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 [mission] Alone against the World.

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Trixie Lulamoon
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MessageSujet: [mission] Alone against the World.   Mer 17 Fév - 16:09



« La résurgence d'une
bien sinistre engeance ~ »






A

la faveur d'une aimable accalmie, la grande et puissante Trixie songeait à s'évader. Elle avait grand hâte d'abattre ces factices déités, plus adulées qu'elle. Ce désir perfide la dévorait. Et le fait d'avoir éventré la place publique, comme pulvérisé son palais ou arraché toitures et pavés, ne l'avait guère apaisée. Fort heureusement, une brise fort aimable venait lui dédier caresses délectables. L'espace d'un fugace instant, la sorcière en savourait la saveur. Avant de retrouver ses traits méprisables, trogne impassible, au demeurant inébranlable. Cette figure glaciale et sans vigueur, où n'étincelait nulle lueur, tendait à s'effacer. Là tapie dans la noirceur, elle semblait si insondable. Trois marauds l'avaient gagnée, non sans la saluer comme il se devait.

La belle ne daignait pas même leur accorder une once de crédit, signe quelle ne désirait guère festoyer. La horde pouvait bien s'émoustiller d'un triomphe si déplorable, d'une victoire s misérable. Nul doute que leurs maîtres s'en riaient bien, tandis qu'un amertume lui demeurait au gosier, l'empourprant d'aventure. La Lulamoon n'aspirait plus qu'à filer, ce à quoi elle s'adonnait en douceur. Ses pas légers ne raisonnaient aux pavés, à l'instar d'un organe pulsant diablement, que trop enivré par le sang. Là elle avait les prunelles admirant l'horizon, la belle se voyait déjà à destination. Si bien que sa hargne se muait en excitation. Un linceul d'ombrage l'enveloppait, une mâchoire noire, de tissu de qualité, avalait sa figure. Elle semblait méconnaissable, à moins d'avoir eu vent d'un vagabond aux sabots d'azur, au manteau funèbre et à la broche reluisant d'écarlate.

La bleutée avait ainsi délaissé la cité canine d'Ottapaw, où les ruines du palais témoignaient qui l'avait défiguré. L'azure créature était-elle une licorne sanguinaire aux yeux du monde, à d'autres elle passait pour un simple orage, dont la virulence se devait essuyer. Si le ciel retrouvait ses couleurs chatoyantes, dans son sillage ne subsistait que détresse et tristesse. Ainsi la sorcière saignait-elle les peuplades à son image. Pas un regard en arrière, le gigantesque brasier tendait à s'étouffer, elle le savait, elle s'en moquait. Plus rien ne la retenait en ces terres de couardise et bêtise. A vrai dire, le royaume de sa seigneurie de la nuit ne lui importait plus en l'instant. Mais elle lui reviendrait un beau jour, se déchainant de plus belle, afin de terrasser sa majesté comme dévaster sa citadelle. La balade la donnait comme regagnant les terres du grand marais, mais elle n'y songeait pour l'heure.

A vrai dire, la sorcière s'insurgeait en un domaine jamais foulé. Elle l'avait l'esprit embrumé. Etait-ce une fatigue immonde, lui pesant après tant d'efforts ? Elle n'avait pourtant le souffle houleux, pas plus que ne tremblait son être. Et tandis qu'elle pénétrait le bosquet enchanté de Fawntaine, la bleutée cogitait. Elle n'avait que faire d'aller trouver son lac sacré. La Lulamoon n'avait besoin d'être apaisée. Elle désirait tout juste s'abreuver d'un nectar tout autre, de vermeille. Elle n'aspirait qu'à étancher cette seule soif. Celle-là même qui la tiraillait d'aventure, lui intimant de filer droit à l'ordure. La délectable figure de cette pourriture se dessinait à ses flancs, venant la nargue. Ses faux airs charmants l'horripilaient. Là elle aura bien hâté le sabot, piétinant lassement l'herbe fraiche, afin de s'élancer à vive allure.

Mais nulle célérité ne savait lui épargner ces visites intempestives. Sans doute l'astre diurne pouvait chasser la violacée, mais il semblait si loin de se lever. Il lui fallait dont patienter, phénomène lui faisant grand défaut du reste. Là elle pouvait se laisser aller au repos bien mérité. Si l'horreur sans pudeur y consentait. En effet la diablesse s'aimait fort à l'ennuyer. Ses taquineries n'étaient que diableries à ses yeux. Aussi dénigrait-elle le moindre égard, le doux regard. Hélas, sa négligence lui valait plus d'impudence. Si la noirceur côtoyait seule ses prunelles, la donzelle enchantait alors qu'un éclat sans pareil lui parvenait. Cette vision si macabre n'avait que faire de sa trogne mortifère, et de son domaine sans lumière. Sa clarté toujours l'atteignait, éblouissait, calcinait. Voilant alors sa figure déconfite, aux prunelles écarquillées et bouche-bée, la bleutée demeurait dans l'ombre volant sa honte.

La belle mauve se pavanait  dont, avec nonchalance, faisant rouler quelques voluptés. Et l'azure créature ne l'admirait guère. Méfiante, elle veillait à ce que la sensualité à l'œuvre n'aille bien loin. Sa compagne d'infortune se navrait d'ailleurs de ne pouvoir lui arracher un sourire ou un rire. La Lulamoon ne saisissait la subtilité qui l'abusait, la hantait. Elle fixait sans vigueur la belle horreur, se dandinant en fredonnant. L'aria ne lui était si méconnaissable. Si bien qu'il en venait à l'envoûter. Voilà qu'un soupir témoignait qu'elle avait cédé, daignant alors le savourer. Soudain la mélodie s'approchait, emplissant tout son être vibrant au gré des vents. Bien qu'ébranlée Trixie se laissait aller. Après tout, la majesté violacée n'était rien de plus qu'une chimère de son esprit éreinté. Elle pouvait dont à  loisir se divertir, s'amuser. Nul n'en saurait rien, elle n'aurait à châtier de vaurien. Certes elle ne songeait au repos du guerrier, mais elle s'aimait à écouter quelques vocalises, une fois à l'état sauvage.

Et elle appréciait fort ces instants touchants. Il lui plaisait fort de se balader en forêt. Si bien qu'elle dévoilait enfin sa frimousse, au détour d'une mâchoire noire allant choir en arrière. Sa mine n'était guère plus déplorable que d'ordinaire. Elle mandait pourtant un servant flottant, venu peigner sa crinière. Puis elle étouffer un bâillement à ses lèvres arides. Elle avait grand soif, et trop peu de salive ou de glaire. Un nouveau soupir s'évadait de sa belle bouche. Une halte s'imposait, susurrait sa camarade. Trixie daignait s'y plier, s'en allant reposer son majestueux postérieur à l'orée d'un arbre vénérable. Le bosquet avait d'étrange d'être si dense en ses cimes, qu'il voilait tout firmament scintillant. Elle avait pourtant le museau rivé vers les hauteur, comme s'il lui était possible d'en admirer les splendeurs. Là elle dénigrait d'aventure la belle ordure. Celle la-même qui la gagnait, l'abordant sans vergogne de ses courbes sulfureuses. La sorcière l'avait du reste oubliée. Si bien qu'elle n'allait s'empourprer tandis qu'une délicieuse fallacieuse l'étreignait d'une aile gargantuesque. Mais cette tendresse l'apaisait, bien qu'elle ne le saisissait. Trixie se laissait aller.


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MessageSujet: Re: [mission] Alone against the World.   Mar 5 Avr - 18:27



« Aberrations des profondeurs ~ »






D

ans l'ombre d'un bosquet enchanté se tenait une scène fort atypique. Une calamité populaire dépouillée de ses effets, paraissait enivrée d'une envieuse sérénité. Là elle en oubliait les horreurs passées, et le siège l'ayant dépitée. Seule une impudente pouvait l'ennuyer. Quoiqu'il demeurait cet air un brin frisquet. Voilà qu'une brise malicieuse la gagnait et éprouvait. La sorcière frémissait à la caresse. Ce doux frisson lui parcourant l'échine n'échappait à sa compagne d'infortune. Cette dernière s'entichait alors d'une malheureuse frigorifiée. Elle s'osait dont à l'étreindre, l'impudente. Son plumage audacieux lui redoublait malaise, bien qu'ne chaleur soudaine l'envahissait. Une flamme vacillante reluisait en ses prunelles écarquillées, ébranlées.

L'azure créature daignait admirer son terrible bourreau. Mais elle éprouvait grand peine à encrer ses joyaux violacés à l'égard d'une trogne d'angélique. La belle plongée au mutisme lui dédiait un regard si charmant, si séduisant. Et cette aile l'embrasait d'aventure, d'une chaleur saisissante, étouffante. Cette canicule lui labourait les entrailles, là elle mandait un aimable éventail. Le suivant de sa dame s'échinait à l'éventer, hélas en vain. Et ce brasier inouïe n'incendiait l'organe givré, que trop meurtri par les âges et les mœurs. La Lulamoon craignait en sourdine d'assister à la fonte du glacier. Cette cruelle privation lui épargnait nombre souffrances, tourments qu'elles essuyaient en ses songes. Ainsi la virulence lui parcourant l'échine, telle une décharge qu'elle s'infligerait, ne lui prodiguait une once de bienfait. L'ignare chimère la saignait en cette heure. Tout d'elle lui ravivait ces béantes blessures de jadis. Sa pensée s'égarait. La bleutée demeurait figée, mortifiée.

Et l'immonde violacée aiguisait d'aventure ces traits délectables, vénérables. Si bien qu'elle achevait la fiévreuse malheureuse, alors aux prises avec un cruel dilemme. Une voix évadée d'outre tombe raisonnait à ses oreilles, surgissant des profondeurs de son âme écorchée puis recousue avec grande maladresse. Voilà qu'une flopée de souvenirs infâmes l'assaillaient, et sa voix gondait mile fois ce patronyme maudit. Afin d'éventrer le maléfice, afin de chasser l'immondice. mais elle lui demeurait, lui chuchotant sa verve insidieuse et hideuse. Cette bassesse se voulait susurrée de manière si intime, semblant toile d'idylle. Hélas il ne lui montait que la bile aux lèvres. L'accablée sans coiffe désirait fort la souiller, cette perfide apparition, cet avatar de perdition. Là elle ignorait dont quelle splendeur elle étouffait, tandis qu'elle s'enlisait au marais de la haine, la consumant depuis bien trop longtemps.

Son ego méprisable, assoiffé de pouvoir et de vengeance, tendait à ensevelir une fois de plus son espérance inavouable. Un désir des plus purs, méprisable à son sens. Et si d'instinct elle n'en savait rien, l'hydre exaltait bien des figures encore. La belle ordure lui semblait si maternelle. La sorcière n'aspirait plus qu'à s'esquiver à sa vue radieuse, à s'évader d'un cocon de plumes chaleureuses. Hélas elle n'avait guère plus d'emprise sur sa dépouille frigorifiée, que sur son esprit étriqué. Et tandis qu'elle dénigrait l'affaire, la misérable adorable venait épouser ses traits. A ces flancs scellés la bleutée frémissait d'aventure. Une fois de plus son cœur se soulevait, s'emballait. Il lui semblait d'une masse lui martelait les côtes. Elle en avait le souffle coupé, puis la nausée. Sa figure pâlissait d'un effroi sans pareil. Avant qu'un subtil mariage ne s'opère. Mais elle n'était empourprée, ses rougeurs lui venaient d'ailleurs. Là elle n'osait plus la contempler, cette terrible et habile créature.

Cette pourriture lui demeurait quelques instants, la bleutée l'abhorrait tant. Mais la scélérate ne désirait s'effacer, la licorne échouait à la congédier, la chasser. Son impuissance lui intimait désespérance, de quoi délecter la sinistre engeance. Et elle l'étonnait à e guère enjouer la démence. S'était-elle lassée de ces manigances ? A vrai dire, pas une palabre ne pouvait s'évader de ses lèvres. Des perles de rosée dévalaient ses maigres joues, s'en allant choir à des courbes alléchantes. La donzelle à la robe couleur lavande lisait bien l'indicible torpeur qu'elle lui inspirait, elle s'en navrait du reste. La belle mauve n'allait s'en délecter, ni s'en offusquer. Elle n'était qu'un fantasme issu d'un esprit malade et torturé. Mais elle incarnait le désir à son encontre, façonné par l'admiration, la jalousie, la rêverie et l'ambition. Un curieux breuvage qu'elle s'aimait fort à aspirer de plaies de sa camarade. La bleutée l'ignorait, son ego l'aveuglait. Et sa sottise nourrissait cette affreuse réalité.

Une dualité de sa volonté. Phénomène qu'elle n'avait tout loisir de réaliser, tant elle refoulait l'éventualité, tant elle se refusait cette vérité. Hélas la beauté violacée ne pouvait la délaisser. Il lui incombait d'éventrer cette infâme solitude. Mais alors qu'elle lisait l'immondice en ces prunelles, la belle mauve s'avançait de manière audacieuse. De ses lèvres irrésistibles s'évadait une poignée de vocalises, mélodieuses et délicieuses (♪). Cette gredine n'aspirait plus qu'à apaiser l'esprit de sa promise. Là elle s'évadait en douceur, déportant des pas légers dans l'herbe fraiche. Bien désemparée, la bleutée peinée à la distinguer. Les ombres dévoraient ces frêles jets de lumières, qu'elle dénotait ci et là. La clarté argentée d'un astre la trahissait d'aventure. Il lui semblait qu'un voile perfide l'accablait de cécité. Mais elle larmoyait et ne le saisissait. Sa raison n'était plus, comme égarée. La cuisante solitude revenait la hanter, l'étreindre d'une poigne implacable, lui intimer des réjouissances fort aimables.

La Lulamoon se croyait en paix, poussant soupir tandis qu'elle s'apaisait. Hélas, le chant charmant sifflait encore à ses oreilles. Et la belle ordure lui apparaissait d'aventure. Là sous un jet de lumière la magnifiant, elle foudroyait ces prunelles malades et ébranlées. Si bien que ces dires idylliques terrassait d'avantage son désir diabolique. L'azure créature haïssait la scélérate. Cette misérable à la voix enchanteresse, à la puissance d'une déesse. La jument onirique filait alors, s'en allant danser au trop. La sensuelle ballade effleurait des troncs vénérables. La sorcière s'élançait alors. Elle n'avait jamais fait que traquer des chimères. Mais elle ne saisissait rien du malaise l'emplissant, l'enlevant. Sa cavale effrénée lui ôtait souffle et vigueur. L'entité violacée semblait seule investie d'ardeurs, phénomène évoquée par ces regards qu'elle osait lui dédier. Trixie demeurait écœurée et l'autre fort passionnée, embrasée d'un volonté sublimant sa grande beauté. Et l'enviait-elle du reste ?

Elle ne savait où sa folle chevauchée l'entrainait, mais elle s'y adonnait sans rechigner. Elle n'avait que faire de s'égarer. Une fois hors du bosquet, elle lirait son tracé dans les étoiles. C'est le souffle coupé, et le cœur en haleine, qu'elle rattrapait la crapule. Celle-là même qu'elle dévisageait, bien hargneuse mais fiévreuse. Soudain la tension s'évanouissait, comme la majesté d'une horreur ailée. Puis elle soufflait mots.
« Tais-toi dont maudite, tes paroles sont du poison ! Et la bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe ! » Cette verve cinglante avait tôt fait d'éteindre l'animosité régnant en ces lieux. La chimère lui demeurait hélas, bien décidée à la bousculer. D'aucune d'elles ne semblaient aspirer à se mouvoir. La toile de l'instant les donnait figées pour l'éternité. Des gargouilles aux traits délicats, sans nul éclat. La Lulamoon exaltait-là plus de bravoure et de fierté qu'autrefois. Elle avait grand foi d'écharper la mascarade, de voir s'évanouir la hantise aux faux airs de jouvencelle affligée. Une guerre d'usure s'annonçait.



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MessageSujet: Re: [mission] Alone against the World.   Mer 9 Nov - 22:56



« Enivrée par le pêché ~ »






N

aguère encore, la sorcière crépusculaire n'avait jamais réalisé l'inutilité de ses dires. Des injures aux hennissements furieux, la belle bleue n'avait jamais su ébranler son délectable détracteur. Elle qui depuis sa colline insipide dominait un brin sa victime. L'azure créature n'avait jamais été que suppliciée par ce bourreau, qui lui lacérait tantôt de cœur, tantôt l'égo. Ainsi demeurait-elle inférieure, accablée, diffamée. Comme si elle fabulait cette impensable revanche et en craignait la vilaine finitude. Tant de funestes pensées qui se bousculaient dans son esprit malade et torturé. Nombres idées qu'elle n'avait tout loisir de saisir, à vrai dire la Lulamoon avait d'étrange de se voiler la face et d'enfouir dans son inconscient tout discours infâme qu'elle pouvait s'infliger. Mais il n'y avait qu'elle pour enfanter ces chimères, ces fantasmes inconcevables.

Si bien qu'elle n'avait jamais réalisé toute l'ampleur de la mascarade, et ne pouvait dès lors rien y faire. Juste subir et haïr l'invisible. Sa tragédie et calvaire s'aggravait dès lors qu'elle s'adonnait à sa quête où la solitude semblait si propice à nourrir son malaise. Elle désirait fort cette compagnie afin de s'en délivrer, bien qu'elle lui labourait d'aventure l'esprit. Et d'aucune d'elle n'irait caresser cette douce ironie, à l'instar d'une autre raclure, si immonde que la mage l'exécrait tant. Pour l'heure, la sinistre engeance drapée drapée d'un manteau funèbre, rongé par endroit, évoquait de manière habile et subtile son vécu englouti dans l'ombre d'une calamité ne laissant que ruine et désolation en son sillage. Le triste linceul s'en irait flotter en lambeaux. Il n'y avait-là qu'une douce brise qui battait la plaine minuscule, clairière féérique bordée d'arbres vénérables et d'une marre adorable. Nul besoin d'y glisser le regard, songeait-elle. L'onde reflétait l'image sans saveur d'une sainte horreur.

Et l'azure créature semblait aussi figée qu'elle. A la croisée des regards, la sorcière toisait la chimère. Ses prunelles d'un mauve impérial s'égarait quelques instants. Là elle contemplait la belle ordure. Un joli minois aux traits délicats, une douceur gravée aux lèvres irrésistibles, une chevelure chatoyante; tout d'elle savait séduire. Bien plus que des ailes immenses jalousées par sa compagne d'infortune. Certes elle avait bien dénigré l'impie plumage, mais ne l'avait-il pas touché par un beau geste, aussi chaleureux que charnel ? Hélas, la licorne ne l'avait trouvé d'impudent et dégoûtant, bien qu'affreusement charmant. Elle s'idéalisait trop cette entité devenue majesté sans contrée à gouverner, mais se fourvoyer ne l'aidait-elle guère à atténuer le mal la rongeant ? Peut-être était-ce là sa manière d'éluder son calvaire. Un silence étrange venait à régner, plus équivoque que d'ordinaire. Il planait en toute impunité et nul n'osait le déchirer. Elles s'admiraient simplement.

La sorcière ne foudroyait plus sa cruelle ennemie. Ou bien ses viles intentions étaient bien voilées ? La colère ne défigurait plus sa triste mine, si bien qu'elle arborait le masque de l'impassible, du morne et du détaché. Comme si elle signifiait sa lassitude.Là elle saisissait que ni son désir de la voir s'évanouir ni la moindre dire ne saurait plus la chasser. Elle en venait à penser que l'abomination gagnait plus d'emprise tandis qu'elle s'approchait de sa proie véritable. La Lulamoon s'imaginait même qu'il s'agissait-là d'une malédiction des plus prodigieuses et ingénieuses, un sortilège destiné à briser sa témérité. Mais elle s'y refusait. Rien ni personne ne l'empêcherait d'atteindre la scélérate. Voilà son murmure, et c'est d'un pas décidé qu'elle s'avançait à l'apparition diabolique. Cette dernière l'imitait à merveille, s'adonnant en douceur au pas élégant et gracile qui foulait l'herbe fraiche et la piétinait sans vergogne. Seule existait cette hantise à ses yeux.


« Tu t'apprêtes à disparaitre, d'ici peu tu ne seras plus qu'un mauvais rêve que l'aube chasse. »

« Et pourtant me voici, bien disposée à te montrer la voie. Viens à moi, hâte-toi. »

La fière sorcière semblait déterminée à la dominer un fois encore. Et la symbolique de cette marche harmonieuse affichait plus des airs de ballade qu'autre chose. A vrai il y avait entre elles ce regard fusionnel, à la saveur exceptionnelle et bien méconnaissable, qu'il sublimait à lui seul la toile de merveille que la Nature dépeignait depuis quelques instants. Fort mémorables, il fallait l'avouer. Poignants voir même répugnants, se pouvait dire l'ombre éprise de la malade. On pouvait l'épier qu'elle s'en moquait, seul lui importait l'illusion qu'elle fixait sans relâche. La belle mauve avait d'ailleurs le pas assuré et quiet. Sa démarche attrayante exaltait avec allégresse ses courbes séduisantes. La bleutée n'avait beau y glisser ses mirettes, elle lui reconnaissait un certain attrait. Charme indéniable la donnant comme sensuelle. Mais à trop divaguer, elle manquait de s'égarer. Et nul doute que la sulfureuse empoisonneuse s'en délectait. Trixie la voyait ainsi, bien vile et au combien méprisable.

Elle ignorait dont ce désir inavouable, cette splendeur maintes fois jalousée. Là elle la gagnait à demi et se figeait à deux pas d'une demoiselle qui s'aimait fort à la côtoyer de trop près. L'énergumène limitait d'aventure à merveille. Si bien que ce geste intriguait presque l'azure créature. S'était-elle résignée à ne pouvoir s'adonner à ses penchants indécents, ou bien craignait-elle de briser la magie de l'instant en venant l'effleurer avec malice et délice ? La bleutée ne parvenait à saisir cet esprit du rêve, pas plus qu'elle n'aurait désiré ne pas se fourvoyer à son sujet. Ceci lui convenait amplement. Aussi n'allait-elle ni blâmer celle qui demeurait à l'écart, ni s'empourprer à son égard. Le mensonge flirtait avec l'irréel, frisant le risible au possible. Puisqu'en des prunelles glaciales ne demeuraient pas un brin d'ardeur, tout juste un regard soutenu et détaché. Celui du masque impassible de cette seigneurie de la nuit. La Lulamoon pouvait bien s'imaginait qu'on nourrissait à son encontre un désir véritable, mais elle ne faisait que le lui conférer. Comme pour tester sa valeur et patience.


« Ton monde va s'écrouler et ta ville réduite en cendres. Puisses-tu divertir Trixie. »

« Chacune brûle déjà tant de désir, il me tarde d'y être. Du reste, un pari te dirait-il ? »


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