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 [Solo] Rouages d'or et Magie d'ombre

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Zenith Dawnblade
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MessageSujet: [Solo] Rouages d'or et Magie d'ombre   Mar 21 Juil - 0:00


Rouages d'or et Magie d'ombre


Introduction à la Nécromancie

Canterlot, grande capitale solariste, ex-capitale d'Equestria, chef-lieu de la haute société, miroir de tout ce que des Poneys pouvaient créer de miroitant et chatoyant, centre politique, économique et culturel de grande envergure... Lieu de résidence de la grande Princesse Célestia... Était-il simplement envisageable de ne point estimer cette cité, de ne point reconnaître et admirer sa splendeur?

J'y avais ouvert les yeux, et ces grandes structures de marbre et d'or m'avaient vu grandir et mûrir, guérir et apprendre... Peu importait cette crainte de la montagne qui me collait à la peau depuis mon accident, la civilisation dominait entièrement la masse minérale qui l'accueillait. Mais je n'avais guère le temps de m'ébattre dans les allées marchandes, d'offrir à mon regard le plaisir de la joaillerie gravée, de la douce texture de tant de tenues, de la précision et du détail des œuvres picturales introduisant aux galeries d'art.

Quand bien même je n'éprouvais que peu de satisfaction à me parer d'ornements précieux ou d'étoffes délicates, à saupoudrer mon visage de tel ou tel maquillage comme me l'exigeaient les normes sociales durant les bal et autres événements mondains; je ne pouvais qu'admirer les objets en tant qu'art, et vouer un profond respect à ceux et celles qui choisissaient d'aborder de telles parures tous les jours.

Seulement, le temps me manquait, la forge croulait sous les commandes et c'était bon gré mal gré que ma partenaire avait accepté de se passer de moi cet après-midi. Je ne m'attardais donc guère aux nombreuses et familières vitrines, et me dirigeai d'un pas vif vers le quartier royal, à proximité duquel logeait ma famille. Contournant la muraille intérieure, inclinant la nuque pour saluer les gardes en faction, longeant les allées de manoirs éclatants et débordant de motifs architecturaux plus complexes les uns que les autres, je m'arrêtai finalement face à une villa qui semblait presque sobre, en comparaison avec les habitations mitoyennes.

Le vigile en faction me salua en me reconnaissant, et je lui souris poliment, m'engageant dans l'allée centrale, pavée et bordée de haies pour laisser le jardin dans son intimité. Je levai le museau vers la demeure, retraçant mentalement le plan des différents paliers. Une résidence sur deux étages, cernée par deux grandes tours. Celle de gauche abritait la bibliothèque familiale, certes plus modeste que celle du palais, et Mère en avait fait son laboratoire, réaménageant l'étage supérieur en bureau doublé d'un laboratoire de magie - naturellement interdit d'accès durant ma prime jeunesse. À son opposée, l'autre abritait la salle d'arme, communiquant avec une salle d'entraînement dans le bloc centrale, et l'étage supérieur nous servait simplement de remise - une salle de trésor, débordante d'histoire et d'aventures pour un enfant. Enfin, le bâtiment centrale accueillait les salles de vie commune au rez-de-chaussée, les chambres et leurs infrastructures sanitaires au premier palier, et les chambres de bonnes sous les combles, la cave accueillant cuisine et tous ces espaces domestiques.

Tandis que je m'approchais de la haute porte d'entrée, des chocs sourds me parvenaient, Père devait s'entraîner dehors contre un mannequin de bois. Voir ce Lieutenant de la Garde royale exercer ses talents de bretteur était un spectacle remarquable pour un néophyte, et à couper le souffle pour un amateur qui reconnaissait la complexité de sa technique. Seulement, ce n'était pas pour voir Elios Dawnblade que j'étais ici, sous ce soleil de milieu d'après-midi, mais pour voir sa femme, la mage Leto, ou la Thaumaturge, comme elle aimait à s'appeler. En effet, cela faisait longtemps que je n'avais abordé le thème de la magie avec elle, et il me semblait à présent important de me renseigner. Et qui de mieux placée qu'une telle érudite sur la magie pour obtenir informations et conseils?

Je levai mon sabot vers le bélier de la porte, puis le reposai à terre pour me servir plutôt de ma lévitation, frappant à quatre reprises contre l'entrée. Le halo émis avait été d'un bleu pâle, illustrant mon trac à me présenter ainsi, ayant uniquement prévenu ma venue la veille, par une missive. Je venais, sachant pertinemment que mes deux parents étaient présents -cas suffisamment rare pour être noté- , et me contentais d'une discussion avec Mère avant de partir, sans même rester pour souper.

Un bruit de galop aigu me fit dresser l'oreille, et un sourire s'esquissa sur mes lèvres, tandis que j'écoutais des babillements inintelligibles de l'autre côté, suivis d'une voix plus posée et du bruit sourd de l'ouverture de la porte. Me redressant instinctivement tandis que les deux battants s'écartaient, je tentai d'abord de garder mon sérieux face à mon ancienne gouvernante qui tenta de dire quelque chose, interrompue par un éclair bleu et rouge qui se jeta sur moi, criant presque:

"Zeniiiii!"

Me mordant ma lèvre pour ne pas éclater de rire, et constatant que la vieille jument faisait de même, je posai mon sabot sur la crinière rubis de mon jeune frère et lui dit:

"Voyons Apollo, un peu de tenue! Jenna ne vous a donc rien enseigné?"

Souriant de toutes ses dents, le poulain aux yeux d'or se reculant un peu et tendis les pattes, se tenant droit comme un petit soldat. Gloussant légèrement, la nourrice s'excusa en posant son sabot là où le jeune se relâchait, lui rappelant de tenir sa posture:

"Bienvenue Dame Zenith, et pardonnez le jeune Sir, il semblerait que je sois moins exigeante avec l'âge. Il est plein d'énergie et s'ennuie lorsqu'il est seul, il est difficile de le tenir. Presque autant que vous à son âge."

Je haussai un sourcil perplexe, ne comprenant pas son allusion. Je me considérais pourtant comme une jument tout aussi calme que la pouliche que j'avais été. J'allais lui répondre quand un pas dur et rythme très caractéristique m'interrompit, prévenant un voix grave et rauque:

"Bienvenue Zenith, avez-vous fait bon voyage?"

Le regard borgne de mon père se fondit dans le mien et je lui offris le sourire poli et mesuré que j'offrais à ma famille proche. Une servante se précipita avec un tissu pour éponger sa sueur de l'étalon mais ce dernier refusa, arguant qu'il allait retourner s'entraîner dans un instant. Je lui répondis donc, couvrant de mon mieux l'intimidation que je ressentais en sa présence:

"Très agréable, Père, je suis heureuse de voir que vous semblez bien vous porter. J'allais de ce pas rejoindre la Tour Sud, Mère y travaille-t-elle déjà?"

"Oui," acquiesça-t-il, "Dame Leto doit très certainement vous attendre à l'heure qu'il est. Pour ma part je venais chercher ce jeune poulain, afin d'observer sa progression."

"Soit, dans ce cas je vous souhaite bonne chance, et dans l'éventualité où je ne vous recroise point ce soir, je vous salue."

Le gradé me salua en retour et se détourna, rejoignant une porte proche, suivit par Apollo qui imitait de son mieux son grand pas et par Jenna qui me gratifia d'un sourire plus chaleureux, que je lui rendit. Regardant le flanc vierge de la petite licorne disparaître, je me perdis dans mes pensées. Quel sera le talent du jeune mâle? Impossible de le prédire, il semblait exceller dans tout ce qu'il entreprenait c'en était rageant. Il était l'image de l'enfant noble idéal: énergique, attentif aux nouveaux centres d'intérêts, il faisait ses premiers pas dans l'art de l'épée et sans aucun doute dans celui de la magie. Je ne serais point même surprise que sa Cutie Mark puisse être l'emblème même de la famille, voir de la nation.

Et tandis que je pensais à lui, autre chose me frappa, m'arrêtant au milieu de l'escalier que j'entreprenais de gravir. Il était jeune, si jeune. Nous avions 26 ans d'écart, je pourrais tout aussi bien être sa mère. Cette pensée me glaça. Moi? Avoir des enfants? Quelle idée... étrange. Puis quand bien même, avec qui? Mes parents avaient à n'en point douter une infinité de réponses à cette question, et je voyais bien qu'ils percevaient mon célibat d'un air hésitant. Ils m'avaient épargné le mariage arrangé, sans doute car je ne véhiculais guère une image représentative des Dawnblade, de part mon handicape et mon talent, mais je les savais plutôt opposés à mon union avec un individu du bas-peuple. "Je me liais avec un noble ou un haut gradé militaire, licorne de préférence, ou je restais seule, mais en aucun cas je ne salissais mon nom." Mais dans la mesure où j'avais fait le choix de vivre et travailler hors de la capitale, il était complexe de respecter cette maxime.

Alors que mon esprit tendait à vagabonder vers des souvenirs que je préférais éviter, une jeune servante se présenta face à moi, chargée de linges, et me salua avant de poursuivre sa descente. Reprenant conscience de la réalité, je lui répondis un peu en retard et repris ma marche, atteignant le palier des suites et longeant le couloir jusqu'à une lourde porte gravée entrouverte. Je déglutis légèrement, me sentant comme bravant un interdit, et poussai doucement le battant du sabot, n'osant utiliser de magie dans ce lieu à haute teneur d'instabilité.

En effet, la salle qui se présenta à moi était un laboratoire, ou du moins en partie. Des rangées de livres agrémentaient les murs, un bureau de bois sculpté présentait un amas de feuilles et d'ouvrages ouverts ou clos dans un apparent désordre, plusieurs notes étaient éparpillées, mais aucune de traînait sur le dallage du sol, tout restait sagement placé sur le meuble, prêt à être fouillé par sa propriétaire. Enfin, "fouillé" n'était probablement guère le terme adapté, dans la mesure où Mère n'avait point besoin de regarder le capharnaüm pour en saisir magiquement un composant et le retirer sans même ébranler l'équilibre précaire dont il faisait parti.

La grande licorne me tournait d'ailleurs le dos, bien que très probablement au courant de ma présence en ces lieux, son étude semblait accaparer la totalité de son attention. Face à une large table de facture moins précieuse, elle était cernée par deux écrits traitant d'obscurs sujets magiques auxquels je m'étais hermétiquement close durant mes première années, ainsi que par une variété de flacons et autres récipients plus ou moins remplis de matériaux aux propriété magiques, voir alchimiques. En me penchant légèrement, je pus constater que la licorne dont je partageais le pelage mais pas la crinière mauve, bien que nos boucles soient semblables, faisait léviter une sphère chatoyante de magie arcanique, contenant ce qui me semblaient être des feuilles en train de faner, de redevenir vertes et de changer de forme avant de se réduire en cendres.

Face à ce résultat, ma mère poussa un soupir où perçait son exaspération et fit disparaître la sphère au dessus d'une corbeille, où tombèrent les déchets. Ceci fait, elle fit léviter une plume qui gratta le parchemin situé sous ses yeux, la renvoya dans son pot d'encre et se tourna finalement vers moi, faisant tinter la multitude de bijoux qui l'ornaient. Son regard vairon rouge et or se plongea dans mes pupilles bleu, comme pour les sonder et lire en moi. Je faisais malgré tout de mon mieux pour maintenir l'échange visuel durant les quelques secondes qu'il dura, jusqu'à ce qu'elle n’interrompe le silence d'un ton ni grave ni aigu, de sa voix douce mais puissante, habituée aux incantations et aux conférences:

"Bienvenue Zenith, j'espère que votre trajet fut agréable. Asseyez-vous donc, nous pouvons discuter tandis que je travaille."

"Merci Mère," répondis-je en prenant place sur son siège, avant de reprendre: "Oui, le voyage fut agréable, les trains solaristes sont toujours... fort confortable."

"Bien," trancha-t-elle avant de retourner à ses éléments, créant une nouvelle sphère arcanique, "Mais il me semble que vous n'aviez que peu de temps, donc venons-en au fait, vous n'avez probablement point demandé à me voir pour discuter de la ligne reliant la province à la Capitale."

Je me pinçai les lèvres face à la reproche indirecte qu'elle me fit, et constata qu'elle n'avait guère changé: si elle pouvait tenir une longue et futile conversation avec n'importe quel individu lors de n'importe qu'elle réunion mondaine, elle était en réalité bien plus pragmatique en milieu privé ou professionnel, répugnant la perte de temps et cherchant à atteindre l'essentiel. Un masque qu'elle portait remarquablement bien, comme tous les membres de ma famille maternelle, camouflant une orientation de l'esprit bien plus matérielle. L'exemple le plus flagrant était sa multitude de bijoux, qui étaient loin d'être issu d'une simple satisfaction superficielle, puisqu'ils étaient autant de catalyseurs pour contenir sa remarquable endurance magique, scintillant à tour de rôle pour soutenir l'effort qu'elle imposait à sa corne. J'en vins donc, comme elle le souhaitait, au fait, disant d'une voix claire les phrases qui avaient longtemps tourné dans mon esprit:

"Je voudrai intégrer de la magie à mes mécanismes, afin de leur offrir un certaine autonomie. C'est un mélange qui n'a jusqu'alors jamais été concrétisé, et qui m'intéresse particulièrement. Seulement, je n'ai que peu de connaissances en ce domaine, et il me faudrait l'étudier pour comprendre comment y faire. Il s'agirait de se servir de l'énergie magique comme... carburant, et cela permettrait à la machine d'agir seule, choisissant "instinctivement", si je puis dire, quelle ou quelle fonctionnalité utiliser..."

Durant ma tirade, Mère avait soupiré, et ce simple son avait sapé mon assurance, je me sentais comme une idiote émettant un flot d'ânerie pour paraître savante sur un sujet qu'elle ne maîtrisait en rien. Je me repris donc, relativisant mon propos:

"Seulement, je n'ai point une esquisse d'idée sur les possibilités de la magie sur une machine, et c'est pour cela que je viens vous demander conseil, afin de définir les limites de cette perspective."

Je savais aussi que si complimenter permettait de s'attirer les faveurs de bien des individus, il n'en était rien avec cette jument qui maîtrisait les ficelles de la manipulation à un point qui me dépassait souvent. Je me retins donc d'encenser son immense talent et ses multiples connaissances du domaine. Elle serait capable de retourner tout ceci contre moi, seule l'honnêteté pouvait me permettre de parvenir à mes fin. Quand je la vis prendre la parole, déposant une pincée de cendres émeraudes dans un bocal, je me préparai donc à écouter religieusement ses paroles, que je devinais cassantes pour un premier temps.

"Tout d'abord," entama-t-elle en recommençant son expérience, avec un galet orangé cette fois-ci, "Sachez que la plupart de ce que vous envisagez relève du fantasme, du délire puérile, si ce n'est la totalité."

Une manière élégante d'entrer en matière. J'avais beau m'attendre à une introduction semblable, cela ne faisait guère plaisir à entendre. Elle poursuivit, tenant toujours sa pierre en suspension:

"La Magie est une force instable, d'où la nécessité du catalyseur, et complexe à saisir. Dans le cas contraire, chaque individu serait instinctivement un Mage, vous vous en doutez bien. Et vous espérez la maintenir dans une machine, et réguler automatiquement son flux? Cela requerrait un Mage présent en toutes circonstances, et une intense concentration de sa part. Tout ceci ne serait en rien autonome."

Elle s'arrêta un instant, observant le minéral pulser en émettant une curieuse brume azurée, nota quelque chose, puis reprit:

"Les Arcanes ne disposent d'aucune solution à votre problème, il n'y a rien que je puisse faire."

Je détournai le regard, réfléchissant. Il était vrai que présenté de telle manière, cette magie ne permettait rien... Mais pourtant j'étais sûre, convaincue qu'il y avait quelque chose de possible. L'art de l'occulte était un vaste domaine, comportant un large panel de catégories, l'une d'elle répondait forcément à mon besoin! Je relevai la tête, la laissant poser la roche devenue lisse et blanche sur un parchemin, avant de reprendre la parole.

"Alors serait-il possible qu'une autre sorte de magie convienne? Chamanique, ou cléricale... je ne les connais que peu, donc je ne sais réellement..."

Un nouveau soupir ponctua mon intervention, et elle déposa les herbes dont elle s'était saisie. Renonçant visiblement à travailler en ma présence, elle quitta son bureau et marcha vers un mur, chaque pas tintant des bijoux qui ornaient ses pattes et son buste. En s'approchant d'un rayon de bibliothèque, elle répondit:

"Dans votre demande, vous sembliez envisager de doter votre machine d'un "instinct", donc par extension d'une sorte de conscience, voire d'une âme, est-ce bien cela?"

J’acquiesçais avec hésitation, la regardant détailler les dos des ouvrages qui se présentaient à elle, et la repris:

"Je n'irais guère jusqu'à désirer doter un mécanisme d'une âme, cela me semble trop complexe..."

"Et pourtant," fit-elle en saisissant magiquement un livre à la reliure poussiéreuse, "il s'agit probablement de la seule possibilité magique. Il ne s'agit point de la première magie à laquelle l'on s'attendrait pour cette tâche, mais ce que vous demandez ressemble à la Nécromancie."

Je sursautai presque en l'entendant évoquer ce mot, et elle ne vit heureusement point mon air semi-ébahi tandis qu'un second écrit rejoignait le premier. Je me repris avant qu'elle ne se retourne vers moi, amenant un second fauteuil et une table basse pour y déposer les deux recueils. Devinant mon incompréhension, elle s'expliqua:

"Sachez tout d'abord que ce que je vous propose ici relève de la théorie, et il n'y a aucune assurance que cela fonctionne, mais cette théorie étant globalement acceptée par les spécialistes, elle me paraît être une base optimale."

Je l'écoutais, la regardant ouvrir l'un des écrits et le feuilleter délicatement du sabot.

"La Nécromancie, comme votre réaction le prouve, est peu appréciée de la masse, et ce, pour deux raisons principales: sa nature, et ses utilisateurs. Sa nature, tout d'abord, est basée sur les peurs instinctives, les terreurs ancrées le plus profondément dans le cœur de chacun. Et toutes peuvent êtres rapprochées de la crainte du décès: résurrection de cadavres, invocation d'os, injections de maladies, affaiblissement... En résumé, la liaison d'âmes, et la magie d'ombre."

"Liaison d'âme"? Je commençais à saisir où me menait-elle.

"Les utilisateurs ensuite, les Nécromanciens, connaissent la nature de la magie qu'ils utilisent, et c'est pour cela qu'il la contrôle. Et il faut être fondamentalement et profondément mauvais pour profaner sciemment des cadavres, et réussir à leur imposer leur volonté. Mais dans les faits, seul la réanimation de cadavre nécessite de mauvais sentiments, la magie d'ombre peut s'en passer."

"Certes, j'entends," dis-je en hésitant, "Mais la magie de l'ombre est... ne serait-ce que son nom... pour une servante de la Princesse Célestia..."

"Sachez, Zenith, que l'armée solariste compte des Nécromanciens. Rares, mais elle en compte. L'un d'eux, profondément fidèle à la Dame de Lumière, m'a un jour dit que l'ombre n'était qu'une forme différente de lumière."

Elle cessa finalement de feuilleter, s'arrêtant sur une page qu'elle me présenta, présentant un pentagramme qui semblait vouloir expliquer le principe de liaison de l'âme, qu'elle commenta:

"Cependant, plutôt que d'animer des corps, vous pourriez animer des machines. Il s'agirait d'un procédé particulièrement long et complexe, vous demandant des connaissances que vous ne possédez point dans ce domaine. En effet, il est aisé de ressusciter un Poney: leur âme est semblable à celle de l'invocateur, il peut simuler un esprit proche du sien qui ira se greffer sur le cadavre. Cependant, vous verrez peu de Magiciens d'ombre capable d'animer avec aisance un représentant d'une autre race. Pour vous, il s'agira d'insuffler votre magie dans une structure qui n'a jamais possédé d'âme, et qui n'est pas destiné à en recevoir. C'est un pari improbable, mais non impossible. Y méditer ainsi me ferait presque penser à la méthode à suivre. Mais elle demanderait de l'expérience, expérience qu'il vous faudrait recevoir en maniant les ombres."

Elle me fixait de son regard pénétrant quand je relevai finalement les yeux. Je mis quelques instants à trouver un moyen correct de formuler ma remarque:

"Mais Mère... Vous savez mieux que quiconque que ma magie peut être de nature... capricieuse..."

Elle le savait, oui. Elle en avait parfaitement connaissance, puisque mon échec dans le contrôle des Arcanes avait été l'une de ses plus grandes déceptions. Elle l'avait dit à peine plus tôt: la Magie telle quelle était instable, et le fait que la mienne varie selon mes émotions était la preuve que je n'arrivais à la contrôler. Pourtant, elle ne semblait guère déçue, et répondit avec confiance:

"Justement Zenith, cela pourrait au contraire jouer en votre faveur."

Mes oreilles se tendirent, signe qu'elle avait piqué ma curiosité.

"Nous disions donc que la magie d'ombre serait issue des sentiments négatifs, et nous entrons à présent dans l'aspect flou de notre hypothèse: elle pourrait aussi dépendre des variations émotionnelles de son utilisateur. Ainsi, vos différentes... "réactions" pourraient servir cette magie. Tenez, prenons un exemple."

Elle ouvrit le second ouvrage, apparemment un recueils de sorts d'ombre, et l'ouvrit au lexique avant de l'orienter vers moi et de continuer son discours en pointant les différents chapitres du sabot:

"Entamons par les fléaux: cette section consiste à insuffler une maladie ou un désagrément quelconque à l'adversaire. Cela peut aller des simples toxines dans les muscles, provoquant des courbatures, aux pathologies mortelle plus ou moins foudroyantes, pour les plus grands Nécromanciens. Elle est généralement utilisé en tant que soutien durant les combats, pour ennuyer l'adversaire, l'empoisonner... Vous saisissez ce que je veux dire. Cependant, elle est difficile à mettre en œuvre dans le feu de l'action, elle demande patience et préparation, fourberie clamerait certains."

"Ma magie bleu, donc." Je devinais son raisonnement.

"En effet," acquiesça-t-elle avant de continuer en décalant délicatement sa patte. "Les ombres à présent. Il s'agit d'invoquer des ombres sous diverses formes, mais dans sa nature la plus primitive, elle est fort semblable aux arcanes ou à la magie cléricale, à la différence près qu'elle apparaît noire. Celle-ci est typiquement offensive, et vous pouvez vous en servir en mouvement, elle demande plus de l'instinct que de la réelle concentration. Selon ce que l'on m'a rapporté, la colère, la rancœur a même le don de la renforcer."

Colère et rancœur, deux sentiments qui risquaient de me coller à la peau. J'effaçai ces pensées de mon visage et continuai à l'écouter:

"Celle-ci est intéressante, dans le sens où son utilisateur peut lui attribuer bien des formes: ombres, os, sang, tout, pourvu que cela évoque la peur. Vous comprenez que vous pouvez aisément l'associer à votre magie ardente."

J'acquiesçai, avant de poser la question qu'elle attendait probablement:

"Et concernant la magie qui lie les âmes...?"

"Celle-ci," fit-elle, "Vous pourriez l'utiliser peut importe l'instant, mais dans la mesure où l'âme créée dépend de l'état de la votre, il est possible que la "personnalité" de l'objet fluctue."

Un silence s'installa, tandis que je lisais les différents chapitres présentés par l'index, ma mère m'observant en silence, me laissant poursuivre ma réflexion. Je relevai finalement la tête vers elle, soutenant son regard, et pris ma décision:

"Vous... Je pense que je vais en effet... essayer ceci..."

Aussitôt, elle inclina légèrement la tête, un voile extrêmement sérieux couvrant son visage et dit d'un ton sombre:

"J'accepte que vous empruntez cette voie car je ne suis point superstitieuse, mais en tant que Mage qualifiée de l'Académie de Canterlot, je me dois de vous mettre en garde sur plusieurs points. Tout d'abord, ne vous en vantez pas, cet art peut aisément traumatiser les individus, et vous attirer stupidement la haine des ignorants. Ensuite, je vous interdis formellement de profaner des cadavres. Je compte sur votre bon sens et votre éducation pour ne point vous lancer vers cette voie morbide. Est-ce bien clair?"

Face à sa gravité, je ne pus que le jurer sur mon honneur, et un air satisfait revint sur son visage. Elle se releva, laissant les deux écrits sur la table, rangea son fauteuil et retourna de son pas gracieux à sa table d'expérimentation. De dos, tandis que je l'observais, elle conclut:

"Vous vous doutez cependant que je ne suis qualifiée pour vous enseigner la magie d'ombre. Je vous laisse donc ces deux grimoires et compte sur vos connaissances des dangers de la magie pour demeurer sur vos gardes vis à vis de votre progression, je ne saurais que vous conseiller de rechercher un mentor, et je parlerais de vous à quelques-uns de mes collègues."

"Merci beaucoup pour vos avisées recommandations, je saurais les recevoir et agir avec lucidité."

"Tant mieux," dit-elle, avant de finir sans plus de cérémonies, "J'ai encore un important travail à poursuivre, je vous serais grée de me laisser seule à présent. Je vous souhaite un bon retour."

Je la saluai de même, pris avec attention les deux ouvrages entre mes pattes et sortis du bureau en refermant soigneusement la porte. La magie d'ombre... Si elle pouvait prendre une forme solide, à travers celle d'un os, il serait peut-être possible de m'en servir comme arme au corps à corps. Les progrès que Steam et moi faisions dans l'amélioration de mon exosquelette le dotait d'une mobilité et d'une légèreté accrues, il serait peut-être envisageable de reprendre des cours d'escrime aux côtés de Père, entre autres.

La Nécromancie me permettrait-elle de renouer auprès des ambitions de mes deux parents? Me présenter comme la digne héritière de ces nobles solaristes? Cette pensée me fit sourire. La vie pouvait trouver les solutions les plus paradoxales aux problèmes des individus.



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