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 [Quête] Désespoir ou Une bète dans la nuit partie 2

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Karl Tirecorde
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Eternal Chaos

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MessageSujet: [Quête] Désespoir ou Une bète dans la nuit partie 2   Lun 30 Nov - 20:56



Une quête qui pue

le chien mouillé


Cette quête fait suite au rp http://equestrianations.forumgratuit.be/t1116-une-bete-dans-la-nuit-part-1solo

I : Dans le désert

Le désert chaud de Hoofswell étendait ses longues dunes orangées jusqu’à l’horizon. Un vent léger soufflait à leurs sommets entrainant avec lui de fines voletées de grains ocres dans l’éther étouffant. Peu d’animaux vivaient sur ce territoire désolé, aride, un village cependant subsistait tant bien que mal, quand il n’était pas la proie de deux abruties, les habitants ont parait-il passé un sale quart d’heure quelques mois auparavant. Pour le voyageur, peu de choix s’offre à lui. Les voyages en caravane coûtent cher et sont réservé en général à une certaine élite de la société ou bien au bourgeois dont les moyens financiers le permettent. Le globe-trotter peut aussi louer sa propre carriole et la tracter lui-même à petit trot, d’où le surnom de globe-trotteur, calembour. Cependant la fatigue importante et le manque de coéquipiers rend ce genre de pratique plus dangereuse et donc moins courante. La solution du pauvre consiste à faire le trajet à patte, et évidemment, à surveiller ses réserves en eau.

« Ça y’est… C’était la dernière goutte… » Souffla doucement le terrestre la tête penché en arrière et la gueule ouverte sous le goulot de sa gourde.

La grande bête noire qui l’accompagnait ne fit point la sourde oreille à cet antre fait, elle tourna ses appendices auditifs en direction de son maître ou du moins comme il aimerait se faire appeler, ou Karl tout simplement, c’est bien Karl, non ?

« Dommage que la chair déshydratée est mauvais goût… » Susurra le bétian avide de piques à lancer.

« Je t’emmerde Pupuce… » Répondit le guerrier sans même bouger, la possibilité que la dernière goutte soit en réalité l’avant dernière et donc meilleure sera son apparition.

« Laisses tomber tas de viande, ta trogne la pousse à rester cachée, elle ne descendra pas. »

Le terrestre se redressa et reboucha sa gourde, la bestiole avait sûrement raison après tout, il ne devait plus y avoir une seule goutte. Il rangea le récipient dans son sac et lorgna vers l’horizon, il n’y avait que du sable, du sable, du sable, oh un nuage, du sable, du sable, et du sable. Pour se guider, seul le soleil indiquait la marche à suivre, si l’on était sûr de l’heure. Les deux compagnons se remirent en marche, une oasis pointerait bien le bout de son nez, ou peut-être la fin de ce maudit désert, qui sait, au bon vouloir du narrateur.

Le temps passa et quelques kilomètres plus loin, une voile blanche flottante au vent apparut au détour d’une dune. En réalité, il s’agissait d’une bâche qui recouvrait l’arrière d’un chariot dont une des roues s’était brisée. Il n’en fallait pas plus pour attirer le terrestre telle une guêpe dans une bouteille de sirop. Le véhicule était tourné vers l’Orient et les brancards à terre, la dune la plus proche s’était petit à petit déplacée pour recouvrir son flanc gauche, d’ici une semaine ou deux, le désert l’aura englouti. Tournant autour d’elle, le félin aperçu trois cadavres regorgeant de vers, l’odeur qu’ils dégageaient était insoutenable et il recula vivement. L’un avait la gorge tranché, l’autre un trou béant dans l’abdomen, le dernier avait la gueule à moitié consumé. Le terrestre malgré l’odeur fouilla les corps, bien sûr ils ne possédaient plus rien, les bandits avaient fouillé voyageurs et dépouiller la caravane de ses richesses.

L’intérieur était cependant plus suspect. Rangés dans des cagettes de bois remplies de pailles, des bocaux refermant des morceaux de corps dans un liquides troubles composaient la majorité de la cargaison de cette étrange chariot. Intrigué, le terrestre fouilla plus méticuleusement l’intérieur et découvrit d’autres pièces anatomiques telles des pattes, des organes et deux têtes.

« Qu’est-ce que c’est ? » Demanda l’animal passant sa tête à travers l’ouverture dans la bâche.

« Des morceaux de corps conservé dans du formol, ces gens transportaient deux loups en pièces détachées. » Répondit Karl tout aussi intrigué par le motif de cette cargaison.

« Et pourquoi d’autres tas de viande cherchent-ils à transporter des cabots en morceaux ? »

« Je n’en ai aucune idée… » Répondit le terrestre en reposant le bocal qu’il tenait.

Farfouillant sous les étagères, le guerrier trouva la réserve d’eau dont le réservoir était encore plein au quart. Les deux compagnons se désaltérèrent et le mâle remplit sa gourde avant de se débarrasser du tonneau en l’envoyant au fond du chariot.

« Il y’a un truc qui brille dans le placard. » Indiqua le félin en fixant un point dans la pénombre.

Passant une patte dans l’ouverture, le terrestre sortit une clef, petite, rouillée, étrange. Le mâle se posa pour regarder l’objet de plus près, l’oxydation n’avait pas complètement bouffée le métal et on pouvait voir comme une ancienne armoirie dans la hanse. Mais vu sa taille, elle ne devait pas être faite pour ouvrir une porte, ni même un gros coffre. Une armoire semblait être plus plausible, mais quelle idée alors de poser son armoirie sur une clef pour ouvrir une armoire ?

« Bon alors ? » S’impatienta la bête.

« Rien, juste une vieille clef... Je la prends quand même. » Répondit-il en ouvrant son sac.

« Tu te reconvertis en ferrailleur ? Quoiqu’avec ton âge on pourrait te confondre avec morceau de ferraille. » Sifflota le félin moqueur.

« Économises ta salive tant qu’il t’en reste » Soupira le terrestre las des remarques de son compagnon familier.

Le félin ricana pendant que le guerrier sortit du chariot accidenté. Ils reprirent la route vers l’Est sous l’œil patient des vautours en manque de action et de viande, malheureusement pour eux, l’eau récupérer fut suffisante pour sortir d’Hoofswell, les volatiles se retournèrent finirent leur journée par une bagarre pour un reste de Fennec. La prochaine étape était Gallophrey, la cité des ingénieurs et des férus de vapeur. Les deux protagonistes l’atteignirent au début de la soirée, une aubaine car la chaleur torride du soleil avait laissé place à une atmosphère fraîche et cru dans les environs de la cité. La recherche d’un lieu fut cependant plus ardue du fait de l’imposante carrure et de l’air nonchalant de l’animal pour au final une nuit banale et un petit déjeuner aux biscottes molles et au beurre rance.

« MASSACRE AU MANOIR DES POGUESMAHON, MASSACRE AU MANOIR DES POGUESMAHON ! DEMANDEZ LA GALLOPHREY GAZETTE ! DES NOUVELLE FRAÎCHES, GALLOPHREYCHE MÊME, CALEMBOUR ! DEMANDEZ-LE… »

« Hep petit ! » Appela un homme en manteau.

« J’peux vous aider M’sieur ? » Demanda le gamin.

« Un journal s’il te plait… »

« Voilà, c’est 5 pièces d'argent » Annonça le poulain en tendant le sabot.

« C’est ça, à plus. » Répondit le terrestre en tournant le dos.

« Eh mais je vais me faire engueuler moi !! » Protesta le gosse.

« On en a rien à faire demi portion. » Chuchota le félin babines retroussées, le sourire narquois, et la truffe à un demi-mètre du poulain.

Le petit vendeur de journaux s’en alla en maugréant sous les rires discrets des bourreaux d’enfants. La rue bien que vivante n’avait que faire des malheur d’un gosse dont la voix insupportable assomme les clients du café d’à côté. Tant pis pour lui. Retournant à leur table, le terrestre ouvrit le quotidien à la page du gros titre, Ce n’était tant l’affaire de meurtre qui intéressait le poney, mais plutôt la localisation de la bâtisse, ce genre d’endroit regorge généralement de tout un tas d’objets à la valeur divers et variés. La récence de l’événement est une aubaine car s’il avait eu lieu plus tôt, tout aurait déjà été pillé. L’addition payée, le guerrier et sa bête prirent la direction du manoir à l’extérieur de la cité. Ils passèrent devant la caserne des sapeurs et autres ingénieurs d’armes, la crème des poseurs de pièges plus bâtards les uns que les autres. Ce serait vous spoiler de vous décrire les lames rotatives, les passages dérobés et les scies roses Dufoix. Bon en mal en, qui maîtrise les pièges maîtrise la ville.


II : Le Manoir Poguemahone

« Nous y voilà, le manoir des Poguemahone. » Annonça le terrestre en arrivant devant la grille de la propriété.

« Oui et une grosse chaîne cadenassée nous empêche d’entrer. » Ajouta le félin en indiquant le cadenas.

« Hum, peut-être qu’on devrait longer la grille jusqu’à trouver un endroit où elle est endommagée afin qu’on puisse la déceler eeEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEET… »

Le terrestre ne put terminer son monologue que la bête à six pattes l’avait attrapé et lancé tel un caillou au-dessus de l’enceinte à l’aide de ses deux tentacules. Le mâle dont la portance équivalait à celle du plomb atterrit à la manière d’un sac dans des fourrés. La bête plutôt contente de son coup, bondit par-dessus la grille sans encombre, hilare. Grinche comme un chat borgne, le guerrier se releva en râlant contre son familier dont les insultes et autres noms d’oiseaux le faisait plus rire qu’autre chose.

La propriété était très vaste, après la grille il fallait traverser un bois durant un ou deux kilomètres. Des conifères composaient la majeure partie du bois, ils étaient pour nombre d’entre eux assez anciens témoignant l’âge de la propriété. Les plus chanceux étaient d’un vert pâle, les autres plus secs tiraient sur le jaune par manque d’eau. À la lisière, les deux aventuriers arrivèrent en vue de la bâtisse plus loin sur une petite colline. Mais avant se dressait en face d’eux une ancienne ferme dont le chemin qu’ils suivaient y menait. Ce qui aujourd’hui est un vaste champ de poussière devait être avant de splendide pâturages irrigués par les différents canaux creusés dans la terre et renforcés par des murets en pierre. La vieille ferme était composée d’un bâtiment carré comportant deux étages et une partie habitables sous le toit. La portes et les fenêtres étaient condamnées par des planche clouées, ne subsistait que l’étable dont la porte ouverte et battant aux quatre vents ne ressemblait guère plus à un panneau de bois troué posé sur des gonds. Le terrestre hésita à visiter l’ancienne exploitation agricole mais se raisonna. La ferme ne devait probablement plus contenir grand-chose d’intéressant.

Passant près du bassin de la cour intérieur dont l’eau avait laissé place à la poussière, nos deux compagnons prirent la route pavée amenant au sommet de la colline. D’en bas, le manoir ressemblait à une ancienne place forte du temps des petits royaumes et contés dispersés, avec ses quelques tours, dépendances, mais pas de remparts. Un demi-muret surmonté d’une grille forgée peinte en noir protégeait encore le manoir de la venue d’éventuels visiteurs indésirables. Au bonheur du corps du guerrier, le portail était ouvert et ne nécessitait donc pas un vol plané jusqu’à de l’autre côté. Ils étaient désormais au milieu de la place centrale du manoir, un pavage à l’allure rustique mais cependant réalisé avec finesse se déroulait sous leurs pattes. L’entrée se trouvait au sommet de quelques marches d’escalier abritées par un balcon à la rambarde quelque peu rouillée. La bâtisse centrale possédait de nombreuses fenêtres à croisillons réparties sur trois étages par groupe de trois de part et d’autre de l’alignement entrée lucarne du toit. Le toit à quatre versants était recouvert de tuile en rouge en argile, les murs étaient bâtis avec une pierre plutôt beige typique des régions chaudes et méditerranéennes. Le bâtiment s’étendait sur la gauche avec une petite maison carrée dans le même style et rattachée par un couloir au rez-de-chaussée. De la seconde bâtisse partait un nouvel avancement d’un seul étage longeant le parvis. Il était flanqué de deux grandes portes en bois et le toit assez haut ainsi que les nombreux chiens assis laissaient deviner soit un hangar dont le plafond montait jusqu’à la charpente, soit que les combles étaient occupées par les chambres des domestiques.

Le terrestre marcha le long des façades sous l’avant toit, cherchant un quelconque indice ou tout simplement pour observer la pierre, le félin se mit aussi à l’ombre, midi approchait et le soleil dans cette région tapait fort. La végétation de la cour bien que présente tirait la gueule à cause du manque d’eau, sa couleur virait au jaune sec, peut-être que les arbustes étaient déjà mort faute d’entretiens. Cependant un détail surpris le guerrier, si l’annonce du massacre dans le manoir avait été récupérer par les journaux, cela voulait dire qu’il y avait quelqu’un était venu au manoir. Mais plus frappant encore pourquoi les services d’enquête n’étaient-ils pas présent ? Normalement la propriété aurait dû être bouclée et seule la grille de l’entrée était fermée. Étrange qu’il n’y ait pas plus de monde que ça. Se dit l’énergumène plus tout à fait sûr de son coup.

« Bon alors ? » S’impatienta Baekh Binzenn dont la queue fouettait l’air.

« Alors quoi ? C’est quand même bizarre qu’il n’y ait pas plus de monde ici alors qu’il y’a eu un massacre. » Répondit le guerrier.

« Y’a personne je te dis, mes sens n’ont rien détecté. » Répliqua le félin.

« Ah tes sens parlons-en ! Ils n’avaient détecté lors de l’embuscade en sortant de Firelight Woods ? Non parce que qu’ils étaient quand même une bonne flopée ! » Râla le terrestre.

« Si, mais tu ne m’avais rien demandé. » Répondit la bête de mauvaise foi.

« Rah tu me fais chier, on va quand même entrer puis on verra. » Termina le mâle un brin énervé.

Pour où entrer ? Valait-il mieux passer par la porte principale ou celle d’une des annexes avec cependant le risque de tomber sur une autre porte fermée de l’autre côté. Même si les sens du félin étaient bien plus efficaces que ceux du poney, il n’en était pas moins méfiant envers son compagnon mesquin et sournois bien que loyal. À tous les coups il doit être bipolaire, il faudrait l’envoyer chez un chaman pour qu’il le sonde, l’esprit hein. Laissant l’entrée principale, nos amis firent le tour de du manoir pour atteindre une porte donnant sur un chemin réservé aux livraisons. La porte se trouvait elle aussi au sommet d’un petit escalier à demi masqué par une pile de caisses en bois. À deux mètre au-dessus des fondations se trouvaient une fenêtre. Le félin après une rapide observation certifia que la pièce était vide, une aubaine pour les deux voyageurs, ainsi ils pourraient pénétrer discrètement au nez et à la barbe de la maréchaussée présente. Quelle idée brillante, le terrestre fantasmant sur les possibilités d’augmenter son pécule avala l’escalier et tenta d’ouvrir la porte qui bien évidemment était fermée. Hélas, la pièce semblait accueillante, du moins depuis l’extérieur et en contre-jour. Il fallait trouver une solution à ce problème, Karl observa finement la porte, ses compétences en crochetage lui permettait d’ouvrir l’obstacle. Il suffisait qu’il repère les gonds puis de les extraire afin de retirer le panneau de bois. Un jeu d’enfant. Cependant s’il avait une hache il aurait pu crocheter la porte en perçant un trou assez large pour qu’il puisse passer. La notion de crochetage diffère selon les individus.

« Bon alors ? » S’impatienta le félin.

« Bon alors quoi ? » Répondit le terrestre sur le même ton.

« Tu l’ouvres cette porte ? »

«Ha t’es marrant, elle est encore fermée. Puis elle s’ouvre vers l’intérieur et je n’ai pas trouvé de hache. Je ne peux donc pas mes compétences. » Expliqua le poney tout en redescendant de son promontoire. « Il faudrait que nous longions le bâtiment afin que nous trouvions une autre entréééÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !! »

Le terrestre ne put terminer son plan que la sombre créature l’avait attrapé à l’aide de ses deux tentacules et envoyé à travers la fenêtre de droite. Le corps du malheureux traversa le verre et brisa les croisillons dans un fracas digne d’invocation du démon Micheal Bay, sans les flammes bien sûr. La bête riant jaune bondi à travers l’ouverture crée cinglant le terrestre d’un petit :

« C’est ouvert. ♫ »

Karl se releva maugréant, bien sûr il n’y avait pas de trucages de cascadeur pour cette scène et le guerrier était couvert de petites égratignures.

« Mais t’es complètement barje ! T’as la caboche tellement bouffée par les asticots qu’ils en sont à sucer les pépins. Continues comme ça et il va nous arriver des cageots pleins ! » Gronda le terrestre.

« Te fous pas de ma pomme tu voulais entrer. » Embraya le félin.

« Et payes-toi ma poire en plus. Bel esprit ! » Répliqua le terrestre.

« Tu veux que je te rappelle ce que je suis ? » Menaça Pupuce.

« Un sac à puces, un greffier attardé, est-ce bien ça ?! » Répondit le terrestre défiant son familier.

Les deux sanguins s’apprêtaient à en venir aux poings quand un boucan faramineux les attira hors de leur dispute. Un grattement sourd et des gémissements provenaient de derrière la porte, réduisant au silence le reste de la pièce. Les deux compagnons interloqués s’empressèrent de de se préparer à recevoir une connerie en plein dans le nez. Cependant le bruit ne cessait d’alimenter l’inquiétude ambiante et rien de ne semblait vouloir entrer dans la pièce. Karl s’impatienta et alors que l’on grattait toujours à la porte, il s’approcha et l’ouvrit l’arme à la patte. À peine il avait tiré sur la poignée qu’un corps ensanglanté chuta dans un bruit spongieux et dégueulasse. Le poney au visage rouge d’hémoglobine tendit une patte vers le terrestre tout en produisant un râle guttural et rauque. Le terrestre n’attendit pas qu’une ouverture se profil et trancha la gorge du malheureux avant qu’il ne puisse dire un mot. Vidé de son sang il s’abattit contre le carrelage pendant que ses poumons terminaient de se vider.

« Bien joué Tas de viande ! » Scanda la bête amusée par l’erreur de poney.

Le terrestre lâcha un « merde » constatant son erreur et toisa le félin d’un regard réprobateur, tout le monde peut se tromper. Mais trêves de railleries, la victime portait sur elle les vêtements affiliés à la maréchaussée de Gallophrey. Cependant le dit habit avait été allègrement lacéré à divers endroits et laissant à nu la chair du pauvre hère. Hélas jamais il ne pourrait raconter l’origine de ses blessures, car actuellement il lui manquait la parole, où sont les nécromanciens quand pour une fois on a besoin d’eux !

À travers le couloir qui menait à la pièce, le mort avait laissé sur la dalle une piste ensanglantée. Les gouttes sang étaient tels les cailloux blancs du Petit Poucet, en plus macabre cependant. D’un accord commun et pour une fois censé, le guerrier et sa bête décidèrent que contrairement aux autres fictions dont les protagonistes au quotient intellectuel égal à celui d’un moule ; de ne pas suivre les traces et de ne se contenter de simplement fouiller la bicoque dans l’espoir d’y trouver richesse et bazar à revendre.

Bien que grande et d’origine ancienne, la bâtisse ne recelait plus de tous ce qui avait fait sa gloire autrefois. Néanmoins le guerrier récupéra quelques bagues un coffret servant de réserve pour les courses. Le duo passa devant de nombreuses mares de sang toutes entourées d’une banderole jaune portant l’inscription « Crime ». Elle devait sans doute marquer les différents endroits où les corps avaient été retrouvés dont certain en pièces détachés. Le terrestre après cette fouille demeurait pour le moins anxieux. En passant devant l’âtre de la cheminée du salon, il remarqua peint sur un écu le blason de la clef auparavant trouvée dans le chariot accidenté. Se remémorant la cargaison comprenant des pièces détachées de loup conservée dans des bocaux de formol. Pourquoi donc amènerait-on cet attirail ici ? Le manoir était d’apparence normale et l’intérieur aussi mis à part la cave qui n’avait pas encore été explorée. Une hypothèse germa dans la tête du terrestre mais il était encore trop tôt pour le confirmer. Cependant si vous faites le lien entre la cargaison, le manoir et le gendarme lacéré à mort la réponse est évidente, le titre la confirme d’ailleurs, bande de margoulins avides de spoiler.

Contre toute attente et de bon sens, Karl et Baekh Binzenn suivirent la piste de sang. Ils traversèrent un large couloir et tournant à une porte en bois restée ouverte, les deux compagnons remarquèrent que le sang descendait dans les profondeurs obscures des sous-sols d’où provenait une étrange lumière. Appelant au sens aiguisés du félin, le terrestre fut rassuré d’apprendre que rien ne les attendait au bas de l’escalier. Issue d’une pure connerie et d’une curiosité absurde, ils descendirent marche par marche dans les tréfonds de la maison. Karl saisit une torche encore allumée puis ils traversèrent une cave à vins dont les dimensions importantes importante renfermaient de longues lignes de tonneaux à vin. Un nouveau cadavre apparu vers le centre de la pièce, lui aussi portant des traces de lacérations profondes, on pouvait d’ailleurs entrevoir ses os à travers la chair. Le félin huma l’air à la recherche d’une quelconque présence diabolique et maléfique sans pour autant la déceler, néanmoins il flottait une certaine odeur de chien mouillé.


III : La traque

« Tu penses à même chose que moi Tas de viande ? » Chuchota le félin.

« Oooh oui… Et cette saloperie traîne et doit sûrement nous épier dans son coin. » Confia le terrestre.

Ils se regardèrent dans les yeux avec la même idée, se barrer le plus vite et le plus loin possible. Le courage et l’inconscience sont les principales causes de mortalité chez les guerriers. Les deux compagnons remontèrent les escaliers quatre par quatre mais arrivée en haut et essoufflé par cette cavalcade, le félin entraina avec lui le terrestre vers le fond du couloir.

« COURS !! » dit-il sèchement alors que derrière quelque chose semblait les suivre.

Débranchant son cerveau et s’en remettant à son instinct de survie, le guerrier galopa sur les dalles polie, il pouvait le sentir sur la croupe, il accéléra de plus belle. Mais un mur leur barrait le chemin, le félin ayant pris l’avance bifurqua d’un bond sur la gauche, le terrestre le suivit accrochant au passage un guéridon. De cette nouvelle intersection se profilait une porte que le mercenaire s’empressa de franchir en compagnie de son animal puis la referma aussitôt. Haletant il tira un buffet contre le panneau bois, une bien maigre défense par rapport à ce qui les attendait. D’un coup d’œil ils remarquèrent le foyer éteint et le fourneau, non loin un grand évier en pierre avec un robinet en cuivre, et au centre un important plan de travail saccagé. La nourriture était à même le sol composé de losange blanc et bleu, la vaisselle quant à elle avait été délogée de ses étagères et jonchait la pièce de ses débris.

La possible sortie par les fenêtres était obstruée par des panneaux de bois, condamnées elles étaient ainsi que le poney et sa bestiole dans la pièce. Le salut vint de la présence d’une trappe dissimulée dans un coin sous une pile de cagettes. Sans attendre, le terrestre dégagea le bordel mais découvrit avec amertume la serrure rouillée aux motifs dégradés. Le félin était sur la défensive, prêt à accueillir la bête sanguinaire avide de sang chaud tandis que le guerrier se maniait de retrouver la clef qu’il avait conservée dans le fourbi de son sac. La serrure était petite et le lien entre la bête et la caravane proche, la probabilité entre qu’elle fonctionne est mince. Le terrestre inséra la clef et la tourna…sans rencontrer de résistance. Le cliché classique, évidemment, bah oui ce serait trop bête qu’ils meurent dans leur…, allons-y…

La trappe s’ouvrit sur une échelle en biais, elle descendait sur quelque mètre et la luminosité en bas était faible. Karl appela son félin pour qu’il puisse passer en premier, ordre qu’il obtempéra à contre cœur, il plongea dans le trou un peu étroit suivi du guerrier qui referma la trappe à clef derrière lui. Au bas de l’échelle, le fracas de la porte de la cuisine arriva aux oreilles des aventuriers, la bête rugit, mis en branle le mobilier, gratta sur la trappe avant de soudainement se retirer. Le guerrier soupira, l’air humide et du conduit emplissait ses poumons gagnés par le stress, il s’adossa contre le mur et ferma les yeux un instant. Le félin regarda un instant son maître avant de lever les yeux, méprisable équidé, trop émotif.


IV : Le laboratoire

Quelques minutes passèrent dans un silence lourd, il fallait se presser avant que la bête revienne à la charge. Baekh secoua le terrestre, il n’aimait pas être encabourné ainsi. Le tunnel était plus long qu’on ne l’aurait supposé, chose étrange il était éclairé à l’électricité. Une lampe tous les vingt ou trente mètre environ. Au bout d’une ou deux minutes de marche dans une obscurité partielle, ils arrivèrent sur une grande pièce voutée et assez ancienne, cependant elle n’avait rien à voir avec une cave. Elle devait bien faire une cinquantaine de mètres sur environ une trentaine, peut-être moins. Une grande table au siégeait au centre avec des anneaux de maintien aux extrémités, à côté une autre table aux dimensions plus modestes avec posés de dessus une patte de canidé et des outils sanguinolents. Tout un attirail de bocaux de formol à l’allure jaune vert reposait sur les étagères qui bordent les murs de cette salle obscure, à l’intérieur, des morceaux de chair, œil, patte, foie et cœur. Les reflets renvoyaient une image surréaliste du mâle dans ce décor atypique qui n’inspirait pas le bien être naturel. On ne pouvait pas confondre la pièce avec un laboratoire de mage ou autre apothicaire, meuble plutôt blancs et rouillés par une trop longue exposition à l’humidité de la terre, en plus du mobilier différent la pièce était complètement sans dessus dessous, rare était encore les bibelots et bocaux encore rangés, l’étagère du coin faisait partie des exception.

En fouinant un peu, ils trouvèrent une porte en métal froide et poisseuse. L’ouverture fit chanter en cœur les gonds accompagnés par des aboiements qui firent bondir le guerrier en arrière. Derrière de solides barreaux, quatre chiens tournaient en rond, montraient leurs crocs et tentaient de bouffer de la chair fraîche à proximité. Un rapide coup d’interrupteur mit en évidence une série de cages plus petites, elles étaient silencieuses, l’animal à l’intérieur était mort. À côté de celles-ci une vingtaine de rats très maigres se tenait calmement blottis les uns contre les autres. Ce n’était pas un scientifique comme les autres, quels étaient les sombres desseins de ses études ? La salle aux dimensions plus modestes, une dizaine de mètres sur quatre ou cinq n’était qu’en réalité une réserve de pièces canines et de rongeurs. Entrant dans la pièce, Pupuce à la vue des clébards affamés les abattit un à un, égorgé, battu, éventré. Le terrestre soupira devant le mare de sang qui s’étendait petit à petit dans le cagibi, l’animal prenait un malin plaisir à exterminer les pauvres bestioles emprisonnées depuis quelques mois.

« T’as rien d’autre à faire ? » Demanda le terrestre tout en secouant sa patte qu’il avait posé dans l’hémoglobine.

« Hihi j’m’amuse. » Répondit le félin en se léchant la patte.

Dégoûté, le terrestre sortit de la pièce laissant sa saloperie se régaler du sang de clébards affamé. Il ne s’attendait pas alors à être violemment plaqué au sol par une autre cochonnerie dans son genre.


V : Le combat

En l’espace d’un instant, de la position normal qu’est debout sur ses quatre fers, le terrestre gris passa à celle de crêpe sous les pattes épaisse et touffues de la bête inconnue. Il hurla de peur et voulu se retourner afin d’être face à son adversaire. Il se mut tel un serpent, tentant en vain de faire glisser son de plaque. La bête elle, resserrait son étreinte, appuyant de plus en plus son poids sur le guerrier bloqué par sa carapace d’acier. Il put néanmoins tourner la tête, raclant son museau sur la dalle grasse. Quelques gouttes de bave tombèrent sur sa joue, du coin de l’œil le terrestre tomba sur les crocs d’une gueule ouverte à la langue pendante. C’était la bête. Une tête à chemin entre celle d’un poney et d’un loup, la mâchoire carrée déformée par un allongement en pointe, celle d’un homme sûrement. Dans le prolongement de la truffe, de part et d’autre de l’arête nasale, deux petits yeux jaunes, brillant comme des braises, les pupilles restaient invisibles sous l’éclat doré, on ne pouvait savoir dans quelle direction le lycanthrope regardait. Les billes couleur or étaient chacune ornée d’une touffe épaisse de poil brun qui recouvrait leur hémisphère supérieur, accroché à l’arcade comme d’extravagantes brosses hirsutes, vestiges de ses anciens sourcils. Les oreilles de l’animal, mobiles et affutées surmontaient son crâne au poil long, d’ailleurs il avait un semblant de crinière qui descendait le long de son cou et tombait sur sa nuque.

L’équidé-canidé avait son regard posé sur la tête de sa proie, lourd et inquiétant, l’absence de pupille le rendait encore plus dérangeant. Sa puissante gueule ouverte exposait au poney sa collection de dents acérées, les magnifiques canines qui allaient déchiqueter la chair chaude et sanglante de son casse dalle souterrain. Un sourd grognement émanait de du fin fond de sa gorge, il réclamait sa viande, le toutou dégénéré ; cela le faisait même baver, sa salive coulait par petit ruisseaux, slalomait entre ses dents puis rebondissait sur ses babines retroussées avant de choir sur la tête de sa proie. La salive de la bête était chaude et avait un goût de fer, comme lorsque que vous sucez une plaie. Ce n’est pas très agréable au début car on a un peu mal mais on apprécie le goût du sang qui glisse sur les papilles, étrange bien être qu’est boire son propre fluide vital directement à la source. Sentant l’haleine fétide de la bête sur sa nuque, le terrestre courba l’échine et sursauta pour faire la faire dégager de son dos. Elle tint bon sur sa proie jusqu’à ce dans un hurlement le mâle roula sur le flanc l’entrainant avec lui dans les débris d’un casier. La bête tendit les pattes et repoussa sa proie avant de s’extraire et de prendre quelques distance avec elle.

Le terrestre se releva difficilement, il se secoua son tête et brandi sa lame qu’il posta en position défensive, prêt à parer, puis il recula doucement, à l’aveuglette, elle ne pouvait pas l’attaquer par derrière, de toute manière il était dans un coin et la bête s’était barrée devant. Il cessa lorsqu’il toucha le mur, rien à droit, rien à gauche, la bête se terrait et se taisait, où elle était le terrestre l’ignorait. Il rasa le mur vers un espace moins encombré, plus apte à une riposte efficace, cela ne servait à rien de se cacher, ni même de vouloir traquer la bête, ses sens aiguisée et sa connaissance de l’endroit réduirait toute ses chances de d’une possible sournoiserie. Cependant le chevalier pouvait en être victime, malgré son harnois lourd.


Alerté par un hurlement familier, le félin lapant le sang des victimes de son massacre canin cessa toute activité de dégustation d’hémoglobine et sortit du cagibi en trombe les poils hérissés. Il recherchait l’origine de ce tintamarre tournant la tête à droite à gauche, à la truffe il devinait que la bête qui les pistait dans le manoir se trouvait dans le labo avec eux. Cependant Karl avait pris soin de fermer le seul accès à la cave à partir de la cuisine, de plus s’il avait voulu enfoncer la porte, ils auraient dû l’entendre. Le félin d’un pas de chat se tapit contre le sol et se déplaça lentement vers un coin de la pièce. Lui non plus ne savait pas où se trouvait la bête, bande d’incompétent, elle se déplace le long d’une série d’étagère et attend seulement que personne ne regarde dans sa direction pour bondir les crocs en avant.

Le temps semblait s’allonger, s’étendre telle une nappe de crème dessert sur une planche inclinée, la cave s’était habillé d’un manteau de silence qui se faisait de plus pesant. Le terrestre suait à grosse goutte sans pouvoir les essuyer au risque de devoir poser son épée, sa crinière à force de rester en contact avec l’humidité suintante des murs devenait collante et poisseuse, plus que d’habitude quand on aucun point d’eau en plein désert. Sa respiration était lourde, pas saccadé, il conservait un rythme lent, il ne voulait pas attirer la bête par son souffle. D’une canalisation tombait régulièrement une goutte d’eau sale qui termina sa course contre un plateau en inox le sonnant à chaque martellement comme une cloche annonçant un décès, le glas du terrestre en était d’autant plus affligeant que le son produit était faux.

La pointe de son épée vers le haut et le regard sautillant d’un coin à l’autre, il se demandait comment la bête avait bien pu s’introduire dans le labo alors qu’il avait soigneusement fermé la trappe de la cuisine. Si elle l’avait enfoncé, il aurait dû entendre un barouf de bois et de débris provenant du couloir, du moins c’est ce qu’il pense. Il se pourrait alors qu’il y’ait une seconde entrée dans ce trou à rat, un autre tunnel qu’il aurait loupé pendant la fouille. Vu le nombre de bocaux et de déchets animales et équidés qui traînent dans le coin, la bête ne pouvait que venir d’ici, ils étaient dans sa tanière et comme des cons ils n’avaient même pas repérer toute les issues, si le terrestre excellait au combat, c’était un piètre roublard même pas capable de repérer une sortie de secours. Alors qu’il se notait cette idée dans un coin de la caboche, il détourna trop longtemps ses pupilles brunes de l’endroit d’où se tenait la bête, il était intéressé par l’endroit où se tenait la sienne.

Le monstre résultat d’un assemblage maléfique entre un canidé et un équidé ne laissa pas l’occasion lui passer sous la truffe, il bondit de l’obscurité, ses griffes frôlèrent le comptoir derrière lequel il s’était réfugié, tout son corps s’éleva, gracieux et puissant, sublime créature née d’un mariage douteux, bâtard de la génétique et de la théorie de l’évolution. D’un grognement il signala sa présence, trop tôt pour ne pas passer inaperçu, trop tard pour profiter de la cabriole et l’empaler dans son élan. L’effet fut total, le terrestre se retourna et aperçu le lycanthrope dans son envolée, la terreur le saisit mêlée à la surprise. Il tenta en vain de parer l’attaque de la bête aux crocs acérés, sa lame traversa l’éther pour trouver cible à trancher, le fil ne coupa que l’air et ne rencontra point chair. Le contact se fit et les pattes de l’animal s’agrippèrent au plastron, les rasoirs osseux pénétrèrent la peau et la libérèrent les flots écarlate. Le poney se crispa, serrant des dents pour contenir la douleur, les griffes avaient entaillé son cou et laissaient échapper son sang. La force d’inertie reversa le mâle sur le dos et le désarma dans sa chute, le métal racla la pierre et claqua contre les débris. La bête dans un macabre missionnaire enlaçait son repas et portait sa gueule contre la sienne, elle avait le dessus sur son partenaire, elle en avait fait son jouet. Dans ce jeu il ne devait en rester qu’un, la passion de la chair est mortelle.

Les crocs sortis, la bête dirigea sa gueule contre la gorge du poney sonné. Le sang de celui-ci se coulait le long de son corps, ce qui rendait fou de rage l’animal assoiffé. Le terrestre dressa tant bien que mal ses sabots sous la mâchoire de son adversaire. Elle claquait sa mâchoire tout en poussant contre l’obstacle des fers, elle n’arrivait pas à le croquer, à chaque coup de mâchoire sa salive giclait contre la figure du guerrier. Mais la piètre défense qu’il dressait contre la bête s’abimait au fur et à mesure de ses poussées répétées, ses coudes n’étaient plus bloqués et menaçait de plier. Mais un rugissement détourna l’attention du lycanthrope, un nouvel adversaire venait de se joindre à la partie. Le félin usant de la même ruse que son homologue canidé s’approcha suffisamment près tout en restant discret pour ne pas manquer sa cible. Pupuce bondit de ses six pattes, griffes sorties et tentacules en brandis. Il libéra le terrestre de la dangereuse posture dans laquelle il était bloquer, blottis l’un contre l’autre, les deux bestioles trop proches pour des mandales acérées se livraient à un duel de regards composé de haine et de rage. Chacune feulait à sa façon les babines retroussées et les crocs menaçants, le lycanthrope s’écarta et griffa le félin à l’épaule, celui-ci réagit en plantant ses griffes dans l’échine de l’animal.

Le combat à mort s’engageait et le terrestre était toujours à terre, essoufflé. Le rugissement et les gueulantes prenaient de l’ampleur entre les deux enragés, même s’il ne les voyait pas il pouvait imaginer la violence et l’ardeur qu’ils y mettaient. Il porta son sabot à sa gorge mais se ravisa avant qu’il ne touche la plaie. Le terrestre se releva et d’une patte saisit sa lame qui était tombée sur la dalle. Il tourna la tête en direction de la chamaille, le félin soumettait le canidé qui était sur le dos. Soudain le félin se releva et lacéra son adversaire tandis qu’il s’écartait, le terrestre saisit l’ouverture et brandit sa lame courant vers le clébard.

La bête ne s’en était pas rendu compte, mais elle était désormais prise entre deux feux, bien sûr le félin étant la menace principale à courte portée. Son attention décela le poney et elle esquiva mais Pupuce aux aguets agrippa sa chair de ses griffes et la tira au sol dans un feulement agressif. Le terrestre renversa son épée et trancha profondément le flanc de l’anima qui hurla cri aigu et plaintif. Son sang coulait à flots et martyrisé par la douleur, il ne put ne serait-ce esquiver la patte du félin qui lui lacéra la gueule de ses griffes tranchante, lui faisant perdre l’usage d’un œil et arrachant une joue de ses attaches. Le poney pendant ce temps planta l’animal par l’estoc en suivant une trajectoire en biais, visant le plus d’organe vitaux possible, mais ce n’était pas de l’argent qu’il avait seulement de l’acier. Le lycanthrope hurlait désormais à la mort, on aurait même dit qu’il pleurait de douleur. Le terrestre beugla à son félin de s’écarter, chose qu’il refusa car c’était sa proie et pas la sienne. Karl soupira et d’un mouvement précis et sec il trancha la jugulaire de l’animal. Le lycanthrope fut pris soudainement de spasmes tandis qu’une fontaine de sang jaillissait de sa gorge ouverte à l’air libre, il vacilla tandis que se membres pédalaient dans rien, son souffle s’échappait par la trachée et plus aucun cris ne parvenait à sa bouche. Il s’effondra d’une traite, la vie venait de la quitter, adieu aberration de la nature, tu étais belle et pleine de vie, ta tête ira superbement bien au-dessus de ma cheminée.

VI : Le journal


« Mais merde je t’avais dit de me le laisser ! » Râla le félin essoufflé.

« C’est pas toi qu’il a attaqué, regardes ce qu’il m’a fait l’enflure. » Rétorqua le terrestre en tâtant sa nouvelle.

« Tu veux peut être que je l’agrandisse, ça te ferais meilleurs passer la patte. » Proposa le félidé en présentant une griffe sous le nez de son compagnon.

Le terrestre refusa l’offre d’un simple revers de patte, il s’écarta en direction d’un vieux siège complétement défoncer et saisit un bris de verre pour y voir plus clair. Elle ne saignait plus et le sang avait commencé à coaguler, il la couvrit afin d’éviter qu’elle ne se salisse davantage, il s’en occuperait plus tard. Pupuce s’employant à sa toilette et à la désinfection de ses blessures, le terrestre aperçut une série de bouquins renversés, la bête n’ayant aucune notion de rangement, d’ordre ou de propreté, cela ne lui sembla pas surprenant. Toujours en quête d’une quelconque richesse à grappiller, chèques compris, il se mit à vaguement feuilleter les différents livres plus ou moins abîmé. Dans cette amas de papier, un paraissait intéressant et pour cause, il y’avait marqué « Journal d’étude de Aimé Poguemahone. ». L’affaire était un petit cahier couvert de cuir dont la hauteur était d’environ 20 centimètres, l’auteur avait à l’intérieur soigneusement inscrit ses travaux scientifiques pour battre le mal du canidé fou qui était en lui.

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Samedi 6ème jour de l’été

Mon cher Peters
Mes travaux avancent peu, il faut dire que j’ai très chaud en haut et très froid en bas, peut-être il faudrait que j’installe un petit vestiaire ou un poêle dans mon laboratoire.

Les expériences que j’ai faites ne m’ont rien apporté. À la pleine lune je demande qu’on m’attache à la table le temps que la transformation passe comme d’habitude. Le paysan du coin en a marre de voir ses chèvres disparaître, je le comprends.

Je ne sais pas si je vais réussir à mettre au point le sérum dont j’ai besoin, mais au moins je ne cause de tort à personne.

Aimé Poguemahone.

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Mardi 21ème jour de l’été.

Mon cher Peters
Tu ne vas pas me croire mais j’ai attrapé froid en pleine été, ma servante qui m’apporte mon repas au lit non plus. Je crois que je vais définitivement installer le chauffage dans mon labo.

Aimé Poguemahone.

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Dimanche 26ème jour de l’été.

Mon cher Peters
Ça y’est le poêle est installé, ceci est au poil si je peux me permettre, tu m’excuseras cette blague vaseuse j’ai déliré toute la nuit avec des loups dansant le French Cancan sur un comptoir de bistrot. Ça doit-être l’alcool dans le grog.

J’ai passé commande à Philippe pour qu’il me fasse parvenir de nouveaux morceaux de chien et de loup. Il y’en a plein dans le territoire changeling, je lui fais confiance il sait toujours se débrouiller. De mon côté la nuit prochaine s’annonce sur la table.

Aimé Poguemahone.

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Mercredi 36ème jour de l’été.

Mon cher Peters
Philippe est arrivé ce matin avec sa carriole pleine de bocaux et une autre contenant des cages avec des chiens bâtards trouvés en ville ainsi que des rats. Je l’ai payé lui et les collègues qu’il avait engagé. Tout ceci descendu j’ai repris mes travaux immédiatement. J’espère obtenir un résultat.

Aimé Poguemahone.

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Mercredi 53ème jour de l’été.

Mon cher Peters
J’ai tenté il y’a deux jours d’injecter mon sang dans un des rats que Philippe m’a livré. L’effet est surprenant, il a mangé son camarade de cellule puis s’est mis à hurler dès que j’ai éteint la lumière. Je crois qu’il a dû attraper quelque chose.

J’ai décidé de l’isoler quelques temps pour voir comment il évolue.

Aimé PogueMahone.

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Vendredi 55ème de l’été

Mon cher Peters
Ce matin le rat a vomi ses tripes liquéfiées, je crois qu’il est mort.

Aimé Poguemahone.

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Lundi 86ème jour de l’été

Mon cher Peters
Mes expériences ont connu un très grand nombre d’échecs, mon poil est devenu vert, j’ai attrapé des puces et pour couronner le tout mes animaux cobayes sont devenus dingues en plus d’être aussi pâle qu’un lavabo. J’ai envoyé Philippe me rapporter d’autres chien en terre changelinne, j’espère qu’il ne lui arrivera rien.

Aimé Poguemahone.

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Samedi 16ème jour de l’automne

Mon cher Peters
Philippe n’est toujours pas revenu, j’espère qu’il ne lui ait rien arrivé de grave. Mes chiens ont commencé à s’entredévorer, j’en ai profité pour récupérer les morceaux arrachés. Ceci m’a permis de mettre au point un nouveau sérum, mais comme je n’ai plus de cobaye en bonne santé, j’ai décidé de me l’injecter. J’avais oublié combien une piqure pouvait être désagréable.

Aimé Poguemahone.

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Lundi 18ème jour de l’automne

Mon cher Peters
Tu ne vas pas me croire, au moment je t’écris cette note, c’est la pleine lune. C’est sous ma forme de loup que je joue aux échecs avec Francine ma servante. Je crois qu’elle m’aime bien comme ça, il pourrait être amusant de tenter le coup ensemble cette nuit.

Aimé Poguemahone.

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Mardi 19ème jour de l’automne

Mon cher Peters
C’est étrange, malgré le jour levé ma transformation ne s’est toujours pas achever. Je crois que ce sérum n’était pas le bon. Aussi je me suis réveiller avec une grand fringale, j’ai dû vider mon garde mangé secret pour y remédier. Cependant cela n’a pas l’air de faire de l’effet.

Aimé Poguemahone.

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Toujours le même jour

Mon cher Peters
Je me sens de plus en plus mal. La faim me tourmente depuis plusieurs heures alors que je n’arrête pas d’avaler tous ce qui passe sous mon nez. J’hésite à sortir sous ma forme de lycanthrope en plein jour, le conduit que j’ai aménagé pour sortir ailleurs que par la cuisine me semble être une bonne option pour ne pas éveiller les soupçons. Il est vrai que je pourrai envoyer Francine qui a passer la nuit en ma compagnie, mais j’ai bien peur qu’elle ne puisse plus se déplacer, l’expression d’horreur sur son visage doit en être la preuve.

J’ai décidé de sortir.

Aimé Poguemahone.


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Ainsi c’est sur cette dernière note que se termine le journal. Le terrestre braqua son regard sur le cadavre du lycanthrope ensanglanté. Cela faisait du sens par rapport aux évènements précédents, la clef puis le massacre, tout était lié. Il ne manquait juste qu’une bonne pomme pour mettre les pattes dedans. Félicitation Karl, tu sais te mettre dans des embrouilles incommensurables. Espèce de clampin abruti.

Le guerrier se releva et longea les murs, tendant l’oreille et sentant l’air plus frais d’un côté, il découvrit l’entrée du second tunnel mentionné dans le journal. L’extérieur se trouvait de l’autre côté ainsi que de nouveau l’accès au manoir. D’une voix fatiguée il appela sa bestiole, qui avait terminé sa toilette. Ils prirent le tunnel humide et sombre mais dont on connaissait l’issue. Cependant une fois à l’air libre, le terrestre revint sur ses pas avec un cocktail molotov dans la patte. Fallait-il oui ou non brûler le corps de la bête enragée ? Peut-être pourrait-il ainsi prévenir une possible épidémie de bestiaux dans ce genre ? Quand on est affamé on pourrait bouffer n’importe quoi.

Il se ravisa et laissa le cadavre tel qu’il est, son cocktail incendiaire servirait pour autre chose. On grande bâtisse pareille, ça doit faire de belles flammes non?



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