d’en haut. »

« Tu pensais trouver quelqu’un que tu connaissais et qui te raccompagnerait en ville, c’est ça ? »

« J’veux retourner à là-bas… »

Allons donc

« C’est moche, c’est froid et puis c’est tout le temps mouillé. »

« Mais et ta familles, tes parents doivent être mort d’inquiétude. »

« Ils sont partis. Un jour, la maison était vide quand je suis rentrée, tous mes frères et sœurs étaient partis… »

« Et tes parents ? »

« J’en ai pas. »

Le classique de l’orpheline qui n’a plus de parents et qui s’attache au premier individu qui s’intéresse un peu à elle, non mais elle croit quoi, je ne suis pas un orphelinat ambulant.

« Karl ? »

« … Moui ? »

« J’ai froid. »

« (soupir) Bah prends la couverture qu’il y a dans mon sac. »

« Ok. »

Le sourire semblait lui revenir, elle fouilla a besace et en sortit l’épaisse étoffe ainsi qu’un morceau de pain qu’elle dévora sous mes yeux étonnés. Je décidai de laisser tomber ce geste et m’entortillai un peu plus dans ma cape avant de poser ma tête entre mes sabots.

« Karl ? »

« (soupir) Quoi ? »

« Tu me racontes une histoire ? »

« Humregnegne, nan. »

« Alleeeeeeeezzz. »

« Nan j’t’ai dit. »

« Kaaaaaaaaaaaaaaaaarl. »

« T’es chiante tu sais. »

« Steuplaaaiiiiiiitt. »

« Bon t’écoutes, et tu ne l’ouvres pas. »

La gamine tourna sa tête vers la mienne.

« C’est l’histoire du Petit Chaperon Rouge »

« Pourquoi pas jaune ? »

« Parce que. »



« Il était fois, un petit chaperon rouge qui habitait Ponyville avec sa mère dans une charmante chaumière. Un jour, le Petit Chaperon Rouge devait aller chez sa Mère-Grand qui habitait de l’autre côté de Everfree Forest. La jeune fille qui allait sur son seizième printemps décida que plutôt que de faire le tour de ladite forêt, elle emprunterait le chemin qui la traversait. Sa maman lui donna des denrées pour sa Mère-Grand : un pot de beurre, une tarte au pomme, des biscuits et une bouteille de gnôle. La petite terrestre s’enfonça alors dans l’obscure végétation peuplée de bestioles maléfiques, elle trottinait en chantonnant une petite comptine bonne enfant ; c’est alors qu’elle entra sur le territoire d’un terrible Timberwolf.
Le Petit Chaperon Rouge ne remarquant pas la présence de l’imposante bête, décida qu’il était temps de faire une pause dans cette petite clairière. Alors qu’elle s’était assoupie à l’ombre d’un grand arbre, l’imposante créature s’approcha lentement de sa proie, la bave au lèvres ; il n’était plus qu’un mètre de la petite lorsqu'elle se réveilla. Mais comme elle n’avait jamais de timberwolf auparavant, elle se contenta de l’observer naïvement.

« Monsieur, qu’est-ce que vous avez de tout petit yeux jaunes. »

La bête quoique surprise par ces paroles, se prit au jeu et répondit en toute honnêteté.

« Mais, c’est pour mieux pénétrer ton regard mon enfant. »

« Monsieur, qu’est-ce que vous avez une sacré gueule de bois. »

« Saches ma petite que c’est mon visage et que je ne bois de cèdre, jamais. »

« Monsieur, qu’est-ce que vous avez de grandes dents. »

« Eh bien, c’est pour te croquer ma petite. »

C’est alors que la bête approcha sa gueule et… »


« Et il embrassa le Petit Chaperon Rouge. »

« Pardon ? »

« Et après, ils aimèrent et eurent tout plein d’enfants. »

« … Si tu veux… »

Je n’osai même pas imaginer l’état dans lequel devait être le Petit Chaperon Rouge.

La petite bat pony bailla puis s’assoupie pour de bon, sa crinière glissa le long de son visage couvrant ses yeux et son petit museau. Je ne savais plus trop quoi penser de cette histoire, la gamine dormait en face de moi et demain il faudra la reconduire en ville. Personnellement, cela ne m’arrangeai pas. La petite serait sûrement capable de rentrer toute seule en suivant la route de plus, elle est capable de voler. Mon regard tomba de nouveau sur elle, son sommeil était paisible, enroulée dans sa couverture, son visage marqué par un léger sourire. Je m’endormis à mon tour.


L’aurore me sortit de ma torpeur et les premiers rayons de l’astre diurne révélaient les alentours, le feu avait fini par s’éteindre durant la nuit, le cercle était encore marqué par la chaleur et les cendres. Relevant ma tête, je m’aperçus que la petite n’était plus en face de moi comme au début de la nuit, mais blottie contre mon épaule et toujours emmitouflée dans sa couverture. C’est avec une certaine neutralité de pensée que je me levai, faisant basculer le corps de la môme la réveillant par la même occasion. Elle émergea disgracieusement à coup de bâillements et d’herbes coincées dans sa crinière pendant que je me rééquipai pour le voyage. Je repris ma couverture en rangea ma poêle avant de l’inviter à me suivre jusque sur la route.

Nous étions juste au bord du large chemin de terre qui signalait visuellement la présence d’un axe de circulation majeur dans les environs, j’indiquai à la petite le chemin à suivre pour rentrer à Tramplevania. Elle n’aurait qu’à suivre la route à pied ou en vol, avant d’arriver à une intersection ou elle devrait prendre à gauche avant d’arriver devant l’entrée de la cité souterraine. Je lui filai un peu de nourriture pour le trajet et l’envoyai retrouver sa cité, mais elle refusa. La petite effronté ne voulait pas retourner dans cette ville, ce que conçois sachant qui dirige ce royaume et qui dominait la ville. La bat pony s’assit dans l’herbe sèche et scruta les alentours le visage neutre, des étoiles mortes dans ses yeux, je soupirai. Je comprenais son désarrois, cette ville glauque aux yeux d’étain ne renfermait que vermine bonne que pour les infâmes sujets de Chrysalis ; moi-même je n’aurais pu supporter de vivre dans une telle immondice. Soit, je m’assieds à côté de la gamine et plongeant mon regard dans le sien...

« Au fait, j’ignore ton nom. »

« Brian, je m’appelle Brian. » répondit-elle.

Comme dans la chanson…

« Brian, veux-tu venir avec moi ? »

Les étoiles dans les yeux la petite brillèrent, Brian se leva d’un bond et se blottie contre mon torse ; ne sachant quoi faire, je passai ma patte derrière sa tête, pour la réconforter. Elle se détacha une nouvelle fois de mon étreinte, mais elle ne fuit pas, elle ne fuirait plus devant ma trogne. Nous reprîmes la route vers Hoofswell qui, une fois traversé, nous donnerai accès aux terres chaotiques.

Hors Rp:
 

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