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 Larcin [Solo]

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Slicker Shift
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MessageSujet: Larcin [Solo]   Jeu 10 Déc - 18:21





Larcin - Partie 1

Van Hoovers - Rue


Déambulant le long de l'avenue principale, Shift examinait les diverses enseignes tape-à-l’œil qui ornaient les hautes constructions de la mégalopole. Ces immenses panneaux vantaient tantôt l'élégance d'un ballet, la majesté d'un opéra ou l'originalité de telle ou telle galerie d'art. Théâtres, opéras, musées... Ces établissements prestigieux étaient innombrables à Van Hoovers, capitale des arts en tout genre. Le centre ville n'était presque constitué que de ces temples dédiés à l'expression sous toutes ses formes.

L'étalon avançait d'un pas relativement serein, le visage découvert car un individu encapuchonné aurait plus attiré l'attention qu'autre chose dans un lieu aussi fréquenté. En ce début de soirée, les rues étaient remplies d'honnêtes gens qui batifolaient d'un plaisir intellectuel à un autre. D'ailleurs, il n'y avait pas que des amateurs d'arts à l'extérieur, mais également des artistes qui accomplissaient leurs performances directement dans la rue. Ce genre de démonstration n'était pas rare, un peintre ou une troupe pouvait facilement gagner en notoriété par ce procédé, et accéder rapidement à la scène ou être exposé dans l'aile d'un prestigieux musée. Le mercenaire passa près d'une troupe de théâtre de rue qui jouait sur une place relativement large, se frayant laborieusement un passage au travers d'un public incroyablement dense pour une représentation de cette taille. La pièce mettait en scène le fils d'un roi assassiné, visité par le spectre du souverain qui lui ordonnait de le venger. La foule était captivée par le spectacle, figée face au drame qui se déroulait devant leurs yeux ébahis. Tout en marchant, Shift s'amusa à identifier les différents types de spectateurs, qui étaient très variés, tout en attrapant quelques bourses peu surveillées au passage. La foule était vraiment très hétéroclite, on pouvait y distinguer de simples curieux dans leurs habits de tous les jours, des bourgeois à l'allure sophistiquée qui écumaient le plus de représentations possibles, et même des critiques connus. Parmi eux, il y avait probablement quelques mécènes à la recherche de jeunes talents, dont ils tireraient argent et prestige en les faisant monter sur de grandes scènes.

Dépassant finalement l'attroupement, Shift se détendit et eu un léger sourire en soupesant son butin, qu'il dissimula rapidement sous sa cape. Au moins, il n'aurait pas perdu son temps en prenant du repos loin de Concordia. Rien d'étonnant après tout, il n'était pas venu ici par hasard. S'étant rendu ici plusieurs fois auparavant, il avait déjà fait des bénéfices sur quelques affaires en solitaire, s'étant même associé à un autre cambrioleur local, Alsène Rupin, pour une mission un peu épineuse. Il connaissait relativement bien la "société souterraine" de la ville, et savait à qui parler si il cherchait une information, ou à qui revendre les prises variées qu'on pouvait faire ici. Beaucoup de malfrats se plaisaient à dire que les plus grands voleurs avaient débuté leur carrière ici, et l'étendue du réseau ne démentait pas cette affirmation.

De plus, ne pas se consacrer à ses honnêtes activités habituelles lui permettait d'oublier, au moins pour un temps, les événements récents qui s'étaient déroulés à Ottopaw. Le mercenaire était sombre et taciturne depuis le raid, qui avait fait remonter trop de souvenirs de ses anciens compagnons. Aussi l'ambiance légère qui régnait dans cette cité lui faisait un bien fou.

Poursuivant sa marche à travers la ville, l'étalon se retrouva face à un spectacle inhabituel, qui n'avait rien d'une mise en scène cette fois ci. Deux personnages étaient pris dans une discussion particulièrement animée juste devant le musée des arts nouveaux, une importante galerie d'art qui semblait être exceptionnellement fermée, chose plus qu'étrange à l'heure la plus vivante de la nuit. Ralentissant le pas, Shift tendit l'oreille pour entendre la conversation des deux querelleurs et déterminer la nature de leur différent. En réalité, c'était plutôt un dialogue de sourds entre un terrestre à la robe brune et à la crinière grisonnante, qui fulminait face à un griffon bleuté qui semblait parfaitement détaché de la situation. Le premier se plaignait, complétement exacerbé, de la lenteur avec laquelle les gardes venaient s'occuper de leur affaire, tout en ignorant complétement l'autre qui essayait de lui dire que c'était un acte subversif des plus inspirant selon son avis.

Le mercenaire avait déjà gagné sa soirée, mais avait encore la nuit entière devant lui, et leur problème pourrait certainement se montrer profitable pour lui. Curieux, il s'approcha doucement d'eux, un sourire avenant aux lèvres, et s'adressa au plus vieux, qu'il supposait être un employé de l'institut.

"Pardonnez-moi messieurs, j'ai entendu une partie de votre conversation, et je suis surpris de voir le musée fermé. Quel problème peut être assez important pour nécessiter d'interdire la visite des galeries?"

Son interlocuteur lui porta un regard suspicieux, visiblement peu enclin à répondre la question posée par un badaud lambda, ce qui fit penser à Shift qu'il ne voulait pas que l'affaire s'ébruite. Probablement une menace pour le réputation de l'établissement... Le terrestre au pelage brun arborait un air sévère. Ses traits ridés trahissaient son age avancé; il devait s'agir d'une personne relativement importante au sein de la hiérarchie du musée, probablement le conservateur.

Le contraste avec son compagnon était saisissant: le griffon aux plumes brillantes, d'un bleu nuit profond et terminées d'une pointe de noir, paraissait à peine plus âgé que Shift, mais au moins quinze ans plus jeune que l'employé du musée. Il portait des vêtements en toile sombre bien plus détendus que ceux du supposé conservateur, qui lui portait un costume en soie rouge très distingué.

En réponse au silence de ce dernier, ce fut lui qui répondit avec une légère pointe d’excitation:

"Certaines de mes œuvres qui étaient exposées ici ont été dérobées la nuit dernière! N'est-pas si incroyablement séditieux?"

Voyant l'ancêtre sur le point de faire un crise d'apoplexie en réponse à l'évidente maladresse de son compagnon ailé, Shift reprit immédiatement la parole pour ne pas lui laisser une chance d'interrompre la conversation.

"Je vois... Ainsi, vous avez subi un cambriolage, des œuvres ont été dérobées, et les autorités ne sont toujours pas intervenues..."

L'autre acquiesça dangereusement doucement, avant de répondre à contrecœur:

"Effectivement. C'est une véritable catastrophe. Ces pièces étaient le principal attrait de l'exposition en cours. Nous avons bien averti la garde ce matin, dès que nous nous sommes aperçu de la disparition des tableaux, mais personne n'est venu aujourd'hui. Nous avions fermé pour la journée, espérant que la situation serait réglée d'ici la nuit, mais ils ne sont même pas venus examiner les lieux. Le temps qu'ils dépêchent quelqu'un, le voleur aura déjà disparu et les tableaux seront revendus! Nous allons être la risée de Van Hoovers, incapables de protéger les pièces de notre collection. Quelle déchéance..."

Le mercenaire fit mine de réfléchir à leur problème, ce qui n'était pas totalement faux, même si ce n'était pas de la façon qu'imaginait le conservateur, qui lui faisait toujours face avec sa mine contrariée. Ce dernier subissait les discours passionnés que lui tenait le griffon à propos du vol comme geste de rébellion face à une société oppressante... N'écoutant pas d'avantage, Shift se concentra sur la situation actuelle. Il y avait effectivement un petit extra à se faire ici, et vu qu'il restait de nombreuses heures avant l'aube, ce serait une façon comme une autre de tuer le temps. Et puis, il appréciait les artistes et leur manière assez... unique de penser. Il pourrait peut être discuter avec celui-ci pendant "l'enquête". Il reporta son attention aux deux autres, ayant la vague impression que le conservateur se retenait d'attraper une corde pour bâillonner le peintre et enfin interrompre son babillage incessant. Il était amusant de constater à quel point leurs priorités étaient éloignées. Se raclant la gorge pour interpeler le vieux poney, il lui dit avec assurance:

"Je pense être en mesure de vous aider. Je suis détective privé, et j'ai déjà eu affaire à ce genre de cas auparavant. Je suis certain de résoudre cette affaire avant la fin de la nuit, moyennant finance, évidemment..."

Bien sûr, c'était un mensonge, il était même plutôt celui qui était recherché suite à ses larcins. Mais il y avait une part de vérité dans ce qu'il disait: il connaissait toutes les ficelles, et savait pertinemment comment remonter la piste d'un cambrioleur. Il ne doutait pas une seule seconde qu'il réussirait cette mission. En revanche, le conservateur n'avait vraiment pas l'air convaincu par le discourt de l'étalon. Mais il était également désespéré de sauver les œuvres et sa réputation, surtout sa réputation; aussi cédât-il assez rapidement, ce qui ne surprit qu'à moitié Shift:

"Je manque cruellement d'options... *soupir* ... Fort bien. Je vais devoir vous faire confiance. Vous serez rémunéré à la hauteur de votre performance. Je veux les tableaux dans la galerie avant la réouverture demain matin, et je compte sur votre entière discrétion."

Il insista particulièrement sur les deux derniers mots, signifiant que l'affaire ne devait en aucun cas s'ébruiter. Cela convenait parfaitement au mercenaire, qui ne comptait en aucun cas attirer l'attention sur lui. Impatient de tirer cette affaire au clair, car il avait vraiment l'intention de le faire, il s’apprêta à demander l'accès à la galerie. Mais l'autre reprit avant que Shift n'ait le temps de desserrer les lèvres.

"Je vous préviens... Si le moindre problème arrive à cause de vous, je m'assurerais que vous ne puissiez plus jamais remettre les pieds dans cette ville."

En réponse à la menace, le voleur ne put réprimer un léger sourire, qu'il camoufla rapidement comme une marque d'assurance en lui répondant de façon égale.

"Cela va de soit, il serait terrible pour vous qu'une rumeur se moquant de votre négligences commence à circuler en ville."

En réaité, le mercenaire n'avait pas l'intention de divulguer quoi que ce soit à quiconque, du moins pour l'instant. Ce n'était qu'une innocente provocation, uniquement destinée à tester les nerfs de son interlocuteur. Mais celui-ci ne s'en ému pas la moins du monde, ce qui indiquait à Shift qu'il pourrait se révéler dangereux si jamais il échouait. Au moins, il espérait lui avoir fait comprendre que lui aussi avait des moyens de faire pression, et qu'il n'aurait aucun remord à s'en servir si le vieillard ne respectait pas ses engagements.

Il se détendit un peu avant de reprendre d'un ton neutre, affichant une expression plus sérieuse.

"Si vous me le permettez maintenant, je vais examiner les lieux du crimes."

Évidemment c'était la première chose à faire: identifier le voleur, ce qu'il ferait en cherchant les traces que ce dernier aurait laissé derrière lui. Il y avait toujours des traces, il était presque impossible de tout camoufler, il en savait quelque chose. Les meilleurs en sont capables, mais ne réussissent tout de même pas à chaque fois, négligeant parfois certains détails. Rien qui ne puisse les menacer directement bien sûr, mais un voleur préférera garder secret le plus longtemps possible un procédé qui tient les autorités en échec, pour en profiter le maximum. Cependant, ils laissaient parfois volontairement des traces, soit pour brouiller les pistes, soit pour signer leur acte. Une simple histoire de prestige, qui permet de faire valoir le prix de ses services au cœur des réseaux. Dans les deux cas, Shift aurait des bases suffisamment solides pour travailler.

"Je ne pense pas que cela soit utile. Il n'y a pas la moindre marque d'effraction, pas la moindre trace du tout d'ailleurs. C'est comme si les tableaux avaient tout simplement disparu."

Cette information apprit à l'enquêteur improvisé qu'il avait affaire à la deuxième catégorie: un voleur doué qui effaçait convenablement ses traces. Et dans une ville au réseaux aussi important que celui de Van Hoovers, il était inconcevable qu'un pro ne signe pas d'une manière ou d'une autre. Étrangement, cela arrangeait même Shift, car il n'avait qu'à trouver la signature qui lui donnerait une piste presque immédiate jusqu'au fautif, qui ne s'attend certainement pas à avoir un autre voleur sur ses traces. C'est avec un sourire confiant qu'il répliqua:

"Au contraire, je crois justement que notre affaire n'en sera que plus vite réglée. Je suis absolument certain de trouver quelque chose. Loin de moi l'idée de remettre en doute votre sens de l'observation bien sûr; mais peut être ne cherchiez vous pas ce qui était important."

L'autre fronça les sourcil, et pendant un instant Shift crut l'avoir attaqué une fois de trop. Mais il finit par se retourner en lui faisant signe de le suivre, et se dirigea vers la porte.

"Il n'y a pas de mal, c'est la procédure après tout... Mais je vous aurais prévenu, vous allez perdre beaucoup de temps, temps dont vous manquez déjà."

Tout en parlant, il déverrouilla la haute porte qui bloquait l'accès à la galerie, et poussa la battant ouvragé pour libérer le passage avant de pénétrer dans la bâtisse. Le mercenaire le suivit à l'intérieur, et le griffon les accompagna.





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MessageSujet: Re: Larcin [Solo]   Lun 14 Déc - 1:08




Larcin - Partie 2

Van Hoovers - Musée des arts nouveaux


N'ayant jamais parcouru ces galeries, car la ville était tellement grande qu'il faudrait plusieurs années pour visiter tous les musées qui s'y trouvaient, Shift profita de cette occasion pour mémoriser les lieux et admirer quelques œuvres. L'aile où avait eu lieu le vole se trouvant au deuxième étage, il allait donc employer les quelques minutes qui s'offraient à lui pour engager la conversation avec le peintre, dont il ne connaissait pas encore le nom. Ce dernier marchait à sa gauche, légèrement en retrait, et semblait totalement détaché de tout ce qui l'entourait, ignorant stoïquement tous les tableaux devant lesquels il passait.

"Eh bien, l'art n'intéresse donc plus les artistes?"

L'autre releva la tête pour regarder le mercenaire, et ses yeux trahissaient son amusement. Il tendit la patte en guise de salut.

"Intéressante remarque. Freed, enchanté."

L'autoproclamé inspecteur sourit et lui attrapa la serre avec vigueur, l'agitant légèrement avant de la lâcher.

"Appelez moi Shift."

Il crût déceler une lueur d'intérêt dans les yeux du griffon à l'évocation de son nom, mais ce fut si rapide que le mercenaire n'en était pas vraiment sûr. Est-ce qu'il avait été reconnu? Comme pour confirmer ses soupçons, l'autre reprit à voix basse.

"C'est d'autant plus amusant de la part d'un voleur enquêtant sur un cambriolage. Votre activité n'est plus assez lucrative?"

Shift lança un regard en direction du conservateur, pour vérifier qu'il n'avait rien entendu. Mais celui-ci n'avait pas ralenti sa marche et commençait à monter les escaliers qui menaient aux étages. Vu son manque de réaction et les dix bons mètres d'avance qu'il avait sur eux, il était très peu probable qu'il ai entendu quoi que ce soit.

"Ne vous inquiétez pas, je ne vais rien dire à Ederick - le conservateur... J'ai envie de voir comment cela va évoluer. Ça pourrait devenir intéressant..."

"Comment me connaissez-vous?"

"Vous le saurez bien assez tôt, croyez moi."

Shift se retourna pour le regarder: il semblait lutter pour ne pas éclater de rire. Le mercenaire aurait donné chère pour savoir où il voulait en venir. Quel individu étrange... Comment un peintre dont il n'avait jamais entendu parler avant cette nuit pouvait-il non seulement connaitre son nom, mais en plus savoir qu'il était un voleur? Il n'en était pas un lui même, sinon l'étalon en aurait entendu parler d'une façon ou d'une autre... Il reporta son attention sur leur guide qui commençait à les distancer, accélérant légèrement le pas pour le rattraper, et fut bientôt imité par le griffon.

"Oh, et n'interrogez pas Ederick à mon sujet, il en sait à peu près autant que vous. Patientez, avant la fin de la nuit vous connaitrez les réponses. Sauf si vous échouez votre mission, bien sûr..."

Shift ne répondit pas. Le comportement du griffon le troublait énormément, et l'idée qu'il en sache trop sur lui l'effrayait bien plus que les menaces du vieux terrestre, alors qu'aucun chantage n'avait été évoqué pour l'instant. Le fait que le griffon était peut être impliqué dans l'affaire lui traversa l'esprit, il pouvait en savoir beaucoup sur le vole de ses propres œuvres. Bien plus que ce qu'il avait raconté au conservateur et au mercenaire. Préoccupé, Shift tenta de réfléchir à un moyen de le garder à l’œil, mais prendre conscience qu'il avançait désormais à l'aveugle l'empêcha de trouver une solution satisfaisante..

* * *

Ils arrivèrent enfin dans la pièce où le larcin s'était déroulé. Elle était relativement petite comparée aux autres salles qu'ils avaient traversé pour venir ici. Slicker se plaça en son centre, et pivota doucement sur lui même, l'examinant dans les moindres détails. Il n'y avait que deux accès, celui par lequel le groupe était arrivé, et un autre en face du premier. D'après le conservateur, le passage rejoignait directement le circuit principal de l'exposition. Il n'y avait aucune fenêtre, aucune aération; bref, aucune autre issue en dehors de celles évoquées précédemment. La pièce ressemblait à n'importe quelle autre salle de l'exposition, si ce n'est les trois accroches vides qui témoignaient du vole. Le sol et les murs étaient tout aussi propres et pompeusement décorés que dans le reste du bâtiment. Rien qui ne fasse pas partie intégrante de la décoration n'était présent.

Il lança un coup d’œil à Ederick et Freed. Le premier tapait du sabot, visiblement impatient et irrité que Shift perde son temps, et l'autre avait repris l'air détaché qu'il arborait avant leur conversation, comme si rien ne s'était passé. Le conservateur ne devait vraiment pas se douter que le griffon jouait un rôle, celui de l'artiste obsédé uniquement par l'art et qui ne vivait que pour ça; et ce dernier incarnait parfaitement son personnage. Il croisa son regard, et y décela tout de même un léger amusement. À nouveau, il se demanda ce que le griffon savait qui lui donnait autant d'assurance.

Reportant son attention au seul détail qui troublait l'harmonie de la pièce, si on omettait bien sûr le prétendu artiste et l'enquêteur de substitution, Shift s'approcha des attaches vides. Elles étaient simples, en métal couleur de cuivre. Les mêmes que toutes celles qui se trouvaient de ce musée. Cependant, après un examen plus poussé, l'inspecteur remarqua qu'elle étaient détériorées. Des bandes claires étaient visibles sur la patine des crochets. Du bout du sabot, il frotta la surface métallique, et comprit à la sensation désagréable qu'il s'agissait de coupures fines mais profondes, dont les bords tranchants mordaient sa chaire. D'un geste vif, il en détacha une pour l'étudier de plus près. Le métal était solide et de bonne qualité, ce n'était donc pas l'usure qui avait provoqué ces marques, qui de toutes façons étaient beaucoup trop régulières pour êtres le résultat du frottement des lanières qui retenaient les tableaux. Les coupures étaient au nombre de trois, de la même longueur et parfaitement parallèles, définitivement pas le fruit du hasard. Un rapide coup d’œil vers les autres attaches apprit à Shift que leurs marques présentaient les mêmes caractéristiques. C'était exactement l'indice qu'il attendait. Satisfait, il replaça l'attache sur le mur, et retint un soupir de soulagement. Au moins une chose se passait comme prévu: il avait une piste.

"Ederick? J'en ai fini. Je vais aller enquêter en ville."

L'autre fut étonné que l'on connaisse son nom sans qu'il ne se soit présenté, mais il comprit que son comparse avait dû le faire pour lui, et contre toute attente, ne s'en formalisa pas. Curieux, il demanda:

"Vraiment? Vous avez trouvé quelque chose?"

Le mercenaire désigna les attaches sur le mur.

"Vous voyez les marques sur le métal? Elles ne sont pas naturelles. Je suis prêt à parier qu'elles ont été laissées par votre voleur."

"Mais comment cela pourrait-il vous aider? Il peut y avoir plein d'explications différentes pour..."

"Allez-vous me laisser travailler, oui ou non?"

Il l'avait interrompu assez sèchement, mais le conservateur se contenta de ravaler ses remarques sans rien ajouter. Le mercenaire se tourna vers Freed, qui affichait une mine amusé, et celle-ci seyait autant à son rôle d'artiste assistant à l'apologie du vole comme acte artistique méritant signature qu'à son vrai personnage, encore inconnu de Shift mais qui semblait déjà connaitre le dénouement de cette affaire. L'étalon avait reconnu la signature, et il était persuadé que le griffon savait également à qui elle appartenait. Mais il n'avait pas encore assez d'éléments pour faire le lien entre lui et le cambrioleur présumé qui était, comble de l'ironie, celui avec qui Slicker s'était associé auparavant, Alsen.

Il se dirigea lentement vers la sortie, et les deux autres lui emboitèrent le pas. Le prétendu peintre ne dit rien, mais le conservateur avait son mot à dire.

"Et maintenant? Qu'allez-vous faire?"

"Je vais interroger un collègue pour savoir qui a laissé cette marque, et en croisant cette information avec les archives j'arriverais à déterminer quel sera son prochain mouvement, ce qui me permettra de le piéger. En toute discrétion, cela va de soit."

Ce plan n'avait aucune chance de fonctionner, et cela n'avait pas la moindre once d'importance, car ce n'était qu'un prétexte dont la seule vocation était de permettre à Shift de quitter les galerie, en ayant l'air compliqué pour inciter le curieux à ne plus poser de questions.

* * *

Une fois à l'extérieur, Ederick reverrouilla l'accès aux galeries, et s'excusa, car il devait rentrer dormir chez lui, mais il précisa qu'il serait de retour ici une heure avant la réouverture du musée, et qu'il voulait y retrouver l'enquêteur avec les tableaux. Une fois celui-ci parti, le griffon fit mine de s'en aller, mais Shift le retint, ayant finalement trouvé un moyen de le garder plus ou moins sous contrôle.

"Eh bien Freed, vous ne suivez pas le reste de l'affaire?"

"Cela dépend où la suite se déroule."

"Chez l'Artiste, évidemment."

Contre toute attente, l'autre sourit et revint vers lui, signifiant ainsi qu'il allait l'accompagner.

"Évidemment."





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